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    1. Briefing : Formation et Prise en Charge des Victimes de Violences Sexistes et Sexuelles (VSS)

      Synthèse de haut niveau

      Ce document de synthèse détaille les conclusions de la table ronde de l'Assemblée nationale consacrée à la formation des forces de sécurité intérieure (Police et Gendarmerie) et des magistrats sur la prise en charge des victimes de violences sexistes, sexuelles (VSS) et intrafamiliales (VIF).

      Face à une réalité massive — une femme victime de violence sexuelle toutes les deux minutes en France — les institutions ont opéré une mutation profonde depuis 2019.

      L'analyse met en lumière une augmentation significative du volume de formation, le déploiement d'outils numériques innovants et une volonté de placer la victime au centre du processus judiciaire.

      Toutefois, des défis structurels subsistent : l'hétérogénéité de l'accueil sur le territoire, le risque de victimisation secondaire, la précarité du financement des intervenants sociaux et la nécessité de briser les silos entre les juridictions civiles et pénales.

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      1. La Gendarmerie Nationale : Doctrine et Dispositifs d'Intervention

      La Gendarmerie nationale fonde son action sur une priorité absolue : la protection de la victime.

      Cette doctrine se décline à travers un corpus de trois textes traitant des violences conjugales, des VSS et des mineurs.

      Stratégie d'accueil et d'investigation

      • Obligation de plainte : Tout gendarme est tenu de prendre la plainte et de mener une enquĂŞte exhaustive.

      La pratique de la "main courante" est strictement interdite pour ces faits.

      • Diversification des canaux :

        • RĂ©seau de plus de 3 000 brigades territoriales.
      • Brigade numĂ©rique et plateforme d'accompagnement basĂ©es Ă  Rennes (rĂ©ponse par chat 24h/24).

      • Auditions en mobilitĂ© (mairies, espaces France Services) et dans les hĂ´pitaux, particulièrement pour les cas de viol ou d'agression sexuelle.

      • Lutte contre la victimisation secondaire : Les actes d'investigation (saisies de vĂŞtements, prĂ©lèvements ADN, examens gynĂ©cologiques) sont expliquĂ©s pĂ©dagogiquement pour minimiser le traumatisme additionnel.

      Dispositifs de formation

      La gendarmerie a structuré sa formation autour du Centre National de Formation au Renseignement et à l'Investigation (CNFRI) :

      • Formation initiale : Inclut plus de 40 heures sur les techniques d'audition gĂ©nĂ©rale, complĂ©tĂ©es par 8 heures spĂ©cifiques aux VSS/VIF.

      • Formation continue :

        • Niveaux 1 et 2 : Sensibilisation dĂ©concentrĂ©e en groupement.
      • Niveau 3 : SpĂ©cialisation en techniques d'audition de mineurs et mĂ©canismes de VIF (200 militaires formĂ©s ou recyclĂ©s par an au centre national).

      • RĂ©seau de formateurs relais : Environ 200 formateurs rĂ©partis sur le territoire pour assurer une expertise de proximitĂ©.

      • Innovation : Publication rĂ©cente d'un guide spĂ©cifique pour l'audition des victimes mineures prĂ©sentant des troubles du spectre de l'autisme.

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      2. La Police Nationale : Restructuration et Modernisation

      La Police nationale appuie sa politique sur deux piliers : une prise en charge globale (policière, judiciaire et sociale) et un développement numérique volontariste.

      Piliers de la prise en charge

      • Ressources humaines spĂ©cialisĂ©es : DĂ©ploiement de dĂ©lĂ©guĂ©s et rĂ©fĂ©rents Ă  tous les Ă©chelons (national Ă  local), prĂ©sence d'une centaine de psychologues et de près de 500 intervenants sociaux (en partage avec la Gendarmerie).

      • Outils numĂ©riques : Utilisation de la plateforme nationale d'accompagnement des victimes et dĂ©veloppement du logiciel "Parole" pour la retranscription automatique des auditions (notamment dans les salles MĂ©lanie).

      Volume et méthodes de formation

      | Corps de métier | Durée/Volume de formation spécifique | | --- | --- | | Gardiens de la Paix (Initiale) | 64 heures dédiées aux VSS et VIF (sur 12 mois). | | Officiers de Police Judiciaire (OPJ) | 46 heures d'adaptation au premier emploi. | | Cadres (Officiers/Commissaires) | 25 à 30 heures (volume triplé en 8 ans). | | Formation continue (obligatoire) | 2 heures en distanciel pour tout agent en contact avec le public. |

      Méthodes pédagogiques : Utilisation de pavillons de simulation pour des mises en situation réelle (interventions à domicile) et recours à des supports culturels comme la pièce de théâtre "Je vais bien" pour illustrer les mécanismes de l'emprise.

