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    1. Analyse Documentaire : Portrait d'un Père Désemparé et Destin de Jonathan Jensen

      Résumé Analytique

      Ce document synthétise le récit autobiographique et tragique d'un réalisateur de documentaires hanté par la disparition de son fils, Jonathan Jensen.

      À travers le prisme de sa caméra, le père explore une relation marquée par une quête de masculinité héritée de modèles d'exploration classiques (comme Roald Amundsen) et pervertie par les influences numériques contemporaines (telles qu'Andrew Tate).

      Jonathan, né en 2002 et décrit comme un enfant d'une énergie débordante, a fini par s'exiler au Brésil pour poursuivre une réussite matérielle rapide, influencé par des "coachs" prônant une vision binaire du monde (gagnants contre perdants).

      Ce parcours s'est achevé brutalement par son assassinat à l'âge de 21 ans, commis par son associé et ami d'enfance, Oscar Milander.

      Le documentaire met en lumière l'échec d'un père à protéger son fils contre une réalité numérique toxique, malgré ses tentatives répétées de forger son caractère à travers des expériences physiques et des projets cinématographiques.

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      I. La Dynamique Père-Fils : La Caméra comme Filtre et Lien

      La relation entre le narrateur et Jonathan est intrinsèquement liée à la profession du père. Le cinéma documentaire a servi à la fois de pont et de barrière protectrice.

      Le filtre protecteur : Le père admet avoir passé la majeure partie de son temps avec son fils une caméra à la main, l'utilisant comme un « filtre protecteur » entre eux deux.

      L'héritage de l'absence : Le narrateur attribue ses propres lacunes paternelles à l'absence de son propre père, capitaine de navires de croisière qu'il n'a rencontré qu'une seule fois à l'âge de 30 ans.

      La documentation du lien : Des moments clés ont été filmés, notamment un incident où Jonathan a perdu l'usage de ses jambes le lendemain d'une soirée passée seul avec son père, un événement qui a paradoxalement renforcé leur lien malgré l'incompétence paternelle ressentie.

      II. Modèles de Masculinité et Quête de Caractère

      Le père a tenté d'inculquer à Jonathan des valeurs de force et de discipline, souvent basées sur des figures historiques ou des expériences extrêmes.

      L'Influence de Roald Amundsen

      Le narrateur voue une obsession à l'explorateur polaire Amundsen, symbole de conquête et de virilité.

      L'expédition manquée : Le père a tenté d'organiser une expédition polaire avec Jonathan pour reproduire (et réussir) une traversée qu'Amundsen avait échouée en 1893.

      Échec de la transmission : Jonathan a rejeté cette épreuve physique, préférant le confort et la socialisation, qualifiant le projet d'« absurde ».

      L'Expérience Militaire

      Inquiet du manque de discipline de son fils, le père l'a poussé à intégrer un camp militaire pour jeunes.

      Objectif : Enseigner la rigueur et la discipline.

      Résultat : Bien que Jonathan ait semblé enthousiaste au début, le père a rapidement regretté cette décision, percevant une perte de contact avec la nature enfantine de son fils.

      III. La Rupture et la Dérive vers la "Matrice" Numérique

      À sa majorité, Jonathan s'est radicalement éloigné des valeurs de ses parents pour poursuivre une vie d'entrepreneur numérique, influencé par des idéologies de succès agressif.

      Le départ pour le Brésil : En pleine pandémie de COVID-19, Jonathan et son ami Mons (Oscar Milander) se sont installés au Brésil après que Jonathan a vidé ses comptes d'épargne (30 000 $).

      L'influence d'Andrew Tate : Jonathan a adopté le discours d'Andrew Tate, divisant le monde en "gagnants" et "perdants" et affirmant vouloir « s'échapper de la Matrice ».

      Changement de personnalité : Son petit ami brésilien, Gustavo (un influenceur majeur), a témoigné de la transformation inquiétante de Jonathan sous l'influence de "coachs" psychopathes, passant d'un jeune homme amoureux à une personne froide, homophobe et obsédée par l'argent.

      IV. Le Conflit Financier et Idéologique

      La tension entre le père et le fils a atteint son paroxysme autour de la gestion de l'argent et de la vision du futur.

      | Point de Conflit | Perspective du Père | Perspective de Jonathan | | --- | --- | --- | | Argent | Épargne destinée à sécuriser l'avenir (25 ans). | Capital nécessaire immédiatement pour le business. | | Méthode | Patience, études, vie de classe moyenne. | "Hustle", prise de risque, succès immédiat. | | Vision du monde | Empathie et connexion émotionnelle. | Domination, élimination de la faiblesse. |

      Jonathan accusait son père de vouloir le freiner par "peur" et de ne pas comprendre les règles du succès moderne.

      V. Le Dénouement Tragique

      Malgré un bref retour en Norvège où Jonathan a semblé retrouver une certaine sérénité auprès de son père, il est reparti pour le Brésil, affirmant que son héritage continuerait à travers ses actions.

      Le meurtre : Onze jours après son retour au Brésil, Jonathan Jensen a été retrouvé mort à Balneário Camboriú, poignardé à mort.

      Le coupable : Oscar Milander (Mons), son meilleur ami et associé, a été arrêté alors qu'il fuyait au volant de la Mercedes de la victime.

      Conséquences : Le père décrit une douleur omniprésente, une « pression dans chaque cellule » de son être, réalisant que le rêve de succès de son fils s'est transformé en un cauchemar de "logistique d'horreur".

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      Citations Clés

      « La connexion est rompue. Il n'est plus là. Jonathan, mon beau garçon, est mort. » — Le Père

      « Tu ne peux pas te promener et aimer tout le monde, parce que ça finit mal. On a son cercle, comme une famille. » — Jonathan (discutant de l'amour)

      « En tant que père, si tu as bien fait ton travail, ta vie continue dans ton fils... Tu crées une meilleure version de toi-même. » — Jonathan (quelques jours avant sa mort)

      « Je m'échappe de la Matrice. » — Jonathan

    1. Éduquons nos fils : Synthèse sur la Déconstruction de la Masculinité et de la Violence

      Résumé Exécutif

      Ce document analyse les mécanismes de construction de la masculinité et leurs conséquences sur la société française, tels qu'exposés dans les témoignages et analyses du projet "Infrarouge - Éduquons nos fils".

      Le constat central est que la violence n'est pas une essence masculine, mais le produit d'un conditionnement éducatif et social profond.

