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    1. Briefing Doc : L'Engagement Citoyen des Jeunes dans les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV)

      Synthèse Exécutive

      Ce document de synthèse analyse les interventions et témoignages issus du deuxième webinaire « Parlons-en ! », organisé par le réseau des Cités éducatives. Consacrée à la thématique de l'engagement citoyen des jeunes âgés de 0 à 25 ans résidant en QPV, cette session met en lumière deux perspectives complémentaires :

      • Une expérimentation locale concrète : La Classe de Cadets de la Sécurité Civile déployée au collège Gabriel Havéz de Creil (Cité éducative de Creil, département de l'Oise).- Une vision et expertise nationale : L'analyse des leviers et obstacles à la participation citoyenne par l'ANACEJ (Association Nationale des Conseils d'Enfants et de Jeunes).

      Enseignements Clés :

      • Appétence réelle des jeunes pour l'engagement : Contrairement aux idées reçues, les jeunes des QPV répondent massivement dès lors que des propositions structurées et valorisantes leur sont faites (ex. 70 à 80 candidatures pour 15 places disponibles à Creil).- Trois piliers d'action indispensables : L'égalité filles-garçons (lutter contre la disparition des filles de l'espace public), la réussite scolaire (estime de soi et sentiment d'appartenance), et la citoyenneté institutionnelle.- Facteurs clés de succès : Le financement intégral des actions (gratuité totale pour les familles), l'accompagnement humain renforcé, le travail en transversalité (État, Sécurité civile, Éducation nationale, collectivités, associations) et l'implication proactive des parents.- Freins systémiques : Le manque de moyens financiers et de temps, le contexte socio-anxiogène, le phénomène d'« entre-soi » amplifié par les réseaux sociaux, et le besoin d'accroître la redevabilité des institutions face aux propositions des jeunes.

      Données Chiffrées et Indicateurs Clés

      | Indicateur | Valeur / Détail | Source / Contexte | | --- | --- | --- | | Périmètre QPV dans l'Oise | 19 QPV, 70 000 habitants (8 à 9 % de la population) | Préfecture de l'Oise | | Budget global du projet Cadet (Creil) | 13 000 € (incluant le séjour à Marseille) | Cité éducative / Politique de la ville | | Capacité d'accueil de la classe Cadet | 15 places | Collège Gabriel Havéz (Creil) | | Volume de candidatures | 70 à 80 dossiers reçus par promotion | Élèves de 5e pour la classe de 4e | | Volume horaire & Fréquence | 15 mercredis après-midi (13h30-16h30) | Formation sur l'année scolaire | | Taux d'assiduité au séjour (Marseille) | 100 % (0 défection) | Voyage de fin d'étude (5 jours) | | Parité Filles-Garçons | Strictement 50/50 (voire légère majorité de filles) | Promotion des Cadets de Creil | | Déploiement départemental (Oise) | 3 classes QPV : Creil, Méru, Beauvais (redynamisée) | Année scolaire en cours |


      Action Locale : La Classe de Cadets de la Sécurité Civile du Collège Gabriel Havéz (Creil)

      1. Origine et Objectifs du Projet

      Le dispositif des Cadets de la Sécurité Civile, porté historiquement par la DGSCGC (Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises) depuis plus de dix ans, a été réactivé et amplifié dans le cadre de la Cité éducative de Creil. L'établissement pilote, le collège Gabriel Havéz, se situe au cœur du plateau de Creil.

      Le sous-préfet chargé de la politique de la ville dans l'Oise, Arnaud Kignou, définit le projet autour de trois axes fondamentaux :

      • L'égalité filles-garçons : Réinvestir l'espace public et déconstruire les stéréotypes (« c'est pas pour moi, c'est pas pour toi, et surtout c'est pas pour elle »). La parité stricte est atteinte et maintenue.- La réussite scolaire et l'estime de soi : Favoriser le sentiment d'appartenance collective, le dépassement de soi et le travail sur l'image auprès d'élèves parfois très introvertis.- L'engagement citoyen et institutionnel : Créer une proximité positive avec les institutions de la République et les forces de secours.

      2. Contenu et Déroulement du Programme

      Le programme s'adresse aux élèves de classe de 4e et s'articule autour de 15 séances le mercredi après-midi (13h30 - 16h30) et d'engagements cérémoniels :

      • Formations pratiques : Passage du PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1) sur une journée complète, formation à la sécurité incendie, gestion des risques et découverte de la cynotechnie (chiens de recherche).- Partenariats institutionnels : Coopération étroite avec le SDIS 60 (Service Départemental d'Incendie et de Secours de l'Oise) et la caserne de pompiers de Creil, voisine immédiate du collège.- Cérémonies officielles : Participation aux commémorations nationales (ex. 11 novembre) et cérémonies de remise d'équipements en présence des autorités (Sous-préfet en uniforme, Mairie, Conseillers départementaux).- Signes distinctifs d'appartenance : Attribution gratuite d'un sweatshirt sérigraphié « Cadet » ou « Cadette », arborant le logo des pompiers, le logo du collège et le drapeau français sur la manche.- Voyage de fin de cycle : Séjour d'immersion de 5 jours à Marseille en mai/juin (trajet en TGV, hébergement en auberge de jeunesse, accueil par les Marins-Pompiers de Marseille, démonstrations de sauvetage en mer).

      3. Modèle de Recrutement et Rôle des Parents

      • Processus de sélection : Présentation dans les classes de 5e par l'équipe éducative et les sapeurs-pompiers. Réception de 70 à 80 lettres de motivation. Pré-sélection par l'équipe de vie scolaire, médicale et enseignante basée sur l'attitude et l'engagement plutôt que sur les seules notes académiques. Entretiens oraux individuels pour tous les candidats retenus.- Mobilisation parentale : Réunions de conviction expliquant qu'il s'agit d'un engagement rigoureux et non d'un accueil de loisirs. Mise en place de navettes pour emmener les parents aux cérémonies (ex. à Beauvais). Transparence totale qui génère une forte confiance, permettant le départ de jeunes filles de QPV hors du quartier pendant 5 jours sans aucune défection.

      4. Impact et Continuité des Parcours

      • Poursuite d'engagement : Intégration de plusieurs cadets au sein des Jeunes Sapeurs-Pompiers (JSP) dès la classe de 3e, puis transition vers le statut de Sapeur-Pompier Volontaire (SPV) au lycée.- Continuité éducative : Volonté de faire le lien avec le lycée (18-25 ans) pour valoriser cet engagement sur la plateforme Parcoursup.- Validation de compétences : Prise en compte de l'engagement dans le livret scolaire (Parcours citoyen) et incitation à la pratique sportive (UNSS / cross district) pour maintenir la condition physique.

      Perspective Nationale : Cadre et Bonnes Pratiques selon l'ANACEJ

      L'ANACEJ (Association Nationale des Conseils d'Enfants et de Jeunes), créée en 1991, rassemble des collectivités territoriales, des élus, des professionnels et des jeunes pour promouvoir le droit à la participation de tous les enfants et jeunes de 0 à 25 ans.

      1. Diagnostic de la Situation et Freins Identifiés

      • Complexité du contexte : Contexte sociétal anxiogène, baisse de la confiance en soi chez les jeunes, stress face à la notion d'engagement, et logique d'« entre-soi » accentuée par les réseaux sociaux.- Manque de moyens : Ressources financières et temporelles insuffisantes pour garantir un accompagnement qualitatif et régulier.- Déficit de redevabilité : Nécessité de garantir aux jeunes que leur parole et leur engagement se traduisent concrètement par des impacts réels sur les politiques publiques.

