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  1. Jan 2026
    1. Le Sentiment d'Appartenance : Moteur de la Réussite Scolaire

      Synthèse Exécutive

      Le sentiment d'appartenance en milieu scolaire est un besoin psychologique fondamental, défini comme le sentiment d'être accepté, respecté, inclus et soutenu au sein de la communauté éducative.

      Loin d'être un simple facteur de confort émotionnel, il constitue un levier puissant pour la motivation, la réussite des élèves et la prévention du décrochage.

      Son contraire, le sentiment de rejet ou d'exclusion, engendre des émotions négatives telles que l'anxiété et la dépression.

      La construction de ce sentiment ne se décrète pas ; elle se cultive à travers une approche systémique et intentionnelle.

      Elle repose sur la satisfaction de trois besoins psychologiques de base : l'autonomie, la compétence et l'appartenance sociale.

      Les stratégies efficaces incluent la co-construction de projets d'établissement impliquant l'ensemble des acteurs (élèves, enseignants, personnels), la création de rituels et de symboles fédérateurs, et la mise en place d'un climat de confiance et de respect mutuel.

      Les initiatives de terrain, comme les systèmes de "maisons", peuvent dynamiser ce sentiment mais comportent des risques de conformité et de rivalité si elles ne sont pas soigneusement encadrées.

      Le sentiment d'appartenance ne concerne pas uniquement les élèves.

      Il est tout aussi crucial pour les personnels, dont l'engagement et le bien-être dépendent fortement de leur intégration dans une équipe soudée et d'un projet partagé.

      En fin de compte, un fort sentiment d'appartenance enclenche un cercle vertueux, renforçant le sentiment d'efficacité personnelle et collective, et incitant les individus à s'engager dans des défis plus complexes, générant ainsi un épanouissement et un accomplissement accrus pour toute la communauté scolaire.

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      1. Définition et Fondements Théoriques du Sentiment d'Appartenance

      A. Un Besoin Humain Fondamental

      Le sentiment d'appartenance est une motivation humaine si essentielle que son absence peut entraîner de graves conséquences psychologiques.

      S'appuyant sur les travaux de référence de Roy Baumeister et Mark Leary (1995), le professeur Jean Eut le définit comme "le sentiment d'être accepté et compris par les gens qui nous entourent".

      Ce besoin satisfait génère des émotions positives comme le bien-être et la joie.

      Inversement, son contraire est défini comme "le sentiment d'être rejeté, exclu ou ignoré par les autres", menant à des émotions négatives telles que l'anxiété, la dépression, la solitude et la jalousie.

      Les recherches montrent que, parmi toutes les variables objectives pouvant contribuer au bonheur (dans les sociétés où les besoins physiologiques sont satisfaits), la seule qui ressort objectivement est la présence d'un réseau social solide.

      B. Spécificités en Contexte Scolaire

      Appliqué à l'école, le sentiment d'appartenance est défini par Carole Good et Kathleen Grady (1993) comme "la mesure dans laquelle les élèves se sentent personnellement acceptés, respectés, inclus et soutenu par les autres dans l'environnement social scolaire".

      Il s'agit d'une construction multidimensionnelle complexe, dont la terminologie dans la recherche est variée (lien scolaire, engagement, climat scolaire, etc.), ce qui a pu affaiblir la cohérence des travaux sur le sujet.

      Néanmoins, trois facteurs semblent déterminants pour qu'un enfant se sente bien à l'école :

      1. Se sentir compétent sur le plan académique.

      2. Se sentir socialement lié et valorisé.

      3. Se sentir relativement autonome.

      Un outil de mesure, l'échelle du sentiment psychologique d'appartenance à l'école, a été validé en version française en 2024, offrant un moyen pratique pour la communauté éducative d'appréhender ce concept.

      C. La Théorie de l'Autodétermination

      Le sentiment d'appartenance est l'un des trois piliers de la théorie de l'autodétermination d'Edward Deci et Richard Ryan.

      Pour qu'un individu soit en bonne santé mentale et psychique, trois besoins fondamentaux doivent être satisfaits :

      Le besoin d'autonomie : Le sentiment d'être à l'origine de ses propres actions.

      Le besoin de compétence : Le sentiment d'être efficace dans son environnement.

      Le besoin d'appartenance sociale : Le sentiment d'être connecté et accepté par les autres.

      Ces trois besoins sont intrinsèquement liés et doivent être considérés de manière globale lors de la conception de tout dispositif visant à renforcer le climat scolaire.

      2. La Construction du Sentiment d'Appartenance : Approches et Stratégies

      L'analyse des pratiques de terrain révèle deux approches complémentaires pour cultiver le sentiment d'appartenance : une approche systémique, pilotée par la direction, et des initiatives de terrain portées par les équipes pédagogiques.

      A. Une Approche Systémique : Le Projet du Lycée Charles Mérieux

      Pierre Ronchaud, proviseur d'un lycée ouvert en 2021, a dû créer une culture d'établissement à partir d'une "feuille blanche".

      Son approche illustre comment le sentiment d'appartenance peut être intégré au cœur de la stratégie d'un établissement.

      Principes fondateurs :

      ◦ Le sentiment d'appartenance "ne se décrète pas", il doit naître et être cultivé.  

      ◦ Il repose sur un lieu, une histoire à écrire et une "adhésion à un projet".   

      ◦ Le projet doit être co-construit de manière collaborative, non descendante, avec les élèves et l'ensemble des personnels.

      Actions concrètes mises en œuvre :

      Projet d'établissement : Document fédérateur centré sur des valeurs fortes comme le partage, l'émancipation et la création, applicables à tous (élèves et adultes).   

      Aménagement des espaces : Chaque classe dispose de sa propre salle, que les élèves peuvent utiliser en autonomie lorsqu'ils n'ont pas cours.   

      Suppression de la sonnerie : Une mesure qui vise à responsabiliser l'ensemble de la communauté.  

      Laboratoire Pédagogique : Un temps de concertation de deux heures, sanctuarisé tous les 15 jours (vendredi de 16h à 18h), financé sur la dotation globale horaire de l'établissement.

      Ce choix managérial fort positionne la collaboration comme un élément central du travail des enseignants.  

      Inclusion de tous les personnels : Une attention particulière est portée à l'intégration de tous les membres de la communauté, y compris les agents d'accueil, reconnus comme les premiers représentants du lycée.

