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  1. Oct 2026
    1. Document de Briefing : Le Maillage Scolaire à l’Épreuve du Défi Démographique

      Synthèse Exécutive

      La baisse de la natalité en France entraîne une mutation démographique majeure au sein du système éducatif.

      D'ici 2035, les projections prévoient une diminution d'environ 1 600 000 élèves, soit une baisse estimée à 14 %, une ampleur inédite depuis la création de l'Éducation nationale sous la IIIᵉ République.

      Face à ce constat, l'Assemblée nationale a auditionné les représentants des associations de parents d'élèves (notamment la FCPE et l'UNAAPE) afin d'évaluer l'impact de ce déclin sur la carte et le maillage scolaires.

      Principaux constats et enjeux :

      • Divergence de visions : Les associations de parents d'élèves soutiennent que la baisse démographique constitue une opportunité historique pour améliorer les conditions d'apprentissage (réduction des effectifs par classe, renforcement de l'inclusion, remplacement des enseignants).

      À l'opposé, les contraintes budgétaires de l'État poussent à une rationalisation des moyens et des postes.

      • Disparités territoriales extrêmes : La déprise démographique touche aussi bien les zones rurales (Creuse, Dordogne, Eure) que les territoires hyper-urbains (Paris, Seine-Saint-Denis).

      Cependant, les réalités de terrain diffèrent grandement en matière d'infrastructures et de temps de transport.

      • Gestion perçue comme arithmétique et tardive : Les décisions de fermeture de classes au sein des Conseils Départementaux de l'Éducation Nationale (CDEN) sont dénoncées comme étant purement comptables, descendantes et communiquées trop tardivement aux familles et aux acteurs locaux.

      • Périmètre de l'école au-delà de la classe : Un maillage scolaire efficace ne se limite pas à la présence d'un bâtiment ou au nombre d'élèves par classe.

      Il englobe les transports scolaires, la présence continue des ATSEM en maternelle, la tarification de la restauration et les services périscolaires.


      1. L'Ampleur et l'Inégalité Territoriale de la Baisse Démographique

      Chiffres clés et projections démographiques

      L'effondrement démographique touche de manière directe le premier degré avant de se répercuter progressivement sur les collèges et les lycées :

      • Échelle nationale : Prévision d'une perte du solde de 3 742 classes dans le premier degré, résultant de 5 914 fermetures pour seulement 2 172 ouvertures.

      • Île-de-France (Rentré 2026) : Plus de 700 fermetures de classes annoncées.

      • Seine-Saint-Denis : 276 fermetures pour 125 ouvertures.

      • Paris : 161 fermetures pour 19 ouvertures.

      • Académie de Versailles : Suppression de 170 postes de professeurs des écoles dans le premier degré.

      • Territoires ruraux (ex. l'Eure) : Perte de 1 246 élèves dans le premier degré prévue pour la rentrée 2025, entraînant l'annonce de 36 fermetures de classes.

      Hétérogénéité des réalités territoriales

      La décroissance des effectifs ne s'applique pas de manière uniforme :

      • Territoires hyper-urbains : Paris est qualifié de territoire pionnier de l'effondrement démographique.

      Les fermetures de classes y sont multiples mais s'accompagnent de très peu de fermetures physiques d'écoles, générant des tensions entre la volonté de maintien de la proximité par la municipalité et la rationalisation budgétaire du rectorat.

      Dans certains quartiers hyper-urbains, des classes peinent à atteindre 12 élèves.

      • Zones périurbaines : Des villes comme Bordeaux observent des déplacements de familles vers les périphéries en raison des difficultés de logement, déplaçant ainsi rapidement les besoins scolaires.

      • Zones rurales : Le maintien des écoles s'y heurte à l'allongement des trajets pour les plus jeunes élèves et à la vétusté du bâti scolaire.


      2. Débat Stratégique : Opportunité Éducative vs Contrainte Budgétaire

      La position des associations de parents d'élèves

      Pour les représentants des parents, la baisse du nombre d'élèves ne doit pas conduire mécaniquement à une réduction équivalente du nombre de classes et d'enseignants.

      Ils demandent de saisir cette occasion pour :

      • Réduire les effectifs moyens par classe afin d'améliorer la réussite de tous les élèves.

      • Consolider les brigades de remplacement des enseignants, actuellement sous-dimensionnées.

      • Accroître les moyens dévolus à l'école inclusive (accueil des élèves en situation de handicap et allophones).

      • Actualiser la carte de l'éducation prioritaire (REP / REP+), inchangée depuis plus de 12 ans alors qu'elle devrait être révisée tous les 4 ans (un exemple cite deux écoles aux Ulis distantes de 800 mètres aux publics similaires, dont une seule bénéficie du classement REP).

      La réalité budgétaire et la comparaison internationale

      Les parlementaires rappellent la contrainte financière pesant sur l'État et la nécessité d'un effort collectif :

      • Comparaison européenne : La France compte environ 45 000 écoles, alors que ses voisins (Angleterre, Allemagne, Italie), à population équivalente, en comptent environ 15 000.

      • Débat sur la performance : La baisse des effectifs par classe ne garantit pas à elle seule l'amélioration des résultats (notamment aux évaluations PISA), la formation des enseignants constituant un levier tout aussi déterminant.


      3. Services Périscolaires, Accompagnement et Transports

      Un maillage scolaire pérenne repose sur un ensemble de services annexes dont la défaillance fragilise l'accès au service public de l'éducation.

      +-----------------------------------------------------------------------------------+ | SERVICES COMPLÉMENTAIRES À L'ÉCOLE | +--------------------------+---------------------------------+----------------------+ | TRANSPORTS SCOLAIRES | POSTES D'ATSEM | RESTAURATION / LOISIRS| +--------------------------+---------------------------------+----------------------+ | • Dépendance des régie | • Réglementation : 0,5 par | • Tarifs très variables| | régionales. | classe (souvent restreint à | (ex. Palaiseau : | | • Temps de trajet attei- | la Petite Section). | jusqu'à 7,20 €/repas| | gnant 30 à 45 min dès | • Demande : 1 ATSEM maintenue | vs 3,80 € moyenne).| | le CP en zone rurale. | par classe en continu, | • Risque d'exclusion | | • Perturbations et bus | notamment en Grande Section, | des familles fragi-| | saturés (ex. Cergy, | sans suppression automatique | lisées (familles | | Paris-Saclay). | lors des fermetures. | monoparentales). | +--------------------------+---------------------------------+----------------------+

      Transports scolaires

      • Temps de trajet préconisés : Les associations préconisent de ne pas dépasser 15 à 20 minutes pour les enfants de 3 à 6 ans, 30 minutes pour le primaire, et 45 minutes pour le secondaire.

      • Dysfonctionnements constatés : Des modifications de délégataires de transport (ex. Île-de-France Mobilités à Cergy-Pontoise ou Paris-Saclay) ont provoqué des semaines de perturbations, forçant des élèves à marcher jusqu'à 7 km ou les empêchant de monter dans des bus saturés par les actifs aux heures de pointe.

      Accompagnement humain (ATSEM)

      • Malgré l'obligation légale minimale d'une demi-ATSEM par classe de maternelle, les mairies suppriment fréquemment ces postes lors de fermetures de classes ou en Grande Section.

      • Les associations réclament une évolution législative pour garantir la présence continue d'une ATSEM par classe de maternelle, estimant que le maintien de ces postes territoriaux ne génère pas de surcoût pour les communes.

      Restauration et accueils de loisirs

      • Les tarifs de la cantine et des centres de loisirs représentent une charge lourde pour les familles, en particulier monoparentales.

      • À Palaiseau, le tarif de la cantine peut atteindre 7,20 € par enfant (contre une moyenne nationale de 3,80 € selon l'AMF), portant la facture mensuelle à plus de 230 € pour deux enfants.

      Les centres de loisirs peuvent coûter jusqu'à 22 €/jour/enfant, entraînant des risques d'exclusion sociale faute de moyens financiers.


      4. Concertation et Gouvernance de la Carte Scolaire

      Les limites actuelles du CDEN

      Les représentants de parents déplorent le fonctionnement actuel des Conseils Départementaux de l'Éducation Nationale :

      • Avis consultatif : Le CDEN est une instance purement consultative où la carte scolaire est votée dans sa globalité (empêchant de voter contre une fermeture sans s'opposer aux ouvertures).

      • Annonces tardives : La carte scolaire est souvent découverte au mois de février ou mars, voire à la veille des instances dans la presse.

      Les marges de négociation se résument à des ajustements marginalisés (arbitrage délicat imposant de fermer une classe dans une école pour en sauver une autre).

      • Conflits d'intérêts locaux : En année électorale (ex. Yvelines en 2026), des maires gardent le silence sur des fermetures actées dès janvier par crainte de sanctions électorales.

      Recommandations pour une gouvernance renouvelée

      • Mettre en place une élaboration pluriannuelle de la carte scolaire, anticipée sur 3 à 5 ans, fondée sur des projections démographiques territorialisées et régulièrement actualisées.

      • Associer les familles et les représentants très en amont du processus, avant que les décisions ne soient arrêtées.

      • Établir une étude d'impact préalable avant toute réorganisation rurale, distinguant les fusions administratives de la disparition physique d'un site.

      • S'agissant des 18 départements expérimentant une carte scolaire à 5 ans (comme les Yvelines ou l'Eure-et-Loir), les associations indiquent n'avoir reçu aucune information ni concertation à ce jour.


      5. Réorganisations Structurelles : RPI, Multi-niveaux et Second Degré

      Regroupements Pédagogiques Intercommunaux (RPI)

      • RPI éclatés vs consolidés : Les RPI sont souvent construits sur la volonté des élus de préserver une classe dans chaque village (RPI éclaté), au lieu de regrouper les élèves sur un site unique doté d'infrastructures modernes.

      Le passage d'un RPI éclaté à un RPI consolidé ne s'opère généralement qu'à la faveur de la construction d'une nouvelle école.

      • Impact social : Les RPI trop morcelés restreignent le brassage social des enfants, qui effectuent toute leur scolarité primaire avec la même cohorte réduite.

      Le débat sur les classes multi-niveaux

      • Bien que source d'inquiétude pour certains parents et enseignants en début de carrière, les classes multiniveaux (double ou triple niveau) sont défendues par d'autres praticiens pour leurs bienfaits pédagogiques (entraide, autonomie, dynamique de groupe).

      • Toutefois, la fermeture de classes basée sur une arithmétique stricte peut transformer une école aux effectifs modérés en un établissement surchargé l'année suivante.

      Perspectives pour le Collège et le Lycée

      En prévision de la vague démographique qui atteindra le secondaire :

      • Locaux partagés : La FCPE se dit ouverte à l'utilisation commune de locaux entre écoles, collèges et structures spécialisées (IME, ITEP pour renforcer l'inclusion), à la condition expresse de conserver des directions d'établissements distinctes.

      • Optimisation des emplois du temps : Les emplois du temps doivent être conçus prioritairement en fonction des besoins physiologiques et de travail des élèves.