      Les points clés sont les suivants :

      Le poids des stéréotypes : Dès l'enfance, les garçons sont incités à refouler leur vulnérabilité, assimilée à une faiblesse, pour incarner le modèle du "mâle alpha" invulnérable.

      Un coût sociétal colossal : La "virilité" coûte environ 100 milliards d'euros par an à l'État français (justice, santé, insécurité routière).

      La masculinité comme facteur de risque : Les hommes représentent 97 % de la population carcérale et sont responsables de 84 % des accidents de la route mortels. Ils sont également les premières victimes de leur propre conditionnement (morts prématurées, conduites à risques).

      L'urgence éducative : La solution réside dans une réinvention de l'éducation des fils, passant par l'autorisation de l'expression émotionnelle, la déconstruction des modèles de domination et une présence paternelle sécurisante.

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      1. La Construction du "Mâle Alpha" : Un Conditionnement Précoce

      Le document met en lumière un système éducatif et social qui formate les garçons selon des codes de virilité hégémonique.

      L'injonction à l'invulnérabilité

      Refoulement émotionnel : L'éducation traditionnelle enseigne que "pleurer est une affaire de filles".

      Ce blocage des émotions, de l'enfance à l'âge adulte, génère une souffrance psychique et physique (douleurs somatiques, burn-out).

      L'image de la force : Le modèle valorisé est celui de "Superman" : fort, musclé, insensible et protecteur.

      Le culte du corps (musculation à outrance) est souvent utilisé comme une armure pour pallier une insécurité intérieure ou une vulnérabilité passée.

      Modèles culturels : Les figures d'identification des années 80 et 90 (Stallone, Schwarzenegger, James Bond) ont ancré l'image de l'homme "sandwich de l'hypervirilité", où la réussite passe par la puissance physique et la domination.

      L'influence de l'environnement social

      Le groupe de pairs (la "meute") : La bande de copains joue un rôle de renforcement. La peur d'être exclu ou jugé "faible" pousse les jeunes hommes à la surenchère dans la prise de risque ou la violence.

      Le sexisme ordinaire : La publicité et l'espace public ont longtemps objectivé les femmes, renforçant chez les jeunes garçons une vision prédatrice ou supérieure du masculin.

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      2. Les Conséquences de la Virilité : Statistiques et Coûts

      L'adhésion aux stéréotypes masculins n'est pas seulement un enjeu privé ; elle impacte lourdement la structure socio-économique du pays.

      Le coût financier de la virilité (Analyse de Lucile Petavin)

      L'historienne Lucile Petavin estime que les comportements antisociaux et violents des hommes coûtent 100 milliards d'euros par an à la France.

      | Secteur de dépense | Coût estimé (par an) | | --- | --- | | Justice et forces de l'ordre | 7 milliards € (sur 9 au total) | | Coups et violences volontaires | 18 milliards € (sur 26 au total) | | Insécurité routière | 13,3 milliards € | | Total Global estimé | 100 milliards € |

      L'asymétrie de genre dans la criminalité et les risques

      Incarcération : 97 % des personnes détenues sont des hommes.

      Sécurité routière : Les hommes sont responsables de 84 % des accidents mortels.

      Santé : Les hommes ont 2 à 3 fois plus de risques de mourir prématurément (avant 65 ans) à cause de comportements à risques (alcool, tabac, vitesse). À 14 ans, un garçon a déjà 70 % de risques de plus qu'une fille de mourir dans un accident.

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      3. Les Espaces de Reproduction et de Mutation

      La masculinité se joue dans des lieux clés où les stéréotypes sont soit renforcés, soit déconstruits.

      L'école et la cour de récréation

      L'école est décrite comme un concentré de patriarcat où règnent la compétition et la loi du plus fort.

      Violences scolaires : 71 % des élèves de la 6ème à la terminale ont subi des violences.

      Stéréotypes sportifs : Les activités comme la danse classique ou l'équitation restent perçues comme "féminines", tandis que le foot et la boxe sont vus comme le domaine naturel des garçons. Des initiatives pédagogiques tentent de briser ces barrières par la mixité réelle dans l'effort sportif.

      Le danger du numérique et du masculinisme

      Les réseaux sociaux (TikTok, Instagram) servent de vecteurs à des discours de haine misogyne extrêmes.

      Contenus toxiques : Des influenceurs militent pour un retour au patriarcat pur et dur, prônant la soumission des femmes et la violence comme outil de respect.

      Absence de modération : Les plateformes sont critiquées pour leur manque de régulation, privilégiant le profit généré par l'engagement (vues/likes) au détriment de la sécurité des mineurs.

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      n4. Vers une Nouvelle Paternité et Responsabilité

      Le changement passe par une redéfinition du rôle de père et une prise de conscience collective des hommes.

      Le rôle du père "nouveau"

      Expression de l'affection : Dire "je t'aime" et assurer une sécurité émotionnelle sans menace physique est présenté comme le levier principal pour briser le cycle de la violence.

      Implication domestique : Sortir du cliché "l'homme au barbecue, la femme aux légumes" et s'impliquer dans le soin quotidien des enfants (le "care") permet de normaliser une masculinité attentive et non dominante.

      La responsabilité collective (All Men)

      Le champion de MMA Cédric Dumbé souligne que si tous les hommes ne sont pas coupables, ils sont tous responsables du climat social.

      Sortir de l'indifférence : Refuser de rire aux blagues sexistes, ne pas relayer de contenus dégradants et soutenir activement les victimes de violences sont des actes de "vrais hommes".

      Légitimation de la vulnérabilité : Accepter sa propre part de féminité et ses émotions est la clé pour une virilité "réglée" qui ne débouche pas sur l'agression.

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      Conclusion

      Le document conclut sur la nécessité d'une transformation profonde de l'éducation.

      En autorisant les fils à explorer toute la gamme des émotions humaines et en leur offrant des modèles de force qui ne reposent pas sur la domination, la société peut espérer réduire drastiquement la violence masculine et ses coûts humains et financiers.

      Comme l'indique l'un des intervenants : "Tous les hommes ne sont pas violents, mais la violence est masculine. Éduquez vos fils."

    1. Manifeste de l'hostilité misogyne : Analyse de la haine systémique contre les femmes dans l'espace public

      Résumé Exécutif

      Le présent document synthétise les mécanismes, les acteurs et les conséquences de la recrudescence de la violence misogyne, telle qu'analysée dans le contexte européen et international.

