2023
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Enquête sur le Milieu Périscolaire et les Établissements Privés : Failles de Sécurité et Défaillances Institutionnelles
Résumé Exécutif
Cette synthèse met en lumière une crise de confiance et de sécurité au sein du système périscolaire et des établissements scolaires en France.
L'enquête révèle que le temps périscolaire — qui peut représenter jusqu'à cinq heures par jour pour 5,5 millions d'élèves — souffre d'un manque criant de surveillance et de données officielles.
Malgré la multiplication des signalements d'agressions sexuelles et de maltraitances, les structures administratives (mairies et Éducation nationale) sont accusées d'inertie, voire d'avoir instauré une forme d'omerta pour protéger l'image des institutions.
Le recrutement précaire, l'absence de suivi statistique des violences au niveau ministériel et les retards dans les enquêtes administratives créent un environnement vulnérable pour les enfants, particulièrement en maternelle.
1. Le Secteur Périscolaire : Un Système sous Haute Tension
Le temps périscolaire concerne 90 % des enfants de maternelle et d'élémentaire.
Bien que ces activités se déroulent au sein des écoles, elles dépendent des municipalités et non de l'Éducation nationale.
Données Clés sur l'Encadrement
• Volume horaire : Jusqu'à 5 heures par jour (accueil du matin, cantine, étude du soir).
• Population concernée : 5,5 millions d'élèves.
• Perception du métier : Qualifié de « sous-métier » ou de « profession poubelle » par certains acteurs, reflétant une précarité qui impacte la qualité du recrutement.
• Financement : L'État finance à 75 % les établissements privés sous contrat, mais les contrôles sur les violences éducatives ou sexuelles y sont jugés insuffisants par des lanceurs d'alerte.
Défaillances de Recrutement
L'enquête souligne des processus d'embauche parfois expéditifs.
À Rezé, un animateur condamné pour agressions sur 12 mineurs avait été recruté à 51 ans sans expérience préalable dans l'enfance, après une carrière dans la grande distribution.
L'entretien d'embauche a été décrit comme s'étant déroulé « assez rapidement ».
2. État des Lieux des Violences et de l'Invisibilité Statistique
Un constat majeur de l'enquête est l'absence totale de données centralisées sur les violences en milieu périscolaire.
• Néant Statistique : Le ministère de la Justice a confirmé ne pas enregistrer de données spécifiques sur les violences commises par des animateurs périscolaires.
• Réalité du terrain : En compilant les articles de la presse régionale sur 10 ans, l'enquête a recensé au moins une centaine d'affaires médiatisées partout en France (Marseille, Moselle, Courbevoie, Haute-Savoie, etc.).
• Typologie des faits :
◦ Agressions sexuelles et viols sur mineurs.
◦ Maltraitances physiques (étranglements, violences à la cantine).
◦ Tentatives de corruption de mineurs.
3. Analyse des Failles Institutionnelles : L'Omerta et la Gestion des Signalements
L'enquête pointe du doigt une gestion administrative défaillante qui privilégie souvent la protection de l'institution au détriment de la sécurité des enfants.
Dysfonctionnements Identifiés
| Type de Dysfonctionnement | Description et Conséquences | | --- | --- | | Déplacement des agents | Pratique consistant à déplacer un animateur signalé d'une école à une autre plutôt que de le sanctionner ou de l'écarter. | | Absence de suites administratives | Dans l'affaire du 15e arrondissement de Paris, deux ans après l'ouverture d'une enquête administrative, aucun débriefing n'a été fourni aux familles. | | Ignorance des alertes parentales | Des parents avaient alerté sur des comportements suspects (animateur seul avec un enfant, porte fermée) dès 2019, soit des années avant l'arrestation de l'agresseur présumé. | | Espaces à risques | Malgré un rapport de 2015 recommandant de prohiber les espaces isolés (comme les coins bibliothèque), ces lieux ont continué d'être utilisés sans surveillance adéquate. |
Citations Marquantes sur l'Institution
• « C'était toujours on protège l'institution, on règle ça entre nous mais rien ne sort. »
• « Le sanctuaire qui se brise » : expression utilisée par les parents pour décrire la perte de confiance envers l'école.