      • Aménagement d'études surveillées : Inspiré du modèle privé, la création de salles d'étude surveillées permettrait d'encadrer les élèves sur place durant les plages libérées, évitant les sorties d'établissements prolongées en cours de journée.


      Citations Clés

      « Derrière chaque fermeture de classe ou d'école, ce sont des conditions de scolarisation qui évoluent, des temps de transport qui peuvent s'allonger et pour les familles une organisation quotidienne qu'il faut repenser. » — Guillaume Brun (FCPE)

      « Grosso modo, c'est jusqu'à 2035 une prévision de 1 600 000 élèves en moins [...] c'est absolument colossal, à peu près 14 % d'élèves en moins [...] c'est vraiment un phénomène sans doute inédit depuis la création de l'éducation nationale sous la IIIᵉ République. » — M. Garot / Garou (Représentant d'association de parents d'élèves)

      « Moins d'élèves ne doit pas entraîner mécaniquement moins de classes et moins d'enseignants [...] Cette évolution démographique doit permettre d'améliorer les conditions d'apprentissage. » — M. Bernzena (Représentant d'association de parents d'élèves)

      « En France, 45 000 écoles. Dans nos trois voisins [Angleterre, Allemagne, Italie] qui ont quasiment les mêmes populations que nous, ils ont 15 000 écoles : donc comment font-ils pour organiser cela ? » — Madame Piron (Rapporteure, Députée)

      « Croire que la réponse à cette problématique de la démographie et du maillage scolaire c'est "on va offrir de meilleures conditions de scolarité à nos enfants, point", c'est une erreur [...] L'école ne peut pas échapper à cet effort [financier]. » — Le Président de la Mission d'Information

    1. Briefing Doc : Le Maillage Scolaire à l’Épreuve du Défi Démographique

      Synthèse Exécutive

      L'audition menée à l'Assemblée nationale rassemble des représentants des Départements de France (Jérôme Dumont, président du Conseil départemental de la Meuse, et Paul-Étienne Koffman, conseiller éducation) et des Régions (Marie-Florence Bulteau-Rambaud, vice-présidente de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur).

      Leurs interventions mettent en lumière l'impact direct et mécanique de la baisse démographique du premier degré sur le second degré (collèges et lycées).

      Constats et enjeux clés :

      • Baisse massive des effectifs : Les projections de la DEPP prévoient une diminution de 15 % des effectifs dans les collèges d'ici 2035 (soit une baisse de 150 000 à 160 000 élèves).

      • Disparités territoriales profondes : Les territoires ruraux (ex. La Meuse, Le Cantal, La Creuse) subissent une déprise forte, tandis que certains départements littoraux, métropolitains ou d'outre-mer (ex. Gironde, Haute-Savoie, PACA) continuent de gagner de la population ou de maintenir leurs effectifs.

      • Refus de la « sinistrose » : La baisse du nombre d'élèves doit être perçue non comme une fatalité, mais comme une opportunité d'améliorer la réussite scolaire, le taux d'encadrement et la qualité de l'accueil, en réponse aux mauvais résultats des évaluations PISA.

      • Tensions sur la gouvernance et le financement : Les collectivités dénoncent une forme de défiance de l'État, un manque de concertation lors des annonces nationales, des incertitudes budgétaires (PLF, FCTVA) et l'utilisation abusive des Dotations Globales de Fonctionnement (DGF) locales pour pallier la baisse des crédits d'État (notamment pour l'achat de manuels scolaires).


      Analyse Détaillée des Thématiques Centrales

                ```
                BAISSE DÉMOGRAPHIQUE DANS LE 1ER DEGRÉ
                                  │
                                  ▼
           EFFET DOMINO SUR LE 2ND DEGRÉ (-15% D'ICI 2035)
                                  │
           ┌──────────────────────┴──────────────────────┐
           ▼                                             ▼
      

      Territoires Ruraux / En Déprise Territoires Urbains / Attractifs - Menaces de fermetures de collèges - Maintien ou hausse des effectifs - Augmentation des temps de transport - Dépenses de construction maintenues - Risque de « déserts scolaires » - Besoins d'extensions d'infrastructures │ │ └──────────────────────┬──────────────────────┘ ▼ ENJEUX DE DÉCENTRALISATION ET FINANCIERS - Nécessité d'une agilité locale (Regroupements RPI/Collèges/Tiers-lieux) - Tension budgétaire (Bâti scolaire, transition écologique, DGF) - Appel à une co-construction renforcée avec l'État ```

      1. La Déprise Démographique : Dynamiques et Disparités

      La baisse des effectifs scolaires touche le territoire français de manière très inégale.

      La déprise observée dans le premier degré se répercute mécaniquement sur les collèges puis sur les lycées.

      • Territoires en déprise : Dans le département de la Meuse (498 communes), 78 % des communes n'ont plus d'école primaire.

      La région Grand Est envisage la fermeture de 8 à 9 lycées.

      • Territoires en croissance : La région PACA, ou des départements comme la Haute-Savoie et la Gironde, continuent d'avoir des effectifs stables ou en hausse, nécessitant la construction régulière de nouveaux établissements.

      • Seuils de viabilité des établissements :

      • Collèges : Le modèle historique idéal (4 classes par division) s'efface en milieu rural au profit de collèges à 1 classe par division.

      La fermeture systématique des établissements sous la barre des 200 élèves entraînerait la suppression de la moitié des collèges dans des départements comme la Meuse, générant des temps de trajet inacceptables (jusqu'à 1 heure matin et soir).

      • Lycées : Selon la représentation de la région PACA, un lycée d'enseignement général devient difficilement soutenable financièrement et pédagogiquement en dessous de 700 élèves, et un lycée professionnel en dessous de 250 à 300 élèves.

      2. Le Collège et le Lycée comme Services Publics de Proximité

      Le maintien des établissements scolaires dans les zones rurales ne répond pas uniquement à des critères quantitatifs, mais touche à l'attractivité territoriale et à la cohésion sociale.

      • Déserts scolaires et attractivité : S'appuyant sur des études de la Cour des comptes, les représentants soulignent qu'un collège dans une sous-préfecture ou un chef-lieu de canton est souvent le dernier service public structurant.

      Sa fermeture accélère le déclin du territoire.

      • Mutualisation et innovation spatiale :

      • Regroupements : Expérimentation de cités mixtes ou de sites uniques regroupant école maternelle, école primaire, collège et tiers-lieu (ex. le collège de Varennes-en-Argonne en Meuse, maintenu pour 80 élèves grâce à ce projet global).

      • Devoirs faits : Utilisation des locaux des écoles primaires de sectorisation par les professeurs de collège pour dispenser le dispositif « Devoirs faits », évitant ainsi de surcharger les transports scolaires du soir.

      • Infrastructures collectives : Ouverture des restaurants scolaires aux services de portage de repas à domicile ou aux ÉPAD pour rentabiliser les équipements.

      3. Les Relations État-Collectivités : Transparence, Confiance et Gouvernance

      Les collectivités territoriales réclament une reconnaissance de leur expertise du terrain et dénoncent des méthodes de gestion unilatérales de la part de l'État.

      • Absence d'anticipation et concertation : Les représentants régionaux déplorent des annonces gouvernementales brutales, telles que la fixation de plafonds à 28 élèves par classe ou l'ouverture de 10 000 places de BTS, décidées sans consultation préalables des régions qui financent le bâti et les équipements.

      • Partage des données prospectives : Bien que les données nationales soient partagées, la transmission des projections à 5 ans élaborées par les DASEN reste morcelée et n'est pas systématiquement consolidée auprès des conseils départementaux ou des intercommunalités.

      De plus, les Départements demandent un accès aux rapports du Conseil d'Évaluation de l'École (CEE) pour éclairer leurs décisions d'investissement.

      • Défiance perçue : Les élus locaux dénoncent une forme de défiance centrale et demandent qu'on leur laisse la responsabilité des ajustements de la carte scolaire, en concertation avec l'Éducation nationale, en se basant sur des critères objectifs (temps de transport, offre pédagogique, mixité sociale, attractivité).

      4. Bâtiments Scolaires, Transition Écologique et Finances Locales

      Les dépenses de rénovation du bâti scolaire représentent une charge financière majeure dans un contexte budgétaire contraint.

      • Vétusté et transition énergétique : Nécessité de moderniser des équipements obsolètes (ex. 35 millions d'euros investis dans la Meuse pour remplacer des chaudières au fioul datant de 1970).

      L'adaptation au réchauffement climatique exige des investissements massifs (isolation, végétalisation des cours).

      • Incertitudes financières : Les restrictions imposées par le Projet de Loi de Finances (PLF) et les menaces sur le Fonds de Compensation pour la Taxe sur la Valeur Ajoutée (FCTVA) réduisent la capacité d'investissement des collectivités.

      • Détournement de la DGF locale : Les Départements constatent qu'un nombre croissant de collèges utilisent leur Dotation Globale de Fonctionnement (fournie par le Département pour le chauffage, l'entretien, le papier toilette) pour acheter des manuels scolaires, compensant ainsi la baisse cachée des crédits d'État.

      Ce constat a provoqué un contentieux juridique, notamment en Savoie.


      Synthèse des Débats Transversaux

      | Thématique | Constats & Problématiques Identifiés | Propositions & Perspectives des Collectivités | | --- | --- | --- | | Transports Scolaires | Transfert de compétence des Départements vers les Régions (Loi NOTRe) jugé complexe et parfois inefficace.

      Journées très lourdes pour les élèves ruraux (départ à 6h30, retour à 19h) en raison de plages horaires rigides. | Amélioration de la coordination des transports. Réflexion sur les temps de parcours ruraux pour éviter d'imposer plus d'une heure de trajet. | | Internats | Faible taux d'utilisation en collège (moins de 1 % des effectifs). Inquiétudes sur la fin des financements d'État « Internats d'excellence ». | Développer les internats pour éviter les trajets quotidiens épuisants. Utiliser l'internat comme outil de mixité sociale et de soutien aux élèves en difficulté. | | Enseignement Privé | Disparités territoriales d'aides locales (aides facultatives très élevées dans certaines régions comme Auvergne-Rhône-Alpes, strict respect des obligations légales ailleurs). Présence d'établissements privés dans des bassins sans alternative publique (ex. Nord Aveyron). | Réallocation possible des aides facultatives privées vers les collèges publics ruraux isolés (choix appliqué en Meuse). | | Numérique vs Papier | Équipement massif des élèves en tablettes/ordinateurs (PACA, Yvelines, etc.). Interrogations sur l'usage réel en classe et le manque de cadrage pédagogique initial. | Recul partiel face au « tout numérique » à l'ère de l'IA, avec un rééquilibrage vers le livre papier et l'écriture manuelle. |


      Citations Majeures

      « Pour moi la question démographique n'est pas une fin en soi [...] profitions de cette projection et de ces perspectives pour améliorer les conditions de réussite de nos élèves. » — Jérôme Dumont, Président du Conseil départemental de la Meuse

      « Si vous nous fermez [le collège], après avoir fermé les perceptions, avoir fermé tout un tas de services publics, il n'y aura plus rien chez nous. Il y a cette notion de service public qui reste importante. » — Jérôme Dumont, Président du Conseil départemental de la Meuse

      « Il y a une vraie défiance de l'État envers les collectivités territoriales [...] on ne reconnaît pas notre connaissance de notre terrain économique, de notre terrain éducatif. » — Marie-Florence Bulteau-Rambaud, Vice-présidente de la Région PACA

      « Les budgets du département n'ont pas pour vocation de combler les lacunes qui peuvent être les lacunes de l'État. Je rappelle à toutes fins utiles que nos compétences sont le bâti scolaire [...] et la restauration. » — Paul-Étienne Koffman, Conseiller éducation de Départements de France

      « L'efficacité, c'est la décentralisation. Les régions et les départements gèrent mieux leur bâti, assurent mieux leur responsabilité que l'État. » — Le Président de la Commission (Député)


      Conclusions et Recommandations des Acteurs Locaux

      • Instaurer une politique de co-construction État-Collectivités : Mettre fin aux décisions unilatérales du ministère et associer formellement les Départements et les Régions aux réorganisations de la carte scolaire et aux évolutions pédagogiques d'ampleur (effectifs par classe, filières BTS).