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      3. Le Ministère de la Justice : Réformes et Défis Judiciaires

      Le système judiciaire est en phase de transition pour passer d'un modèle centré sur le couple "État-auteur" à un modèle plaçant la victime au cœur de la procédure.

      Évolution de la formation des magistrats

      • Formation initiale (ENM) : Un cursus de 31 mois incluant des enseignements obligatoires sur le psychotraumatisme, la mĂ©decine lĂ©gale et l'Ă©conomie de l'inceste.- Vers l'obligation de formation continue : Une rĂ©forme est en cours pour rendre obligatoire la formation aux VSS et VIF pour les magistrats traitant ces contentieux.- Cycle Approfondi (CAVIF) : Une formation d'expertise de 15 jours rĂ©partie sur deux ans, incluant des stages d'immersion (ex: CIDFF), avec un taux de satisfaction de 100 %.

      La lutte contre la victimisation secondaire Ă  l'audience

      La victimisation secondaire est identifiée comme un "angle mort" persistant.

      Plusieurs leviers sont identifiés :

      • Police de l'audience : NĂ©cessitĂ© pour le prĂ©sident d'audience de rĂ©guler les questions "illĂ©gitimes" ou dĂ©gradantes de la dĂ©fense.

      • Évolutions lĂ©gislatives proposĂ©es : Introduction de la notion de "dignitĂ©" dans le code de procĂ©dure pĂ©nale pour encadrer les dĂ©bats et possibilitĂ© de notifier Ă  la victime son droit de ne pas rĂ©pondre Ă  certaines questions.

      • Changement de regard : IntĂ©gration du tĂ©moignage direct des victimes dans les sessions de formation pour confronter les magistrats aux failles du parcours judiciaire.

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      4. Analyse des défaillances et leviers d'amélioration

      Les échanges ont permis d'identifier des zones critiques nécessitant une attention immédiate.

      Retours d'Expérience (RETEX) et Féminicides

      L'analyse systématique des homicides conjugaux depuis 2019 révèle que :

      • Dans 30 % des cas, la victime Ă©tait dĂ©jĂ  connue des services de police ou de justice.

      • Les failles principales rĂ©sident dans le dĂ©faut de communication entre services et l'absence de réévaluation dynamique du danger.

      • Le cas de Poitiers : Illustration du risque de donner un "outil" (TĂ©lĂ©phone Grave Danger - TGD) sans l'adosser Ă  des mesures coercitives immĂ©diates (garde Ă  vue, inscription au fichier des personnes recherchĂ©es).

      La problématique des "Silos"

      Le cloisonnement entre le civil (juge aux affaires familiales) et le pénal (tribunal correctionnel) est une source de traumatisme pour les familles.

      Une expérimentation d'audiencement unique en phase d'appel est encouragée, tout comme l'idée d'un "juge des familles" unique en première instance pour traiter la globalité de la situation familiale et de la protection des enfants.

      Le ContrĂ´le Coercitif

      Ce concept, encore peu incriminé de manière autonome, est souvent invisible.

      Il inclut le contrĂ´le des finances, des communications (trackers, lecture de SMS) et des comportements quotidiens.

      Sa détection précoce est jugée cruciale pour prévenir le passage à l'acte violent, notamment par l'intégration de critères comme la strangulation dans la grille d'évaluation du danger (GED).

      Précarité des Intervenants Sociaux (ISCG)

      L'objectif de la loi LOPMI (600 intervenants en 2027) est menacé par l'instabilité des financements locaux.

      Ces professionnels sont pourtant indispensables pour traiter les aspects non policiers de la crise (logement, finances) et pour aider les victimes Ă  sortir durablement du cycle de la violence.

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      Conclusion

      Si la montée en compétence des professionnels est réelle et documentée par une augmentation des volumes horaires et des budgets, l'efficacité du système repose désormais sur :

      • La réévaluation permanente du danger (sortir de la vision "instantanĂ©e").

      • La fin des silos procĂ©duraux entre civil et pĂ©nal.