• « Vous avez l'impression que tout le monde est complice de cette omerta. »
4. Impact Psychologique et Parole de l'Enfant
Le professeur Thierry Bobet, pédopsychiatre, apporte un éclairage crucial sur la difficulté de recueillir la parole des victimes, particulièrement entre 3 et 6 ans.
Les Obstacles à la Révélation
1. Absence de représentation : Un enfant de maternelle n'a aucune notion de ce qu'est la sexualité adulte. Il utilise des termes comme « quelqu'un m'a embêté ».
2. Confusion de l'autorité : L'animateur représente une extension de l'autorité parentale, ce qui rend la dénonciation paradoxale pour l'enfant.
3. Fragilité de la mémoire : Entre 3 et 6 ans, la mémoire n'est pas mature.
Un souvenir peut être précis pendant six mois puis devenir confus, d'où l'urgence d'une prise en charge rapide.
Signaux d'Alerte Observés par les Parents
• Régressions : Retour des couches, pipi au lit, demande de biberons.
• Troubles du comportement : Crises violentes au moment de partir à l'école, terreurs nocturnes, phobie scolaire.
• Comportements sexualisés : Jeux ou mimiques inadaptés à l'âge de l'enfant (ex: postures « vulgaires » induites par l'adulte).
5. Cas d'Étude : Le Processus de Manipulation
L'enquête détaille des modes opératoires récurrents visant à isoler les enfants et à instaurer un climat de secret.
• Le secret comme outil de contrôle : « Vous ne dites rien à la maîtresse, c'est notre secret. »
• Rituels détournés : Dans une école parisienne, l'animateur utilisait des chansons et des jeux (ex: « la culotte de mon grand-père ») pour amener les enfants à se déshabiller et à subir des attouchements sous couvert d'activité ludique.
• Posture de l'agresseur : Souvent décrit initialement comme un « papi un peu ours » ou quelqu'un de très apprécié qui « adore les enfants », utilisant cette image pour manipuler l'entourage et isoler les victimes.
Conclusion
L'enquête de Cash Investigation démontre que les violences dans le milieu périscolaire ne sont pas des faits divers isolés, mais le résultat de failles structurelles :
- manque de moyens des collectivités,
- absence de contrôle rigoureux de l'État sur le financement des écoles privées et culture du secret au sein des administrations.
L'urgence est à la transparence statistique et à une réforme profonde des protocoles de signalement et d'encadrement pour protéger les publics vulnérables.
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État des Lieux du Périscolaire et de l'Enseignement Privé : Enquête sur les Violences et les Défaillances Institutionnelles
Résumé Exécutif
Ce document de synthèse expose les conclusions d'une enquête approfondie sur la sécurité et l'encadrement des enfants au sein du périscolaire public et des établissements privés sous contrat en France.
Points clés identifiés :
• Insécurité structurelle du périscolaire : Le secteur souffre d'un manque de statistiques officielles sur les violences, de recrutements précaires sans vérification de compétences réelles et d'un encadrement souvent en sous-effectif.
• Culture de l'omerta dans le privé : Malgré un financement public à hauteur de 75 %, certains établissements privés privilégient la protection de leur image institutionnelle au détriment du signalement des violences sexuelles ou pédagogiques.
• Échec de la réponse judiciaire : 73 % des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sont classées sans suite, et les délais d'instruction (parfois plusieurs années) nuisent à la fiabilité de la parole de l'enfant.
• Pratiques de "chaises musicales" : Au lieu d'être sanctionnés, certains animateurs signalés pour comportements inappropriés sont simplement déplacés d'une école à une autre.