      Il apparaît que les femmes occupant des postes à responsabilité ou s'exprimant avec conviction dans la sphère publique — politiciennes, journalistes, activistes — sont les cibles privilégiées d'une haine organisée.

      Cette hostilité se manifeste par un cyber-harcèlement d'une violence extrême, allant de l'insulte sexiste aux menaces de viol et de mort.

      L'analyse révèle que cette haine n'est pas fortuite : elle est instrumentalisée par des mouvements populistes et d'extrême droite, et théorisée par des groupes masculinistes qui perçoivent l'égalité des genres comme une menace identitaire et sociale.

      Le monde numérique, régi par des algorithmes privilégiant l'engagement (souvent généré par la haine) et protégé par un certain vide juridique, sert d'incubateur à une radicalisation pouvant mener au terrorisme (mouvement « Incel »).

      Face à l'insuffisance des réponses institutionnelles, des initiatives de soutien émergent, tandis que des voix s'élèvent pour appeler à une déconstruction systémique des stéréotypes de masculinité.

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      1. Une Violence Ciblée et Systémique

      La haine envers les femmes n'est pas le fait d'individus isolés, mais un phénomène structurel visant à exclure les femmes de la sphère publique.

      Les cibles privilégiées

      Le mépris et l'agressivité visent particulièrement les femmes qui manifestent de l'assurance et occupent des domaines traditionnellement masculins :

      Femmes politiques : En Allemagne (34 % de députées au Bundestag) comme en France (40 % à l'Assemblée nationale), elles subissent des interruptions systématiques et une remise en question de leur légitimité.

      Journalistes sportives : L'exemple de Claudia Neumann illustre l'hostilité rencontrée lorsqu'une femme investit le "pré carré" masculin du football.

      Activistes et Écrivaines : Des figures comme Alice Barbe ou Leila Slimani subissent des campagnes de dénigrement massives en raison de leurs engagements pour les réfugiés ou les droits des femmes.

      La nature des agressions

      Contrairement aux hommes, les femmes reçoivent des attaques "taillées sur mesure" liées à leur genre :

      Sexualisation et humiliation : Envoi de "dickpics", insultes à caractère sexuel, commentaires sur le physique ou l'âge.

      Menaces extrêmes : Descriptions détaillées de viols, menaces de mutilations génitales ou de mort.

      Invisibilisation : Au sein même des institutions, la parole des femmes est souvent accueillie par un brouhaha ou un désintérêt feint de la part des collègues masculins.

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      2. Les Racines Idéologiques et l'Instrumentalisation Politique

      La misogynie moderne s'appuie sur des discours structurés et une exploitation politique délibérée.

      Le mouvement masculiniste

      Les masculinistes considèrent que les femmes ont pris le dessus et opprimeraient désormais les hommes.

      Rhétorique de la crise : Ils présentent l'égalité comme une "maladie" ou une "injustice" envers les jeunes hommes.

      Défense du patriarcat : Des auteurs comme Julien Rochedy prônent un retour aux codes virils traditionnels, affirmant que le manque de patriarcat est la cause du féminisme actuel.

      L'extrême droite et le populisme

      Des partis comme l'AfD en Allemagne ou des figures comme Éric Zemmour en France utilisent le sexisme comme stratégie électorale :

      Provocation délibérée : Utilisation de termes sexistes pour susciter l'émotion et gagner en visibilité médiatique.

      Lien avec d'autres haines : La misogynie s'accompagne souvent d'idéologies racistes et antisémites. Le féminisme est présenté comme un facteur de "décadence civilisationnelle".

      Déstabilisation : Au Parlement, l'entrée de partis d'extrême droite a entraîné une augmentation nette des exclamations et comportements sexistes.

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      3. L'Espace Numérique : Un "Lieu de Terreur"

      Internet et les réseaux sociaux agissent comme des catalyseurs de haine en raison de leur fonctionnement intrinsèque.

      La mécanique du cyber-harcèlement

      L'anonymat : Il favorise la levée des inhibitions. Les agresseurs peuvent être des "monsieur tout le monde" (professeurs, ingénieurs, avocats).

      Les algorithmes : La haine et l'incitation à la violence génèrent plus de vues et de clics, ce qui est financièrement profitable pour les plateformes.

      La radicalisation en ligne : Des forums privés permettent à des hommes de s'enfermer dans une vision étriquée du monde, se confortant mutuellement dans leur détestation des femmes.

      La menace "Incel" (Célibataires involontaires)

      Cette sous-culture numérique représente un danger sécuritaire réel :

      Idéologie : Conviction que les femmes sont des êtres inférieurs et que l'accès à leur corps est un droit fondamental.

      Apologie de la violence : Célébration de terroristes comme Elliot Rodger ou Alec Minassian.

      Passage à l'acte : Plusieurs attentats (Santa Barbara, Toronto, Halle) ont été motivés, totalement ou partiellement, par cette haine des femmes.

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      4. Conséquences Sociales et Réponses Institutionnelles

      L'impact de cette violence dépasse les victimes individuelles pour menacer la démocratie elle-même.

      L'impact sur les victimes et la démocratie

      Charge mentale et traumatisme : Les victimes doivent mettre en place des protocoles de sécurité lourds et subissent un stress psychologique intense.

      Le recul de la parole : Une femme sur deux craint d'exprimer son opinion en ligne. Ce retrait forcé crée un déséquilibre dans le débat public, laissant le champ libre aux harceleurs.

      Le sentiment d'isolement : Les militantes se sentent souvent seules face à des réseaux d'agresseurs très bien organisés.

      Un cadre juridique et policier défaillant

      Sous-estimation des faits : Les plaintes sont souvent classées sans suite ou banalisées par les forces de l'ordre ("supprimez votre compte").

      Complexité législative : Les plateformes, souvent basées à l'étranger, collaborent peu avec la justice. En France, des tentatives de régulation ont été déclarées inconstitutionnelles au nom de la liberté d'expression.

      Initiatives de soutien : Des structures comme HateAid en Allemagne offrent désormais un accompagnement juridique et psychologique pour pallier les carences de l'État.