      • La rĂ©gulation stricte de la dignitĂ© lors des audiences pour Ă©viter que le procès ne devienne une nouvelle agression pour la victime.

  2. Sep 2025
    1. l'enquête que j'ai conduite pendant 5 ans avec annecler de faossé 00:53:00 dans les Hautes Alpes près de la frontière italienne dans une région qui est autour du col de Montgenèvre l'un des principaux points d'entrée en France par le sud-est l'un des deux points d'entrée en 00:53:11 en France par le sud-est montre que le protocole décrit dans les textes n'est généralement pas suivi alors même que depuis 2016 la proportion des jeunes garçons en provenance d'Afrique sub-saharienne se déclarant mineur a 00:53:24 souvent été élevée alors frontière d'abord on a eu pendant plusieurs années un refoulement presque systématique par les policiers chargés de la garder qui contestait l'âge déclaré par le jeune voire déchirer son acte de naissance 00:53:38 jusqu'à ce que plusieurs condamnations de l'État par les tribunaux administratifs ne conduisent ce dernier à se montrer plus respectueux de la loi en adressant ses garçons à l'aide sociale à l'enfance via une association 00:53:50 locale ce qui est désormais fait le plus souvent certains agents récal Citran continuant CEP pendant à les renvoyer en Italie parfois après avoir falsifié leurs documents ainsi que le constatent 00:54:02 les associations qui de l'autre côté de la frontière côté italien conserve les copies des originaux
  3. Jul 2025
    1. Ce document est un rapport du Défenseur des droits, une institution indépendante chargée de défendre les droits et libertés. Intitulé « Amendes, évictions, contrôles : la gestion des « indésirables » par la police en région parisienne »,

      il a été rédigé par Aline Daillère et Magda Boutros en avril 2025.

      Le rapport analyse les pratiques policières de « contrôle-éviction » et de « multi-verbalisation » visant des populations spécifiques considérées comme « indésirables » dans l'espace urbain parisien.

      Thèmes Principaux et Idées Clés :

      Politique Institutionnelle d'Éviction des « Indésirables »

      • Le rapport dĂ©montre l'existence d'une politique institutionnelle au sein de la police nationale visant Ă  Ă©vincer certaines catĂ©gories de la population de l'espace public parisien.

      Ces catégories sont définies sur la base de l'âge, du genre, de l'assignation ethno-raciale et de la précarité économique.

      • Le terme « indĂ©sirables », bien que retirĂ© officiellement des politiques publiques après la Seconde Guerre mondiale, est toujours utilisĂ© de manière formalisĂ©e dans le logiciel de main courante informatisĂ©e de la police nationale.
      • Citation : « Les rĂ©sultats dĂ©montrent qu’il existe, au sein de la police nationale, une politique institutionnelle qui vise Ă  Ă©vincer de l’espace public parisien des catĂ©gories de population dĂ©finies par l’institution policière comme « indĂ©sirables », sur la base de leur âge, genre, assignation ethno-raciale et prĂ©caritĂ© Ă©conomique. »

      Outils Policiers d'Éviction : Contrôles-Éviction et Multi-Verbalisation

      • ContrĂ´les-Ă©viction : Jusqu'au dĂ©but des annĂ©es 2010, cette pratique visait Ă  empĂŞcher certaines personnes de rester dans les espaces publics, mĂŞme en l'absence d'infraction.

      Les policiers utilisaient des stratégies comme le contrôle d'identité suivi d'une demande de quitter les lieux, l'occupation du terrain, ou la conduite au poste pour vérification d'identité.

      • Citation : « Les policiers utilisaient trois stratĂ©gies pour Ă©vincer. Ils pouvaient procĂ©der Ă  un contrĂ´le d’identitĂ©, gĂ©nĂ©ralement accompagnĂ© d’une palpation, puis « demander aux gens de quitter les lieux ».

      Ou bien ils tentaient d’« occuper le terrain » dans le but de contraindre les personnes à partir.

      Une troisième voie consistait à conduire les individus au poste de police pour procéder à une vérification d’identité, même lorsqu’ils connaissaient déjà leur identité, « le but étant que lorsqu'ils sont en train d’être verbalisés au commissariat, ils ne perturbent plus les quartiers ». »

      • Multi-verbalisation : Ă€ partir de 2017, les groupes ciblĂ©s ont commencĂ© Ă  faire l'objet de verbalisations rĂ©pĂ©tĂ©es pour des motifs liĂ©s Ă  l'utilisation de l'espace public (incivilitĂ©s, infractions routières, règles sanitaires).