      B. Une Initiative de Terrain : Le Système des Maisons au Collège

      Natacha Strolsler, enseignante au collège Langevin-Wallon, a mis en place un système de "maisons" (Griffon, Dragon, Phénix, Sphinx) inspiré des modèles anglo-saxons.

      Fonctionnement :

      ◦ Chaque élève et adulte volontaire est assigné à une maison.   

      ◦ Des activités collectives (olympiades, défis, rallye lecture) sont organisées tout au long de l'année pour rapporter des points et remporter une coupe finale.   

      ◦ Des symboles matériels renforcent l'identité des maisons (blasons, t-shirts, sweatshirts).  

      ◦ Les adultes ("doyens") jouent un rôle crucial d'animation et de motivation, incarnant "l'exemplarité".

      Impacts observés :

      ◦ Forte motivation des élèves qui adhèrent au projet, y compris ceux en difficulté qui trouvent des domaines où ils peuvent exceller.  

      ◦ Création d'une fierté d'appartenance et d'un esprit de groupe.  

      ◦ Tous les élèves n'accrochent pas, le dispositif étant imposé en 6ème.

      C. Analyse et Points de Vigilance

      Jean Eut apporte un regard de chercheur sur ces dispositifs :

      Sur le système des maisons :

      Potentiels : Il peut avoir un "effet booster", encourager l'auto-organisation et peut être ludique.  

      Risques : Il peut imposer une forte conformité et pousser certains à adopter des comportements ou des valeurs qui ne sont pas les leurs.

      Une rivalité exacerbée entre les maisons peut conduire à des dérives dangereuses si le projet est pris "au premier degré".

      Il faut également distinguer l'enthousiasme initial ("intérêt situationnel") d'un impact durable sur les valeurs.

      Sur l'approche systémique :

      ◦ La démarche du lycée Charles Mérieux est jugée "fondamentalement importante" et "tout à fait pertinente".  

      ◦ Sanctuariser un temps de concertation est une décision managériale qui reconnaît les enseignants comme des "cadres concepteurs" et non de simples exécutants.    ◦

      L'objectif final n'est pas l'activité en elle-même, mais de "faire évoluer le système" dans son ensemble.

      3. Cultiver l'Appartenance à Toutes les Échelles

      A. Le Sentiment d'Appartenance des Enseignants

      Le sentiment d'appartenance des enseignants à leur institution est souvent faible.

      Ils subissent une pression permanente et une dégradation de la confiance à leur égard.

      Un climat d'établissement positif, où règne une forte cohésion d'équipe et un soutien de la hiérarchie, est fondamental pour leur bien-être et leur maintien dans des environnements parfois difficiles.

      B. L'Intégration des Nouveaux Arrivants

      Intégrer de nouveaux enseignants dans une équipe déjà soudée est un enjeu majeur. L'expérience de Pierre Ronchaud montre que :

      • L'imposition est contre-productive.

      • Le collectif est le meilleur vecteur de persuasion.

      Il est plus efficace de laisser les collègues expliquer et convaincre un nouvel arrivant que de le faire via la hiérarchie.

      • Des entretiens réguliers et informels sont essentiels pour écouter et accompagner les nouveaux personnels.

      C. Le Cercle Vertueux : Appartenance et Sentiment d'Efficacité

      Il existe un lien direct entre le sentiment d'appartenance et le sentiment d'efficacité personnelle.

      Le modèle heuristique de Jean Eut postule que :

      1. Le sentiment d'appartenance sociale est le point de départ.

      2. Il a un effet positif sur le sentiment d'efficacité personnelle et collective.

      3. Cela incite les individus à s'engager dans des actions plus complexes, en sentant le soutien du groupe.

      4. La réussite de ces défis "hors norme" génère un sentiment d'accomplissement qui renforce à son tour la cohésion du groupe.

      4. Recommandations et Inspirations

      A. Principes Clés pour les Pilotes

      Pierre Ronchaud propose trois principes directeurs pour un chef d'établissement souhaitant cultiver le sentiment d'appartenance :

      1. Ne pas être donneur de leçons (Humilité) : Chaque contexte est unique, il n'y a pas de recette miracle.

      2. S'appuyer sur l'intelligence collective : Le collectif est la force motrice du changement.

      3. Rester centré sur l'intérêt des élèves : Toute action doit viser à les aider à s'épanouir, grandir et réussir.

      B. Ressources Suggérées

      | Type de Ressource | Auteur(s) / Titre | Description | | --- | --- | --- | | Article Scientifique | Sarasin, Tessier & Trouillou (2006) | Un article de fond dans la Revue française de pédagogie sur le climat motivationnel instauré par l'enseignant et ses effets sur l'implication des élèves. | | Article de Synthèse | Deci & Ryan (2008) | Une traduction en français d'une allocution présentant la théorie de l'autodétermination pour favoriser la motivation et la santé mentale. | | Ouvrage de Management | Jean Eut | Un ouvrage intitulé Piloter l'innovation de l'intérieur, utilisé en formation de cadres pour susciter la réflexion. | | Référence Littéraire | Carlo Lévi - Le Christ s'est arrêté à Eboli | L'histoire d'un intellectuel assigné à résidence qui, par le respect et la mise à profit de ses compétences, parvient à s'intégrer et à être reconnu au sein d'une communauté isolée. |

    1. L'Implication Affective des Enseignants : Synthèse des Recherches de Maël Virat

      Résumé Exécutif

      Ce document de synthèse analyse les travaux de Maël Virat sur l'implication affective des enseignants et son impact sur les élèves.

      La thèse centrale est que la relation affective enseignant-élève, loin d'être un simple supplément à la pédagogie, est un moteur fondamental de l'apprentissage et du développement de l'élève.

      Cette dynamique s'ancre dans la théorie de l'attachement, où la sécurité affective fournie par l'enseignant libère les capacités d'exploration de l'élève.

      Les points clés sont les suivants :

      1. Sécurité et Exploration : La relation enseignant-élève est gouvernée par la même dynamique "sécurité-exploration" que celle observée entre un parent et son enfant.

      Un enseignant perçu comme une "base de sécurité" permet à l'élève, notamment celui de style d'attachement anxieux, de persévérer face aux difficultés scolaires.

      2. L'Engagement comme Médiateur : Des méta-analyses à grande échelle confirment le lien entre la qualité de la relation affective et la réussite scolaire.

      Cet effet est principalement médiatisé par l'engagement de l'élève : une relation sécurisante favorise la motivation et l'implication, qui à leur tour améliorent les résultats.

      3. L'Amour Compassionnel : Pour caractériser l'implication affective de l'enseignant, Maël Virat propose le concept d'« amour compassionnel ».