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      5. Perspectives de Lutte et Déconstruction

      Pour enrayer ce phénomène, l'analyse suggère des actions à la racine du problème.

      | Axe d'intervention | Actions préconisées | | --- | --- | | Éducation | Déconstruire les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge et remettre en question la "masculinité toxique". | | Engagement masculin | Impliquer les hommes dans le discours féministe. Comme le souligne Leila Slimani, les hommes ont tout à gagner à un monde moins violent et moins régi par l'obligation de virilité brute. | | Justice | Former la police et le parquet à reconnaître la misogynie comme un délit grave. Créer une jurisprudence forte, à l'instar du procès remporté par Alice Barbe. | | Régulation | Imposer des règles communes au niveau européen pour contraindre les plateformes à transmettre les données des auteurs de messages haineux. |

      Conclusion : La lutte contre la misogynie organisée est un enjeu de sécurité publique et de survie démocratique.

      Refuser de céder à la peur et briser le silence sont les premiers remparts contre cette tentative de "silencier" les femmes dans l'espace public.

    1. Masculinité en crise : la fin d’Homo Virilus ?

      Ce document de synthèse analyse les fondements, l'évolution historique et la remise en question contemporaine de l'archétype de la virilité, désigné sous le terme d'« Homo Virilus ».

      À travers un prisme historique, sociologique et personnel, il explore comment ce modèle de domination, longtemps hégémonique, fait face à une crise profonde et à une nécessité de redéfinition.

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      Résumé exécutif

      L’idéal de l'« Homo Virilus » repose sur un triptyque de puissance, de courage et de domination.

      Historiquement ancré dans l'héroïsme guerrier, ce modèle a subi des chocs successifs : la déshumanisation par la guerre industrielle en 1914, l'autonomisation des femmes lors des conflits mondiaux, et les révolutions féministes des années 1970.

      Aujourd'hui, la masculinité est à la croisée des chemins. D'un côté, une réaction masculiniste et « viriliste » s'intensifie, portée par la manosphère et des discours réactionnaires.

      De l'autre, des mouvements de déconstruction émergent, portés par de nouvelles formes de paternité et une distinction claire entre masculinité et domination.

      Le coût social de la virilité obligatoire est désormais quantifié (environ 100 milliards d'euros par an en France), soulignant l'urgence d'une transition vers des modèles plus équitables.

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      1. L'Archétype d'Homo Virilus : Un Idéal de Domination

      Le concept d'Homo Virilus n'est pas une donnée biologique, mais une construction culturelle héritée de l'Antiquité gréco-romaine.

      Les piliers de la virilité : Ce modèle exige puissance, courage et domination. Il impose une maîtrise de soi constante, tout en justifiant une violence explosive si nécessaire.

      Une hiérarchie sociale : La vertu virile justifie la domination des femmes et des enfants, mais aussi celle des hommes jugés « non virils ».

      Une fragilité intrinsèque : Contrairement à l'apparence de force, la virilité est décrite comme une « insoutenable fragilité » car elle doit être prouvée et maintenue en permanence. On ne naît pas Homo Virilus, on le devient par des rites de passage, souvent liés au combat.

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      2. Les Ruptures Historiques : De la Tranchée au Foyer

      Le XXe siècle a marqué le début du déclin de l'héroïsme viril traditionnel.

      L'épreuve de la Grande Guerre (1914-1918)

      La fin du romantisme militaire : La guerre industrielle, avec son « orage d'acier », a rendu le courage individuel obsolète face aux obus.

      Le traumatisme et la « dévirilisation » : Les survivants sont revenus démembrés ou atteints de blessures invisibles (« l'obusite » ou syndrome post-traumatique). À l'époque, la psychiatrie associait ces troubles nerveux à une forme de féminisation ou de lâcheté.

      Inversion des rôles : Pendant que les hommes étaient au front, les femmes (« munitionnettes », conductrices, postières) ont prouvé leur capacité à faire fonctionner la société, brisant le mythe de leur infériorité physique et morale.

      La réaction totalitaire des années 1930

      Le fascisme comme rempart : Face à la fluidité de la République de Weimar, les régimes totalitaires (Hitler, Mussolini) ont prôné un retour à une virilité antique et implacable.

      Idéologie et exclusion : La virilité nazie était indissociable de l'antisémitisme et de l'homophobie. Les homosexuels, perçus comme des « hommes-femmes » incapables de combattre, ont été persécutés et envoyés en camps (marqués du triangle rose).

      Relégation des femmes : Le modèle « Kinder, Kuche, Kirche » (Enfant, Cuisine, Église) visait à supprimer les droits politiques des femmes pour les cantonner au rôle d'épouse-mère du guerrier.

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      3. Les Révolutions du Corps et du Pouvoir

      À partir des années 1960, l'hégémonie virile est attaquée de front par les mouvements sociaux.

      L'ère des luttes LGBT et féministes : La dépénalisation de l'homosexualité (1982 en France) et les victoires législatives (contraception, IVG avec la loi Veil) ont dissocié la sexualité de la reproduction.

      La fin du Pater Familias : Le passage de l'autorité paternelle à l'autorité parentale conjointe a mis fin à la domination juridique absolue du père dans le foyer.

      Le sentiment d'humiliation : Pour les nostalgiques de la domination, ces changements sont vécus comme une dépossession de pouvoir et une « féminisation » de la société.

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      4. La Virilité comme Performance Sexuelle et Sociale

      La puissance masculine reste souvent indexée sur des attributs physiques et des performances quantifiables.

      Le Phallus comme sceptre : La puissance virile est fréquemment réduite à la puissance phallique, créant une obsession pour la taille, la durée et le nombre de conquêtes.

      La culture du vestiaire : Dès l'adolescence, la pression des pairs impose un masque de dureté. La sensibilité est assimilée à une défaillance.

      La domination économique : Au travail, Homo Virilus adopte l'uniforme du cadre ou du manager performant. Les « broligarches » (contraction de brothers et oligarques) utilisent des codes de guerre pour écraser la concurrence.

      La détresse silencieuse : L'échec professionnel est vécu comme une perte de valeur sociale totale. Le tabou de la santé mentale masculine mène à une « épidémie silencieuse » de suicides et de consommations excessives de drogues.

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      5. Violences et Consentement : L'impact de MeToo

      La dénonciation des violences sexistes et sexuelles remet en cause le « droit de cuissage » implicite de l'Homo Virilus.

      De la culture du viol au consentement : Des procès historiques (menés par Gisèle Halimi) à l'affaire Mazan, la société prend conscience que le viol n'est pas le fait de marginaux, mais d'hommes « ordinaires » issus de tous les milieux.

      Prise de conscience masculine : Le mouvement MeToo a forcé certains hommes à réévaluer leurs comportements passés, notamment sur la notion de rapport forcé ou de pression exercée sur les femmes.