      Ces amendes répétées peuvent générer des dettes considérables, parfois supérieures à 30 000 euros pour des adolescents ou jeunes adultes.

      • Les amendes sont souvent Ă©mises par lots et pour des faits mineurs, mĂŞme sans contrĂ´le direct des individus, grâce Ă  l'interconnaissance entre policiers et jeunes ciblĂ©s, et Ă  la gĂ©nĂ©ralisation du procès-verbal Ă©lectronique.

      Profil des Populations Ciblées : Jeunes Hommes Racisés et Précarisés

      • Les « indĂ©sirables » sont principalement de jeunes hommes, racisĂ©s (perçus comme noirs ou arabes), issus des classes populaires, souvent en situation de prĂ©caritĂ© Ă©conomique.

      Ils sont ciblés pour leur simple présence en groupe dans les espaces publics de leurs quartiers de résidence, d'étude ou de travail.

      • L'analyse des mains courantes policières du 12e arrondissement de Paris montre que les personnes Ă©tiquetĂ©es comme « indĂ©sirables » sont plus jeunes, plus souvent des hommes et plus souvent issues de l'immigration postcoloniale que les autres personnes contrĂ´lĂ©es.

      • Citation : « La perception des jeunes concernĂ©s va dans le mĂŞme sens : les contrĂ´les et verbalisations dont ils font l’objet sont selon eux, particulièrement prĂ©gnants entre 15 et 20 ans.

      Plus jeunes, ils intéressent moins la police.

      Plus âgés, ils redeviennent moins ciblés et expriment le sentiment que la fréquence des contrôles et amendes s’amenuise passé un certain âge (« En gros, ça part avec l’âge »). »

      • Leur tenue vestimentaire (jogging, baskets, casquette) est Ă©galement un facteur de suspicion et de ciblage.

      • Ces jeunes sont souvent verbalisĂ©s « en bas de chez eux », Ă  proximitĂ© immĂ©diate de leur domicile, et sont connus des policiers, qu'ils soient impliquĂ©s ou non dans des activitĂ©s dĂ©linquantes.

      Contexte Juridique et Historique Favorisant les Pratiques d'Éviction

      • Les contrĂ´les d'identitĂ© et les amendes forfaitaires, bien qu'apparemment anodins, ont des finalitĂ©s multiples, dont l'Ă©viction.

      Le cadre légal a considérablement étendu le pouvoir discrétionnaire des policiers en matière de contrôle et de verbalisation.

      • L'amende forfaitaire, initialement conçue pour des infractions routières mineures, s'applique dĂ©sormais Ă  un large Ă©ventail de contraventions et mĂŞme de dĂ©lits, donnant au policier un rĂ´le de « juge dans la rue » sans contrĂ´le judiciaire effectif.

      • Citation : « L’histoire et le cadre lĂ©gislatif des contrĂ´les d’identitĂ© et amendes forfaitaires, associĂ©s Ă  la faiblesse des contrĂ´les hiĂ©rarchiques et judiciaires, facilitent leur usage Ă  des fins d’éviction des populations considĂ©rĂ©es comme « indĂ©sirables ». »

      Co-construction de l'« Indésirabilité » par Divers Acteurs

      • Riverains : Certains habitants sollicitent rĂ©gulièrement la police pour des « rassemblements de jeunes » qu'ils perçoivent comme une nuisance, utilisant des termes pĂ©joratifs et racialisĂ©s.

      Leurs plaintes, même non vérifiées, déclenchent systématiquement une réponse policière.

      • Citation : « D’une part, certains habitants estimaient que la prĂ©sence de rassemblements de jeunes Ă©tait problĂ©matique et sollicitaient rĂ©gulièrement la police. [...]

      Ils opposent « les jeunes » – considérés ici comme n’étant « pas à leur place » – et « les riverains » qui demandent « simplement la possibilité de vivre dans un environnement normal, avec un minimum de tranquillité publique ». »

      • AutoritĂ©s Municipales : Les mairies amplifient les dolĂ©ances des habitants gĂŞnĂ©s par les jeunes et les transmettent aux commissariats avec des demandes d'intervention prĂ©cises.

      En revanche, elles minimisent les plaintes des jeunes concernant les abus policiers, arguant d'une absence de pouvoir hiérarchique sur la police.