      Il s'agit d'un sentiment altruiste, centré sur le bien-être de l'autre, qui se distingue de l'amour romantique ou amical.

      Cet amour se manifeste par l'attention, le soutien comportemental et une sensibilité émotionnelle aux réussites et aux difficultés de l'élève.

      4. Les Facteurs d'Influence : L'implication de l'enseignant n'est pas un trait de personnalité immuable mais dépend fortement du contexte. Les facteurs déterminants incluent :

      Le soutien institutionnel : Le soutien perçu de la part des collègues et de la hiérarchie est directement corrélé à la capacité de l'enseignant à s'investir affectivement auprès de ses élèves. 

      Les croyances professionnelles : L'intention d'un enseignant de fournir un soutien émotionnel est principalement prédite par son attitude (les bénéfices qu'il en retire personnellement en termes de plaisir au travail et de relations), son sentiment de contrôle (se sentir formé, avoir le temps, considérer que cela fait partie de son rôle) et, dans une moindre mesure, par les normes sociales perçues.  

      Le contexte systémique : La taille de l'établissement, la culture professionnelle, et la formation initiale jouent un rôle crucial dans la facilitation ou l'inhibition de ces relations.

      En conclusion, améliorer l'engagement et la réussite des élèves passe par la reconnaissance et la valorisation du rôle affectif des enseignants.

      Cela nécessite des interventions qui ne se limitent pas à l'individu, mais qui agissent sur le système : la formation, la culture d'établissement et le soutien offert aux professionnels de l'éducation.

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      1. Introduction à la Recherche de Maël Virat

      Maël Virat, chercheur en psychologie, concentre une partie significative de ses travaux sur la relation enseignant-élève, bien que ses recherches s'étendent également aux besoins sociaux des adolescents et au vécu des professionnels du travail social, notamment dans la protection de l'enfance.

      Ses travaux mobilisent la théorie de l'attachement comme cadre théorique principal pour analyser les dynamiques relationnelles en milieu scolaire.

      Il est membre d'un groupe de recherche francophone (FREE) qui s'intéresse à la manière de prendre en compte la dimension relationnelle dans la formation, initiale et continue, des enseignants.

      2. La Dynamique d'Attachement dans l'Apprentissage

      2.1. Fondements Théoriques : Sécurité et Exploration

      La théorie de l'attachement, développée par John Bowlby, établit un lien fondamental entre la sécurité affective et le comportement d'exploration.

      Les Expériences de Harlow : Les travaux de Harry Harlow avec des bébés singes ont démontré que le besoin de sécurité affective est primordial.

      Privés de leur mère mais en présence de substituts maternels (l'un en fil de fer nourrissant, l'autre en tissu doux), les singes privilégiaient le contact réconfortant.

      Ce manque de sécurité affective réduisait significativement leurs comportements exploratoires dans un nouvel environnement.

      Une Théorie pour toute la Vie : Cette dynamique n'est pas limitée à la petite enfance.

      Une étude sur des couples mariés a montré que lorsqu'un homme était confronté à une tâche impossible (résoudre des puzzles insolubles), la présence de sa partenaire agissant comme une base de sécurité (encouragements, attention, absence d'interférence) augmentait sa persistance dans la tâche.

      La figure d'attachement principale à l'âge adulte est souvent le partenaire amoureux, suivi par la mère.

      2.2. Application au Contexte Scolaire

      Plusieurs études expérimentales transposent cette dynamique à la relation enseignant-élève, démontrant que l'enseignant peut fonctionner comme une "base de sécurité" qui favorise l'apprentissage.

      Étude 1 : Soutien Émotionnel et Comportements Exploratoires

      Une étude basée sur l'observation de duos enseignant-élève a établi une chaîne causale claire :

      1. Soutien de l'enseignant : Plus l'enseignant manifeste de comportements de soutien émotionnel (temps d'attention, regards, encouragements).

      2. Sécurité de l'élève : Plus l'élève montre des signes de sécurité affective (détente, absence de stress, concentration).

      3. Exploration : Et plus il met en œuvre des comportements exploratoires (persistance face à la difficulté, concentration accrue).

      Étude 2 : L'Amorçage Subliminal par la Photo de l'Enseignant

      Des chercheurs allemands et autrichiens ont mené une expérience où des élèves devaient résoudre des tests psychotechniques.

      Protocole : Avant chaque test, la photo de leur enseignant était projetée de manière subliminale (20 à 40 millisecondes), un temps trop court pour une perception consciente.

      Pour le groupe contrôle, une image brouillée ayant les mêmes propriétés lumineuses était utilisée.

      Condition : Au préalable, les enseignants avaient évalué la qualité de leur relation avec chaque élève via une échelle mesurant la proximité et la chaleur, un outil fortement corrélé aux mesures d'attachement.

      Résultats : La présentation subliminale de la photo de l'enseignant améliorait les performances des élèves uniquement lorsque l'enseignant avait décrit sa relation avec cet élève comme étant chaleureuse, affective et sécurisante.

      Étude 3 : La Persistance des Adolescents face à l'Échec

      Une étude menée en Israël par Mario Mikuliner, spécialiste de l'attachement, a examiné la persistance scolaire chez des adolescents.

      | Variable mesurée | Méthode | | --- | --- | | Style d'attachement de l'élève | Questionnaire évaluant le niveau de sécurité ou d'anxiété dans les relations. | | Perception de l'enseignant comme "base de sécurité" | Questionnaire demandant aux élèves s'ils perçoivent leur professeur principal comme disponible, accueillant et non rejetant. | | Condition expérimentale (3 semaines plus tard) | Groupe expérimental : Exercice de visualisation demandant à l'élève de penser intensément à son professeur principal. <br> Groupe contrôle : Exercice de visualisation demandant de penser à un voisin neutre. | | Mesure de la persistance | Tâche d'association de mots contenant 4 items impossibles à résoudre. La persistance est mesurée par le temps passé sur ces items impossibles avant d'abandonner, comparativement au temps de réponse moyen de l'élève. |

      Résultats principaux :

      • Dans le groupe contrôle (pensée neutre), les élèves au style d'attachement anxieux montrent une persistance significativement plus faible que les autres.

      • Dans le groupe expérimental, le fait de penser à un enseignant perçu comme une base de sécurité compense totalement le déficit de persistance des élèves anxieux. Leur performance devient indiscernable de celle des élèves sécures.