• Urgence d'une réforme : Les experts préconisent une professionnalisation accrue, une centralisation des signalements et l'adoption de protocoles d'audition spécialisés (type protocole "Niche").
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1. Le Secteur Périscolaire Public : Un Système sous Haute Tension
Le temps périscolaire concerne 5,5 millions d'élèves en France. Bien qu'il se déroule dans l'enceinte des écoles, il dépend des mairies et non de l'Éducation nationale.
1.1. Une profession dévalorisée et précaire
Le secteur est décrit par les intervenants comme une « profession poubelle » ou un « sous-métier ».
• Conditions de travail : Temps partiels imposés, plannings morcelés et salaires de misère (entre 600 et 700 € nets par mois).
• Recrutement "à la va-vite" : Pour combler les manques, les mairies embauchent des vacataires sans aucune expérience.
Une journaliste infiltrée a été recrutée en 6 jours après un entretien où seules sa disponibilité et sa « bienveillance » ont été interrogées, sans test de compétences avec les enfants.
1.2. Défaillances d'encadrement et de surveillance
• Sous-effectifs chroniques : La loi impose un animateur pour 14 enfants de moins de 6 ans, mais des taux de 1 pour 23 ou plus sont observés sur le terrain.
• Surveillance passive : L'enquête révèle des animateurs absorbés par leur téléphone portable durant les temps de cantine ou de cour de récréation, enfreignant la charte de l'animateur.
• Violences verbales et physiques : Des scènes de cris systématiques, d'humiliations et d'intimidation (« ferme ta bouche », privation de nourriture) ont été documentées.
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2. Violences Sexuelles : Des Alertes Ignorées aux Sanctions Insuffisantes
En 10 ans, rien qu'à Paris, 128 animateurs ont été suspendus pour suspicion de violences sexuelles.
2.1. Le dysfonctionnement des signalements
Plusieurs cas démontrent que les alertes des parents ne sont pas toujours transmises à la direction :
• Affaire de l'école Baudin (Paris) : Des parents avaient alerté sur des attouchements dès septembre 2024.
L'information n'a pas été remontée, et l'animateur est resté en poste jusqu'à son interpellation en avril 2025 pour agression sur cinq enfants.
• Affaire de l'école Emerio (Paris) : Un animateur de bibliothèque, en poste depuis 20 ans, a été mis en examen. Des parents avaient pourtant signalé des situations suspectes (portes fermées, enfants sur les genoux) dès 2019.
2.2. Le déplacement des agents problématiques
L'enquête confirme une pratique de « mauvaise habitude » : le déplacement d'un animateur signalé pour maltraitance vers une autre école au sein du même arrondissement, au lieu d'un licenciement ou d'une sanction disciplinaire ferme.
| Cas de figure | Mesure constatée | Impact | | --- | --- | --- | | Maltraitance physique (fessée/secouage) | Déplacement dans une autre maternelle | Risque de récidive sur un nouveau public | | Comportements inappropriés | Mutation d'une école maternelle à une école élémentaire | Absence de dossier de suivi centralisé |
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3. L'Enseignement Privé Sous Contrat : Entre Omerta et Autonomie
L'État finance l'enseignement privé à hauteur de 10,9 milliards d'euros (2024), payant l'intégralité des salaires des enseignants.
3.1. La protection de l'image institutionnelle
Dans certains établissements catholiques, comme l'institution Champagnat (Alsace), la priorité semble être de « laver le linge sale en famille ».
• Pressions sur les victimes : Des enregistrements montrent des religieux incitant des victimes d'agressions sexuelles à retirer leur plainte pour ne pas nuire à la réputation de l'école.
• Rétention d'information : Un établissement a attendu 9 mois avant de signaler au rectorat une enseignante ayant une relation sexuelle avec un mineur de 15 ans.
3.2. Le manque de contrôle étatique
Le Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique (SGEC) a longtemps freiné l'adoption de l'application « Faits Établissement », souhaitant filtrer les signalements avant qu'ils n'atteignent le ministère.