      • Citation : « La mairie d’arrondissement a jouĂ© un rĂ´le important dans la mise en Ĺ“uvre de la politique d’éviction, en amplifiant les dolĂ©ances des habitants gĂŞnĂ©s par les groupes de jeunes et en dĂ©lĂ©gitimant les voix qui prĂ´naient un espace public plus inclusif. »

      • Cette dynamique crĂ©e un « système » oĂą divers acteurs institutionnels contribuent Ă  lĂ©gitimer l'idĂ©e que certaines populations n'ont « pas leur place » dans l'espace public.

      Conséquences Dramatiques pour les Personnes Ciblées

      • Harcèlement Policier et VulnĂ©rabilitĂ© : Les contrĂ´les et amendes rĂ©pĂ©tĂ©es, bien que sans effet sur la prĂ©sence des jeunes dans l'espace public (qu'ils considèrent comme un droit), les placent dans une situation de vulnĂ©rabilitĂ© accrue et de harcèlement constant.

      Les mêmes individus sont contrôlés et évincés à plusieurs reprises, parfois plusieurs fois par jour, créant une « familiarité perverse » propice aux conflits.

      • ConsĂ©quences Économiques et Sociales : Les dettes d'amendes entraĂ®nent un surendettement pour des populations dĂ©jĂ  prĂ©caires, freinant leur insertion professionnelle et les poussant Ă  Ă©viter le système bancaire ou le travail dĂ©clarĂ© pour Ă©chapper au fisc.

      • Citation : « Pour Hossine, les amendes lui Ă´tent toute possibilitĂ© de sortir Ă  la fois du quartier oĂą il a grandi et de sa prĂ©caritĂ© sociale et Ă©conomique (« Nous, dĂ©jĂ , on essaie de marcher pour sortir du quartier, mais eux :

      « Non, on vous rajoute ça. Vous allez rester là et, en même temps, vous allez payer »). »

      • Sentiment d'Injustice et de DĂ©fiance : Les personnes ciblĂ©es expriment un fort sentiment d'injustice, perçoivent les policiers comme abusant de leur pouvoir de manière arbitraire, et ont une grande dĂ©fiance envers les institutions Ă©tatiques.

      • Citation : « L’expression du sentiment d’injustice ressort ainsi de la quasi-totalitĂ© des entretiens : l’injustice dans le sens d’une absence de justice (impossibilitĂ© de saisir le juge ou inutilitĂ© de mobiliser le droit, voir infra) et dans le sens oĂą ils perçoivent largement les policiers comme se sentant au-dessus de la loi et comme abusant de leurs pouvoirs de manière arbitraire. »

      • Incitation Ă  la Fuite et Ă  des Actes Illicites : La peur des verbalisations pousse certains Ă  fuir Ă  la vue des policiers.

      Dans les cas les plus extrêmes, la pression financière peut inciter certains à envisager des actes délictueux pour régler leurs dettes.

      • DifficultĂ© des Voies de Recours : La contestation des amendes est extrĂŞmement difficile en raison de la prĂ©somption de vĂ©racitĂ© des procès-verbaux de police, de la complexitĂ© des procĂ©dures et du coĂ»t Ă©levĂ©, rendant les voies de recours largement ineffectives.

      En somme, le rapport met en lumière une politique policière d'éviction discriminatoire en région parisienne, amplifiée par l'action de certains riverains et des autorités municipales, qui a des conséquences socio-économiques et psychologiques dévastatrices sur les jeunes hommes racisés et précarisés, tout en érodant leur confiance dans les institutions.

    1. Note de Synthèse : Relations Police/Population en France – Constats 2024 et Évolutions

      Source: Extraits de "https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/2025-06/ddd_EAD-2024_volume-1_relations-police-population.pdf" (Défenseur des droits, "Relations police/population : contrôles d’identité et dépôts de plainte", Juin 2025).

      Introduction et Contexte

      Le Défenseur des droits, en tant qu'organe externe de contrôle de la déontologie des forces de sécurité, a publié la deuxième édition de son enquête "Accès aux droits" (EAD 2024), actualisant une étude menée initialement en 2016.

      L'objectif est d'approfondir la connaissance des atteintes aux droits, notamment en matière de déontologie des forces de sécurité et des relations police-population.

      Cette publication se concentre sur trois aspects clés : l'expérience des contrôles d'identité, l'expérience du dépôt de plainte ou de main courante, et la confiance envers l'institution policière.