      2. Lever les Obstacles : Les Bonnes Pratiques de Participation

      • Inclusivité et diversification des formats : Adapter les modes d'engagement (engagements courts, ateliers d'urbanisme, balades urbaines, maquettes participatives, démocratie d'interpellation).- Transversabilité des acteurs : Sortir du travail en « silos ». Un jeune doit être appréhendé dans sa globalité (élève, habitant, membre d'un club ou d'une famille). Obligation de faire travailler ensemble l'État, les collectivités, les associations, les missions locales, l'Éducation nationale et les parents.- Aller-vers les publics éloignés : Mobiliser les réseaux partenaires (secteur associatif, centres sociaux, aide sociale à l'enfance, structures handicap) pour toucher les jeunes ruraux, de QPV ou en situation de handicap qui ne sollicitent pas d'eux-mêmes les dispositifs traditionnels.- Démarche de Pair-à-Pair : S'appuyer sur les jeunes déjà engagés pour témoigner auprès de leurs pairs.

      3. Outil Stratégique pour les Échéances À Venir

      L'ANACEJ a déployé un site internet et des ressources vidéo (notamment sous l'onglet Agir sur la participation citoyenne des jeunes) afin d'acculturer les nouvelles équipes municipales et territoriales dans la perspective des échéances électorales de 2026, promouvant l'engagement comme un vecteur de transformation positive.


      Témoignages et Citations Directes

      1. Paroles des Jeunes Cadets (Collège Gabriel Havéz)

      • Sur les motivations et les valeurs :

      « J'ai intégré la classe de la sécurité civile parce que ça fait très longtemps que je m'intéresse à ce métier et parce que j'aimerais aider les personnes dans le besoin. »

      « Les valeurs qui m'ont le plus parlé sont la solidarité et le courage, car on a fait beaucoup de trucs qu'on n'aurait jamais faits avant [...] on était vraiment comme une famille, personne ne jugeait personne. »

      « Ça m'a permis de sortir de ma zone de confort. »

      • Sur la définition de la citoyenneté :

      « Pour moi, être citoyen, c'est respecter et promouvoir les valeurs de la République. »

      « C'est savoir que les femmes et les hommes sont tous égaux. »

      « C'est connaître ses droits et ses devoirs [...] c'est respecter et aider les autres. »

      2. Déclarations des Responsables du Projet

      • Arnaud Kignou, Sous-préfet chargé de la politique de la ville dans l'Oise :

      « Quand on va chercher les jeunes au bon endroit, on trouve des candidats [...] Sur Creil, quand on a ouvert la classe de cadet, on a affiché 15 places, on avait 80 candidatures. Ce qui veut dire que tout ce qui est proposé en matière institutionnelle, ça marche. »

      « Il faut casser les murs pour arriver à lutter contre le c'est pas pour moi, contre le c'est pas pour toi et surtout contre le c'est pas pour elle. »

      • Omar Schmidt, Assistant Prévention et Sécurité et Référent de la classe Cadet :

      « Ce projet pour nous, c'est plus qu'un simple atelier : c'est une véritable aventure humaine, un engagement collectif, un apprentissage concret des valeurs républicaines. »

      • Madame Pernette, Déléguée Générale de l'ANACEJ :

      « On peine à mobiliser quand le dispositif ne convient pas et qu'on n'a ni le temps ni les moyens d'aller vers. Mais quand on travaille ensemble [...], ils sont plus nombreux à postuler. »

      « Ces démarches-là montrent que dans un contexte difficile, les jeunes sont là, prêts à prendre la relève et pleins de valeurs. Ce serait super dommage de passer à côté. »

    1. Note de Synthèse : Mobilité Internationale et Engagement des Jeunes dans les Quartiers Prioritaires et les Territoires Ruraux

      Résumé Exécutif

      Ce document de synthèse s'appuie sur les interventions de Ludovic Brun (Responsable Inclusion et Diversité à l'Agence Erasmus+ Jeunesse et Sport / Agence du Service Civique) et de Géraldine Alfred (Déléguée générale de l'association Concordia) lors du 8ᵉ webinaire « Parlons-en » consacré à la mobilité et à l'engagement des jeunes.

      La mobilité internationale et l'engagement constituent des leviers essentiels d'émancipation, de développement de compétences et d'ouverture culturelle pour la jeunesse. Cependant, des inégalités territoriales et sociales profondes persistent. Dans les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV) et les zones rurales, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans atteint 26 % (contre 22 % à l'échelle nationale), accompagnant une forte concentration de jeunes dits « NEET » (ni en emploi, ni en formation, ni en éducation).

      Bien que les programmes européens (Erasmus+ Jeunesse et Sport, Corps Européen de Solidarité) lèvent l'obstacle financier grâce à des prises en charge intégrales, l'accès universel à la mobilité se heurte à des freins sociaux et psychologiques : méconnaissance des dispositifs, appréhensions familiales, barrière des langues et manque de confiance en soi. Pour répondre à ces enjeux, l'Agence Erasmus+ et des opérateurs de terrain comme Concordia déploient des stratégies d'inclusion ciblées. Aujourd'hui, environ 40 % des participants aux programmes Erasmus+ Jeunesse et Sport sont des jeunes ayant moins d'opportunités. La réussite de ces démarches repose de manière critique sur l'accompagnement éducatif de proximité, la formation des professionnels de jeunesse et le renforcement des partenariats locaux.


      1. Diagnostic Territorial et Enjeux de la Mobilité

      Un constat d'inégalité d'accès

      La mobilité et l'engagement sont des vecteurs majeurs d'émancipation personnelle, de citoyenneté et d'insertion professionnelle. Néanmoins, l'accès à ces opportunités demeure inégalitaire sur le territoire français et d'outre-mer.

      Les freins identifiés ne sont pas uniquement d'ordre financier, mais découlent de facteurs structurels et environnementaux :

      • Le niveau d'études et le parcours scolaire (décrochage) ;- Les ressources financières et le niveau de réseau social de la famille ;- L'éloignement géographique (zones rurales isolées et QPV) ;- L'appréhension face à la barrière de la langue et le manque de confiance en soi ;- L'autocensure et la réticence à quitter son groupe de pairs ou son territoire.

      Indicateurs socio-économiques clés

      Les données récentes soulignent l'urgence d'une action ciblée dans les territoires prioritaires :

      | Indicateur | Valeur / Constat | | --- | --- | | Taux de chômage national des 15-24 ans | Hausse récente de 18 % à 22 % | | Taux de chômage des 15-24 ans en QPV et zones rurales | Atteint 26 % ces derniers trimestres | | Public NEETs (Ni en emploi, ni en formation, ni en éducation) | Majoritairement représenté dans les QPV et les zones rurales | | Part de jeunes femmes dans le volontariat européen | 70 % de femmes contre 30 % d'hommes | | Part de jeunes ayant moins d'opportunités (JAMO) | Environ 40 % des participants aux programmes Erasmus+ Jeunesse et Sport |


      2. Le Cadre Institutionnel et les Dispositifs Erasmus+ Jeunesse et Sport

      Architecture institutionnelle et éducation non formelle

      En France, la gestion des programmes européens est répartie entre deux agences :

      • L'Agence du Service Civique (Paris) : Gère le volet Erasmus+ Jeunesse et Sport ainsi que le Corps Européen de Solidarité (CES), sous la tutelle du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Elle est dédiée à l'éducation non formelle.- L'Agence de Bordeaux : Gère les volets scolaires, universitaires, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes.

      L'éducation non formelle se définit comme une démarche éducative complémentaire au cursus scolaire et universitaire. Accessible sans aucune condition de diplôme ou de qualification, elle repose sur la participation libre et volontaire. Chaque projet fait l'objet d'un cadre pédagogique évalué par l'agence, visant le développement de compétences sociales et comportementales (soft skills).

      Validation scientifique et outils de certification

      Les recherches menées à l'échelle européenne via le réseau de sociologues RAY démontrent scientifiquement l'impact de ces mobilités non formelles :

      • Renforcement de la confiance en soi, de l'autonomie et du sens de la tolérance ;- Développement de compétences clés de l'Union Européenne : travail en équipe/coopération, expression de la créativité, et communication en langues étrangères.

      Pour formaliser ces acquis et faciliter l'insertion socioprofessionnelle, des outils de reconnaissance et d'auto-évaluation sont mis à disposition des acteurs de terrain, notamment Youthpass et les Open Badges.