      • Assurer une visibilité pluriannuelle (5 à 10 ans) : Dépasser la gestion comptable annuelle « classe par classe » au profit d'une planification stratégique à long terme intégrant le bâti, les projections démographiques de l'INSEE et l'aménagement du territoire.

      • Accorder une flexibilité réglementaire aux territoires : Assouplir le cadre juridique pour favoriser les regroupements d'établissements (maternelle-primaire-collège), les cités mixtes et la mutualisation des lieux d'apprentissage ou de restauration.

      • Garantir la transparence financière et la transmission des données : Rendre transparents les montants d'investissements de l'État par collège, cesser le désengagement financier masqué (sur la DGF) et partager l'ensemble des rapports d'évaluation du Conseil d'Évaluation de l'École avec les départements et régions.

    1. Briefing Doc : Projections Démographiques, Maillage Scolaire et Évaluation des Performances Éducatives

      Résumé Exécutif

      Ce document de synthèse rend compte de l'audition de Magda Thomasini, directrice de l'Évaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) du ministère de l'Éducation nationale, accompagnée d'Olivier Monseau, expert en analyse des inégalités scolaires, devant la mission d'information de l'Assemblée nationale.

      L'objectif central de cette audition est d'analyser les modèles statistiques de la DEPP, les projections démographiques d'effectifs d'élèves à horizon 10 ans et leurs impacts sur l'allocation des moyens, la répartition territoriale des structures scolaires (milieu rural vs urbain) et la réussite des élèves.

      Principaux enseignements :

      • Chute démographique généralisée : La baisse des effectifs touche l'ensemble des départements français dans le premier degré.

      À horizon de 10 ans, l'incertitude liée aux hypothèses de fécondité représente une fourchette d'environ 400 000 élèves dans le premier degré.

      • Résultats scolaires comparés (Rural vs Urbain) : À Indice de Position Sociale (IPS) égal, les résultats aux évaluations nationales des élèves du milieu rural sont légèrement meilleurs que ceux du milieu urbain sur la quasi-totalité de l'échelle sociale.

      • Poids des petites structures et du multiniveau : La France compte 8 181 écoles de 1 ou 2 classes (projection 2025/2026 sur un total d'environ 45 000 écoles).

      Environ 50 % des élèves de primaire sont scolarisés dans des classes multiniveaux.

      • Limites techniques de suivi : La DEPP ne dispose pas des adresses exactes des élèves du premier degré (seule la commune de résidence est renseignée), ce qui empêche la modélisation directe du temps de transport supplémentaire généré par les fermetures d'écoles.

      Le répertoire des Regroupements Pédagogiques Intercommunaux (RAMSESE) présente également des anomalies en cours de fiabilisation.

      • Évaluation des politiques publiques : L'effet bénéfique du dédoublement des classes en éducation prioritaire (REP/REP+) reste mesuré à court terme (CP/CE1), tandis que les effets à long terme (en 6ᵉ) font l'objet de nouveaux travaux actualisés.

      1. Cadre Institutionnel et Missions de la DEPP

      La DEPP constitue le service statistique ministériel de l'Éducation nationale, assimilable à l'« INSEE du ministère ».

      Elle opère sous le statut d'indépendance professionnelle garanti par la loi de 1951 sur le secret et la coordination statistique, en déclinaison de la réglementation européenne.

      Ses travaux s'articulent autour de quatre axes fondamentaux :

      • Les élèves : Suivi démographique, réussite, compétences et parcours scolaires.

      • Les personnels : Enseignants, personnels d'encadrement, AESH, et l'ensemble des agents rémunérés par le ministère.

      • Les établissements et structures : Description des écoles, Établissements Publics Locaux d'Enseignement (EPLE), maillage territorial et accessibilité.

      • Les territoires : Analyse comparative des disparités départementales (illustrée notamment par la publication quinquennale Géographie de l'école).

      Au niveau international, la DEPP est l'opérateur de la France pour le programme PISA et participe aux grandes enquêtes d'évaluation des compétences (TIMSS, PIRLS, PIAAC pour les adultes).


      2. Projections Démographiques à 10 Ans et Méthodologie

      Historiquement cantonnée à des prévisions budgétaires à 1 ou 2 ans, puis à 5 ans dès la fin des années 2010, la DEPP produit désormais, à la demande ministérielle (Élisabeth Borne et Édouard Geffroy), des projections d'effectifs à 10 ans déclinées à l'échelon départemental et académique.

      Évolutions des travaux prospectifs de la DEPP : [Prévisions à 1-2 ans] ---> [Prévisions à 5 ans] ---> [Projections à 10 ans (Départementales)] (Budget de l'État) (Constat de baisse) (Trois scénarios de fécondité)

      1er Degré : Trois Scénarios de Fécondité

      Pour pallier l'inconnue des naissances futures après les premières années d'observation réelle, la DEPP s'appuie sur trois hypothèses d'Indicateur Conjoncturel de Fécondité (ICF) :

      • Hypothèse basse : 1,4 enfant par femme.

      • Hypothèse intermédiaire : 1,5 enfant par femme (scénario central aligné sur la prudence de l'INSEE).

      • Hypothèse haute : 1,6 enfant par femme.

      Impact clé : La différence entre le scénario bas et le scénario haut génère une incertitude de 400 000 élèves dans le premier degré à 10 ans.

      Tous les départements français observent une diminution de leurs effectifs dans le premier degré (y compris Paris, qui figure parmi les plus touchés, et Mayotte qui enregistre un ralentissement).

      2d Degré : Trajectoires et Hypothèses

      Tous les élèves du second degré à horizon 10 ans étant déjà nés, les projections reposent sur la reconduction des taux de passage observés entre 2024 et 2025.

      • Neutralité statistique : Le choix de la période 2024-2025 évite d'intégrer des événements exceptionnels récents (crise sanitaire du COVID-19, flux migratoires liés à la guerre en Ukraine).

      • Voie professionnelle : Hypothèse d'un dynamisme accru du recrutement, lié à la libération de capacités de la voie professionnelle aujourd'hui saturées, à mesure que la taille des cohortes diminuera.

      • Examens (Baccalauréat) : Prise en compte d'une baisse marginale de 0,1 point de la réussite au Bac général et technologique consécutive à la suppression des points de jury.


      3. Analyse du Maillage Territorial : Milieu Rural vs Urbain

      Typologie des Établissements et Indice de Position Sociale (IPS)

      Le ministère enregistre environ 45 000 écoles sur le territoire national.

      Pour la rentrée 2025-2026, 8 181 écoles sont constituées de seulement 1 ou 2 classes (principalement situées en milieu rural).

      La DEPP neutralise l'effet des contextes socio-économiques grâce à l'Indice de Position Sociale (IPS), qui mesure le contexte familial plus ou moins favorable aux apprentissages scolaires (par exemple, un couple formé d'un professeur des écoles et d'un ingénieur présente un IPS supérieur à un couple de deux ingénieurs).

      IPS (Indice de Position Sociale) └── Mesure du contexte socio-familial favorable aux apprentissages └── Permet de comparer à IPS égal : Résultats Ruraux vs Résultats Urbains

      Évaluations Nationales et Performance Scolaire

      Les analyses de la DEPP révèlent qu'à IPS équivalent (en excluant les tranches sociales extrêmes sous-représentées à la campagne) :

      • Les élèves scolarisés en milieu rural obtiennent de meilleurs résultats aux évaluations nationales (primaire et 6ᵉ) que les élèves du milieu urbain.

      • Cet écart, bien que faible, se constate de façon constante sur la quasi-totalité des strates de l'IPS.

      Le Phénomène des Classes Multiniveaux

      • Proportion : Environ 50 % des élèves du primaire sont scolarisés dans une classe à niveaux multiples (réalité qui concerne le milieu rural contraint par la démographie, mais aussi le milieu urbain).

      • Pratiques pédagogiques : Une note d'information de la DEPP indique qu'en CP-CE1 multiniveaux, la différenciation pédagogique en petits groupes est plus difficile à mettre en œuvre par les enseignants.

      • Sélection biaisée en milieu urbain : En ville, les équipes pédagogiques ont tendance à affecter dans les classes multiniveaux des élèves plus autonomes et déjà plus performants au début de l'année, ce qui rend complexe l'évaluation d'un « effet multiniveau » pur sur la réussite.


      4. Fermetures de Classes, Mouvements vers le Privé et Limites des Modèles

      Problématique des Fermetures de Classes et Transports

      Plusieurs questions parlementaires soulignent la perte de 6 229 classes rurales publiques entre 2015 et 2025 et s'interrogent sur les conséquences en matière de temps de transport ou d'exode des familles.

      La DEPP précise les contraintes méthodologiques actuelles :

      • Données manquantes : L'adresse postale précise des élèves de primaire n'est pas renseignée dans les bases de données ministérielles (seule la commune de résidence est connue).

      Il est donc impossible de simuler un temps de trajet réel ou un algorithme d'optimisation d'implantation d'écoles à partir du domicile des élèves.

      • Regroupements Pédagogiques Intercommunaux (RPI) : Le répertoire RAMSESE qui recense les RPI contient des anomalies (notamment des RPI rattachés à une seule commune), rendant impossible à ce jour toute statistique fiable sur leur évolution au cours des 15 dernières années.

      Limites des Données Primaire à la DEPP : ├── Adresses élèves non renseignées (Uniquement la commune) ──> Impossible de calculer les temps de transport exacts └── Répertoire RAMSESE (RPI) en cours de fiabilisation ───────> Impossible de retracer l'historique sur 15 ans

      Dédoublement des Classes en Éducation Prioritaire

      Les évaluations de la DEPP concernant la réduction de la taille des classes (classes dédoublées à 12-13 élèves en REP/REP+) montrent :

      • À court terme (CP / CE1) : Un effet positif net et mesurable sur les apprentissages fondamentaux par rapport à des écoles hors éducation prioritaire aux caractéristiques sociales comparables (« écoles orphelines »).