      L'étude de 2016 avait déjà mis en évidence des relations généralement satisfaisantes, mais notait des expériences plus contrastées pour certains groupes sociaux, notamment les jeunes hommes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins, qui subissaient des contrôles plus fréquents et souvent dégradés.

      Ces expériences négatives étaient corrélées à une faible confiance envers les forces de sécurité.

      Une recommandation clé du Défenseur des droits en 2016 était la mise en place d'une traçabilité des contrôles d'identité pour lutter contre les discriminations.

      L'édition 2024, menée entre octobre 2024 et janvier 2025 auprès de 5 030 personnes représentatives de la population de France métropolitaine (18-79 ans), utilise une méthodologie comparable à 2016, mais enrichie de nouvelles thématiques (notamment sur le dépôt de plainte).

      Elle intègre des variables sociodémographiques détaillées (âge, sexe, origine perçue, religion, orientation sexuelle, handicap) pour une analyse intersectionnelle des discriminations.

      Thèmes Principaux et Idées Clés

      1. L'Expérience des Contrôles d'Identité

      Les contrôles d'identité sont un point de contact majeur entre la police et la population, avec environ 47 millions estimés en 2021.

      Leur cadre juridique est jugé "complexe et flou", laissant une "large marge d'interprétation aux forces de sécurité, ouvrant la voie à des usages divers, et parfois controversés".

      L'existence de discriminations dans ce cadre a été reconnue à plusieurs reprises par la justice.

      • Augmentation significative de la frĂ©quence des contrĂ´les :La proportion de personnes ayant Ă©tĂ© contrĂ´lĂ©es au moins une fois au cours des 5 dernières annĂ©es est passĂ©e de 16 % en 2016 Ă  26 % en 2024, soit une augmentation de 63 %.

      • Cette hausse touche toutes les catĂ©gories de population, y compris celles "auparavant peu contrĂ´lĂ©es" : +81 % pour les cadres, +148 % pour les 55-64 ans, et +79 % pour les personnes perçues "comme blanches exclusivement".

      • En 2024, les contrĂ´les multiples (plusieurs fois sur les 5 dernières annĂ©es) sont majoritaires (15 % de la population contre 11 % pour un contrĂ´le unique).

      • ModalitĂ©s et justifications des contrĂ´les :90 % des contrĂ´les rapportĂ©s en 2024 ont impliquĂ© une vĂ©rification des titres d'identitĂ© (contre 68 % en 2016).

      • Cependant, une part significative des contrĂ´les est "poussĂ©e" : 22 % ont fait l'objet d'une fouille, 11 % ont reçu l'ordre de quitter les lieux, 6 % ont Ă©tĂ© plaquĂ©es contre un mur ou une voiture et 3 % ont Ă©tĂ© emmenĂ©es au poste.

      • Pour plus d’une personne contrĂ´lĂ©e sur deux, le motif du contrĂ´le n’est pas explicitĂ© par les forces de sĂ©curitĂ©. Seules 42 % des personnes ayant subi un contrĂ´le "poussĂ©" ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une justification.

      • Comportements inappropriĂ©s :19 % des personnes contrĂ´lĂ©es dĂ©clarent avoir Ă©tĂ© confrontĂ©es Ă  des comportements inappropriĂ©s (tutoiement, provocation, insultes, brutalitĂ©), une proportion qui Ă©tait de 28 % en 2016 (bien que les questions aient pu Ă©voluer).

      • 14 % ont Ă©tĂ© tutoyĂ©es, 7 % provoquĂ©es ou insultĂ©es, et 7 % ont subi des comportements brutaux.

      • DisparitĂ©s socio-dĂ©mographiques et discriminations :Les jeunes hommes perçus comme noirs, arabes ou maghrĂ©bins sont 4 fois plus Ă  risque d’avoir Ă©tĂ© contrĂ´lĂ©s que le reste de la population, et 12 fois plus Ă  risque de faire l’objet d’un contrĂ´le « poussĂ© » (fouille, palpation, conduite au poste, injonction Ă  quitter les lieux).

      • Ils rapportent Ă©galement plus frĂ©quemment des comportements inappropriĂ©s : 30 % d'entre eux contre 15 % des personnes perçues comme blanches uniquement.

      • Les personnes financièrement prĂ©caires (32 %) sont Ă©galement plus contrĂ´lĂ©es que celles Ă  l'aise financièrement (22 %).