Ce « ministère bis » limite la visibilité de l'État sur la réalité des violences dans le privé.
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4. Dérives Idéologiques et Maltraitances : Le Cas de l'Institution "L'Espérance"
Cet établissement de Vendée, sous tutelle de la Fraternité Saint-Pierre, illustre les failles extrêmes du contrôle des écoles sous contrat.
• Violences rituelles : Le directeur pratiquait un système de "pactes" où il recevait ou donnait des claques aux élèves devant toute l'école en fonction des résultats scolaires.
• Climat de haine : Des anciens élèves témoignent de propos racistes, homophobes et xénophobes omniprésents (croix gammées sur les murs, surnoms racistes comme "Bamboula" ou "Chang").
• Non-respect des programmes : Des cours d'éducation civique sont refusés car jugés "républicains", remplacés par des enseignements sur la monarchie ou la scolastique médiévale.
• Encadrement défaillant : L'absence de surveillants adultes la nuit, remplacés par des élèves de terminale (« capitaines d'internat »), a favorisé des humiliations (rituel de la mare).
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5. La Réponse de la Justice et de la Psychiatrie
5.1. Le traumatisme de l'enfant et la parole différée
Le professeur Thierry Bobet et le docteur Louis Alvarez soulignent que :
• Un enfant de maternelle n'a aucune représentation de la sexualité adulte ; il ne parlera pas d'agression mais de quelqu'un qui l'a « embêté ».
• Le secret est souvent imposé par l'agresseur par le biais de "jeux" ou de "secrets".
• La mémoire des 3-6 ans est immature : si l'audition n'est pas immédiate, les souvenirs deviennent confus, favorisant les classements sans suite.
5.2. Statistiques et Justice
• Taux de condamnation : Seules 3 % des plaintes pour viol sur mineur aboutissent à une condamnation en France.
• Le protocole "Niche" : Utilisé dans les pays nordiques (taux de poursuite de 60 %), ce protocole d'audition filmé et standardisé est encore trop peu utilisé en France (25 % des cas contre 90 % dans certains pays).
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6. Modèles Inspirants et Pistes de Solution
6.1. L'exemple de la commune de Lemont (Vosges)
La municipalité a fait le choix politique d'un « périscolaire premium » :
• Ratios d'encadrement : 1 animateur pour 10 enfants (mieux que les 1 pour 14 légaux).
• Professionnalisation : Les temps de préparation et de réunion sont rémunérés.
• Stabilité : Contrats allant jusqu'à 33 heures par semaine pour fidéliser le personnel.
6.2. Recommandations des experts
1. Centralisation : Création d'un fichier national des signalements incluant les violences physiques et psychologiques (pas seulement sexuelles).
2. Formation : Rendre obligatoire la formation sur la protection de l'enfance et la Convention internationale des droits de l'enfant pour tout personnel encadrant.
3. Transparence : Soumettre les établissements privés aux mêmes obligations de signalement immédiat (« Faits Établissement ») que le public.
4. Priorité Judiciaire : Créer un "ticket accélérateur" pour que les enquêtes impliquant des mineurs soient traitées en priorité absolue afin de préserver la fiabilité des preuves.
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Note de Synthèse : La Violence à l'École et les Stratégies d'Intervention Efficaces
Résumé Exécutif
Cette note de synthèse analyse les propos de Claire Baumont, Docteure en psychopédagogie, sur la violence en milieu scolaire.
L'idée maîtresse est que la perception d'une augmentation généralisée de la violence dans les écoles n'est pas étayée par des données probantes, mais plutôt alimentée par une couverture médiatique alarmiste.
Le monitorage national québécois (2013-2019) n'a pas confirmé cette hausse et a même noté de légères améliorations.
La professeure Baumont insiste sur l'importance de « l'effet établissement » : la nécessité pour chaque école de baser ses interventions sur les faits observés localement, là où le personnel a un pouvoir d'action réel, plutôt que sur des moyennes nationales ou des récits extérieurs.