      • À long terme (classe de 6ᵉ) : Les premières études sur la toute première coorte bénéficiaire n'observaient plus d'effet résiduel significatif.

      Toutefois, de nouvelles évaluations (prenant en compte le temps d'appropriation des nouvelles pratiques pédagogiques par les enseignants) sont publiées sous embargo.

      Report vers l'Enseignement Privé

      Sur le long terme, l'enseignement privé sous contrat est moins fortement touché par la baisse démographique que l'enseignement public.

      Toutefois, la DEPP indique qu'il est impossible d'établir un lien statistique de cause à effet direct entre la fermeture d'une classe publique et la déscolarisation vers le privé, en raison de la très forte disparité géographique de la présence du privé (de 0 % de scolarisation dans le privé dans la Creuse à plus de 50 % dans la Vendée).


      5. Synthèse des Données et Indicateurs Clés

      | Indicateur / Thématique | Valeur / Donnée Source | Remarques & Impacts | | --- | --- | --- | | Nombre d'écoles du 1er degré | ~45 000 écoles | Parc national global. | | Écoles de 1 ou 2 classes | 8 181 écoles (rentrée 2025/2026) | Établissements très vulnérables à la baisse démographique. | | Impact variation Fécondité (10 ans) | 400 000 élèves | Écart d'effectifs dans le 1er degré entre les scénarios ICF 1,4 et 1,6. | | Part des élèves en multiniveau | ~50 % (en primaire) | Phénomène généralisé (rural par contrainte, urbain par choix pédagogique). | | Fermetures de classes rurales (2015-2025) | 6 229 classes | Donnée issue des travaux et questions parlementaires. | | Taux de réussite Bac GT | Baisse marginale de \-0,1 point | Conséquence modélisée de la suppression des points de jury. | | Pénétration de l'enseignement privé | De 0 % (Creuse) à \> 50 % (Vendée) | Empêche une généralisation de l'effet d'éviction du public vers le privé. |

  2. Jun 2026
    1. La Carte Scolaire et les Collectivités Territoriales : Vers un Nouveau Modèle de Gouvernance et d’Aménagement

      Résumé Exécutif

      Le système éducatif français traverse une période de mutation critique, marquée par un choc démographique sans précédent : une baisse prévue de plus d'un million d'élèves dans le premier degré au cours des dix prochaines années.

      Face à ce constat, la méthode actuelle de gestion de la carte scolaire, jugée annuelle, descendante et brutale, est considérée comme obsolète par les élus locaux et le ministère de l'Éducation nationale.

      Ce document détaille la transition vers une nouvelle approche basée sur la prévisibilité (visions à 5 et 10 ans), la concertation ascendante (partant du terrain et des projets communaux) et l'intégration de critères qualitatifs (temps de trajet, offre pédagogique, aménagement du territoire).

      Une expérimentation est actuellement en cours dans 18 départements pour tester ce modèle de "gestion glissante" et contractuelle, visant à transformer la carte scolaire en une véritable stratégie d'offre éducative au service de la vitalité des territoires, particulièrement ruraux.

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      1. Le Constat : Un Modèle de Gestion à Bout de Souffle

      L'analyse des échanges souligne une insatisfaction profonde concernant la méthode traditionnelle de la carte scolaire, décrite comme un "couperet" annuel.

      • Une méthode "descendante" et subie : Les décisions de fermeture de classes tombent souvent de manière brutale au printemps, générant incompréhension et colère chez les élus, les parents et les enseignants.

      • L'absence de visibilité : Le décalage entre l'annualité budgétaire (janvier-décembre) et l'année scolaire (septembre-septembre) complique la planification.

      Les communes manquent de perspectives au-delà de l'année en cours.

      • Un traumatisme local : Dans les zones rurales, la fermeture d'une classe ou d'une école est vécue comme un drame local, menaçant l'attractivité et la survie de la commune.

      • Une déconnexion des réalités de terrain : Les services académiques utilisent souvent des critères purement comptables (nombres d'élèves) sans tenir compte des projets de construction de logements ou des spécificités géographiques.

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      2. Le Choc Démographique : Une Réalité Incontournable

      Le document met en exergue des chiffres alarmants qui imposent un changement radical de paradigme.

      | Indicateur | Donnée Clé | | --- | --- | | Baisse des effectifs (10 ans) | \- 1 700 000 élèves prévus dans l'ensemble du système d'ici 2035. | | Baisse premier degré (2025-2035) | \- 1 000 000 d'élèves. | | Baisse constatée depuis 2017 | \- 600 000 élèves déjà perdus dans le premier degré. | | Projection à long terme | Un enfant né aujourd'hui aura 25 % de congénères en moins au baccalauréat. |

      L'objectif ministériel : Réussir un "atterrissage en douceur" pour éviter une crise de recrutement des professeurs à l'avenir tout en profitant de la baisse démographique pour réduire le nombre d'élèves par classe (moyenne nationale passée de 23,2 à 21).

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      3. La Nouvelle Méthodologie : Inversion de la Logique

      La réforme proposée repose sur le passage d'une gestion subie à une planification concertée.

      Une approche ascendante et contractuelle

      • Concertation "école par école" : La discussion ne doit plus se limiter à l'échelon départemental mais partir des besoins et projets de chaque commune.

      • Prévisions à 5 ans glissants : Au lieu d'un ajustement annuel, l'idée est de maintenir une visibilité constante sur 5 ans, révisée chaque année pour corriger les écarts (départs ou arrivées de familles).

      • Contractualisation : La prévision de la carte scolaire serait partagée et contractualisée avec les élus locaux pour garantir la stabilité des engagements de l'État.

      Le binôme DAsen-Préfet

      Le succès de l'aménagement du territoire scolaire repose sur une coordination étroite entre les services de l'Éducation nationale (DAsen) et les représentants de l'État (Préfet), afin d'aligner les subventions d'investissement et la carte des postes d'enseignants.

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      4. De la Carte Scolaire à la "Carte de l'Offre Éducative"

      Le changement ne concerne pas seulement la méthode, mais aussi les critères de décision.

      Il s'agit de passer d'une logique de comptage à une logique d'offre de services.

      • Le temps de trajet "subi" : Il ne faut plus seulement compter le temps de transport, mais le temps total entre le départ de la maison et l'arrivée en classe.

      Le document évoque des retours de collégiens à 20h, rendant le travail scolaire impossible.

      • Les classes multiniveaux : Dans certains secteurs ruraux, ces classes peuvent regrouper jusqu'à 8 niveaux (de la maternelle au CM2).

      Si elles peuvent être pédagogiquement riches avec des effectifs réduits, elles exigent une attention particulière et ne doivent pas être gérées par de simples seuils mathématiques.

      • La stabilité des équipes : La rotation fréquente des enseignants en zone rurale fragilise les projets pédagogiques.

      La pérennité des postes est un facteur de réussite pour les élèves.

      • L'indice de difficulté sociale (IDS) : Le ministère souhaite affiner l'Indice de Position Sociale (IPS) en y intégrant le paramètre de l'éloignement culturel et géographique.

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      5. Défis Spécifiques aux Territoires Ruraux

      Le débat au Sénat a fait émerger plusieurs points de tension et préoccupations majeures :

      • Concurrence Public/Privé : La fragilisation de l'école publique peut entraîner une "évaporation" des élèves vers l'enseignement privé (sous contrat ou hors contrat), créant une spirale infernale de perte d'attractivité pour les petites communes.

      • Les Très Petites Sections (TPS) : L'accueil des enfants de moins de 3 ans est perçu comme un levier pour fixer les familles et stabiliser les effectifs, bien que ces enfants ne soient pas toujours comptabilisés dans les prévisions officielles.

      • Les Regroupements Pédagogiques Intercommunaux (RPI) : Certains fonctionnent depuis 50 ans avec succès, mais font face à des défis financiers et logistiques (coûts de scolarisation des élèves non-résidents).

      • Le bâti scolaire libéré : Une proposition innovante consiste à reconvertir les logements de fonction ou les écoles fermées pour loger les enseignants, créant ainsi un lien social et fixant de nouveaux habitants dans les communes.

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      6. L'Expérimentation dans 18 Départements

      Lancée officiellement, cette expérimentation vise à tester la nouvelle méthode avant une généralisation potentielle.

      • Objectif mi-juillet : Un premier retour est attendu pour influencer le Projet de Loi de Finances (PLF) et permettre une vision "septembre-septembre" dès la rentrée suivante.

      • Ingénierie territoriale : Le ministère reconnaît la nécessité de renforcer ses capacités d'ingénierie (recrutement de géographes et démographes) pour accompagner les maires dans leurs projections à long terme.

      • Sanctuarisation de l'offre : L'idée est de définir, pour certains territoires (montagne, zones isolées), une offre scolaire qui ne dépendrait plus de seuils mais de la garantie d'un service public de proximité.

      _"L’école est notre bien commun.

      Nous devons nous organiser pour ne pas nous retrouver en concurrence, mais pour construire une politique d'aménagement rationnelle et prévisible."_ (Synthèse de la position ministérielle).

    1. Synthèse de l'Audition d'Excellence Ruralités devant la Commission d'Enquête du Sénat

      Résumé Exécutif

      Ce document synthétise l'audition de Monsieur Noac, délégué général d'Excellence Ruralités, devant une commission d'enquête sénatoriale.

      Excellence Ruralités est un réseau d'écoles associatives laïques (primaire et collège) implanté dans des zones rurales défavorisées pour lutter contre l'échec scolaire et le déterminisme social.

      Le réseau gère actuellement trois établissements scolarisant 162 élèves.

      Les points clés de l'audition incluent :

      • Modèle Pédagogique : Repose sur des effectifs réduits (maximum 15 élèves par classe en primaire), une pédagogie explicite, le port de l'uniforme et une pause numérique.

      • Impact Social : Les résultats montrent une progression significative, les élèves des milieux les plus défavorisés atteignant des niveaux supérieurs à la moyenne nationale au brevet.

      • Structure Financière : Un budget global d'environ 1,8 million d'euros, financé à 95 % par le mécénat privé (fondations, entreprises et particuliers) en raison des barrières administratives à la contractualisation avec l'État.

      • Défis et Controverses : Des tensions subsistent avec l'Éducation nationale, notamment concernant des rapports d'inspection jugés partiaux par l'association, et des interrogations sur la transparence des financements liés au "Fonds du Bien Commun".

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      I. Mission et Modèle Pédagogique d'Excellence Ruralités

      Objectifs et Implantation

      Excellence Ruralités intervient dans des "petites villes" et zones rurales où les difficultés scolaires sont documentées comme étant les plus fortes.

      L'organisation souligne une inégalité territoriale : un jeune rural a trois fois moins de chances de bénéficier des moyens de l'éducation prioritaire qu'un jeune urbain, à niveau social identique.