      Conclusion de cette partie : Ces travaux démontrent expérimentalement que la perception d'un enseignant comme une figure sécurisante a un effet direct et mesurable sur les capacités cognitives et la persévérance des élèves, en particulier pour ceux qui sont les plus vulnérables sur le plan affectif.

      3. Impact Global et Nuances

      3.1. La Méta-analyse de Roorda (2017)

      Une méta-analyse majeure réalisée par Débora Roorda, portant sur 189 études et un total de près de 250 000 élèves du primaire et du secondaire, confirme l'importance de la relation affective.

      Lien avec la réussite et l'engagement : Il existe un lien statistique modéré mais robuste et constant entre la qualité de la relation affective enseignant-élève et à la fois l'engagement scolaire et la réussite scolaire.

      Le rôle médiateur de l'engagement : Le principal mécanisme par lequel la relation affective influence la réussite est l'engagement. Une relation positive renforce la motivation et l'implication de l'élève dans les tâches scolaires.

      Ordre de grandeur de l'effet : La relation positive avec les enseignants peut expliquer environ 10% de la variance de l'engagement des élèves.

      Dans le domaine de la psychologie, où il est rare d'expliquer plus de 50% d'un phénomène complexe, ce chiffre est considéré comme important.

      3.2. Qui sont les Figures Sécurisantes à l'École ?

      Une enquête menée par Maël Virat auprès de collégiens via le questionnaire "Who To ?" (Vers qui te tournes-tu en cas de problème ?) apporte des nuances importantes.

      Diversité des figures d'attachement : Si les enseignants sont fréquemment cités comme personnes ressources, les assistants d'éducation (AED) apparaissent également comme des figures sécurisantes majeures.

      Un constat préoccupant : Dans un premier échantillon, 50% des élèves n'ont nommé aucune personne au sein de leur établissement vers qui se tourner.

      Corrélation : Le nombre de personnes sécurisantes citées par un élève est positivement corrélé à sa motivation, son engagement scolaire et son sentiment d'appartenance à l'école.

      4. L'Implication Affective de l'Enseignant

      Face à l'abondance de littérature sur les effets de la relation, Maël Virat a orienté ses recherches sur une question moins explorée : qu'est-ce que l'implication affective du côté de l'enseignant ?

      Son postulat est qu'un élève ne peut se sentir en sécurité affective avec une personne qui n'est pas elle-même impliquée affectivement.

      4.1. La Quête du Bon Concept : L'Amour Compassionnel

      Après avoir écarté des concepts jugés inadéquats :

      La bienveillance : Trop général, pouvant s'appliquer à un voisin dans un train et pas nécessairement doté d'une dimension affective spécifique à la relation pédagogique.

      L'empathie : Décrit davantage une compétence cognitive et émotionnelle mobilisable dans divers contextes (y compris la vente) qu'un engagement relationnel durable.

      Il s'est arrêté sur le concept d'amour compassionnel.

      Définition de l'Amour Compassionnel : C'est une forme d'amour altruiste, centrée sur le bien et le développement de l'autre.

      Dans la théorie de l'attachement, c'est le sentiment éprouvé par la figure de soin (le caregiver) en réponse à l'attachement de l'enfant. Il se construit dans la durée et ne disparaît pas avec la fin de la relation.

      Cet amour se compose de trois dimensions :

      1. Cognitive : Une attention soutenue à l'autre, des efforts pour comprendre sa perspective.

      2. Comportementale : Des actes concrets d'aide, de soutien et de dévouement.

      3. Affective : Une sensibilité à l'état de l'autre, se traduisant par :

      ◦ Des émotions positives (plaisir au contact de l'élève, joie face à ses réussites).  

      ◦ Des émotions négatives (tristesse, peine, lorsque l'élève est en difficulté).  

      Note : Des études par questionnaire montrent que les enseignants reconnaissent plus facilement les émotions positives que les négatives, possiblement en raison de normes professionnelles.

      4.2. L'Interprétation Affective des Pratiques Pédagogiques

      Une hypothèse centrale est que de nombreuses actions perçues comme purement pédagogiques par l'enseignant sont interprétées par l'élève comme des signes d'implication affective.

      Une étude sur des élèves de 4ème en mathématiques a testé cette hypothèse :

      Variable indépendante : La perception par les élèves du "climat de classe" (structure de but), soit centré sur la maîtrise (chacun progresse à son rythme), soit sur la performance (comparaison et classement entre élèves).

      Variable médiatrice : La perception par l'élève de l'amour compassionnel de son enseignant de mathématiques à son égard.

      Variable dépendante : L'engagement affectif de l'élève pour les mathématiques ("j'aime les maths").

      Résultat : Un climat de classe centré sur la maîtrise est positivement lié à l'engagement de l'élève parce qu'il est interprété par ce dernier comme un signe que l'enseignant se soucie de lui et l'aime (amour compassionnel).

      L'efficacité du choix pédagogique passe par sa signification affective.

      5. Les Déterminants de l'Implication Enseignante

      L'amour compassionnel n'est pas une émotion arbitraire ("l'amour ne se commande pas"). Il peut être cultivé et dépend fortement de facteurs contextuels et personnels.

      5.1. Facteurs d'Influence sur la Relation Enseignant-Élève

      | Catégorie de Facteurs | Exemples | | --- | --- | | Facteurs Externes | Taille de l'école et de la classe (plus c'est petit, meilleures sont les relations), type de management du chef d'établissement, culture d'établissement valorisant les relations. | | Facteurs liés à l'Élève | Compétences sociales et scolaires, sexe (très léger effet en faveur des filles). Le facteur le plus puissant est la présence de problèmes de comportement. | | Facteurs liés à l'Enseignant | Quantité et qualité de la formation, état de stress, compétences émotionnelles et sociales, style d'attachement (les enseignants "sécures" ont des relations légèrement meilleures), sentiment d'efficacité, croyances sur leur rôle. |

      5.2. Le Soutien des Pairs comme Catalyseur

      Une étude montre que plus les enseignants déclarent recevoir de soutien de la part de leurs collègues, plus ils rapportent ressentir de l'amour compassionnel pour leurs élèves.

      Cela s'explique par le fait que le système de caregiving (prendre soin) de l'enseignant est d'autant plus actif que son propre système d'attachement est sécurisé par son environnement professionnel.

      5.3. Les Croyances qui Prédisent l'Intention de Soutenir Émotionnellement

      Une étude récente basée sur la théorie du comportement planifié a cherché à identifier les croyances spécifiques qui prédisent l'intention d'un enseignant de s'impliquer dans le soutien émotionnel.