      • Les personnes non hĂ©tĂ©rosexuelles ont 50 % de risque en plus d'ĂŞtre confrontĂ©es Ă  des comportements inappropriĂ©s lors d'un contrĂ´le d'identitĂ©.

      • La "marge d’apprĂ©ciation offerte par le droit actuel laisse les policiers et les gendarmes seuls avec leur propre instinct et leurs Ă©ventuels prĂ©jugĂ©s", ce qui "peut induire des comportements discriminatoires, volontaires ou non, et faire peser une suspicion sur l’ensemble des contrĂ´les".

      • Le manque de traçabilitĂ© des contrĂ´les d'identitĂ© est un obstacle persistant Ă  la preuve des discriminations et Ă  l'effectivitĂ© du droit au recours.

      • RĂ©actions aux comportements inappropriĂ©s :Seules 8 % des personnes ayant subi des comportements inappropriĂ©s ont tentĂ© de faire reconnaĂ®tre la situation (via une association, avocat, DĂ©fenseur des droits, police/gendarmerie).

      • La majoritĂ© (73 %) en a parlĂ© Ă  des proches.

      2. L'Expérience du Dépôt de Plainte ou de Main Courante

      Le dépôt de plainte est une autre modalité cruciale d'interaction avec les forces de sécurité.

      • FrĂ©quence et profil des plaignants :35 % des personnes interrogĂ©es se sont rendues dans un commissariat ou une gendarmerie pour dĂ©poser une plainte ou une main courante au cours des 5 dernières annĂ©es.

      • Les personnes en difficultĂ©s financières, en situation de handicap, ou atteintes de maladies chroniques ont une propension plus Ă©levĂ©e Ă  porter plainte.

      Comportements non déontologiques lors du dépôt de plainte :21 % des personnes ayant souhaité déposer une plainte se sont heurtées à un refus, alors que le refus de dépôt de plainte est interdit par la loi (Article 15-3 du code de procédure pénale).

      • Les refus de plainte touchent plus frĂ©quemment les personnes en situation de handicap (37 %), celles portant un signe religieux (33 %), au chĂ´mage (30 %), rĂ©sidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (30 %), ou perçues comme noires, arabes ou maghrĂ©bines (28 %).

      • 10 % des personnes ayant voulu dĂ©poser plainte rapportent des comportements inappropriĂ©s des forces de sĂ©curitĂ© (tutoiement, insultes, humiliation, intimidation).

      • Les personnes en situation de handicap ont un risque double d'ĂŞtre exposĂ©es Ă  des comportements inappropriĂ©s lors d'un dĂ©pĂ´t de plainte.

      • Les jeunes (18-24 ans) et les personnes perçues comme non-blanches ont Ă©galement un risque 80 % plus Ă©levĂ© d'y ĂŞtre confrontĂ©es.

      • ExpĂ©riences nĂ©gatives multicontextuelles :Certains facteurs, comme l'origine perçue (noir, arabe, maghrĂ©bin), l'âge (jeunes 18-24 ans) et le chĂ´mage, surexposent aux comportements inappropriĂ©s "aussi bien lors d’un contrĂ´le que lors d’un dĂ©pĂ´t de plainte".

      Cela "suggère l’existence de comportements discriminatoires car ciblés sur certains groupes sociaux plutôt que d’autres."

      3. La Confiance en l'Institution Policière

      La confiance se distingue en une confiance "diffuse" (missions générales de la police) et un soutien "spécifique" (évaluation basée sur des expériences concrètes).

      L'enquête s'intéresse au soutien spécifique.

      • Niveaux de confiance :50 % de la population se dit confiante ou rassurĂ©e en prĂ©sence d'un policier ou d'un gendarme sur la voie publique.

      • 28 % sont indiffĂ©rents et 22 % se sentent mĂ©fiants ou inquiets.

      • Lien avec les expĂ©riences concrètes :La confiance est "Ă©troitement liĂ©e" aux expĂ©riences vĂ©cues : 51 % des personnes ayant pu enregistrer leur plainte sans incident se dĂ©clarent confiantes, contre seulement 37 % de celles confrontĂ©es Ă  un refus.

      • 59 % des personnes ayant vĂ©cu des discriminations lors d'un contrĂ´le de police se sentent inquiètes ou mĂ©fiantes, contre 21 % de celles qui pensent que les discriminations existent mais ne les ont pas vĂ©cues personnellement, et 5 % de celles qui ne reconnaissent pas leur existence.