L'analyse révèle également que les formes d'agression les plus rapportées ne sont pas toujours celles attendues.
Les comportements d'humiliation et les regards méprisants de la part des adultes envers les élèves, ainsi que les agressions entre collègues, se classent parmi les plus fréquents (3e ou 4e position), bien avant la cyberintimidation.
Les stratégies d'intervention les plus efficaces ont évolué, passant d'approches punitives inefficaces à des approches systémiques axées sur le climat scolaire et, plus récemment, sur le développement des compétences socio-émotionnelles des élèves et du personnel.
La clé réside dans le renforcement des relations par des actions quotidiennes et la responsabilisation du personnel scolaire en tant que modèles.
1. L'Expertise de Claire Baumont
L'analyse est fondée sur les perspectives de Claire Baumont, une experte reconnue dans le domaine :
• Formation et expérience : Docteure en psychopédagogie, elle a été psychologue scolaire et clinicienne auprès de jeunes avec d'importants problèmes d'adaptation.
• Carrière académique : Professeure associée au Département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage de l'Université Laval.
• Recherche de pointe : Elle a dirigé la Chaire de recherche sur le bien-être et la prévention de la violence à l'école (2012-2023) et le premier monitorage national de la violence dans les écoles québécoises (2013-2019).
• Objectif : Ses recherches visent à améliorer la qualité de vie des élèves et du personnel scolaire.
2. Mythes et Réalités : La Montée de la Violence Scolaire
Un thème central de la discussion est la remise en question de la perception d'une augmentation de la violence dans les écoles.
• Une narration médiatique persistante : La professeure Baumont souligne que les médias rapportent une "montée de la violence" depuis près de 40 ans, souvent en généralisant à partir d'événements ponctuels et en créant un climat d'insécurité.
• Absence de preuves empiriques : Le monitorage national mené entre 2013 et 2019, utilisant des outils standardisés, n'a pas réussi à prouver une augmentation de la violence.
Au contraire, il a révélé de "légères améliorations".
• Situation actuelle : Il n'existe pas de portrait national récent pour confirmer ou infirmer une hausse depuis 2019-2020.
Il est donc crucial de garder un esprit critique face aux discours ambiants.
• La volatilité des données locales : Le suivi de certaines écoles a montré que la situation peut évoluer rapidement.
Un établissement peut voir son taux de violence augmenter en quelques années, tandis qu'un autre peut s'améliorer.
Cela démontre que les moyennes nationales ne sont pas représentatives de la réalité de chaque milieu.
3. Le Concept Clé : L'Effet Établissement
Face à l'incertitude des données nationales et à l'influence des facteurs externes, la professeure Baumont met en avant le concept de « l'effet établissement » (ou « effet école »).
• Définition : Il s'agit de se concentrer sur les composantes et les interventions sur lesquelles le personnel scolaire a un pouvoir d'action direct au sein de son propre établissement.
• Principe d'action : La première étape est d'ajuster les interventions sur la base de ce qui est réellement observé dans l'école, et non sur des perceptions externes.
• Autonomisation : Cette approche permet aux intervenants de se centrer sur des solutions concrètes et de ne pas se laisser démoraliser par des facteurs hors de leur contrôle.
Elle place l'intervenant comme le "premier décideur" de ses actions avec les ressources dont il dispose.
4. Les Dimensions de la Violence Scolaire
La violence en milieu scolaire est un phénomène complexe et multifactoriel, dont les manifestations dépassent les agressions entre élèves.
4.1. Une Problématique Multifactorielle
La violence s'explique par une interaction de facteurs à plusieurs niveaux :
• Globaux : Les conflits mondiaux et les guerres (une personne sur huit sur la planète serait en situation de guerre en décembre 2024) contribuent à un sentiment d'insécurité généralisé.
• Sociétaux : Les différences culturelles et religieuses peuvent être des sources de tension.