      Le modèle testé explique 68% de la variance de cette intention, un score très élevé.

      Voici les croyances les plus déterminantes, qui constituent des cibles d'action pour la formation :

      1. L'Attitude (ce que l'enseignant pense du soutien émotionnel) L'intention est plus forte quand l'enseignant croit que le soutien émotionnel est bénéfique... pour lui-même.

      • Il améliore ses relations avec les élèves.

      • Il augmente son plaisir au travail.

      • Il renforce son sentiment d'utilité. (Argumenter sur les seuls bénéfices pour l'élève serait donc moins efficace pour motiver les enseignants).

      2. Le Contrôle Comportemental Perçu (se sentir capable) L'intention est plus forte quand l'enseignant :

      • Pense que le soutien émotionnel fait partie intégrante de son travail (et n'est pas "en plus").

      • Pense qu'il a suffisamment de temps pour cela.

      • Se sent formé à cette dimension du métier.

      3. Les Normes Sociales (ce qui est attendu, ce que font les autres)

      Cet aspect a un effet moins fort.

      L'intention est plus forte quand l'enseignant croit que ses collègues investis et compétents fournissent ce type de soutien, et non que seuls ceux qui "ne veulent pas en faire plus" s'en abstiennent.

      6. Conclusion et Perspectives

      La recherche de Maël Virat démontre que l'implication affective de l'enseignant est un pilier de la réussite et du bien-être de l'élève, avec des effets qui s'étendent bien au-delà des apprentissages scolaires (bien-être, symptômes dépressifs, rapport à l'autorité).

      Cette implication, conceptualisée comme de l'amour compassionnel, n'est pas une simple inclination personnelle mais le résultat d'un écosystème complexe.

      Pour la favoriser, il est essentiel d'agir à plusieurs niveaux :

      La formation : Intégrer la dimension relationnelle comme une compétence professionnelle à part entière.

      La culture d'établissement : Promouvoir une culture qui valorise les relations et reconnaît le soutien émotionnel comme partie intégrante du rôle enseignant.

      Le soutien aux professionnels : Assurer que les enseignants eux-mêmes se sentent soutenus par leurs pairs et leur hiérarchie, afin qu'ils puissent à leur tour devenir une base de sécurité pour leurs élèves.

  2. Jun 2025
    1. synthèse présente les idées principales et les faits marquants de la conférence de David Sander intitulée "Comprendre les émotions et leurs fonctions".

      Professeur de psychologie à l'Université de Genève et directeur du laboratoire "Émergence et expression de l'émotion" et du Centre Interfacultaire en sciences affectives, David Sander est un spécialiste des émotions et des mécanismes cognitifs qui leur sont liés.

      I. Définition et composantes des émotions

      David Sander souligne la difficulté de définir une émotion, citant Thomas Brown :

      "Chacun sait ce qu'est une émotion jusqu'à ce qu'on leur demande d'en donner une définition et à ce moment-là, il semble que plus personne ne sache."

      Il propose une définition contemporaine des émotions en s'appuyant sur l'histoire de la psychologie et des neurosciences.

      Perspective historique de l'étude des émotions :

      • Aristote : Les émotions sont "toutes ces choses à cause desquelles les gens changent et évoluent dans leur jugement" et sont "accompagnées de douleur et plaisir". L'idée de la valence (agréable/désagréable) est un élément central qui perdure.

      • Descartes : Dans son dernier ouvrage "Les Passions de l'âme" (1649), Descartes a une vision "assez positive des émotions", les considérant comme "utiles" et "fonctionnelles", si elles sont à la bonne intensité.

      • Charles Darwin : Avec son livre "L'expression des émotions chez l'homme et les animaux" (1872), Darwin a initié l'étude scientifique des émotions, mettant en lumière la "fonctionnalité des émotions" et leur "raison fonctionnelle évolutionnaire" (par exemple, les expressions faciales).

      • Behaviorisme : Au 20ème siècle, cette approche s'est intéressée aux comportements émotionnels et à l'acquisition des réactions émotionnelles.

      • Révolution Cognitive (années 1930-40) : L'accent est mis sur les "processus dans l'esprit qui peuvent être la cause des émotions" et qui se déroulent pendant une émotion, établissant un lien fondamental entre connaissances et réactions émotionnelles.

      • Sciences Affectives (années 1970-80) : Cette nouvelle discipline utilise les outils des sciences cognitives pour comprendre les phénomènes affectifs (émotions, humeurs, bien-être, stress). Elle intègre diverses disciplines comme la psychologie, les neurosciences, l'économie comportementale, l'histoire, la philosophie, la littérature, les arts et l'informatique (affective computing, IA émotionnelle).

      • L'Affectivisme : Proposé comme un courant où tout "modèle psychologique qui s'intéresse à une fonction cognitive... gagnera en valeur explicative à intégrer les émotions dans son modèle." Les émotions ne sont plus vues comme l'opposé de la cognition mais comme des éléments intégraux. "Les émotions ne sont pas du tout l'opposé de la cognition."

      • Neurosciences Affectives et la complexité cérébrale :

      • Il n'y a "pas un centre des émotions dans le cerveau" ni "un centre par catégorie d'émotion".

      • Un "très grand nombre de réseaux dans le cerveau sont importants pour différentes composantes des émotions", incluant des régions corticales comme le cortex préfrontal dorsolatéral (important pour la régulation) et l'amygdale.

      • Cette complexité suggère que les émotions partagent un "ensemble de mécanismes communs".

      La subjectivité des émotions et l'évaluation cognitive :

      • Les émotions ne sont pas des réflexes ; leur déclenchement passe par une "fenêtre temporelle qu'on appelle l'évaluation cognitive".

      • Cette évaluation explique "la subjectivité dans les émotions", pourquoi des individus réagissent différemment au même événement objectif (ex: un but au football).

      • La reconnaissance des émotions est souvent "en contexte" ; les expressions faciales seules ne suffisent pas.

      L'approche componentielle des émotions :

      • Déclenchement : Un événement est évalué en fonction des "motivations", "intérêts", "préoccupations" et "valeurs" de l'individu.

      Cinq composantes de la réponse émotionnelle :

      • Réaction corporelle physiologique : "un nœud dans l'estomac, de la sueur, la température de la peau qui peut changer, le cœur s'accélère, la respiration change".

      • Tendance à l'action : "s'approcher plus de ce qui est agréable et au contraire à éviter ce qui est désagréable." Les émotions sont "extrêmement liées à l'action".