      • Les personnes ayant fait l'expĂ©rience de comportements inappropriĂ©s (que ce soit lors d'un contrĂ´le ou d'un dĂ©pĂ´t de plainte) se dĂ©clarent plus frĂ©quemment mĂ©fiantes ou inquiètes (respectivement 61 % et 51 %).

      • ConsĂ©quences du manque de confiance :Le manque de confiance entraĂ®ne plus frĂ©quemment une remise en question de la lĂ©gitimitĂ© de l'intervention policière : 16 % des personnes mĂ©fiantes protestent lors d'un contrĂ´le, contre 4 % des confiantes.

      • Les personnes mĂ©fiantes sont plus nombreuses Ă  percevoir le contrĂ´le comme injustifiĂ© (59 % contre 18 % des confiantes).

      • Une corrĂ©lation nĂ©gative existe entre confiance et recours Ă  la police : 21 % des personnes mĂ©fiantes dĂ©clarent ne pas avoir contactĂ© les forces de sĂ©curitĂ© par manque de confiance suite Ă  une discrimination ou un harcèlement, contre 3 % des personnes confiantes.

      • Cela crĂ©e une "dynamique dĂ©lĂ©tère" qui "nourrit une dĂ©fiance mutuelle lors des interactions police/population" et "peut conduire Ă  une escalade des tensions en contexte d’intervention".

      Conclusion Générale

      L'enquête "Accès aux droits" de 2024 met en évidence une "dualisation des relations" entre les citoyens et les forces de sécurité en France.

      Alors que l'expérience du contrôle d'identité s'est généralisée à une plus grande partie de la population, les modalités de ces interactions varient considérablement selon les caractéristiques sociales des individus.

      Les catégories de population "traditionnellement" moins contrôlées (femmes, cadres, personnes âgées) sont désormais plus souvent contrôlées, mais généralement via des "simples contrôles d’identité, généralement ponctuels, courtois et perçus comme justifiés."

      En revanche, pour les personnes perçues comme noires, arabes ou maghrébines, les jeunes, les hommes et les personnes précaires, on observe une persistance de contrôles plus fréquents, plus intrusifs ("poussés"), et accompagnés de comportements contraires à la déontologie.

      Ces groupes sont également plus exposés aux refus de dépôt de plainte et aux comportements inappropriés lors de ces démarches.

      Ces expériences négatives et discriminatoires ont un impact direct et significatif sur la confiance envers les forces de sécurité, conduisant à une méfiance accrue, une remise en question de la légitimité des actions policières, et une diminution du recours à la police.

      L'étude souligne que cette "érosion de la confiance" peut "nourrir les crispations entre la population et les forces de sécurité et, in fine, peut conduire à une escalade des tensions en contexte d’intervention."

      Le Défenseur des droits souhaite que ce rapport "favorise la réflexion pour établir des relations plus apaisées" entre la police et la population.

  4. Apr 2025
  5. May 2024
    1. l'enquête que j'ai conduite pendant 5 ans avec annecler de faossé 00:53:00 dans les Hautes Alpes près de la frontière italienne dans une région qui est autour du col de Montgenèvre l'un des principaux points d'entrée en France par le sud-est l'un des deux points d'entrée en 00:53:11 en France par le sud-est montre que le protocole décrit dans les textes n'est généralement pas suivi alors même que depuis 2016 la proportion des jeunes garçons en provenance d'Afrique sub-saharienne se déclarant mineur a 00:53:24 souvent été élevée alors frontière d'abord on a eu pendant plusieurs années un refoulement presque systématique par les policiers chargés de la garder qui contestait l'âge déclaré par le jeune voire déchirer son acte de naissance 00:53:38 jusqu'à ce que plusieurs condamnations de l'État par les tribunaux administratifs ne conduisent ce dernier à se montrer plus respectueux de la loi en adressant ses garçons à l'aide sociale à l'enfance via une association 00:53:50 locale ce qui est désormais fait le plus souvent certains agents récal Citran continuant CEP pendant à les renvoyer en Italie parfois après avoir falsifié leurs documents ainsi que le constatent 00:54:02 les associations qui de l'autre côté de la frontière côté italien conserve les copies des originaux
  6. Mar 2024
  7. May 2023
  8. Apr 2021