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    1. Probablement parce dans ces contextes, l’on ne risque pas grand-chose à diffuser quelque chose de faux. Et puis surtout parce que l’on ne se préoccupe pas vraiment de la valeur de vérité d’une information car nos conversations sont animées par d’autres motivations et s’apparentent alors davantage à des bavardages cacophoniques mobilisant des registres d’énonciation divers et variés oscillant par exemple de la plaisanterie à la provocation :

      Explication du résultat introduite par "probablement" : absence de risque à diffuser de fausses informations dans ce genre de contexte et motivation des participants qui ont fait l'objet d'entretiens dans lesquels on retrouve l'absence d'intérêt pour la véracité de l'information et l'envie de rire. Les participants cités ont conscience qu'il s'agit de fausses informations.

      Si l'on croise cette explication avec les résultats relatifs aux fausses informations d'intérêt public diffusés auprès d'une connaissance avec qui l'on partage les mêmes idées : la première explication, l'absence de risque tient la route (on est toujours dans un espace privé) ; la seconde en revanche me pose question. L'envie de rire avec ou de provoquer quelqu'un dont on n'est pas proche est un comportement plutôt rare. Je pose l'hypothèse que ce résultat (fausse information d'intérêt public + idéologique et non affective) permet de mesurer l'adhésion à la fausse information. Et ce résultat, selon le graphique, n'est pas négligeable.

    2. Résultats ? Il semblerait que l’on ne parle pas de la même chose dans tous les contextes, à tous les types de destinataires.

      Résultats de l'expérimentation introduits par le conditionnel "il semblerait" (nous sommes dans une recherche préliminaire d'où la prudence de l'auteure dans ses conclusions): les participants n'échangent pas le même type d'information dans tous les contextes conversationnels. Dit autrement: chaque contexte conversationnel va permettre l'échange de certains types d'informations / chaque type d'information va s'échanger dans un type de contexte conversationnel particulier.

    3. Pour débuter l’expérience, je présentais à mes participants 24 informations réparties selon quatre catégories

      Suite de l'explication de l'expérimentation : les participants pouvent s'échanger des informations réparties dans 4 catégories différentes.

    4. il est possible qu’au sein de ces niches conversationnelles, la circulation de certaines « fake news » soit favorisée par les bavardages désinhibés et familiers que chacun d’entre nous peut avoir, avec ses proches, dans sa vie quotidienne

      Hypothèse de l'auteure introduite par "il est possible" : certains espaces conversationnelles caractérisés par la désinhibition (l'absence de contrôle) et la familiarité (une forme d'intimité) contribuent à la propagation des fake news.

    5. ces bavardages numériques pourraient finir par imposer des thématiques au débat public en s’infiltrant jusque dans les rédactions, souvent en quête de clics pour monétiser leur audience

      Conclusion sous forme de prédiction : arrivée des fausses informations jusque dans les médias traditionnels en quête de clics.

      En 2026, cette conclusion s'est vérifiée. A une nuance près: loin d'être contraints par leur modèle économique à favoriser les informations qui font du clic faisant ainsi involontairement le jeu des producteurs de fake news, certains médias traditionnels (TV, presse écrite, radio) prônent volontairement la promotion de ces fausses informations en accord avec un agenda politique et idéologique. Ils diffusent des informations fausses auxquels ils adhèrent (et leurs lecteurs aussi ?).

      Voir cette vaste enquête du journal Le Monde : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2025/11/16/la-methode-bollore-comment-l-industriel-breton-s-est-cree-un-empire-mediatique-en-vingt-ans_6653611_4355770.html

      Et le livre de Marie Bénilde : Le péril Bolloré.

    6. il peut projeter certains racontages douteux sur le devant de la scène, au sein d’espace à haute visibilité du web comme les groupes Facebook ou les fils de discussions Twitter

      Enchaînement logique qui fait le lien entre les résultats de l'étude et les RS sous forme d'un argument épistémique : les espaces auparavant privés où s'échangent des fausses informations sont, depuis l'arrivée des RS, publics et jouissent d'une forte visibilité.

    7. ces circuits conversationnels de l’information peuvent être exploités par certains producteurs de fake news

      Enchaînement logique sous forme d'argument épistémique qui fait le lien entre la visibilité des fausses informations sur les RS et leur propagation : exploitation de ces échanges par des acteurs qui y ont un intérêt politique et/ou financier.

    8. tout le monde peut parler de n’importe quoi à n’importe qui, et cela au sein même de l’espace public

      Argument épistémique : RS projettent les espaces conversationnelles privés dans l'espace public et incarnent aussi des espaces publics anonymes (2 conditions expérimentales de l'étude où se partagent le plus les fausses infos sans intérêt public).