      Le coût de la virilité : Les statistiques révèlent que les hommes sont responsables de :

      ◦ 91 % des tentatives d'homicides.    ◦ 99 % des incendies volontaires.    ◦ 84 % des accidents de la route mortels.    ◦ Coût total : Près de 100 milliards d'euros par an en France.

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      6. La Montée du Masculinisme et la « Manosphère »

      En réaction à ces évolutions, un courant réactionnaire puissant s'organise, notamment sur les réseaux sociaux.

      Le discours du déclin : Des personnalités politiques et médiatiques prédisent l'effondrement de la civilisation face à la « castration » de l'homme blanc.

      L'influence de TikTok : La « manosphère » attire les jeunes hommes avec des conseils de drague et de fitness qui cachent un agenda antiféministe radical. Les femmes y sont souvent désignées comme des « féminazis ».

      Le mouvement Incel : Les « célibataires involontaires » développent une haine profonde des femmes, allant parfois jusqu'à l'apologie du terrorisme ou au passage à l'acte meurtrier (Montréal, Californie).

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      7. Vers une Déconstruction et de Nouveaux Modèles

      Des alternatives à l'Homo Virilus émergent, cherchant à dissocier la masculinité de la domination.

      La paternité active : Des ateliers de préparation à la paternité aident les hommes à s'approprier les gestes du soin et de l'éducation, sortant du rôle binaire « autorité et finance ».

      La masculinité au pluriel : Les sociologues et les personnes trans (comme Léon) soulignent que la testostérone ne crée pas le comportement dominateur ; c'est l'éducation qui façonne la virilité toxique.

      Distinction clé :

      Les hommes se trouvent aujourd'hui à la croisée des chemins : perpétuer un stéréotype obsolète et coûteux, ou explorer des formes de masculinité fondées sur l'équité, la sensibilité et le partage des responsabilités.

    1. Masculinisme : Synthèse du Péril Sexiste et de ses Enjeux

      Résumé Exécutif

      Ce document de synthèse analyse le phénomène du masculinisme, identifié comme une idéologie politique et sociale structurée, dont la propagation est considérablement amplifiée par les plateformes numériques.

      Défini comme la "mise en pratique concrète de l'antiféminisme", le masculinisme ne se limite pas à des propos sexistes isolés mais constitue un mouvement organisé visant à faire régresser les droits des femmes et des minorités de genre.

      La discussion met en lumière une menace grandissante, illustrée par de multiples tentatives d'attentats déjouées en France ces dernières années, qualifiant ce phénomène de "terrorisme masculiniste".

      Le débat oppose deux visions principales : d'une part, celle qui considère le masculinisme comme une dérive sectaire dangereuse et en pleine expansion, s'appuyant sur des données chiffrées issues du Haut Conseil à l'Égalité ; d'autre part, une perspective plus nuancée qui alerte sur le caractère flou du terme, le risque de généralisation abusive et la nécessité de comprendre les angoisses et les pressions sociales qui pèsent sur certains hommes.

      Face à ce péril, les solutions proposées s'articulent autour d'un double axe : un volet répressif incluant la formation des forces de l'ordre et la régulation des contenus en ligne, et un volet préventif centré sur l'éducation à la vie affective et sexuelle dès l'école.

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      1. Définition et Caractéristiques du Masculinisme

      Une Idéologie Antiféministe Structurée

      Le masculinisme est présenté non pas comme une opinion personnelle mais comme un mouvement politique et social organisé.

      Il est défini par Pauline Ferrari, auditionnée au Sénat, comme "un mouvement social et politique de mise en pratique concrète de l'antiféminisme".

      Il se distingue du sexisme ordinaire par son intention active de "faire régresser les droits des femmes et des minorités de genre, pour tenter de les humilier, pour tenter de les silencier".

      Historiquement, le terme "masculinisme" est presque aussi ancien que celui de "féminisme" et apparaît dès le XIXe siècle comme une réaction directe aux avancées des droits des femmes.

      Céline Piques rappelle que des mouvements masculinistes plus structurés, tels que ceux revendiquant les "droits des pères", ont émergé dans les années 1980, accusant la justice d'être partiale envers les femmes.

      Le Concept de "Sexisme Hostile"

      Le rapport du Haut Conseil à l'Égalité (HCE) distingue deux types de sexisme :

      Le sexisme paternaliste : Moins ouvertement violent, il infériorise les femmes en considérant que l'égalité est atteinte et que chacun doit conserver son rôle traditionnel (sphère domestique pour les femmes, professionnelle pour les hommes).

      Le sexisme hostile : Un sexisme virulent qui légitime la violence contre les femmes et les enfants et réaffirme la suprématie masculine. Le masculinisme est classé dans cette catégorie.

      Typologie des Mouvements Masculinistes

      Le masculinisme est décrit comme une "nébuleuse" regroupant diverses communautés, souvent actives en ligne :

      Les Incels ("célibataires involontaires") : Hommes qui se considèrent célibataires contre leur gré et en rendent les femmes responsables. Ils sont souvent décrits comme étant en détresse psychique et personnelle.

      Les MGTOW ("Men Going Their Own Way") : Prônent le retrait total des relations avec les femmes.

      Les "Mâles Alpha" : Influencés par des coachs en séduction, ils promeuvent un modèle de domination. Leurs techniques sont décrites comme des stratégies de coercition et de mise sous emprise, qualifiées de "stratégie de l'agresseur" par les associations féministes.

      L'influenceur Andrew Tate, poursuivi pour proxénétisme et trafic d'êtres humains, est cité comme un exemple emblématique de ce mouvement.

      2. La Perception Sociétale et les Chiffres Clés

      Le rapport du HCE sur l'état du sexisme en France révèle des chiffres jugés "sidérants" qui témoignent d'une réaction à l'avancée du féminisme, notamment depuis le mouvement #MeToo.

      | Indicateur | Pourcentage d'hommes | Pourcentage de femmes | | --- | --- | --- | | Le féminisme menace la place et le rôle des hommes | 39 % | 25 % | | Les féministes veulent que les femmes aient plus de pouvoir que les hommes | 60 % | \- | | Les féministes ont des demandes exagérées envers les hommes | 60 % | \- | | La justice est plus favorable aux femmes qu'aux hommes | 64 % | \- |

      Ces chiffres sont interprétés comme le reflet d'une "position très victimaire" des masculinistes, qui perçoivent une prise de pouvoir des femmes alors que les féministes revendiquent l'égalité d'accès au pouvoir.