• Communautaires : La vie dans le quartier et la situation familiale des élèves influencent leurs comportements à l'école.
• Institutionnels : La formation du personnel scolaire joue un rôle.
Malgré ces multiples facteurs, l'effet établissement demeure le levier d'action le plus pertinent pour les intervenants.
4.2. Les Comportements d'Agression : Au-delà des Élèves
L'analyse des types de violence révèle une réalité souvent sous-estimée : l'impact du comportement des adultes.
• Violence des adultes envers les élèves : Selon des données de 2024, les comportements d'humiliation et les regards méprisants de la part des adultes se classent en 3e ou 4e position des agressions les plus rapportées par les élèves, surtout au secondaire.
Ces actes incluent les cris et les punitions humiliantes.
• Violence entre adultes : Le personnel scolaire rapporte également subir des agressions de la part de collègues.
Les insultes et l'exclusion des réunions se classent aussi en 3e ou 4e position des comportements d'agression subis par les enseignants.
• Un constat surprenant : Ces formes de violence relationnelle et psychologique sont rapportées bien plus fréquemment que la cyberintimidation, qui est souvent perçue comme un problème majeur.
L'impact de ces comportements d'adultes sur le climat scolaire et la qualité de l'enseignement est considérable.
5. Stratégies d'Intervention : Évolution et Bonnes Pratiques
Les approches pour prévenir et gérer la violence ont évolué au cours des 50 dernières années.
| Étape d'Évolution | Approche Principale | Limites et Constats | | --- | --- | --- | | Approches initiales | Programmes ciblés sur les agresseurs, basés sur la punition. | Inefficaces. "On s'est rendu compte que les punitions ça la prenait pas aux enfants de bons comportements." | | Développement | Approches globales et systémiques axées sur l'amélioration du climat scolaire. | Plus efficaces, mais peuvent être complétées. | | Approches récentes | Focalisation sur le bien-être des élèves, puis sur celui des élèves ET du personnel scolaire. | Agir sur les sources du mal-être pour prévenir la violence. | | Approche actuelle | Développement des compétences socio-émotionnelles pour tous (élèves et personnel). | Apprendre l'autorégulation, l'expression des désaccords et le savoir-être. Le personnel adulte agit comme un modèle essentiel. |
Le modèle actuel met l'accent sur le rôle crucial des adultes.
La relation qu'ils établissent avec les jeunes, basée sur leurs propres compétences socio-émotionnelles, est un facteur déterminant pour un climat scolaire positif.
6. Recommandations Finales pour une Action Efficace
Pour intervenir de manière constructive, la professeure Baumont propose une série de principes directeurs :
1. Baser les interventions sur des faits observés localement : Se concentrer sur les dynamiques propres à son établissement pour un maximum d'impact (« effet établissement »).
2. Impliquer les élèves et le personnel : Faire participer l'ensemble de la communauté scolaire aux décisions favorise le sentiment d'appartenance, l'engagement, l'entraide et la collaboration.
3. Agir avec les ressources disponibles : Plutôt que d'attendre des décisions ou des ressources gouvernementales, il est essentiel d'agir proactivement avec les moyens à disposition.
"Je suis la première personne qui peut décider de ce que je fais avec ce que j'ai."
4. Privilégier la fréquence à l'intensité : Le plus important n'est pas de réaliser de grandes activités ponctuelles, mais de poser de petits gestes significatifs au quotidien.
Il faut "savoir-faire souvent" pour renforcer durablement les relations entre adultes et élèves.
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- Apr 2024
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Le respect de l’intégrité physique de l’élève constitue une des dimensions d’un nouveau statut juridique qui va progressive– ment s’affirmer.
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Le châtiment corporel, conçu depuis l’Antiquité comme indispensable à l’éducation et l’instruction des élèves–enfants, est désormais considéré contraire au maintien de l’ordre scolaire.
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- Oct 2023
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en finir avec la VDEO à l’École
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