      Éventail des programmes de mobilité et d'engagement

      [Parcours d'engagement progressif] Chantiers locaux / Projets de solidarité ➔ Mobilités collectives (Échanges) ➔ Volontariat individuel long terme (CES)

      L'Agence Erasmus+ Jeunesse et Sport finance une typologie variée d'actions adaptées au niveau d'autonomie des jeunes :

      A. Mobilités collectives et premières étapes

      • Échanges de jeunes (13-30 ans) : Rencontres interculturelles de groupes de 1 à 3 semaines autour de supports pédagogiques (théâtre, danse, cinéma, musique).- Participation des jeunes (dès 13 ans) : Projets visant la participation à la vie démocratique via des rencontres avec des élus ou responsables associatifs. Peut se dérouler localement sans mobilité internationale obligatoire.- DiscoverEU / DiscoverEU Inclusion (18-21 ans) : Accès à un pass Interrail pour une première expérience de mobilité/vacances. Des cofinancements sont possibles avec le dispositif Explore l'Europe de l'ANCT.

      B. Mobilités individuelles et engagement long terme

      • Corps Européen de Solidarité (CES) - Volontariat individuel (18-30 ans) : Immersion de longue durée (jusqu'à 12 mois) à l'étranger dans des missions d'intérêt général.- CES - Volontariat d'équipe / court terme : Format adapté spécifiquement aux jeunes en difficulté ou moins autonomes.- Projets de solidarité locaux : Projets conçus et portés par des groupes de jeunes sur leur propre territoire au bénéfice de publics vulnérables.

      C. Couverture géographique et priorités stratégo-politiques

      Outre les pays membres de l'Union Européenne, les programmes incluent des pays associés (Norvège, Islande, Macédoine du Nord, Turquie, Serbie) et s'étendent aux zones de voisinage (Euro-Méditerranée, Balkans, Europe de l'Est et Caucase), sous réserve du contexte géopolitique.

      Pour la période 2021-2027 (et maintenu pour la programmation 2028-2034), quatre priorités transversales sont fixées :

      • Inclusion et diversité (mécanismes de soutien financier renforcés pour lever les freins économiques ou de santé) ;- Participation à la vie démocratique ;- Transition écologique et développement durable ;- Transition numérique.

      3. Déclinaison Opérationnelle : L'Action de l'Association Concordia

      Créée en 1950 dans un contexte d'après-guerre pour promouvoir la paix et l'interculturalité (initialement entre jeunes Français, Allemands et Anglais), l'association Concordia agit comme opérateur de terrain majeur auprès des 15-30 ans. Elle détient la labellisation Lead (pour le CES) et une accréditation Erasmus+.

      Concordia s'appuie sur un ancrage local fort avec trois grandes zones d'intervention (Nord-Ouest, Sud-Ouest, Sud-Est) et collabore systématiquement avec les structures territoriales (Cités éducatives, Missions Locales, services jeunesse, préfectures, associations de quartier).

      Exemples d'initiatives territoriales par région

       ```
       [Hauts-de-France]          [Occitanie / Sud-Ouest]        [PACA / Auvergne-Rhône-Alpes]
      

      ----------------------- ----------------------- ----------------------------- • Saint-Quentin : Chantier • Toulouse : Parcours • Marseille (QPV Nord) : parc urbain en QPV historiques QPV avec Service Civique & DiscoverEU • Montataire : Chantier internationaux à Barcelone Ado / Cité éducative • Osillon / Castres : Échange • Clermont-Ferrand : • Amiens : Volontariat de de jeunes (FR, EE, UA, ES) Chantiers QPV d'été & groupe CES en bas d'immeuble DiscoverEU ```

      Zone Nord-Ouest (Hauts-de-France)

      • Saint-Quentin : Organisation d'un chantier international de bénévoles pour la restauration d'un parc urbain situé au cœur d'un quartier prioritaire.- Montataire (2022-2024) : Chantiers internationaux pour adolescents menés en partenariat avec la Cité éducative et le service jeunesse de la ville.- Amiens (2023) : Deux projets de volontariat de groupe CES en « bas d'immeuble » au profit de jeunes de 8 à 17 ans, en lien avec les écoles maternelles, les centres aérés et les habitants.

      Zone Sud-Ouest (Occitanie / Midi-Pyrénées)

      • Toulouse (QPV Nord) : Partenariat avec l'association « Un œil sur ma ville ». Mobilisation de volontaires internationaux pour concevoir des parcours historiques et de balisage dans les QPV, valorisant la mémoire des quartiers auprès des habitants et des institutions (restitution en Préfecture).- Osillon / Castres Mazamet : Organisation d'un échange de jeunes accueillant sur le territoire 5 jeunes d'un QPV local aux côtés de jeunes venus d'Estonie, d'Ukraine et d'Espagne.

      Zone Sud-Est (PACA / Auvergne-Rhône-Alpes)

      • Marseille (Quartiers Nord - Saint-Henri et La Visitation) : Déploiement de missions de Service Civique, constitution d'un groupe de jeunes issus de QPV envoyés sur un échange en Italie, et départ de 5 jeunes vers Barcelone via DiscoverEU Inclusion.- Clermont-Ferrand : Organisation récurrente de 2 à 3 chantiers internationaux d'été dans les QPV en lien avec la Mission Locale.- Service Civique International : Expérimentation du Service Civique franco-italien (envois et accueils croisés) et missions à l'échelle internationale élargie (Mexique, Pérou, Afrique du Sud, Asie).

      4. Analyse Transversale : Freins, Démographie et Parcours d'Engagement

      La réalité de l'accessibilité : Barrières financières vs Barrières sociales

      A la question de savoir si la mobilité est réellement accessible à tous, les intervenants établissent une distinction claire :

      • Le frein économique est largement levé par les dispositifs européens : Les subventions couvrent les frais de transport, d'hébergement, de restauration et prévoient le versement d'une indemnité d'argent de poche. La participation est gratuite pour le jeune.- Les freins sociaux et psychologiques demeurent prépondérants :
        • Le rôle de la sphère familiale : L'appréhension des parents, qui n'ont souvent pas expérimenté eux-mêmes la mobilité, constitue le premier frein. Il est nécessaire de les rassurer et de les impliquer en amont.- L'accès à l'information : Les jeunes disposant déjà d'un capital social ou familial s'orientent d'eux-mêmes. Pour les jeunes défavorisés, le recours à un réseau de prescripteurs jeunesse (Missions Locales, éducateurs, associations de proximité) est indispensable.

      Évolution des publics et disparités de genre

      On observe une forte féminisation des départs en volontariat européen long terme, avec 70 % de jeunes femmes pour 30 % de jeunes hommes (l'écart étant moins marqué dans les échanges collectifs). Cette situation s'explique en partie par la nature des missions proposées (éducation, action sociale, culture), davantage investies par les publiques féminins.

      Par ailleurs, les jeunes diplômés (Bac+4 et plus) restent surreprésentés dans les départs spontanés en raison d'une plus grande autonomie initiale et d'un meilleur accès à l'information.

      La trajectoire d'engagement comme effet tremplin

      L'expérience montre que la mobilité n'est pas un événement isolé, mais le point de départ d'un parcours d'engagement citoyen progressif.

      Exemple de parcours type documenté chez Concordia : Un jeune débute comme participant à un chantier de bénévoles local ➔ bénéficie d'une formation interne pour devenir animateur de chantier ➔ participe au dispositif DiscoverEU Inclusion ➔ s'engage dans un échange international ➔ s'investit durablement dans la gouvernance de l'association (jusqu'à l'élection au Conseil d'Administration).

      Ces parcours renforcent la confiance en soi, l'autonomie et permettent de formaliser des compétences transversales valorisables sur le marché du travail.