      Les trois établissements actuels sont :

      • Le Cours pilote à L'Affaire (Aisne) : Ouvert en 2017.

      • Le Cours Aliénor (Charente) : Ouvert en 2022.

      • Le Cours Vauban (Morvan) : Ouvert en septembre 2024.

      Les Piliers de l'Action Pédagogique

      Le réseau propose une alternative au système classique pour les élèves "à besoins éducatifs particuliers" (60 % d'élèves multidis ou TDAH dans l'école pilote).

      • Petits effectifs : Permettent un suivi personnalisé et une gestion de classe apaisée.

      • Méthodes explicites : Pédagogies allant du simple au complexe, jugées plus favorables aux enfants de milieux modestes car moins dépendantes du capital culturel familial.

      • Cadre éducatif : Relation de confiance avec des professeurs-éducateurs, port de l'uniforme (lutte contre le harcèlement) et interdiction des téléphones portables ("pause numérique").

      • Implication des parents : Travail étroit pour raccrocher les familles éloignées du système scolaire.

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      II. Analyse de l'Impact et Résultats Scolaires

      Le délégué général affirme que le déterminisme social peut être vaincu par ces méthodes :

      • Niveau Primaire : Des élèves entrant en CP avec un niveau "REP+" (le plus faible mesuré) ressortent en fin de CM2 avec un niveau proche de la moyenne nationale.

      • Résultats au Brevet : Depuis 5 ans, les élèves (issus des 20 % les plus défavorisés) obtiennent systématiquement 2 à 4 points de moyenne de plus aux épreuves écrites que ce à quoi leur milieu social les destinait.

      • Insertion Sociale : Dans le territoire de l'Aisne, alors que le taux de jeunes non insérés est de 32 %, 83 % des anciens élèves du réseau sont insérés en formation ou en emploi à l'âge de 20 ans.

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      III. Structure Financière et Transparence

      Budget et Sources de Financement

      Le budget global pour l'exercice 2024-2025 est d'environ 1,8 million d'euros.

      La répartition des fonds est la suivante :

      | Source de Financement | Montant Estimé / Part | Observations | | --- | --- | --- | | Mécénat d'entreprises/fondations | ~ 1,1 million € | Soutien au développement et au fonctionnement. | | Dons de particuliers | ~ 700 000 € | Financement jugé plus pérenne. | | Frais de scolarité (familles) | ~ 70 000 à 80 000 € | Représente seulement 5 % du coût réel. | | Subventions publiques (ANCT) | 15 000 € | Ponctuel (financement d'un rapport d'impact). |

      Le Coût par Élève

      À taille cible, le coût d'un élève est estimé à 6 500 € par an.

      Les frais demandés aux familles sont modulés selon le quotient familial (entre 10 € et 90 € par mois) pour garantir l'accessibilité aux milieux les plus modestes.

      Liens avec des Structures Privées

      • Fondation pour l'école : Excellence Ruralités est abritée par cette fondation reconnue d'utilité publique.

      • Fonds du Bien Commun : Partenaire depuis 2023 (prévu jusqu'en 2028), ce fonds finance environ 15 % du budget annuel, ciblant l'investissement et le recrutement pour le développement du réseau.

      • Nuits du Bien Commun : Participation à quatre soirées ayant permis de lever 464 000 € directement auprès de mécènes individuels.

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      IV. Rapports avec l'Éducation Nationale et l'État

      La Problématique du "Hors Contrat"

      Monsieur Noac se définit comme un "malgré moi du hors contrat".

      Il dénonce des barrières administratives rendant le passage sous contrat extrêmement long (estimé à 15, voire 24 ans pour un cycle complet) :

      • Délai légal minimal de 5 ans avant de postuler.

      • Saturation des places : environ 200 demandes pour seulement 20 places disponibles par an selon les services ministériels.

      Contentieux sur les Inspections

      L'audition a mis en lumière des divergences majeures concernant un rapport d'inspection en Charente :

      • Critiques de l'Inspection : Carences en matière de conformité pédagogique, de qualification des personnels et manque de preuves sur l'absence d'encouragement au fanatisme.

      • Réponse d'Excellence Ruralités : Le délégué général conteste fermement la "partialité" et la teneur "à charge" de ce rapport.

      Il affirme que les documents (progressions pédagogiques, bulletins) ont été transmis en main propre mais ignorés par les inspecteurs.

      Il oppose à ce rapport négatif d'autres rapports d'inspection (2020, 2024, 2025) soulignant le climat serein et l'épanouissement des élèves.

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      V. Positionnement Idéologique et Projets

      Défense de l'École Publique Rurale

      Excellence Ruralités rejette l'idée de privatiser l'école rurale.

      L'organisation a lancé une pétition (25 000 signatures) pour défendre le maillage scolaire public et s'opposer aux fermetures de classes.

      Monsieur Noac affirme que son réseau est "complémentaire" et non concurrent de l'Éducation nationale.

      Questions sur le "Politiquement Correct"

      Interrogé sur des écrits mentionnant une alternative à une école publique "polluée par le politiquement correct", le délégué général a nuancé ses propos, les qualifiant d'anecdotes tirées d'un livre plutôt que d'une analyse systémique.

      Il explique le concept de "mal-être identitaire" des élèves par une autodévalorisation de leur territoire rural.

      Éducation à la Vie Affective (EVARS)

      Le réseau envisage d'utiliser les contenus de l'éditeur Lift pour le programme d'éducation à la sexualité, car ils sont jugés conformes aux programmes officiels.

      Une confusion subsiste toutefois sur la "validation" de ces contenus par le réseau Canopé, l'audition clarifiant que "validation" ne signifie pas nécessairement "diffusion" sur les plateformes officielles.

      Patrimoine Immobilier

      À L'Affaire, l'association a racheté pour 1 € symbolique une ancienne école d'artillerie (château du XVIe siècle) appartenant à l'armée via la mairie.

      Le projet de restauration est estimé à plusieurs millions d'euros, financés par des dons, avec l'engagement de rendre le lieu accessible aux habitants hors temps scolaire.

  3. Sep 2025
    1. Document d'Information : Synthèse de la 18ème Journée du Refus de l'Échec Scolaire

      Résumé

      La 18ème Journée du Refus de l'Échec Scolaire (JRES), organisée par l'AFEV, a porté sur le thème "Jeunesses populaires rurales et urbaines : même combat face aux inégalités éducatives ?".

      L'événement a mis en lumière les convergences et les divergences entre ces deux jeunesses, souvent opposées dans le discours public via la formule "jeunesse des tours, jeunesse des bourgs".

      Les débats ont révélé que, bien que confrontées à des défis spécifiques liés à leur territoire (mobilité pour les ruraux, discriminations pour les urbains), ces jeunesses partagent des problématiques communes profondément ancrées dans les inégalités sociales.

      Une enquête exclusive de Trajectoires Réflex, menée auprès de 1500 lycéens, a démontré la prépondérance du milieu social sur le lieu de vie dans la détermination des parcours scolaires et des aspirations.

      Les jeunes des classes populaires, qu'ils soient ruraux ou urbains, s'orientent davantage vers des filières courtes, tandis que les jeunes de classes supérieures visent des études longues. L'étude souligne également une anxiété partagée face à l'orientation, notamment à cause de Parcoursup.

      Les intervenants, incluant le sociologue Benoît Coquard, des élus locaux, des acteurs associatifs et des chercheurs, ont unanimement appelé à dépasser les oppositions stériles.

      Ils ont souligné l'importance de reconnaître les réalités diverses des territoires, les dynamiques d'autocensure, la complexité de la mobilité (partir, rester, revenir) et l'impact de l'isolement.

      Un consensus s'est dégagé sur l'urgence de refonder des politiques publiques décloisonnées, de repenser le modèle de la méritocratie et de valoriser toutes les formes de réussite et d'engagement pour reconstruire un "destin commun" et garantir une véritable égalité des chances pour tous les jeunes.

      1. Thématique Centrale : Dépasser l'Opposition "Tours vs. Bourgs"

      La 18ème JRES a été initiée pour analyser l'articulation entre les jeunesses populaires rurales et urbaines, un parallèle popularisé par la formule "jeunesse des tours, jeunesse des bourgs".

      Les intervenants ont largement critiqué l'instrumentalisation politique et médiatique de cette opposition.

      • Origine de la réflexion (Eunice Mangado-Lunetta, AFEV) : L'AFEV, historiquement ancrée dans les Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville (QPV), a constaté que "la France qui va mal, on la retrouve partout".

      L'association a remis en question le discours opposant un "bloc métropolitain" riche à un "bloc périphérique" en difficulté, discours souvent utilisé pour critiquer l'investissement public dans les QPV au détriment d'une "France qui souffre silencieusement dans les campagnes".

      • Perspective sociologique (Benoît Coquard) : Le sociologue, parrain de l'événement, a souligné que cette formule est un slogan efficace mais "en partie trompeur".

      Il a expliqué que l'enjeu politique actuel est de se réclamer de la ruralité, devenue un "faire-valoir" et un "écran de fumée" masquant les questions sociales.

      Il insiste sur la nécessité de parler des "ruralités" au pluriel, car il existe des écarts de richesse et des dynamiques démographiques très variés entre les campagnes, tout comme dans les villes.

      • Objectif de la journée : L'objectif n'était pas d'opposer ces jeunesses ni de mettre un signe égal entre elles, mais de "chercher du commun" tout en reconnaissant ce qui diffère, afin d'éviter les "oppositions stériles". L'enquête présentée visait spécifiquement à superposer le filtre territorial et le filtre social pour une analyse plus juste.

      2. Enquête Trajectoires Réflex : Données Clés sur les Lycéens

      Une enquête a été réalisée de mai à juillet 2025 auprès de plus de 1500 lycéens de filières générales, technologiques et professionnelles.

      L'échantillon comprenait 41% de jeunes de communes rurales et 26% de jeunes de petites villes. L'analyse croise le lieu de vie avec le milieu social (défini par le diplôme et la CSP des parents).

      2.1 Orientation et Projections d'Études Le milieu social apparaît comme le facteur prépondérant dans les choix d'orientation, plus que le lieu de vie.

      • Rapport au lycée :

      ◦ 94% des jeunes disent avoir choisi leur filière.

      ◦ 70% ressentent de la pression liée aux cours et aux résultats.

      ◦ Plus d'un tiers déclare avoir des difficultés d'apprentissage, une part plus importante chez les jeunes de classes populaires.

      • Orientation post-bac : ◦ 61% se sentent bien informés, mais 58% sont inquiets.

      ◦ Le stress est principalement causé par les démarches Parcoursup et le flou du projet d'orientation.

      • Aspirations :

      ◦ 80% souhaitent poursuivre des études supérieures.

      ◦ L'influence du milieu social est nette : les jeunes urbains de classe supérieure privilégient les études longues (Master, Grande École), tandis que les jeunes ruraux de classe populaire ciblent davantage les filières courtes pour une insertion plus rapide sur le marché du travail.