    9. mes participants devaient choisir dans quels contextes de communication ils souhaitaient ou non transmettre ces différentes informations

      Suite de l'explication de l'expérimentation : la consigne donnée aux participants était de choisir dans quels contextes conversationnels ils souhaitaient partager ces différents types d'informations.

      VI 1: les contextes conversationnels à 6 modalités.

      VI 2 : les informations à 4 modalités.

      VD : choix de partager une d'information dans un ou plusieurs contextes conversationnels.

    10. J’ai construit un plateau de jeu comprenant six contextes de communication

      Présentation de l'expérimentation : elle s'appuie sur un dispositif expérimental grâce auquel les participants peuvent s'échanger des informations dans six contextes conversationnels différents.

    11. Pour explorer cette question, j’ai réalisé une enquête expérimentale dans le cadre d’un travail exploratoire auprès de 15 personnes, pour mon mémoire de fin d’études à Sciences Po, encadré par le sociologue Dominique Cardon. Ce questionnement est aujourd’hui approfondi dans mes recherches doctorales

      Hypothèse testée grâce une expérimentation à caractère exploratoire dont les résultats ont été approfondis lors de recherches doctorales (les liens sont vérifiés).

    12. est-ce parce qu’une « fake news » a été partagée par des milliers d’internautes que chacun d’entre eux y a cru ?

      Raison 2 qui reprend l'hypothèse de départ sous la forme d'un enchaînement de questions : les personnes qui échangent des fakes news n'y adhèrent pas toutes indistinctement, elles les partagent pour d'autres raisons.

    13. Tout d’abord, parce que pris à l’état brut, ces nombres absolus ne veulent pas dire grand-chose

      Raison 1 : le nombre de fake news partagés doit être comparé au nombre total des interactions et exemple à l'appui (les liens sont vérifiés), ce nombre est très faible.

      Un chiffre global sur la proportion de fake news échangées par rapport à l'ensemble des informations échangées sur différents RS aurait été plus convaincant mais d'après mes recherches, ce chiffre est difficile à trouver.

    14. Manon Berriche

      Auteur : Manon Berriche, doctorante en sociologie au Medialab de Science Po.

      Contexte : The Conversation, media en ligne qui fédère, sous la forme d'une association à but non lucratif, des établissements d'enseignement supérieur et de recherche. Des universitaire et des chercheurs en collaboration avec des journalistes proposent des articles d'analyse de l'actualité.

    15. quand nos bavardages nourrissent les fake news

      Thèse défendue par l'auteure dès le titre : les discussions informelles alimentent la diffusion des fake news.

    16. En fait, les informations fausses et sans intérêt public ont surtout été transmises au sein d’espace de communication aux contraintes de prise de parole très relâchées

      L'auteure choisit de nous présenter plus précisément les résultats relatifs aux informations fausses et sans intérêt public. Elles sont partagées (graphique à l'appui) dans deux contextes spécifiques : auprès d'un ami proche affectivement et idéologiquement et dans un espace public anonyme. Notons que selon le graphique, elles finissent majoritairement dans la poubelle : elles ne sont pas échangées. Ce qui semble accréditer la thèse selon laquelle une majorité d'individus n'y adhèrent pas.

      L'auteure ne nous présente pas les résultats pour les informations fausses et d'intérêt public qui diffèrent des précédents : elles sont majoritairement partagées en privé auprès d'un ami proche mais aux idées différentes et auprès d'une connaissance avec qui on partage les mêmes idées. L'intérêt d'une information fausse fait donc varier le contexte conversationnel dans lequel elle est échangée. Pourquoi ?

    17. il est important de ne pas se focaliser uniquement sur les volumes de « fake news » partagées sur les réseaux sociaux, mais d’étudier également plus finement la manière dont elles sont reçues et interprétées par les individus dans différents contextes de la vie sociale. Et cela pour deux raisons majeures.

      Argument épistémique causal: deux raisons explicitées dans la suite de l'article permettent de dire que c'est la manière dont les informations sont reçues et analysées par les individus qui importent bien davantage que le nombre de fake news partagées.

    18. Il est ainsi probable que nous ne soyons pas forcément vigilants et tatillons sur la crédibilité d’un contenu informationnel car ce qui compte pour nous est d’un tout autre ordre

      Argument épistémique causal introduit par "ainsi" : étant donné les caractéristiques de ces espaces conversationnels, la motivation des individus n'est pas de s'échanger des informations vraies mais elle est à rechercher ailleurs : faire rire, se vanter, énerver son interlocuteur etc.