      5. Levies d'Action et Recommandations pour les Acteurs Locaux

      Pour pérenniser et développer l'accès des jeunes des QPV et des zones rurales aux dispositifs de mobilité, plusieurs conditions opérationnelles doivent être réunies :

      • Soutenir le coût de l'accompagnement éducatif : Faire partir des jeunes décrocheurs ou moins autonomes exige un investissement humain et méthodologique beaucoup plus lourd que pour un public étudiant diplômé. Les financements publics (Politique de la ville, ANCT, ministères) doivent maintenir leurs soutiens structurels aux associations de terrain pour couvrir cet accompagnement.- Former et faire partir les professionnels de jeunesse : Les travailleurs sociaux, agents municipaux et animateurs accompagnent d'autant mieux la mobilité qu'ils l'ont eux-mêmes expérimentée ou qu'ils sont formés aux rouages des programmes européens. Erasmus+ finance des sessions de formation spécifiquement dédiées aux professionnels.- S'appuyer sur le maillage territorial et les réseaux spécialisés : Les collectivités et associations locales n'ont pas besoin d'être expertes en ingénierie de projets européens. Elles peuvent s'appuyer sur les correspondants régionaux des Agences (Dragesses / DRAG) et sur des associations de tête de réseau (comme Concordia, le réseau des Missions Locales ou Parcours le Monde) qui gèrent la technicité financière et administrative.
  2. May 2026
    1. La Santé Mentale des Enfants et des Jeunes dans les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV)

      Synthèse

      Ce document de synthèse s'appuie sur les interventions d'experts de l'Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT), de la Direction Générale de la Santé (DGS) et du ministère de l’Éducation Nationale.

      Le constat est unanime : la santé mentale des jeunes en France, et particulièrement dans les quartiers prioritaires, connaît une dégradation marquée depuis le début de la décennie.

      Face à cette urgence, une stratégie interministérielle se déploie, articulée autour de la coordination territoriale et du renforcement de la prévention.

      Les leviers majeurs identifiés incluent le développement des compétences psychosociales (CPS), la formation aux premiers secours en santé mentale (PSSM) et une alliance renforcée entre les Cités éducatives, les Programmes de réussite éducative (PRE) et les réseaux de santé (ARS, CMP).

      L'enjeu central est de passer d'une logique curative isolée à une approche globale agissant sur les déterminants sociaux et l'environnement de vie des jeunes.

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      1. État des Lieux et Diagnostic Territorial

      Une dégradation alarmante des indicateurs

      Les données de Santé publique France et les enquêtes en milieu scolaire (études EnClasse et MentaLo) confirment une inflexion négative de la santé mentale des enfants et des adolescents.

      Cette situation est exacerbée dans les QPV par des déterminants sociaux défavorables qui agissent comme des facteurs aggravants :

      • Précarité économique et conditions de logement dégradées.

      • Monoparentalité et isolement social.

      • Exposition aux violences et aux discriminations.

      • Difficultés d'accès aux soins et ruptures dans les parcours de prise en charge.

      Un cadre politique renforcé

      La santé mentale a été déclarée Grande Cause Nationale et constitue un axe prioritaire du Comité Interministériel des Villes (CIV) depuis juin 2023.

      Un rapport conjoint de l'IGAS et de l'IGESR (juillet 2023) préconise d'intensifier la coopération entre l'État, les collectivités et l'ANCT pour atteindre efficacement les habitants des quartiers populaires.

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      2. Les Cités Éducatives : Un Cadre de Coopération Globale

      Les Cités éducatives visent à intensifier la prise en charge des jeunes de 0 à 25 ans sur tous les temps de vie (scolaire, périscolaire, familial).

      • Chiffres clés : 250 Cités éducatives labellisées couvrant environ 600 QPV.

      • Priorisation : 86 % des Cités éducatives considèrent la santé mentale comme un enjeu prioritaire.

      Le nombre d'actions explicites en santé mentale a été multiplié par 2,3 entre 2023 et 2024.

      • Gouvernance : La démarche repose sur une alliance entre la Préfecture, l’Éducation Nationale et la collectivité, intégrant de plus en plus les Agences Régionales de Santé (ARS).

      En 2024, 47 Cités éducatives sont cofinancées par une ARS.

      Instances de coordination territoriale

      Le document identifie plusieurs outils structurants pour articuler santé et éducation :

      | Dispositif | Échelle | Rôle Principal | | --- | --- | --- | | Contrat Local de Santé (CLS) | Locale | Réduit les inégalités territoriales de santé via des programmes pluriannuels. | | Projet Territorial de Santé Mentale (PTSM) | Départementale | Définit les orientations stratégiques pour l'accompagnement des troubles psychiques. | | Conseil Local de Santé Mentale (CLSM) | Locale | Instance de concertation entre élus, professionnels et citoyens pour le bien-être de la population. |

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      3. Leviers d'Action Préventifs et Formations

      Stratégie Nationale des Compétences Psychosociales (CPS)

      Le développement des CPS (gestion des émotions, esprit critique, relations positives) est présenté comme un facteur de protection essentiel.

      • Objectif : Favoriser le bien-être et le climat scolaire pour prévenir les comportements à risque.

      • Expérimentation en Île-de-France : L'ARS Île-de-France a mobilisé 700 000 € pour déployer les CPS dans 27 Cités éducatives, ciblant prioritairement les 0-12 ans.

      L'objectif régional est de toucher 200 000 enfants d'ici 2028.

      Secourisme en Santé Mentale (PSSM)

      Cette formation permet aux citoyens et professionnels de repérer les signes de souffrance et d'orienter vers les ressources adaptées.

      • Bilan : Plus de 300 000 secouristes formés en France, dont 4 000 au sein de l’Éducation Nationale.

      • Diversification : Création de modules spécifiques "Jeunes" et "Travail" pour adapter la posture d'écoute.

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      4. Le Programme de Réussite Éducative (PRE) : Pivot du Parcours

      Le PRE accompagne plus de 80 000 enfants par an via des parcours individualisés.

      60 % des PRE portent des actions de santé mentale.

      • Rôle : Repérage précoce, levée des freins aux soins et orientation.

      Le PRE n'est pas une structure de soin mais un facilitateur de parcours.

      • Nouveau Guide Méthodologique : L'ANCT publie un guide intitulé "Structurer les parcours en santé mentale au sein des PRE" pour outiller les coordonnateurs sur l'identification des ressources locales (Psychom, structures de soin).

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      5. Retours d'Expériences Territoriales

      Lyon : Points Écoute Parents Enfants Proches

      Mis en place par le CLSM et la Cité éducative, ce dispositif propose une première ligne d'écoute gratuite et anonyme dans des lieux neutres (MJC, centres sociaux).

      • Approche transculturelle : Prise en compte des parcours migratoires et des barrières linguistiques.

      • Impact : Plus de 100 familles reçues en quelques mois, avec une forte proportion de publics primo-arrivants.

      Grenoble : Projet "Confiance" (PRE 15-18 ans)

      Ce projet cible les adolescents en situation de décrochage scolaire et d'isolement social.

      • Méthodologie : Activités collectives (escalade, séjours de rupture, ateliers de réparation de vélo) pour restaurer l'estime de soi et le lien social.

      • Résultat : Amélioration de la capacité des jeunes à se mobiliser dans leur projet individuel grâce à la dynamique de groupe sécurisante.

      Éducation Nationale : Démarche "École Promotrice de Santé"

      L'institution déploie des protocoles dédiés dans tous les établissements et forme des "personnels repères" en santé mentale dans chaque circonscription et collège.

      Un système "coupe-file" est en cours de déploiement pour faciliter l'accès prioritaire aux centres médico-psychologiques (CMP) pour les élèves.

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      6. Perspectives et Ressources

      La réussite des interventions repose sur le décloisonnement des pratiques et la construction d'une "professionnalité commune" entre acteurs de la santé, de l'école et du social.

      Ressources clés citées :

      • Plateforme "La Grande Équipe" : Espace de partage pour les acteurs de la politique de la ville.

      • Psychom : Organisme ressource pour les outils de lutte contre la stigmatisation.

      • Fiches repères ANCT : Guides sur les alliances éducatives et la santé mentale.

      _"La santé mentale ne se joue pas uniquement dans le soin.

      Elle se construit dans les environnements de vie, les liens sociaux et les parcours éducatifs."_ — Patricia Minaya Flores, DGS.