      Type d'études Jeunes de classe populaire RURALE Jeunes de classe populaire URBAINE Filière courte (BTS/BUT) 32% 16% Niveau Master 38% 55%

      • Sens donné aux études : Pour les jeunes de classe supérieure, la "réussite personnelle" prime. Pour ceux des milieux populaires, c'est avant tout le fait de "gagner de l'argent".

      2.2 Mobilité, Attachement et Avenir

      • Attachement au territoire : 82% des jeunes partagent un fort attachement à leur lieu de vie. Cet attachement est plus marqué chez les jeunes ruraux (85%) et encore plus chez les jeunes ruraux de classe populaire (90%).

      • Projet de départ : ◦ 69% se préparent à partir de chez leurs parents pour leurs études.

      ◦ Ce sont les jeunes de milieux favorisés et les jeunes ruraux qui sont les plus nombreux à se préparer à partir.

      ◦ Cependant, le départ est plus souvent subi par les ruraux : 17% des jeunes ruraux parlent d'une "contrainte à quitter le domicile familial", contre seulement 9% des jeunes citadins.

      • Bien-être et difficultés :

      ◦ 84% se sentent bien au quotidien, mais 64% témoignent de leur anxiété.
      

      ◦ 1 jeune sur 5 se sent isolé. Ce sentiment est plus prononcé chez les jeunes de classe populaire rurale (21%) que chez les urbains (15%).

      ◦ Les difficultés financières sont plus fréquentes chez les jeunes de milieu populaire (40% vs 14% chez les enfants de Bac+5).

      • Projection sociale :

      ◦ Seuls 36% des citadins et 25% des ruraux pensent avoir une meilleure vie que leurs parents. 45% ne savent pas.

      ◦ Les jeunes de milieu populaire semblent plus optimistes, espérant une ascension sociale. Cependant, un clivage territorial existe : 42% des citadins de milieu populaire ont une image positive de leur avenir, contre 31% des ruraux de milieu populaire.

      2.3 Mobilité Quotidienne et Déplacements Les difficultés de déplacement sont significativement plus marquées pour les jeunes ruraux.

      • Seule la moitié (50%) des jeunes de classe populaire rurale déclare qu'il est facile pour eux de se déplacer, contre 90% des jeunes de classe populaire urbaine.

      • Dépendance à la voiture : 53% des jeunes ruraux utilisent la voiture au quotidien (contre 12% des citadins). Le permis est jugé indispensable pour 80% des ruraux (contre 55% des citadins).

      2.4 Rapport aux Institutions et à l'Engagement

      • Discriminations :

      ◦ 36% des jeunes déclarent en avoir été victimes, principalement à l'école (94% des cas).

      ◦ Le sentiment est plus marqué chez les jeunes urbains (43% vs 31% des ruraux).

      ◦ Les motifs varient : pour les citadins de classe populaire, les discriminations sont liées à l'origine, l'apparence et les convictions. Pour les ruraux de classe populaire, elles sont liées à l'apparence, la classe sociale et l'état de santé.

      • Confiance dans les institutions : La confiance est plus forte chez les jeunes de classe supérieure et les jeunes ruraux.

      ◦ Police : 83% des jeunes ruraux de milieu modeste font confiance à la police, contre 58% des jeunes urbains de milieu modeste.

      ◦ Une méfiance généralisée est partagée envers les médias (42% de confiance), les réseaux sociaux (21%) et surtout la classe politique (16%).

      • Rapport au vote et à l'engagement : ◦ Le rapport au vote est socialement inégal : 60% des jeunes de milieu favorisé pensent voter, contre 46% des enfants de non-diplômés.

      ◦ 44% des jeunes ne savent pas s'ils comptent s'engager plus tard. Ce doute est plus fort chez les jeunes ruraux.

      3. Parcours de Vie et Analyses Croisées

      3.1 Le Témoignage de Benoît Coquard : Du Rural à la Sociologie

      Le sociologue Benoît Coquard a partagé son parcours personnel, emblématique des barrières et des aléas qui façonnent les destins.

      • Origines : Vient d'un village de Haute-Marne, un département avec très peu de cadres. Ses parents, "petits fonctionnaires", ont quitté l'école à 14-15 ans. Il n'avait "pas de modèle estudiantin".

      • Bifurcation : Doit sa mobilité sociale à "l'intervention un peu divine, un peu aléatoire" de sa sœur qui l'a poussé vers les études supérieures.

      Il souligne que sans l'inexistence de Parcoursup à l'époque, il n'aurait pas pu s'inscrire à l'université avec son "mauvais dossier scolaire".

      • Rapport à l'école : Mauvais élève, il a raté son bac. L'école était pour lui "la seule scène sociale sur laquelle [il était] parfois dévalorisé". Il décrit la construction d'une "culture anti-école" où l'on développe des modèles de reconnaissance alternatifs (sport, sociabilité locale).

      • Analyse sociologique : Son travail de recherche, notamment Ceux qui restent, l'a amené à étudier son propre milieu.

      Il met en évidence que les jeunes ruraux croient davantage en leurs "ressources d'autochtonie" (réseau local, piston) pour s'en sortir, ce qui peut les détourner de l'école.

      À l'inverse, les jeunes des quartiers, souvent issus de l'immigration, surinvestissent l'école car leurs parents n'ont pas ce capital d'autochtonie.

      3.2 Le Témoignage d'Yvon Atonga : Destins Divergents en Banlieue

      Yvon Atonga, co-auteur de Petit frère, a raconté son histoire et celle de son frère Wilfried, qui a grandi dans le même environnement à Villiers-le-Bel mais a connu un destin tragique.

      • Points de bifurcation : Il identifie plusieurs moments clés qui ont séparé leurs trajectoires :

      1. L'intervention de sa mère : Un jour, alors que ses amis venaient le chercher, sa mère leur a dit qu'il n'était pas là car il faisait ses devoirs. Ses amis sont partis commettre un braquage et ont été condamnés à de lourdes peines.

      2. Un voyage au Congo : À 15 ans, un voyage dans son pays d'origine a été un "électrochoc", lui faisant prendre conscience des opportunités qu'il avait en France.

      • La loyauté au quartier : Il décrit une "loyauté indiscutable" au groupe d'amis et au quartier, qui représente une "deuxième famille". Partir est souvent perçu comme une "trahison".

      Il insiste sur le fait qu'il revient aujourd'hui au quartier via son association pour "ne pas trahir" et "transmettre aux petits frères et aux petites sœurs".

      3.3 Regards des Acteurs de Terrain

      • Élus locaux (Fabrice Bossui, Driss Étaoui) : Ils dénoncent le manque de concertation sur des sujets cruciaux comme la carte scolaire, qui impose des temps de transport démesurés aux jeunes ruraux.

      Ils soulignent l'évitement scolaire massif vers le privé qui accentue la ségrégation et la concentration de la pauvreté dans certains établissements publics.

      • ANCT (Corine de la Maîtrise) : Rappelle que si le milieu social reste un "déterminant majeur", le territoire module les trajectoires.

      L'objectif est de "lutter contre les inégalités de destin territorial".

      Elle souligne que 30% des QPV se situent aujourd'hui dans des petites ou moyennes villes, brouillant la frontière traditionnelle entre politique de la ville et ruralité.

      Elle alerte sur le fait qu'il faut "12 générations pour sortir de la pauvreté quand on vient d'un QPV", contre 9 en moyenne en France.

      • Acteurs associatifs (Salomé Berlou, Ashraf Manar) : Ils appellent à dépasser une vision "victimaire" des jeunes des territoires populaires.

      Ces jeunes sont des acteurs engagés dans leurs localités, même si cet engagement n'est pas toujours formalisé ou reconnu.

      Leurs associations (Rura, Destins Liés) visent à outiller ces jeunes pour qu'ils aient le "choix" de leur parcours, en luttant contre l'autocensure et en créant des ponts entre les territoires.

      4. Conclusions et Perspectives • Le primat du social : La journée a réaffirmé que la question sociale est le fil rouge qui relie les difficultés des différentes jeunesses populaires, bien au-delà des spécificités territoriales.

      • La complexité du "partir/rester" : Le départ n'est pas toujours un choix émancipateur mais souvent une contrainte, notamment pour les ruraux.

      Rester n'est pas forcément un échec mais peut correspondre à un attachement profond, tout en étant parfois synonyme d'assignation à résidence.

      • L'isolement et la santé mentale : La solitude, que ce soit dans un village éloigné ou dans une cité universitaire après le départ, est une problématique centrale et croissante qui impacte lourdement les parcours.

      • La crise de la méritocratie : Les intervenants ont critiqué le modèle méritocratique qui invisibilise les déterminismes sociaux et territoriaux, et qui génère de la frustration.

      La promesse "travaille bien à l'école et tu réussiras" n'est plus tenue.

      • L'urgence de refonder du commun : La conclusion, portée par Benoît Coquard et Christophe Paris (AFEV), est un appel à dépasser l'individualisme et la concurrence entre territoires.

      Il est crucial de reconstruire des "consciences collectives" et un "sentiment du nous" pour s'attaquer collectivement aux inégalités systémiques.

      Cela passe par des politiques publiques qui valorisent toutes les formes de contribution au bien commun et qui garantissent à chaque jeune les moyens d'une "vraie autodétermination de son parcours".

  4. Jul 2025
    1. Dossier d'information : Le renouveau du village d'Oxelaëre

      Ce document présente une analyse des initiatives menées dans le village d'Oxelaëre, en Flandre française, pour revitaliser sa vie locale et attirer de nouveaux habitants, en se basant sur les informations fournies par la source "Ce restaurant accueille chaque jour tous les écoliers du village | 750GTV".

      Thèmes principaux :

      • Redynamisation économique et sociale par le commerce local
      • Rôle central du maire et de la municipalité dans le développement local
      • Approche innovante des services publics (cantine, logement)
      • Valorisation du patrimoine et de la culture flamande
      • Attraction de la population et cohésion sociale

      Idées et Faits Importants :

      1. Redynamisation économique et sociale par le commerce local : Le restaurant "Au Pied du Mont" et la boulangerie.

      • Le restaurant "Au Pied du Mont" est un pilier de la renaissance du village.
      • Contexte : Oxelaëre, un village de 500 habitants, avait vu son dernier commerce fermer 25 ans avant l'ouverture du restaurant.
      • Création : En 2017, la commune a racheté une bâtisse désaffectée pour 1 million d'euros (200 000 € financés par la mairie, le reste par la région et le département) pour en faire un restaurant.
      • Gestion : Il est géré par un couple de locataires, Audile et Michel Montvoisin, qui paient un loyer défiant toute concurrence (800 €/mois pour 400 m², soit moitié moins que les prix du marché).
      • Offre : C'est un "estaminet" typique du Nord, proposant une "alimentation très locale", "régional", avec des plats entre 15 et 20 € (ex: "os à moile", "flamiche au Maroilles", "rognons de veau et cervelle de porc"). Michel Montvoisin est un "ardent défenseur de la gastronomie locale". Le restaurant sert même une bière brassée exclusivement pour lui.
      • Impact : Le restaurant "affiche régulièrement complet" et a permis au village de "revivre".
      • La nouvelle boulangerie de Renault Vesken :
      • Contexte : Renault Vesken tenait déjà la boulangerie du village et a investi plus de 300 000 € pour racheter et rénover une ancienne salle de réception, à 300 mètres de son ancien commerce.
      • Développement : Cette acquisition lui a permis d'embaucher 10 employés (5 de plus) et d'élargir considérablement son offre.
      • Soutien municipal : Bien que la commune n'ait pas investi financièrement, le maire a "assisté le boulanger dans toutes ses démarches", notamment pour les dossiers de subventions. Pour le maire, "on ne peut pas imaginer le village d'Oxelaëre sans le fournil d'[illegible]".