      La Culture du Viol et la Notion de Consentement

      Le rapport met en évidence une mauvaise compréhension de l'autonomie sexuelle des femmes :

      24 % des hommes considèrent normal qu'une femme accepte un rapport sexuel par devoir ou pour faire plaisir.

      15 % des hommes estiment qu'une femme agressée sexuellement peut être en partie responsable.

      26 % des hommes avouent avoir déjà douté du consentement de leur partenaire, bien que 93 % affirment savoir que "non c'est non".

      Ces données illustrent la persistance de l'idée d'un "privilège des hommes à accéder au corps des femmes librement".

      3. L'Amplification par les Plateformes Numériques

      Les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans la croissance et la radicalisation des mouvements masculinistes.

      Propagation rapide : Il ne faudrait que 27 minutes sur une plateforme comme TikTok pour qu'un jeune s'intéressant à des contenus anodins (ex: conseils de drague) soit redirigé par les algorithmes vers des contenus masculinistes.

      Cyberharcèlement ciblé : Les femmes, en particulier les personnalités politiques (comme Sandrine Rousseau) ou les joueuses de jeux vidéo utilisant un pseudo féminin, subissent un cyberharcèlement d'une violence qu'un homme ne subirait pas pour les mêmes propos ou actions.

      Création de communautés : Des documentaires montrent l'existence de communautés en ligne regroupant 2000 à 3000 hommes.

      4. La Dangerosité et le Passage à l'Acte Violent

      Le discours masculiniste est directement lié à des actes de violence extrême, qualifiés de "terrorisme masculiniste".

      Tentatives d'Attentats en France

      Au cours des 14 derniers mois, trois arrestations majeures ont eu lieu en France en lien avec la mouvance masculiniste, toutes concernant des jeunes hommes de 17 à 26 ans :

      Juin 2023 (Saint-Étienne) : Un lycéen de 18 ans, se proclamant masculiniste, est arrêté près de son lycée. Il portait deux couteaux et une liste de prénoms de quatre filles de sa classe. Le Parquet National Antiterroriste (PNAT) s'est saisi de l'affaire.

      2024-2025 (Bordeaux et Ancenis) : Deux jeunes hommes appartenant au groupe des Incels sont arrêtés après des signalements sur la plateforme Pharos, suspectés de vouloir tuer des femmes.

      Attentats Internationaux

      Plusieurs tueries de masse ont été commises par des hommes se réclamant explicitement du masculinisme ou de la communauté Incel :

      1989 (Montréal, Canada) : Marc Lépine tue 14 femmes à l'École Polytechnique, après avoir séparé les hommes des femmes. Dans sa lettre de suicide, il accuse les féministes de lui avoir "gâché la vie".

      2014 (Isla Vista, États-Unis) : Elliot Rodger tue plusieurs personnes après avoir publié un manifeste de 140 pages et une vidéo appelant à tuer les femmes. Il est devenu une figure de référence pour les Incels.

      2021 (Plymouth, Royaume-Uni) : Un jeune homme de 23 ans tue cinq personnes, dont sa mère, avant de se suicider.

      5. Points de Débat et Perspectives Nuancées

      Le débat a également fait émerger des critiques et des mises en garde contre une approche trop univoque du phénomène.

      La Question de la Définition et de la Généralisation

      Peggy Sastre et Jean-Sébastien Ferjou soulignent que le terme "masculinisme" est "flou", "nébuleux" et "mal circonscrit".

      Ils mettent en garde contre le risque d'amalgamer des discours violents avec des critiques légitimes de certaines formes de féminisme.

      La question "le féminisme menace-t-il les hommes ?" serait trop simpliste, la réponse pouvant varier selon que l'on se réfère à Élisabeth Badinter ou à Sandrine Rousseau.

      La Réalité de la "Masculinité Toxique"

      Une étude menée en Nouvelle-Zélande sur plus de 15 800 hommes est citée pour nuancer l'idée d'une toxicité généralisée du masculin :

      • Seulement 3 % des hommes y sont décrits comme "véritablement hostiles et agressifs".

      8 % ont une attitude "bienveillante mais paternaliste".

      89 % (35 % "totalement non toxiques" et 54 % avec des préjugés "modérés") ne relèvent pas de la masculinité destructrice.

      L'étude suggère que les hommes les plus "toxiques" ne sont pas les plus affirmés dans leur masculinité, mais plutôt les hommes fragilisés par le chômage, l'isolement social ou le manque d'éducation.

      Les Pressions Sociales sur les Jeunes Hommes

      Un argument avancé est que les discours masculinistes trouvent un écho car ils résonnent avec des réalités vécues par les jeunes hommes.

      Il existerait une "injonction contradictoire" entre un discours sociétal d'égalité et des comportements sociaux (notamment sur les sites de rencontre) où les femmes continueraient de privilégier les hommes "plus beaux, plus forts et plus riches".

      6. Stratégies de Lutte et de Prévention

      Face à cette menace, deux axes d'action principaux sont envisagés.

      Volet Répressif et Judiciaire

      Formation des forces de l'ordre : Il est jugé nécessaire de former davantage les policiers et les magistrats à la détection du contrôle coercitif, une technique enseignée par les influenceurs masculinistes.

      Bien que cette formation commence, elle n'intègre pas encore systématiquement l'analyse de l'idéologie sous-jacente.

      Surveillance et régulation : La plateforme gouvernementale Pharos est active dans la détection des menaces, mais ses moyens sont jugés insuffisants.

      Une régulation plus stricte du numérique est demandée pour obtenir le retrait des contenus faisant l'apologie de crimes (comme le viol) ou constituant des provocations à la haine, en accord avec les limites de la liberté d'expression.

      Volet Préventif et Éducatif

      Éducation à l'école : L'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle est considérée comme un levier central de prévention.

      La loi prévoyant trois séances par an dans toutes les classes n'est toujours pas pleinement appliquée.

      Cibler les causes : Il est suggéré de s'attaquer aux racines du mal-être qui rendent les jeunes hommes vulnérables à ces idéologies, notamment en aidant ceux qui sont isolés ou en manque d'éducation, plutôt que d'adopter des discours qui pourraient aliéner la majorité des hommes.