  3. Jan 2026
  4. Sep 2025
    1. Document de synthèse détaillé : Les parcours des jeunes décrocheurs scolaires et leur transition vers l'âge adulte

      Introduction

      Ce document de synthèse s'appuie sur la conférence d'Antoine Querrec, docteur en sociologie et chercheur, présentant les résultats de sa thèse sur les transitions vers l'âge adulte des jeunes anciens décrocheurs scolaires.

      L'étude, menée principalement dans le Mantois (Val Fourré), explore la subjectivité de ces jeunes, la façon dont ils vivent et composent avec le décrochage, et ses conséquences sur leur parcours d'insertion.

      L'objectif est de comprendre non pas "ce que ces jeunes sont devenus", mais plutôt "par quel chemin ils sont passés, quel cheminement ils ont vécu".

      Thème principal : Le décrochage scolaire comme expérience sociale structurante

      Antoine Querrec affirme que le décrochage scolaire n'est pas seulement un fait éducatif, mais une expérience sociale profonde qui structure la transition vers l'âge adulte de manière singulière pour les jeunes concernés.

      Cette expérience "dépasse le seul fait d'être bien souvent peu ou pas diplômé", car elle "va structurer un contexte qui détermine leur place au sein des relations sociales familiales, au sein du monde du travail, au sein du monde de l'insertion et plus largement les situe dans le monde social".

      Ce contexte rend leur transition vers l'âge adulte "assurément plus compliquée".

      Idées et faits importants :

      Une transition vers l'âge adulte singulière : "Réparer le passé pour avancer vers la vie adulte"

      Les jeunes décrocheurs abordent l'âge adulte différemment des autres jeunesses françaises.

      Leur parcours est marqué par la nécessité de "réparer le passé" et de prendre progressivement distance avec les héritages scolaires.

      Contraintes objectives et décalage des seuils statutaires Le manque de diplôme ou la faiblesse des qualifications compliquent l'insertion professionnelle (chômage, conditions d'emploi).

      Cela allonge considérablement les temps d'insertion et décale les "seuils statutaires" de l'âge adulte (construction d'une famille, décohabitation), car le travail est "la pierre angulaire du devenir adulte".

      L'expérience singulière du "temps du rien"

      Après la déscolarisation, les jeunes entrent dans une période de "carrefour biographique", un temps "flottant, indéterminé, intermédiaire" entre la fin de l'école et l'établissement d'un projet pérenne.

      Les jeunes décrivent souvent cette période comme le "temps du rien", "qui n'aurait servi à rien ou qui aurait été vécu dans l'absence de quelque chose".

      Ce "temps du rien" est paradoxal : il est raconté comme une inactivité, mais "recouvre beaucoup d'engagements, beaucoup de pratiques". Séquences du "temps du rien" :Temps de l'événement : choc de la déscolarisation, intensification de pratiques antérieures (illicites, solidarités domestiques, associatives).

      Temps de flottement : caractérisé par un "flottement statutaire", entre la fin du statut d'élève et l'attente d'un nouveau statut qui "n'arrive pas". "Ils sont ni en scolarité, ni au travail, ni en formation. Ils sont finalement dans un entre-deux, une indétermination".

      Ce flottement souligne l'importance du statut d'élève qui, même pour les décrocheurs, "leur permettait avant tout de se situer dans l'espace social et d'afficher une certaine normalité".

      La persistance du "statut de décrocheur" et ses conséquences familiales

      Le statut de décrocheur ne s'annule pas avec la fin de l'école ; il est "suspendu tout au long du temps du rien" et prend le devant de la scène, notamment au sein de la famille.

      "Une émergence assez flagrante de nombreux conflits, tensions avec les parents qui vont s'organiser sur leur responsabilité dans leur décrochage".

      La "passivité" perçue par les parents devient inacceptable (sortir avec des amis, rentrer tard, rester à la maison).

      Des responsabilités domestiques peuvent être imposées, principalement aux femmes.

      Le statut de décrocheur "va coloniser leur quotidien et reconfigurer leurs relations sociales et familiales". Les stratégies de résistance et de maturation pendant le "temps du rien"

      Loin de la résignation, les jeunes "vont œuvrer progressivement et tout au long de leur jeunesse pour composer, réagir, résister à ce destin de décrocheur". Ils mettent en place des "stratégies souvent peu audibles [par la famille et les institutions] mais non moins importantes" pour "réagir aux effets de leur décrochage et reprendre en quelque sorte la main sur leur devenir".

      Raisons de ces stratégies :Sortir de l'inactivité et de l'ennui : "Ces jeunes vont vivre après la scolarité l'ennui et parfois la solitude".

      Échapper au risque d'enfermement social et de marginalisation : une "inertie de leur situation sociale qui progressivement devient de plus en plus difficile à gérer".

      La marginalisation est particulièrement présente pour les femmes soumises aux responsabilités domestiques et pour les jeunes engagés dans des activités illicites.

      Répondre aux pressions familiales : souvent, l'objectif premier de la mobilisation des structures d'insertion est de "répondre à l'injonction des parents".

      Le rapport au travail : entre espoir et déception Malgré les difficultés, la plupart des jeunes font "le pari... du travail" très précocement.

      Cependant, ils rencontrent un marché du travail "inaccessible" ou "précaire, non satisfaisant et surtout qui n'est pas à même de rompre avec leur situation de décrochage".

      La précarité de l'emploi "réactive, ravive leur sentiment d'échec et leur responsabilité dans cette situation".

      La "respectabilité de l'emploi" est essentielle pour ces jeunes. Le travail "doit être... une source d'épanouissement", pas seulement une source de revenu.

      Le travail est perçu comme "la possibilité d'une revanche sur leur passé".

      Le retour en formation : un nouvel élan malgré les "contraintes résiduelles"

      La formation est souvent une "deuxième option" et un "nouvel élan" pour rompre avec l'inactivité.

      Cependant, le décrochage pèse encore : "contraintes résiduelles" liées au "sentiment d'incertitude", à la "crainte de ne pas réussir", de ne pas "gérer la relation aux autres".

      L'expérience de l'échec scolaire marque une "projection instable".

      "S'inscrire en formation revient réellement à engager un nouveau pari vis-à-vis de soi et surtout vis-à-vis des autres".

      Il faut "des ressources pour pouvoir miser pleinement sur la formation", ce qui est plus difficile pour les jeunes les plus précaires.

      Certains jeunes s'engagent en formation "alors qu'ils n'ont pas engagé encore le deuil de leur décrochage".

      Le "deuil du décrochage" : un processus nécessaire pour devenir adulte

      Devenir adulte implique de "se mettre à distance et résister aux conséquences de leur décrochage passé", un processus appelé le "deuil du décrochage".

      Ce deuil s'élabore par un "travail réflexif", une "posture réflexive" sur soi et son passé, qui "produit un discours d'individualisation vis-à-vis de leur avenir".

      Il implique "une mise en ordre de leur passé, d'une mise en sens de ce passé", pour "assumer leur passé de décrochage et leur responsabilité dans ce qu'ils considèrent... comme un échec scolaire puis un échec social".

      Assumer le passé permet "d'exercer un contrôle sur leur existence".

      Le deuil est aussi "sous le regard des autres" : les jeunes doivent "se donner à voir... comme des jeunes qui auraient vécu une transition identitaire".

      L'objectif est de s'extraire d'une "identité homogène colonisée par le statut de décrocheur" pour "donner à voir une identité plurielle" et accéder à la "reconnaissance sociale" et à la "respectabilité".

      Cela passe par la gestion des relations (tri des amis), l'entraide, l'engagement associatif ou religieux, la posture entrepreneuriale.

      La jeunesse : un temps paradoxal d'angoisse et de réassurance

      La jeunesse est vécue comme une temporalité qui "rassure" (elle "leur autorise justement à mener les paris de l'avenir") et qui "angoisse" (crainte que la fin de la jeunesse "peut entériner à vie leur situation sociale jugée comme précaire ou renvoyant à un échec social").