      • Expression : Souvent associée à l'émotion, mais modulée par les stratégies de régulation et le contexte culturel.

      • Ressenti conscient : "je me sens heureux, je me sens triste, je me sens amoureux, je me sens en colère".

      • Objet de l'émotion : Une émotion est "toujours déclenchée par quelque chose" et "toujours focalisée sur un événement", contrairement aux humeurs. "L'émotion est toujours rattachée à un événement déclencheur."

      • Définition proposée : Une émotion est un "processus rapide qui va durer quelques secondes, peut-être quelques minutes... qui est toujours focalisé sur un événement... et puis qui est constitué de deux étapes : le premier étape c'est un mécanisme de déclenchement qui est basé sur la pertinence souvent motivationnel et puis qui va façonner une réponse qui est constituée des quatre composants de la réponse émotionnelle : la tendance à l'action, la réaction corporelle, l'expression, le ressenti."

      II. Fonctions cognitives des émotions

      Les émotions ne sont pas des phénomènes isolés, mais "vont beaucoup influencer un grand nombre de processus cognitifs", ce qui est central à la deuxième partie de la conférence.

      Modulation de l'attention :

      • L'attention est "automatiquement orientée vers ce qui est émotionnel".

      • Un "système particulier dans le cerveau, l'attention émotionnelle" (impliquant l'amygdale et d'autres régions) permet de s'orienter rapidement vers les stimuli importants. C'est une "première fonction très positive des émotions".

      • Modulation de la mémoire (mémoire émotionnelle) :

      • Les événements émotionnellement forts sont mieux mémorisés (ex: attentats du 11 septembre). L'amygdale interagit avec l'hippocampe pour faciliter cette mémorisation.
      • Ceci est vrai pour les épisodes négatifs comme positifs. L'émotion "d'intérêt" ou de "curiosité" peut faciliter la mémorisation de contenus.

      • Les émotions influencent les trois étapes de la mémoire épisodique :

      • Encodage : Traitement initial et mise en mémoire de l'information émotionnelle.

      • Consolidation : Maintien en mémoire de l'information (ex: pendant le sommeil), les informations émotionnelles ayant une caractéristique de "rester en mémoire".

      • Rappel : L'émotion ressentie au moment du rappel peut aider à retrouver le souvenir.

      • La curiosité épistémique : Des études utilisant le "paradigme trivia questions" montrent que plus le niveau de curiosité est élevé, plus la "réaction corporelle" est forte et meilleure est la "mémorisation de la réponse".

      • Application scolaire : L'étude PISA et les travaux de Pekrun montrent un lien clair entre l'état émotionnel de l'élève ("passionné par une matière") et ses "résultats scolaires".

      La joie et la fierté sont associées à de bonnes notes, tandis que d'autres émotions peuvent prédire de mauvaises notes.

      Rôle dans la prise de décision :

      • Les émotions peuvent être "très utiles pour nous guider dans nos décisions" ou non.

      • Émotions incidentes : "ne sont pas liées aux options directement", elles sont externes à la décision (ex: colère après une dispute).

      Elles peuvent biaiser la décision (ex: la colère favorise une prise de risque plus élevée en matière financière). Ces émotions sont "à négliger et presque toujours à réguler".

      • Émotions intégrales (intégrées) : "déclenchées par la valeur que vous attribuez aux différentes options" (ex: émotions liées aux valeurs politiques ou esthétiques). Elles sont "à considérer" car elles sont pertinentes pour la décision.

      • Émotions anticipées : Émotions imaginées concernant les conséquences d'une décision, qui influencent le choix (ex: ne pas choisir un film d'horreur si l'on ne veut pas avoir peur).

      • Fonctions sociales des émotions et prise de décision sous incertitude : L'expérience de la "falaise visuelle" (Visual Cliff experiment) de Joe Campos démontre comment les bébés d'un an utilisent le "référencement social" (social referencing) pour prendre des décisions.

      Ils interprètent les expressions émotionnelles des adultes (joie, peur) pour évaluer le danger d'une situation, montrant "à quel point est-ce que finalement les émotions des autres peuvent être des guides dans nos décisions."

      En conclusion, David Sander insiste sur l'importance de comprendre les émotions non pas comme de simples ressentis, mais comme des processus complexes et multifactoriels, indissociables de la cognition et du comportement, qui jouent un rôle crucial dans notre attention, notre mémoire et notre prise de décision.

  3. Mar 2025
    1. Voici un résumé structuré des idées principales du documentaire, avec les moments clés mis en évidence :

      • Introduction au sentiment de vide émotionnel : Le documentaire commence par une exploration du sentiment de ne rien ressentir, un état de "ligne plate" émotionnelle, que beaucoup de personnes expérimentent. Le réalisateur cherche à comprendre pourquoi ce phénomène se produit et comment la technologie influence nos émotions.

      • Manipulation des émotions par les trolls : Les trolls sur Internet sont présentés comme des experts en manipulation des émotions, utilisant des techniques pour provoquer des réactions négatives chez les autres. Andrew, un troll, explique comment il utilise des mots et des tactiques spécifiques pour susciter la colère et l'irritation. Kim, une victime de troll, décrit comment ses émotions sont manipulées par ces interactions négatives.

      • Industrie de la création d'émotions : En Chine, le documentaire explore l'industrie du divertissement en direct où des entreprises comme Shi Entertainment emploient des talents pour susciter des émotions positives chez les spectateurs. Jean, une star de live streaming, est experte dans le développement de sentiments forts chez ses fans.

      • Usines à fausses nouvelles et manipulation de la peur : En Macédoine du Nord, le documentaire révèle comment des usines à fausses nouvelles manipulent les émotions des gens en propageant des informations effrayantes et sensationnalistes. Elena, une médecin et activiste, écrit des articles de fausses nouvelles pour gagner de l'argent, exploitant les peurs et les insécurités des gens. Alana, en Californie, partage des articles alarmants sur les chemtrails, croyant qu'ils influencent les émotions et les pensées.

      • L'informatique affective et la mesure des émotions : Au MIT, le documentaire présente le domaine de l'informatique affective, qui vise à mesurer et à influencer les émotions humaines. La Dre Rosalind Picard explique comment les technologies peuvent être utilisées pour comprendre et manipuler les états affectifs des individus. Des entreprises investissent massivement dans ces technologies pour mesurer les émotions des consommateurs.