  2. May 2025
    1. Note d'Information : Masculinisme et Cybersexisme sur TikTok

      Source : Extraits de l'audition "Association, chercheur et journaliste sur les contenus masculinistes & sexistes sur les plateformes"

      Date de l'audition : 2025

      Participants :

      • Pierre Gau : Journaliste, réalisateur du documentaire "Masculins"
      • Chanley Lemou McLaren : Activiste féministe, cofondatrice de l'association Stop Ficha
      • Pauline Ferrari : Journaliste indépendante, auteure de "Formé à la haine des femmes comment les masculinistes infiltrent les réseaux sociaux"
      • Tristan Duvernet : Doctorant en socio-anthropologie

      Principaux Thèmes :

      • TikTok comme catalyseur de la radicalisation masculiniste et sexiste :

      Les intervenants s'accordent à dire que TikTok joue un rôle crucial dans la propagation des discours masculinistes et sexistes, servant souvent de "porte d'entrée" vers des communautés et des idées plus radicales.

      L'algorithme de la plateforme est identifié comme un facteur clé favorisant cette radicalisation.

      • L'architecture de TikTok encourage les interactions offensantes :

      Plusieurs caractéristiques de la plateforme, telles que l'anonymat, le caractère éphémère des interactions, l'asymétrie d'exposition (streamers visibles, audience non visible) et la distance physique, contribuent à déréguler les mécanismes d'autorégulation sociale et encouragent les comportements offensants et violents.

      • La monétisation de l'attention et des conflits :

      Le modèle économique de TikTok, basé sur l'économie de l'attention, incite à la production de contenus spectaculaires, clivants et offensants pour générer de la visibilité et de l'engagement, ce qui se traduit par des profits pour la plateforme et les créateurs. Les "clashs" et les "punchlines" sont récompensés par l'audience via des "cadeaux" monétisés.

      • Le cybersexisme et les cyberviolences basées sur le genre :

      Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par les cyberviolences.

      L'association Stop Ficha documente une explosion de comptes diffusant des contenus intimes sans consentement (Ficha) et observe une misogynie constante et une représentation toxique des femmes sur la plateforme.

      • L'influence des influenceurs masculinistes :

      Des figures comme Alexis Chens, Bassem et Nasdas sont citées comme des exemples d'influenceurs promouvant le masculinisme et le sexisme, touchant particulièrement un public jeune et contribuant à banaliser les propos misogynes.

      • Le lien entre masculinisme, extrême droite et antisémitisme :

      Un chevauchement est observé entre les discours masculinistes et ceux de l'extrême droite, où les arguments sur le genre sont utilisés pour attirer les jeunes vers des idéologies radicales.

      Des contenus antisémites utilisant l'architecture de TikTok ont également été signalés.

      • Les lacunes de la modération et du signalement :

      Bien que TikTok dispose de mécanismes de signalement et de partenariats de confiance avec des associations, la modération est jugée insuffisante pour les utilisateurs standards.

      Les signalements de contenus offensants ou illégaux ne débouchent pas toujours sur une suppression, et le signalement des "lives" ou des messages privés pose des problèmes techniques.

      • L'importance de la prévention et de l'éducation :

      Au-delà de la régulation des plateformes, la sensibilisation des jeunes, des parents, des éducateurs et des forces de l'ordre est jugée essentielle pour lutter contre le cybersexisme et la radicalisation en ligne.

      Idées et Faits les Plus Importants :

      • TikTok comme "porte d'entrée" : "ces réseaux sociaux et donc TikTok étaient une porte d'entrée du discours masculiniste vers un discours qui était beaucoup plus radical après sur des communautés privées." (Pierre Gau)

      • Stratégie des influenceurs : Les influenceurs utilisent des sujets comme la musculation, la séduction, le lifestyle pour attirer une audience qui est ensuite dirigée vers des contenus plus radicaux et des communautés privées payantes.

      • Disproportion des cyberviolences : "60 % des femmes ont déclaré avoir été victimes de violence en ligne et elles sont 27 fois plus susceptible d'être harcelé en ligne que les hommes." (Chanley Lemou McLaren)

      • Architecture de la misogynie en ligne :

      Le cybersexisme est structurel, lié aux algorithmes sexistes, au manque de modération et à la sous-représentation des femmes dans la tech.

      • Le rôle de l'algorithme :

      "quand on crée un compte sur TikTok à partir de centre d'intérêt divers on se retrouve à force de scroll à tomber sur des contenus de plus en plus extrêmes et de plus en plus radicaux." (Pauline Ferrari)

      • Rapidité de l'exposition aux contenus masculinistes : Des jeunes hommes sont confrontés à des contenus masculinistes "en moins de 20 minutes". (Pauline Ferrari, citant une étude)

      • Incidence dans la vie hors ligne :

      Les discours masculinistes en ligne ont des conséquences concrètes, comme des projets d'attentats.

      • TikTok favorise les représentations sexistes : Une étude du HCE a montré "à quel point TikTok favorisait en fait les représentations extrêmement sexistes des femmes". (Pauline Ferrari)

      • La dérégulation des interactions : Le contexte numérique de TikTok "fait tomber certaines modalités de régulation des offenses" présentes dans les interactions ordinaires. (Tristan Duvernet)

      • La visibilité comme moteur : La plateforme "fait du gain de visibilité un moteur central des conversations qui sont produites publiquement". (Tristan Duvernet)

      • Le "combat conversationnel" : Les interactions sur TikTok Live peuvent prendre la forme d'un "combat conversationnel" où les participants s'affrontent par "une surenchère d'offense" pour générer du spectacle. (Tristan Duvernet)

      • La monétisation des propos offensants : "les phrases choc finalement dans ce dans ce live les punchline... elles sont récompensées par des cadeaux". (Tristan Duvernet)

      • L'âge des jeunes radicalisés : Dans les communautés privées, les jeunes hommes adhérents avaient souvent entre 15 et 21 ans. (Pierre Gau)

      • Le "marchand de misère" : Expression utilisée pour désigner les influenceurs masculinistes qui exploitent le mal-être des jeunes hommes pour faire un business. (Pierre Gau, citant Stéphanie Lamier)

      • L'impunité grandissante : De nombreuses personnes publient des propos misogynes et extrémistes "à visage complètement découvert" sur des plateformes mainstream, constatant une "très grande impunité". (Chanley Lemou McLaren)

      • Le continuum en ligne/hors ligne : Les cyberviolences en ligne se conjuguent souvent avec des violences physiques dans la vie réelle. (Chanley Lemou McLaren)