      Il s'ouvre pour eux une "course contre le temps".

      L'âge adulte est perçu comme une rupture avec "l'absence de contrôle, la précarité, l'instabilité".

      Ces jeunes désirent "une vie qui n'est pas non seulement stable mais une vie avant tout heureuse et épanouie", pour devenir "acteur finalement de leur existence".

      Cette "recherche de respectabilité" met en lumière "le poids prégnant du jugement scolaire sur soi, pour soi et pour les autres", et "les formes de domination culturelle dont ils ont fait l'objet".

      Elle traduit également les "craintes toujours présentes pour ces jeunes... d'une marginalisation, d'une inertie sociale, d'une petite place disqualifiée qui leur serait réservée".

      Implications pour l'accompagnement des jeunes :

      Prendre en compte la dimension subjective et identitaire :

      L'insertion est une question d'identité, de transition non linéaire.

      Il est crucial d'écouter les récits des jeunes et de comprendre leur parcours personnel, au-delà des indicateurs de diplôme ou d'emploi.

      Créer des espaces d'écoute approfondis : Les institutions doivent s'autoriser à s'intéresser aux dimensions "plus personnelles, plus intimes" de l'expérience des jeunes, qui construisent leur rapport à l'insertion.

      Questionner les logiques d'individualisation : L'approche actuelle qui fait du jeune "l'entrepreneur de [lui-même]" renforce leur sentiment qu'ils doivent "se débrouiller seul". Il est important de "recréer du lien et des groupes" pour ces jeunes.

      Adapter les temporalités d'accompagnement : Les jeunes décrocheurs ont besoin d'un "autre cheminement", d'une "autre temporalité" que celle souvent proposée par les dispositifs standards.

      Valoriser la "posture décloisonnée" : S'inspirer des approches de la prévention spécialisée ou des professionnels qui établissent un lien de "connaissance interpersonnelle" et de "libre adhésion".

      Reconnaître le rôle des "séjours de rupture" : Ces dispositifs peuvent être intéressants pour créer du collectif, offrir un cadre d'écoute différent et une rupture avec les contraintes de l'environnement quotidien.

      S'intéresser à la santé mentale : Le décrochage et ses conséquences "travaillent très largement la santé mentale de ces jeunes", qui tentent d'y réagir avec leurs propres moyens, souvent en dehors des institutions.

      L'accompagnement doit intégrer cette dimension.

      En conclusion :

      Le travail d'Antoine Querrec souligne l'importance de considérer le décrochage scolaire comme une épreuve marquante qui façonne profondément l'identité et le parcours de vie des jeunes.

      Leur cheminement vers l'âge adulte est un processus complexe de "travail identitaire et subjectif" pour surmonter le stigmate, réparer le passé et construire une vie respectée et épanouie.

      Les institutions d'accompagnement doivent donc adopter une approche plus humaine, réflexive et collective, en phase avec la complexité des expériences vécues par ces jeunes.

  5. Jun 2025
    1. Briefing Document : Désenclaver pour un espace de vie apaisé - Quartiers urbains populaires #2 : En direct

      Date : 14 juin 2024 (référence aux dates mentionnées dans les sources)

      • Contexte : Ce document synthétise les discussions et les témoignages présentés lors du deuxième rendez-vous du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur les quartiers urbains populaires, intitulé "Parlons solution".

      L'événement fait suite aux violences de 2023 et s'inscrit dans une démarche d'écoute active et d'immersion dans la réalité de ces quartiers. L'objectif principal est de "désenclaver les quartiers pour y faire advenir des espaces de vie apaisés".

      Thèmes Majeurs et Idées Clés :

      1. Revalorisation et Reconnaissance des Quartiers Populaires :

      • Contre les regards condescendants : Le CESE souhaite lutter contre les perceptions négatives et stigmatisantes des quartiers populaires, souvent réduits à leurs défis (pauvreté, enclavement, discrimination). Thierry Baudet, président du CESE, affirme que ces quartiers "méritent mieux que les regards trop souvent condescendants ou anxiogène qu'on leur porte".
      • Lieux de résilience et de créativité : Au-delà des difficultés, ces quartiers sont décrits comme des "lieux de résilience, d'engagement, de créativité, de solidarité" avec un "vivier de talent, une densité associative, une capacité d'initiative que peu de territoires peuvent revendiquer avec autant de vitalité".
      • Vision positive : Swad Bellad souligne l'importance de voir "le verre à moitié plein et même souvent plein et non pas comme peuvent le faire beaucoup effectivement de de médias de fixés sur les vides". Il s'agit de "braquer les projecteurs sur ceux et celles qui font et qui souvent comblent les manques voire déficit des pouvoirs publics".
      • Innovation sociale : Nora Amadi insiste sur la nécessité de parler de ces quartiers pour leur "dimension d'innovation sociale", plutôt que pour les seules "exceptions" (violences, colère). Ismaël Cousin utilise les termes "innovation et développement" pour décrire l'approche nécessaire.
      • Changer la narration : L'objectif est de "tordre le bras à cette loupe politique et médiatique" et de "démontrer que des solutions existent". Ismaël Cousin et Wael Wael soulignent l'importance de former les jeunes à l'écriture de scénarios et à la réalisation de documentaires pour qu'ils puissent "raconter eux-mêmes leur récit" et changer la "narration" dominante. Sana Sanouli de Banlieue Climat met en avant l'importance des "fissures d'espoir" et de changer le regard sur ces quartiers : "les quartiers populaires c'est l'avenir c'est la richesse de la France".

      2. Le Désenclavement : Au-delà de l'Infrastructure, un Enjeu Humain et Social :

      • Briser les barrières visibles et invisibles : Le désenclavement ne se limite pas à "poser une ligne de tramoué ou ouvrir une nouvelle médiathèque". Il s'agit de "briser les barrières visibles et invisibles celles qui enferme qui stigmatise qui fracture".
      • Mobilité et accès à l'emploi : Imen Swed Cadir Mbarc insiste sur le rôle crucial des transports (T9, ligne 14 du métro) pour "rapprocher nos habitants des secteurs d'emploi" et connecter les villes de banlieue entre elles. Le permis de conduire pour les mères, évoqué par Bartha chez Mamam, est également un levier d'autonomisation et de désenclavement.
      • Accès à la culture : La culture est un vecteur essentiel. Faudel Kepier (Micro-folie) et Valérie Suner (Théâtre de la Poudrerie) travaillent à rendre la culture accessible au plus près des habitants, souvent victimes d'"autocensure" et se sentant "pas légitimes" à fréquenter les grands musées ou théâtres. L'objectif est de créer une "curiosité culturelle" et de faciliter le passage vers les institutions culturelles classiques.
      • "Aller vers" et "Faire avec" : C'est une démarche clé. Le Théâtre de la Poudrerie va "rencontrer les gens chez eux à domicile" et inclut les habitants dans le "processus de création artistique". Ismaël Cousin (Action Baumayiller) amène le cinéma "en bas d'immeuble". Cette approche participative est essentielle pour que les habitants "s'approprient" les projets. Valérie Suner le résume : "quand on embarque tout le monde c'est pas une question de lieu en fait c'est une question de dynamique".
      • L'ingénierie locale : Maryline Picherie et Cadir Mbarc soulignent le rôle fondamental des élus et des équipes locales pour impulser des politiques de proximité et recréer du lien social. Le Conservatoire de musique et de danse de Melun, transféré dans les quartiers nord, en est un exemple de succès en termes de mixité.