      • Conditionnement comportemental et contrôle des émotions : Le documentaire explore les travaux de B.F. Skinner sur le conditionnement comportemental et comment il croyait que les émotions pouvaient être utilisées pour contrôler le comportement. Skinner a expérimenté sur des pigeons pour démontrer comment le comportement pouvait être façonné par des stimuli externes. Il envisageait une technologie qui pourrait construire un monde meilleur en contrôlant le comportement de chacun.

      • Utilisation de la science pour maximiser la joie : Dr. Paul Zach utilise la science pour déterminer quels chiens suscitent le plus de joie chez les gens. Il utilise des biocapteurs pour mesurer les réactions émotionnelles des sujets regardant des chiens.

      • Domination technologique et contrôle émotionnel : La maîtresse Harley, une "domina" technologique, utilise la technologie pour contrôler les émotions de ses "esclaves" en ligne. Elle explique comment la honte et l'humiliation peuvent être utilisées pour dominer les individus.

      • Réduction des émotions à des chiffres : Le "Facial Action Coding System" transforme les émotions en chiffres, ce qui soulève des questions sur la nature sacrée des émotions et de l'identité. L'idée que les émotions puissent être réduites à des formules soulève des inquiétudes quant à la possibilité de nous faire ressentir n'importe quoi.

      • Impact de l'internet sur les émotions : Le thérapeute Morton Fanger décrit comment l'internet crée des sentiments artificiels et conduit à un sentiment de vide émotionnel. Il s'inquiète de l'impact de l'internet sur les enfants et de la difficulté de maintenir leur attention.

      • Désespoir et recherche de sens : À Iwu, en Chine, le documentaire montre la désillusion de ceux qui essaient de réussir dans le commerce électronique, soulignant un sentiment de désespoir partagé. Elena, la créatrice de fausses nouvelles en Macédoine, exprime son sentiment d'être piégée entre différentes vies et de devoir choisir entre ses valeurs et sa survie financière.

      • Préférence pour le non-sentiment : Morton Fanger observe que les gens préfèrent souvent ne rien ressentir plutôt que de faire face à des émotions difficiles. Il note que les gens veulent de la structure, du contrôle et de la soumission, et que le monde réel est perçu comme trop plat et laid en comparaison avec la vie en ligne.

      • Recherche d'un moyen de sortir du vide émotionnel : Le réalisateur cherche des conseils auprès de Morton pour donner un message d'espoir à son film. Morton suggère qu'il existe deux approches : soit avertir les gens des dangers de l'internet, soit leur rappeler qu'une vie meilleure est possible en se connectant avec les êtres chers et en vivant des expériences réelles.

      • Rédemption et connexion humaine : Andrew, l'ancien troll, déménage avec sa petite amie rencontrée sur internet, indiquant une possible rédemption et la recherche d'une connexion humaine authentique. Il reconnaît qu'il utilisait le trolling pour attirer l'attention en raison d'un manque d'attention dans son enfance. Sa petite amie l'encourage à être lui-même et à abandonner ses comportements négatifs.

  4. Feb 2025
    1. Voici un sommaire minuté du documentaire, mettant en évidence les idées fortes:

      • 0:04-0:52: L'amour est essentiel pour l'humain, offrant un sentiment de ne pas être seul et agissant comme un moteur de créativité et de changement. Les relations amoureuses et la sexualité sont complexes et importantes.
      • 1:03-1:29: Les premières expériences amoureuses peuvent survenir très tôt, même dès l'âge de 5 ans. Un enfant décrit son premier béguin.
      • 1:32-1:54: Le sentiment amoureux est universel, mais sa manifestation varie selon les cultures.
      • 2:00-2:26: Il existe une différence entre une amourette et être amoureux, avec une gradation entre le coup de cœur et la passion. Les premiers amours s'accompagnent de pudeur.
      • 2:31-3:26: L'amour naît dans le cerveau et se manifeste par des réactions physiques. Les stimulations cérébrales libèrent de l'adrénaline, activant l'organisme.
      • 3:29-3:54: Récit d'un jeune garçon qui a toujours été amoureux depuis la maternelle. Il raconte sa première rupture.
      • 4:00-4:53: L'idée que les premiers amours n'arrivent qu'à la puberté est un mythe. Ces premières expériences sont décisives et ne doivent pas être minimisées par les adultes.
      • 5:07-5:20: Un jeune garçon décrit sa copine et les raisons pour lesquelles il l'aime.
      • 5:30-5:56: Les parents ne devraient pas s'immiscer dans les histoires d'amour de leurs enfants, mais plutôt les encourager à faire leurs propres expériences.
      • 6:03-6:20: Un adolescent explique comment l'écriture l'aide à exprimer ses sentiments amoureux.
      • 6:37-6:57: Recevoir la confirmation de l'amour est une sensation agréable, mais le rejet peut être douloureux.
      • 7:00-7:24: Même les jeunes enfants perçoivent l'amour comme un sentiment intense qui génère de la vulnérabilité. Ils peuvent avoir honte et ne pas savoir comment en parler.
      • 7:31-7:51: Les premières expériences amoureuses sont importantes et influencent la manière dont on vivra les relations plus tard.
      • 8:15-9:06: La puberté et les hormones sexuelles (testostérone et œstrogènes) jouent un rôle dans le désir et l'attirance.
      • 9:13-10:08: Le "ghosting" (quitter quelqu'un sans explication) est une expérience difficile à vivre.
      • 10:11-10:56: Exprimer ses sentiments amoureux est une forme d'abandon de soi, et un refus peut remettre en question l'être tout entier.
      • 11:00-12:15: La douleur d'un chagrin d'amour peut conduire à douter de soi-même. Cette douleur est comparable à celle ressentie lors d'un manque lié à une addiction. Les adolescents ont du mal à prendre du recul face à leurs émotions.
      • 12:18-13:06: Des études montrent que la douleur émotionnelle d'un chagrin d'amour active les mêmes zones cérébrales que la douleur physique. Prendre du paracétamol peut soulager cette douleur.
      • 13:12-13:28: Il n'y a pas de rupture parfaite, mais on peut essayer de limiter la douleur pour soi et pour l'autre.
      • 13:37-13:50: La musique et le soutien des amis aident à surmonter les chagrins d'amour.
      • 13:53-14:30: Après une rupture, on a tendance à idéaliser la personne perdue. Un chagrin d'amour peut devenir traumatique et amener à éviter de nouvelles relations.
      • 14:40-15:28: Même les adultes sont mal préparés à faire face aux ruptures. Les expériences de jeunesse apprennent à surmonter les échecs et à mieux choisir ses partenaires.
      • 15:30-15:51: Les chagrins d'amour et les ruptures font partie de la vie et rendent plus fort.
      • 16:24-17:02: La recherche de l'amour parfait est un objectif difficile à atteindre. L'amour et les relations sexuelles demandent du travail et impliquent la recherche d'un consensus.
      • 17:31-17:51: L'idéalisation peut mener à l'échec des relations. Il faut trouver un moyen de vivre au quotidien avec son partenaire.
      • 18:44-19:44: Lors des premiers rapprochements physiques, de nombreuses sensations sont stimulées, activant l'amygdale (centre des émotions) et libérant des neurohormones qui engendrent le plaisir.
      • 20:06-20:44: Les jeunes se comparent souvent aux autres, notamment sur les réseaux sociaux. Il est important de suivre sa propre voie et de prendre ses propres décisions.
      • 20:46-21:00: Il faut du temps pour être prêt physiquement, émotionnellement et cognitivement pour une nouvelle expérience.
      • 21:04-21:46: L'incertitude est normale, surtout avec peu d'expérience. On apprend de ses erreurs et on comprend ce que l'autre veut ou ne veut pas.
      • 21:46-22:29: Dans de nombreuses cultures, l'amour et la sexualité sont des sujets tabous. La communication est essentielle pour un développement sexuel sain et positif.
      • 22:36-22:59: Il est souvent gênant d'aborder ces sujets avec ses parents, et on se fait souvent sa propre éducation sur internet.
      • 22:59-23:33: Malgré les tentatives d'intégrer l'éducation sexuelle à l'école, ces questions ne sont pas suffisamment abordées. Les parents ont du mal à parler de sexualité avec leurs enfants et délèguent souvent cette éducation aux réseaux sociaux et à la pornographie.
      • 23:40-24:05: La pornographie classique a un intérêt éducatif limité, mais de nouvelles formes de pornographie axées sur la diversité des corps et le plaisir féminin apparaissent.
      • 24:10-24:34: La peur de la rupture est présente, surtout lors d'une première expérience. On a l'impression de perdre une partie de soi-même et de devoir tout recommencer.
      • 24:43-25:00: Une vie de couple saine et positive est liée à une meilleure santé et à une plus grande longévité.
      • 25:00-25:38: Les expériences de jeunesse préparent à la vie amoureuse et sexuelle.