      • La romantisation du masculinisme : L'utilisation de musiques "patriotiques" ou "warrior" contribue à glamouriser les contenus extrémistes et à attirer les jeunes. (Chanley Lemou McLaren)

      • Les lacunes de la justice et de la police numérique : Le manque de moyens et de formation des forces de l'ordre et de la magistrature limite la réponse judiciaire face aux cyberviolences. (Chanley Lemou McLaren)

      • La relation entre masculinisme et extrême droite/antisémitisme : "tous les influenceurs d'extrême droite portent en eux une vision stéréotypée et masculiniste des rôles genrés." (Pauline Ferrari)

      • Le business des influenceurs masculinistes : Ils vendent des ebooks, des formations, des programmes de coaching, voire des stages, et reproduisent des modèles basés sur l'exploitation, comme celui d'Andrew Tate. (Pauline Ferrari)

      • Utilisation de TikTok comme vitrine pour Telegram : Des comptes Ficha sur TikTok redirigent vers des chaînes Telegram payantes pour accéder à du contenu intime exclusif. (Chanley Lemou McLaren)

      Recommandations suggérées par les intervenants (en réponse aux questions) :

      • Diminuer le poids de la visibilité (likes, compteurs d'audience) dans l'algorithme et l'architecture de TikTok.
      • Rétablir des mécanismes de contrôle social en ligne, potentiellement en rendant les relations plus durables, en créant une symétrie d'exposition ou en renforçant le lien entre identités numériques et hors ligne.
      • Lutter contre l'impunité en améliorant le signalement et le traitement des contenus illégaux, notamment pour les lives et les messages privés.
      • Accroître la transparence de TikTok sur ses politiques de modération, le nombre de modérateurs francophones et les résultats des signalements.
      • Investir massivement dans les moyens de la police numérique et de la justice pour traiter les cyberviolences.
      • Renforcer les programmes de prévention et d'éducation aux médias et à l'information dans les établissements scolaires et auprès des familles.
      • Former les professionnels (éducateurs, forces de l'ordre, magistrats) aux enjeux du cybersexisme et des cyberviolences.
      • Utiliser des cadres législatifs comme le DSA et la loi Seraine comme bases pour une régulation plus efficace des plateformes.

      Conclusion :

      L'audition met en lumière le rôle préoccupant de TikTok dans la propagation des discours masculinistes et sexistes, amplifié par son architecture et son modèle économique.

      Les conséquences de cette diffusion sont tangibles, allant de la banalisation de la misogynie à des projets d'attentats.

      Les intervenants soulignent les lacunes de la modération de la plateforme et le manque de moyens de la réponse institutionnelle française, tout en proposant des pistes d'action axées sur la régulation, le contrôle social en ligne et surtout la prévention et l'éducation.

  3. Feb 2025
    1. Voici un sommaire minuté de la vidéo "Chez les jeunes, une fracture entre les sexes ? | 28 minutes | ARTE" avec les idées fortes en gras :

      • 0:00-1:22: Introduction sur la polarisation croissante entre les sexes chez les jeunes en France, selon le rapport du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes. Les jeunes femmes estiment qu'il est difficile d'être une femme, tandis qu'une partie des jeunes hommes pense que la vie est dure pour eux aussi.

      • 1:22-2:15: Présentation des invités : Victoire Tuyon, journaliste féministe ; Périne Simon-Naquet, philosophe ; et Matthieu Slama, essayiste.

      • 2:15-3:47: Discussion sur l'explication de la montée du masculinisme chez les jeunes ayant grandi avec #MeToo. Les jeunes hommes sont abreuvés de contenus masculinistes sur les réseaux sociaux, qui prônent la haine des femmes et des minorités sexuelles. Ces contenus sont souvent accessibles en cherchant des conseils sur la séduction ou la popularité.

      • 3:47-5:24: Analyse de la radicalisation du féminisme et de son impact sur les relations entre les sexes. Certains discours politiques et courants de pensée antagonisent les groupes sociaux. Le féminisme est une cause universelle, mais certains groupes féministes ont parfois exclu les hommes.

      • 5:24-6:14: Importance de reconnaître le rôle des hommes dans le combat féministe, tout en soulignant que ce sont principalement les femmes qui défendent ces idées. Nécessité de ne pas éliminer l'homme du débat.

      • 6:14-7:16: Argument contre l'idée que le féminisme radical est contre-productif. Le masculinisme est au cœur d'un mouvement réactionnaire actuel, avec des influenceurs qui promeuvent des concepts dangereux comme le "Body Count".

      • 7:16-8:05: Explication de l'origine de certains mouvements féministes radicaux, comme le 4B en Corée et Tanaaland, en réponse au harcèlement et aux menaces en ligne. Tanaaland est née d'une blague face au harcèlement en ligne.

      • 8:05-9:00: Affirmation qu'il n'y a pas d'extrémisme féministe comparable au masculinisme, qui est lié à des actes de violence concrets. Le masculinisme tue, contrairement au féminisme. Les revendications féministes visent simplement à réduire la violence et à promouvoir l'égalité.

      • 9:00-10:00: Analyse de la polarisation du vote entre les jeunes hommes et les jeunes femmes, avec des exemples en Corée du Sud, en Pologne et au Portugal. Les partis d'extrême droite utilisent le masculinisme pour gagner des parts de marché électoral.

      • 10:00-11:02: Discussion sur l'opportunisme politique et le renversement réactionnaire, avec l'exemple de Mark Zuckerberg. À chaque avancée pour les femmes, il y a toujours eu des accusations d'extrémisme et de radicalité. Les revendications féministes sont basiques : meilleure répartition de l'argent et du travail, fin des violences.

      • 11:02-11:51: Critique de certaines récupérations idéologiques des revendications féministes, qui affaiblissent la démocratie en assignant les femmes à une identité de victimes. Il faut se confronter à la violence idéologique de l'extrême droite, qui considère que la place de la femme est au service de l'homme.

      • 11:51-12:54: Réflexion sur la capacité à s'entendre et sur les fractures générationnelles et idéologiques. Compréhension des raisons pour lesquelles certains jeunes hommes adoptent des positions masculinistes, liées à l'insécurité économique et climatique. La jeunesse est dans un état terrifiant face aux perspectives économiques et climatiques.

      • 12:54-13:13: Conclusion sur la difficulté d'être un jeune homme et sur la nécessité de proposer autre chose que de la propagande masculiniste.