      2. Rôle central du maire et de la municipalité dans le développement local : Stéphane Diezard.

      • Un maire "pure souche" : Stéphane Diezard, 53 ans, éleveur de vaches laitières, est "né dans [sa] commune à Oxelaëre" et la connaît "sur le bout des doigts". Il est maire depuis 15 ans et perçoit une indemnité de 523 € par mois pour 25 heures de travail hebdomadaire à la mairie, en plus de son activité agricole.
      • Vision : Depuis son élection, il n'a "qu'une idée en tête : faire revivre son village".
      • Actions concrètes : Il est à l'initiative du rachat et de la transformation de la bâtisse en restaurant. Il démarche lui-même les restaurateurs et les aide dans leurs projets.

      3. Approche innovante des services publics (cantine, logement, santé) :

      • Cantine scolaire au restaurant :
      • Problématique initiale : Les 18 élèves de CM1 et CM2 du village mangeaient auparavant dans le gymnase de l'école.
      • Solution innovante : Le maire a imposé comme condition aux restaurateurs d'accueillir quatre fois par semaine les écoliers.
      • Fonctionnement : Les repas sont bio, les aliments proviennent de fournisseurs locaux. Les familles paient 3 € par repas, et la mairie paie 7 € par repas aux restaurateurs, ce qui représente "18 000 € de chiffre d'affaires en plus chaque année" pour le restaurant.
      • Bénéfices : Économiquement, la commune s'y "retrouve". Moins de gaspillage alimentaire qu'avec les repas sous vide. Les enfants "mangent local" et cela fait partie de leur "éducation".
      • Contrainte pour les enfants : Ils doivent débarrasser, "comme à la maison".
      • Logement municipal à loyer modéré :
      • Initiative : La mairie a aménagé un duplex de 90 m² à l'étage de la mairie, auparavant dédié aux archives.
      • Objectif : "Diminuer nos charges et faire vivre notre commune". "Faire l'accueil d'une belle famille".
      • Attractivité : Loyer de 500 € par mois, "30 % en dessous du prix du marché", ce n'est pas une HLM mais "une belle affaire".
      • Résultat : Une famille s'y est installée en 2012, contribuant à la vie du village.
      • Projet de maison de santé :
      • Problématique : "Aucun médecin ne s'est jamais installé" à Oxelaëre.
      • Solution : Un chantier de 2 millions d'euros est prévu pour 2025, financé à 70 % par des aides publiques.
      • Particularité : Le projet prévoit un appartement pour accueillir des internes en médecine, afin de "garder notre population pour les années à venir et surtout nos jeunes" et permettre aux "aînés de rester le plus longtemps possible chez eux".

      4. Valorisation du patrimoine et de la culture flamande :

      • Gastronomie locale : Le restaurant met en avant des "produits traditionnels flamands", des plats "régionaux". La bière du restaurant est "faite exclusivement pour le restaurant" avec une "touche personnelle".
      • Jeux Olympiques Flamands : Oxelaëre a organisé ses propres Jeux Olympiques flamands, un an avant ceux de Paris.
      • Objectif : Attirer les gens, notamment ceux qui "souffrent beaucoup" et ne sortent pas.
      • Succès : L'événement a attiré 2 000 personnes en 4 jours, soit "quatre fois la population totale du village". La participation aux activités coûte 10 €, destiné à rembourser les 5 000 € avancés par la commune.

      5. Attraction de la population et cohésion sociale :

      • Croissance démographique : Alors que la population des communes voisines stagne, Oxelaëre gagne des habitants, avec une augmentation de "plus 13 % en 15 ans".
      • Accueil et intégration : Les initiatives comme le logement municipal et l'implication du maire contribuent à attirer et intégrer de nouvelles familles.
      • Création de liens : Le restaurant, la boulangerie et les événements comme les Jeux Olympiques flamands sont des lieux de rencontre et de "cohésion sociale". Le maire insiste sur l'importance de "faire vivre [le] village et [la] région maximum" et de faire en sorte que "le client il se régale et puis que à la fin au final il reparte avec le sourire".

      Conclusion :

      Le cas d'Oxelaëre est un exemple marquant de la manière dont une volonté politique forte, incarnée par un maire profondément attaché à sa commune, peut, grâce à des initiatives innovantes et une valorisation des ressources locales (gastronomie, culture), revitaliser un village, attirer de nouveaux habitants et améliorer la qualité de vie de ses résidents.

      La synergie entre les services publics repensés (cantine, logement, santé) et le soutien aux commerces de proximité est au cœur de cette réussite.

  5. Jun 2025
    1. Note de synthèse détaillée : Vivre dans les Territoires Ruraux

      Date : 19 juin 2024 Sujet : Synthèse des thèmes majeurs et faits marquants de l'événement "Vivre dans les territoires ruraux" organisé par la Commission Territoire, Agriculture et Alimentation.

      Introduction

      • La séance plénière consacrée à l'événement "Vivre dans les territoires ruraux" a mis en lumière la place centrale et souvent sous-estimée des zones rurales dans l'identité, l'économie et l'avenir de la France et de l'Europe.

      Loin d'être une "diagonale du vide uniforme", ces territoires regorgent d'initiatives et sont essentiels pour relever les défis sociétaux actuels et futurs. Cette réunion a permis de confronter des analyses sociologiques historiques et contemporaines aux témoignages concrets d'acteurs de terrain, offrant une vision nuancée des défis et des opportunités.

      1. La Ruralité : Une Entité Complexe et en Évolution

      Historiquement perçue comme un résidu voué à l'uniformisation face à l'urbanisation, la ruralité a connu une "disparition des écrans radars des politiques publiques nationales" avant de revenir au cœur du débat public, notamment avec la crise des gilets jaunes et la crise sanitaire.

      Évolution Sociologique et Démographique :

      • Déclin de la population agricole : La population agricole est devenue minoritaire dans l'essentiel des espaces ruraux français.
      • Popularisation des campagnes : Les mondes ouvriers et employés sont de plus en plus surreprésentés en dehors des villes. "On est tout l'inverse, les mondes ouvriers sont surreprésentés en dehors des villes."
      • Diversité des ruralités : Au lieu d'une ruralité unique, il existe une "très grande diversité" de territoires ruraux (productivistes, industriels, récréatifs, gentrifiés, balnéaires, naturels protégés).
      • Flux de population et multirésidentialité : Une part croissante de la population est multirésidentielle, ce qui rend la définition de "rural" complexe. Les flux immobiliers montrent une tendance à l'accumulation d'espaces de travail et de récréation, notamment dans les zones côtières et montagneuses.
      • Ségrégation sociale : Plutôt qu'une simple distinction urbain/rural, le territoire se structure de plus en plus par des "territoires de classe supérieure et des territoires de classe populaire". Ces dynamiques créent des "conflictualités de plus en plus fortes" entre usages récréatifs et productifs des espaces.

      Enjeux et Attributs des Territoires Ruraux :

      • Rôle central dans les défis sociétaux : La ruralité est "au cœur des enjeux de notre société", notamment pour répondre aux enjeux environnementaux (réchauffement climatique, biodiversité, transition énergétique) et de souveraineté alimentaire et de réindustrialisation.
      • Atouts intrinsèques : Cadre de vie, grands espaces, nature préservée, qualité de vie (air pur, faible délinquance, éducation protectrice), dimension humaine (proximité avec les acteurs locaux), valeurs (travail, respect).
      • Opportunités liées au changement climatique : Les zones rurales, notamment la moyenne montagne, attirent des populations fuyant les fortes chaleurs estivales des villes. L'eau est également un "véritable enjeu" et un atout fondamental.

      2. Freins et Défis Majeurs

      Malgré leur dynamisme, les territoires ruraux font face à des contraintes importantes qui entravent leur plein développement :

      • Déficit démographique : Population insuffisante et vieillissante, exode des jeunes.
      • Enclavement et accessibilité : Éloignement des pôles urbains, manque de transports en commun, absence de liaisons aériennes, usage impératif de la voiture.
      • Problématiques de recrutement : Taux de chômage très faible (4,7% en Lozère, par exemple), plein emploi, forte proportion d'emplois publics. Difficulté à attirer et loger les talents.
      • Crise du logement : Forte proportion de résidences secondaires (32% en Lozère) et de logements inoccupés (12%), posant un problème crucial pour les habitants et les saisonniers. "On peut même imaginer que des entreprises ou des des sites pourrait fermer par manque de logement pour les saisonniers."
      • Inertie administrative et difficultés de financement : La "longueur des dossiers" et l'inertie des processus administratifs sont des freins majeurs pour les chefs d'entreprise qui nécessitent "rapidité" et "réactivité". Les dispositifs nationaux (France Ruralité Revitalisation, Petites Villes de Demain, Villages d'Avenir) répondent "partiellement" aux besoins, mais nécessitent plus de réactivité et une adaptation aux réalités locales.
      • Déclin des productions locales et des services de proximité : La perte de production à l'usage des habitants entraîne une disparition des services essentiels (boulangerie, épicerie, médecin), augmentant la solitude et les coûts pour les collectivités.