      3. Le Rôle Central de la Culture et de l'Éducation :

      • Démocratisation de l'art : Le projet Micro-folie vise à apporter les œuvres des grands établissements culturels "au plus près des habitants", en utilisant le numérique pour démocratiser l'accès à l'art. Valérie Suner met en avant le "théâtre de la social", où "le cœur de la rencontre de l'autre de celui qui est différent de moi est au centre de nos préoccupations".
      • La culture comme vecteur de lien social : À Melun, la médiathèque "la boussole" est un "outil hybride" où "la culture et le vecteur de lien social dans le quartier". Brahim Timrich (Le Grand Bleu) utilise l'apprentissage de la natation comme un moyen de "réapproprier la mer" pour les habitants de Marseille, au-delà de la simple compétence technique.
      • L'école de la République : Plusieurs intervenants insistent sur le rôle crucial de l'école. Maryline Picherie regrette que l'école "n'est pas assez ambitieuse" et ne permette pas toujours aux enfants des quartiers d'avoir les "mêmes chances". Le financement des Cités éducatives est salué par Imen Swed, mais questionné par Maryline Picherie sur son financement. La difficulté pour les jeunes à trouver des stages est également évoquée comme un frein à leur parcours.
      • Changer les imaginaires : La culture et les initiatives comme celles de Wael Wael (documentaires "Mon incroyable 93", "Banlieue Tour d'Europe") visent à "détourner ces récits" négatifs et à montrer la "réalité" et le "vécu" des territoires.

      4. Les Défis et la Nécessité d'une Action Collective et Durable :

      • Baisse des financements publics : Saïd Ramani et Maryline Picherie expriment leur inquiétude face à la baisse des budgets de la politique de la ville ("moins 3% pour chaque contrat de ville et 5% qui sont gelés"), mettant en péril les actions locales et le maintien des services essentiels pour les populations. La question des "quartiers d'été" est particulièrement préoccupante.
      • Lutte contre les rixes : Awa Diablé, mère de victime, témoigne de la douleur des familles et de la nécessité de "parler aux jeunes" dans leurs mots ("embrouille" plutôt que "rixe") pour leur faire prendre conscience de la gravité des conséquences. Mohamed Magassa et Awa Diablé dénoncent un "abandon de l'État" face à ce phénomène, soulignant que les associations "pâient les lacunes". Le fait que les jeunes transportent des armes blanches par peur est un constat alarmant.
      • Rôle des familles et des habitants : Awa Diablé insiste sur la "responsabilisation des parents" et l'importance de la "parentalité". Mohamed Magassa met en avant la formation des mères pour qu'elles deviennent des actrices clés dans la prévention des rixes, valorisant leur "émancipation".
      • Écologie Populaire : Camera Vit (Picpic Environnement) et Sana Sanouli (Banlieue Climat) promeuvent une "écologie populaire" qui redonne le "pouvoir d'agir aux citoyens", en particulier aux mères. Elles dénoncent l'exclusion des habitants des quartiers des débats sur le climat, alors qu'ils sont les premiers touchés par la pollution et les impacts environnementaux. L'École Populaire du Climat et le Collectif des Mamans pour le Climat sont des initiatives concrètes qui "arment" les habitants pour faire valoir leurs droits.
      • Importance des réseaux et de la collaboration : Leila Breton (Social Hackers Lab) souligne la complexité des financements européens et l'importance d'accompagner les associations à les obtenir. Elle encourage la "collaboration entre les différentes structures pour créer des modèles de collaboration" face à la raréfaction des moyens. L'appel à "se coaliser" et à "sortir des silos" est récurrent.
      • Reprendre le pouvoir et la narration : La phrase de Nelson Mandela "Tout ce qui est fait pour moi sans moi est contre moi" est citée comme un principe fondamental. L'idée est que les personnes concernées doivent "porter [leurs] propres revendications" et non plus laisser d'autres "s'exprimer à [leur] place". La mobilisation des jeunes, des femmes et des habitants des quartiers est perçue comme une "prise de pouvoir".

      Conclusion : Cette conférence met en lumière la richesse et la vitalité des quartiers populaires, tout en soulignant les défis structurels auxquels ils sont confrontés, notamment le manque de moyens et la stigmatisation.

      Les solutions présentées reposent sur une approche participative, une valorisation des initiatives locales, un réinvestissement dans l'accès à la culture et à l'éducation, et une volonté de "désenclaver" au sens large : briser les barrières physiques et mentales, recréer du lien social et donner le pouvoir d'agir aux habitants pour qu'ils soient les acteurs de leur propre développement et du "vivre ensemble".

      Le message final est clair : "il n'y a pas de fatalité" et l'action collective est la clé pour un avenir apaisé.

  6. Feb 2025
    1. Voici un document de synthèse pour un briefing, basé sur les informations tirées de la source fournie :

      Thème principal : Intégration des jeunes dans les zones urbaines défavorisées

      • Contexte européen

        • Le rapport concerne l’intégration sociale des jeunes vivant dans des zones urbaines défavorisées.
        • Les zones urbaines pauvres en Europe sont caractérisées par des taux élevés de criminalité, de violence et de chômage, en particulier chez les jeunes.
      • Cadre analytique

        • Le cadre méthodologique de base permet d'analyser les principes retenus d’un ensemble de politiques et de pratiques, fondées sur des approches différentes mais étroitement liées de l’intégration sociale des jeunes dans les zones urbaines défavorisées.
        • L'objectif est l'intégration sociale des jeunes, et non la délinquance juvénile, la création d'emplois ou le renouveau urbain en tant que tels.
        • Les approches qui visent l’augmentation du capital social sont au cœur de cette analyse.
      • Capital social

        • Le capital social est un concept important pour les stratégies de renouveau urbain et d’insertion des jeunes et d’autres secteurs défavorisés de la société.
        • Le capital social est défini comme les « réseaux, normes et confiance qui permettent aux participants de poursuivre ensemble plus efficacement des objectifs communs ».
        • Trois catégories principales de capital social sont utiles pour analyser les différentes approches de l’intégration sociale des jeunes dans les zones urbaines défavorisées : le capital social qui unit (bonding), le capital social qui lie (bridging) et le capital social qui relie (linking).
      • Misère urbaine

        • Il n’existe pas de définition unique et internationale de la misère urbaine, mais ses composantes principales font quasiment l’unanimité.
        • Les quartiers défavorisés sont des sous-ensembles des villes et de leurs banlieues où se concentrent des problèmes sociaux, économiques et environnementaux.
      • Violence des jeunes

        • Le rapport examine l’ampleur et les causes de la violence des jeunes en Europe et ses liens avec la misère urbaine.
        • Le cadre MLIVEA structure les causes multiples de la violence des jeunes identifiées par l’OMS en se concentrant sur les rapports entre les différents niveaux et facteurs qui entraînent la violence, et montre ainsi la nécessité d’une approche multiple, intégrée et dynamique, capable d’agir simultanément à tous ces niveaux.
      • Emploi et formation

        • L'insertion des jeunes passe par la définition d’un ensemble de politiques et d’instruments qui s’attaquent systématiquement aux principaux obstacles structurels à l’insertion professionnelle des jeunes, à la fois du côté de l’offre (renforcement des capacités) et de la demande (création d’emplois).
        • Les initiatives communautaires telles que Youthstart et Integra se sont centrées sur l’offre, et donc sur le « renforcement des capacités ».
        • Une démarche de parcours global est une stratégie clé pour l’accès de la jeunesse au marché du travail.
      • Bonnes pratiques

        • Des exemples de projets de prévention dans les quartiers essayent de mettre en œuvre des « stratégies territoriales intégrées » et d’encourager des actions spécifiques pour prévenir à la fois la délinquance et les infractions.
      • Rôle du Conseil de l’Europe

        • Le Conseil de l’Europe peut servir de passerelle dans le contexte des changements rapides susceptibles de se produire dans les États membres de l’UE, les futurs États membres, et les États qui se préparent à l’adhésion ou doivent mettre en place leurs propres stratégies de survie dans un marché de plus en plus mondialisé.
      • Principes à retenir et prochaines étapes

        • Il est indispensable de rapprocher les axes divers – prévention de la criminalité, création d’emplois, renouveau urbain, politiques de jeunesse, etc. – et de proposer une stratégie intégrée pour l’insertion des jeunes et des façons de l’appliquer dans les zones urbaines, avec un ensemble de priorités bien définies.
        • L’implication des jeunes en tant que véritables parties prenantes d’une approche partenariale s’accompagne de plusieurs défis.
        • Les jeunes doivent être reliés au reste de la société et considérés non pas comme des partenaires passifs mais comme des acteurs à part entière.
        • Il faut renforcer les liens verticaux avec les décideurs politiques.