      Les parents peuvent aider en apprenant à leurs enfants à prendre des décisions autonomes et en leur donnant confiance en eux.

  5. Nov 2024
    1. Bien sûr ! Voici les temps forts détaillés de la vidéo "Bien-être à l’école et scolarisation de questions vives" avec les timestamps correspondants :

      1. Introduction et contexte (00:00 - 05:00) :
      2. Olivier Morin, Maître de conférences en didactique des Questions Soc, introduit le sujet de la conférence en expliquant l'importance du bien-être à l'école et la scolarisation des questions vives.
      3. Présentation des objectifs de la conférence et du cadre théorique sur lequel elle s'appuie.

      4. Pratiques somatiques (05:01 - 20:00) :

      5. Discussion sur les pratiques somatiques telles que le yoga, la méditation et d'autres techniques corporelles.
      6. Explication des bienfaits de ces pratiques sur le bien-être des élèves, notamment en termes de réduction du stress et d'amélioration de la concentration.
      7. Présentation de quelques études de cas et témoignages d'enseignants ayant intégré ces pratiques dans leur enseignement.

      8. Pratiques artistiques (20:01 - 35:00) :

      9. Exploration des différentes formes d'expression artistique comme le théâtre, la danse, et les arts plastiques.
      10. Analyse de l'impact de ces pratiques sur le développement émotionnel et social des élèves.
      11. Exemples concrets de projets artistiques réalisés dans des écoles et leurs effets positifs sur les élèves.

      12. Conditions favorables (35:01 - 45:00) :

      13. Discussion sur les conditions nécessaires pour que les pratiques somatiques et artistiques soient réellement bénéfiques.
      14. Importance du soutien des enseignants, de la formation adéquate et de l'intégration de ces pratiques dans le programme scolaire.
      15. Identification des obstacles potentiels et des solutions pour les surmonter.

      16. Études de cas et témoignages (45:01 - 50:47) :

      17. Présentation de plusieurs études de cas illustrant les effets positifs des pratiques somatiques et artistiques sur le bien-être des élèves.
      18. Témoignages d'enseignants et d'élèves partageant leurs expériences et les bénéfices qu'ils ont observés.

      Vous pouvez visionner la vidéo complète ici.

  6. Oct 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:06][^1^][1] - [00:08:14][^2^][2]:

      Cette vidéo explore les gestes pédagogiques qui favorisent les sentiments métacognitifs propices à l'apprentissage. Elle détaille comment susciter l'intérêt, l'importance perçue, et la probabilité de succès pour motiver les élèves avant, pendant et après une activité.

      Moments forts : + [00:00:06][^3^][3] Introduction à la métacognition * Importance de la métacognition dans l'apprentissage * Sentiments métacognitifs avant, pendant et après une activité * Impact sur la motivation des élèves + [00:01:08][^4^][4] Avant l'activité * Susciter l'intérêt et l'importance perçue * Questions attrayantes et activités ludiques * Lien entre l'activité et les objectifs des élèves + [00:03:38][^5^][5] Pendant l'activité * Gestion des erreurs et progrès * Importance de voir l'erreur comme une étape normale * Mesurer les progrès pour maintenir l'engagement + [00:06:46][^6^][6] Après l'activité * Sentiments de réussite ou d'échec * Impact sur la motivation future * Adapter la difficulté des exercices pour favoriser la réussite + [00:07:44][^7^][7] Conclusion * Importance des sentiments métacognitifs positifs * Développement d'une bonne régulation métacognitive * Conduire à une spirale de la réussite

  7. Feb 2023
  8. Jan 2014
    1. Giving the public what it paid for sounds noble, but from where I sit, a scientist at a well-funded research university, ensuring that research papers are available to the public for free seems pointless.

      This seems to be a comment sentiment-- the open access arguments don't address the individual "what's in it for me?" question. And it is not wrong for people to be asking this question-- not just what benefits them, but also what misery are they in for if they start down this unknown (and possibly treacherous) path? It is the rare few intrepid leaders in this space that can see beyond the immediate benefits and risks-- that can see a new world of science that could exist and are willing to make the epicly dangerous journey along with their loyal argonauts who can withstand the siren song and sail safely through the academic scylla and charybdis.