      Ce document de synthèse met en évidence les principaux aspects de l'intégration des jeunes dans les zones urbaines défavorisées, en soulignant l'importance du capital social, des stratégies intégrées et de la participation active des jeunes.

    1. Pour un document de synthèse pour un briefing, en utilisant les sources à disposition et notre conversation, on peut tirer les informations suivantes du webinaire sur l'habitat privé dans les quartiers prioritaires:

      • Contexte du webinaire: Le webinaire avait pour but de mieux faire connaître les spécificités de l’habitat privé dans les quartiers prioritaires. L'étude présentée fait suite à une première étude menée en 2018 et a été commanditée par la NCT et la direction générale de l’aménagement du logement et de la nature.

      • Objectifs de l'étude: L'étude visait à calculer des indicateurs sur la situation du parc privé dans les quartiers prioritaires, en s'appuyant sur trois sources de données. Elle couvre désormais les départements et régions d'outre-mer et apporte des indicateurs sur les quartiers de veille active, permettant d'apprécier l'évolution des indicateurs dans le temps.

      • Méthodologie:

        • Sources de données: L'étude s'appuie sur les fichiers fonciers (base de données d'origine fiscale), la base de données DB3S relative aux transactions foncières immobilières, et la base de données Fidéli de l'INSEE, qui permet d'étudier l'occupation des logements.
        • Périmètre d'analyse: Les indicateurs sont calculés à l'échelle précise des quartiers, en comparant la situation du quartier à celle de son unité urbaine de référence. Le parc privé est défini comme l'ensemble des logements qui ne sont pas locatifs sociaux.
        • Segmentation du parc: Les logements sont segmentés en logements vacants, logements locatifs et logements occupés par des propriétaires occupants.
      • Résultats clés:

        • Diversité des quartiers: Il existe une grande diversité de taille des quartiers, avec une hausse du nombre de logements entre 2016 et 2021.
        • Parc social: La spécificité du parc social est importante dans ces quartiers, avec un pourcentage de 64% en 2021, contre 26% dans les espaces de référence. La part du logement social diminue légèrement entre 2016 et 2021.
        • Locatif: Le segment locatif représente environ 44% du parc privé dans ces quartiers, contre 31% dans les espaces de référence.
        • Typologie des logements: Les logements collectifs sont fortement dominants, avec 9 logements sur 10 de type collectif.
        • Ancienneté: Les logements sociaux datent majoritairement des années 60, tandis qu'il y a une sur-représentation des logements datant d'avant 49 pour le parc privé des QPV.
        • Vacance: Le taux de vacance de longue durée est en hausse sur l'ensemble des segments et touche davantage les QPV que les espaces de référence, particulièrement pour le parc privé.
        • Niveau de vie: Le niveau de vie des ménages est plus faible dans les QPV, notamment sur le parc social.
        • Sur-occupation: La sur-occupation du parc privé est sur-représentée par rapport à l'espace de référence.
        • Marché immobilier: Le décrochage du marché immobilier est en moyenne de 25% entre le quartier et son espace de référence.
      • Outils et ressources:

        • Outil cartographique: Un outil cartographique a été créé pour permettre aux acteurs locaux de se saisir des résultats de l'étude.
        • Fichier d'indicateurs: Un fichier d'indicateurs propres à chaque quartier est accessible en téléchargement.
        • Typologies de QPV: Deux typologies de QPV ont été développées pour rendre compte de la diversité des quartiers.
      • Veille active: Les quartiers en veille active sont en moyenne plus petits, avec un taux de logement social plus faible, un locatif du parc privé moins important, un habitat collectif moins fréquent, une vacance de longue durée moins présente et une pauvreté moins forte.

      • Accès aux données et à la cartographie: Les données sont relativement homogènes sur le territoire national, malgré quelques exceptions. La cartographie est accessible via un lien, et il est possible qu'un compte soit nécessaire pour y accéder.

      Ce briefing permettra de donner un aperçu des principaux résultats de l'étude et des outils mis à disposition des acteurs locaux pour mieux comprendre les enjeux de l'habitat privé dans les quartiers prioritaires.

    1. Le webinaire portait sur la parentalité numérique et présentait des outils pour agir, notamment un kit de médiation créé par le CLEMI (Centre pour l'éducation aux médias et à l'information). Voici les points clés concernant ce webinaire :

      • Présentation du CLEMI Le CLEMI est un service de Réseau Canopé, dépendant du ministère de l'Éducation nationale, avec quatre missions principales : la formation des enseignants, la production de ressources pédagogiques en éducation aux médias et à l'information, l'accompagnement des médias dans le cadre scolaire, et l'organisation d'événements comme la Semaine de la presse et des médias dans l'école. Le CLEMI a également développé des ressources en éducation aux médias et à l'information pour un public plus large, incluant les parents et les grands-parents.

      • Kit de médiation pour les professionnels Un kit de médiation a été créé suite à une campagne de sensibilisation intitulée "Les écrans : apprendre à s'en servir pour ne pas les subir". Ce kit est destiné aux professionnels souhaitant organiser des ateliers avec les parents sur la parentalité numérique. Il est disponible en téléchargement libre et gratuit sur le site du CLEMI. Le kit comprend un guide de médiation, quatre ateliers entièrement rédigés (scénarios), et 14 jeux de rôle. Il est conçu pour être abordé de manière modulaire.

      • Objectifs du kit Le kit vise à donner des clés aux parents pour agir face aux problématiques liées aux écrans, en valorisant leurs compétences relationnelles et éducatives. Il cherche également à responsabiliser les parents sans les culpabiliser, et à améliorer la communication avec leurs enfants sur l'usage du numérique. Le kit s'appuie sur des analyses d'experts pour aider à résoudre les tensions liées aux écrans.

      • Composants du kit

        • Guide de médiation: Il contient des ressources en EMI, des témoignages d'experts, des approfondissements théoriques, et des conseils de posture pour sécuriser les parents et les rendre disponibles à la communication.
        • Ateliers: Les quatre ateliers proposés sont : "Être parent à l'ère du numérique", "Maîtriser le temps d'écran en famille", "Accompagner son adolescent sur les réseaux sociaux", et "S'informer sur les réseaux sociaux". Chaque atelier est conçu pour être indépendant et modulable.
        • Jeux de rôle: Les 14 jeux de rôle sont conçus pour expérimenter des clés de communication et aider à dénouer des situations tendues. Ils permettent de mettre en pratique les clés de communication proposées dans les ateliers.
      • Affiches Une campagne d'affichage a été créée en collaboration avec divers acteurs tels que l'UNAF, le ministère de la Santé, des associations, des travailleurs sociaux et l'Internet sans crainte. Cette campagne se compose de cinq affiches abordant des questions centrales sur le rapport des enfants aux écrans, avec des réponses et un QR code pour aller plus loin. Les thèmes des affiches incluent : "Quel parent connecté êtes-vous ?", "Réseaux sociaux, vous en êtes où ?", "Que font vos enfants sur Internet ?", et "Parlez-vous de cyberharcèlement avec vos enfants ?".

      • Mobilisation des parents Pour mobiliser les parents, il est important de passer par les structures qui sont déjà en lien avec eux, comme les centres sociaux, les programmes de réussite éducative, les écoles, les médecins, et les sages-femmes. Le bouche-à-oreille est également un facteur important.

      • Adaptation du kit Le kit est conçu pour être adaptable en fonction des publics et des contextes. Il est possible de sélectionner les ressources et les activités les plus pertinentes en fonction des besoins.

      • Ressources complémentaires Le CLEMI propose également un guide pratique intitulé "Le guide de la famille tout écran", ainsi que des vidéos illustrant des situations du quotidien rencontrées par les familles.

      Le webinaire a souligné l'importance d'outiller les parents face aux défis de la parentalité numérique, en leur offrant des ressources pratiques et des outils de communication adaptés.

  7. Nov 2024