      3. Initiatives et Modèles de Réussite

      Les témoignages des acteurs de terrain ont mis en évidence la capacité des territoires ruraux à innover et à se développer grâce à des initiatives locales fortes et à la coopération :

      Société d'Économie Mixte (SEM) en Lozère (Roger Cruis) :

      • Modèle pluridisciplinaire : Activités diversifiées (tourisme, portage immobilier professionnel, accompagnement des collectivités).
      • Synergie élus-économique : La SEM "allie la compétence et la proximité des élus et la performance et la recherche de performance des dirigeants et du monde économique".
      • Coopération locale : Nécessité d'une "ligne de conduite partagée par tous les acteurs" (services de l'État, collectivités, chambres de commerce).
      • Proactivité : Initiatives de la SEM pour le logement étudiant, la formation aux métiers du thermalisme et la construction de bâtiments partagés.
      • Atout de la fibre optique : La Lozère, fibrée à 99%, voit la fibre comme un "vrai atout et une vraie valeur ajoutée" pour attirer entreprises et habitants.
      • Entreprise INFACO dans le Tarn (David Elmas) :
      • Ancrage territorial fort : "On a des racines qui nous poussent sous les pieds", fierté de développer l'économie locale et de participer à la vie du village.
      • Innovation et fabrication locale : Inventeur du sécateur électrique, l'entreprise innove, fabrique et assemble 100% de ses sécateurs à Caylusac-sur-Vère.
      • Philosophie d'achats locaux : Priorité aux entreprises locales, régionales et nationales.
      • Défis transformés en opportunités : Malgré les difficultés de foncier et d'internet, l'entreprise a investi (fibre optique, bornes électriques) pour maintenir et développer son activité, soulignant l'importance de "faciliter la tâche" aux entreprises.
      • Culture d'entreprise familiale : Forte relation avec les collaborateurs, climat de confiance et d'écoute, "vie d'entreprise simple, vraie, véritable".
      • Conseil de Développement de Beaujovalley (Dominique Alombus) :
      • Démocratie participative : Le Codev, "un petit CES", proactif dans l'élaboration du Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET).
      • Projet d'Alimentation Territoriale (PAT) : Réduction de l'empreinte carbone, soutien à l'emploi et au savoir-faire locaux, commande publique (cantines scolaires) pour soutenir les filières locales.
      • Mobilisation des acteurs : Travail avec la Chambre de Commerce, la Chambre d'Agriculture, l'hôpital, les communes, les associations, les habitants.
      • Participation citoyenne : Réunions et visites à l'initiative du Codev, diagnostic partagé, création d'un guide des producteurs, forums professionnels, ateliers anti-gaspillage.
      • Origine des initiatives : "C'est vraiment partie des habitants et particulièrement d'un agriculteur en bio". Le Codev vise à "anticiper pour ne pas subir".
      • Le Jeu de la Dombe (Monique Michel) :
      • Objectif de lien social : Favoriser l'interconnaissance des habitants sur un territoire morcelé (36 communes, 39 000 habitants).
      • Conception participative : "Tous les habitants ont construit les jeux, les questions du jeu", lors de réunions participatives qui ont elles-mêmes créé du lien.
      • Diffusion large : Distribution gratuite dans les écoles, médiathèques, centres sociaux, mairies, pour toucher tous les publics et notamment les nouveaux arrivants.
      • Le Jardin d'Arvieux, Tiers-Lieu Villageois en Aveyron (Perrine Vigrou) :
      • Démarche participative "Harvieux 2020" : Démarrée en 2014 par la mairie pour relancer l'attractivité et faire face au déclin démographique.
      • Coopération public-privé : Partenariat entre la mairie et la coopérative LITiS (entreprise numérique installée dès 1998) pour créer et gérer le tiers-lieu.
      • Services intégrés : Médiathèque, cyberbase, inclusion numérique, Maison France Services, services aux associations, offre de coworking, formation, habitat passerelle, séjours immersifs pour les candidats à la vie rurale.
      • Synergie entre anciens et nouveaux habitants : Les nouveaux arrivants sont "force de proposition et porteur de ces nouveaux projets".
      • Animation territoriale : Nécessité d'animateurs sur le terrain pour "produire les bonnes conditions de coopération entre des acteurs différents" et réguler les conflits.
      • Projet Terra en Lot-et-Garonne (Frédéric Bosquet) :
      • Expérimentation sur 10 ans : Visant la revitalisation des "12 000 communes rurales en train de mourir".
      • Approche intégrée : Relocalisation de la production (ferme en permaculture), distribution (épicerie de producteurs), énergies renouvelables (SCIC), mobilité partagée, écoconstruction.
      • "Quartier rural en transition pilote" : Construction avec des matériaux locaux, centre d'écoconstruction et de formation pour reproduire le modèle.
      • Financement patient et solidaire : Processus allant des dons de temps des volontaires aux dons défiscalisables, subventions des collectivités, puis investissements à "capitaux patients, intérêts modérés" pour réinjecter les bénéfices dans le territoire.
      • Gouvernance partagée : SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif) avec collectivités, entreprises, associations, partenaires financiers.

      4. Recommandations et Perspectives

      Plusieurs pistes de réflexion et d'action émergent de ces échanges :

      • Développer la coopération et la concertation : Renforcer les dispositifs de démocratie participative (Conseils de Développement) en amont des projets pour partager les visions et renforcer l'acceptabilité.
      • Adapter les politiques publiques : Les territoires ruraux "doivent être des vrais laboratoires" et "être traités différemment" des milieux urbains, avec des dispositifs fiscaux, immobiliers et administratifs spécifiques, plus réactifs et moins "inertiels".
      • Soutenir l'économie locale diversifiée : Encourager la réindustrialisation maîtrisée, valoriser les productions locales, faciliter la transmission des entreprises.
      • Investir dans les services de proximité : La question des services (santé, éducation, mobilité, culture, commerces) est "au centre de l'avenir des territoires ruraux". Les Maisons France Services sont un exemple positif de "remettre de l'humain au cœur des services".
      • Changer le récit de la ruralité : Sortir du "récit de l'abandon" et de la "culture de handicap" pour promouvoir l'attractivité et le dynamisme des territoires ruraux, essentiels pour attirer et retenir les talents.
      • Favoriser les modèles de financement innovants : Rechercher des capitaux "patients à intérêt modéré" pour soutenir des projets à long terme qui génèrent de la valeur économique, sociale et écologique.
      • Prendre en compte les enjeux de ségrégation sociale : Les conflits d'usage dans les territoires ruraux sont de plus en plus liés à des dynamiques de classes sociales. Une meilleure compréhension de ces dynamiques est nécessaire pour une gestion apaisée du "bien vivre ensemble".

      Conclusion

      La ruralité française n'est ni figée ni uniforme, mais un "cœur battant de notre économie et de notre souveraineté alimentaire", un "atout puissant pour permettre la transition écologique".

      Les initiatives citoyennes et la coopération entre tous les acteurs locaux sont les moteurs essentiels de son dynamisme. Il appartient aux politiques publiques de les soutenir efficacement en adaptant les cadres existants et en facilitant l'émergence de nouveaux modèles, pour que la ruralité puisse pleinement jouer son rôle dans la société de demain. "Le pays a besoin de sa ruralité."

  6. Feb 2025
    1. Territoires éducatifs ruraux 2023, rapport 22-23-233A, juin 2023

      L'initiative Territoires Éducatifs Ruraux (TER) favorise la convergence des politiques publiques dans les zones rurales de plusieurs manières :

      • Décloisonnement des politiques publiques. Les TER ont la capacité de décloisonner les politiques publiques en favorisant le rapprochement des institutions publiques et en légitimant le lien entre les partenaires ayant une mission éducative et le monde scolaire.

      • Convergence des politiques éducatives, sociales et de santé. La convergence des politiques éducatives, sociales et de prévention en santé publique, portées par différents ministères et les conseils départementaux-régionaux, constitue une base structurelle permettant de répondre de façon pérenne et cohérente aux besoins identifiés dans les TER. Les TER permettent de favoriser la convergence des politiques portées par les structures en charge des questions sociales et de santé (CAF, MSA, ARS, CPAM) avec celles touchant l’éducation.

      • Coordination et cohérence à l'échelle de l'EPCI. L'expérimentation TER apporte une coordination départementale et locale entre les champs social et éducatif et assure la cohérence de ces politiques à l'échelle de l'EPCI (établissement public de coopération intercommunale) plutôt qu'à la seule commune. L'intégration des Services Départementaux à la Jeunesse, à l'Engagement et aux Sports (SDJES) dans les projets TER facilite le lien avec les partenaires et les élus, territorialisant ainsi les politiques éducatives et sociales.

      • Amélioration des échanges et du service rendu. L'amélioration des échanges entre les différents acteurs (CAF, MSA, ARS, CPAM et l’éducation nationale) améliore le service rendu par les politiques publiques aux habitants. Les personnels d’encadrement de l’éducation nationale ont une meilleure perception des analyses et des orientations retenues par les autres services de l’État.

      • Intégration des problématiques de santé. Les problématiques touchant à la santé font l’objet d’une analyse partagée avec l’ARS et les CPAM, afin que cette priorité soit systématiquement inscrite dans les axes du TER.

      • Adaptation aux besoins locaux. L'échelon départemental permet d’assurer l’ingénierie, la cohérence et la convergence des politiques éducatives et sociales portées par l’ensemble des services publics, ajustant leurs orientations nationales et leurs financements locaux au bénéfice d’un projet de territoire.

      • Création de liens entre les DSDEN et les EPCI. Les DSDEN (Directions des services départementaux de l'Éducation nationale) créent des liens avec les EPCI, qui soutiennent les politiques nouvelles portées par les DSDEN dans les domaines de l’enfance, du périscolaire et de l’extrascolaire, de la jeunesse, et parfois du sport et de la culture.

      En intégrant ces différentes approches, les TER dynamisent les espaces ruraux et créent un effet de levier dans la synergie entre les politiques publiques, malgré le manque d'évaluation et de pilotage national.

  7. Nov 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:06][^1^][1] - [00:26:28][^2^][2]:

      Cette vidéo présente des projets de tiers-lieux en milieu rural, mettant en avant des initiatives soutenues par la Fondation Crédit Coopératif et ses partenaires. Les intervenants partagent leurs expériences et les défis rencontrés dans la création et la gestion de ces espaces communautaires.

      Moments forts: + [00:00:06][^3^][3] Introduction et objectifs * Présentation des lauréats et partenaires * Importance des échanges et partages de pratiques * Promotion de l'économie sociale et solidaire + [00:02:27][^4^][4] Présentation des projets * Diversité des tiers-lieux * Exemples de cafés associatifs et épiceries solidaires * Engagement avec la population locale + [00:05:07][^5^][5] Exemple des Usines * Transformation d'une friche industrielle * Création d'espaces de travail et de vie * Dynamique de développement et réhabilitation + [00:08:09][^6^][6] Exemple de l'Entrepot * Café initiative et épicerie associative * Lien entre producteurs et consommateurs * Importance de l'éducation populaire + [00:11:01][^7^][7] Exemple de La Coudée * Café associatif et programmation culturelle * Activités pour adultes et enfants * Acquisition de locaux et projets de rénovation

      Résumé de la vidéo [00:26:30][^1^][1] - [00:53:22][^2^][2]:

      Cette vidéo explore la création et le fonctionnement d'un tiers-lieu en milieu rural, en mettant l'accent sur l'inclusion sociale, la lutte contre la précarité alimentaire et la promotion de la mixité sociale.

      Moments forts: + [00:26:30][^3^][3] Développement du tiers-lieu alimentaire * Espace de maraîchage et café-restaurant associatif * Apprentissage de la cuisine saine et utilisation des restes * Rencontre entre bénévoles et personnes en précarité + [00:28:02][^4^][4] Fonctionnement du café-restaurant * 20 à 35 repas servis par jour, 4 fois par semaine * Cuisine gérée par des bénévoles avec une coordinatrice salariée * Ateliers et activités pour favoriser les rencontres + [00:29:09][^5^][5] Lutte contre le gaspillage alimentaire * Local de transformation des produits agricoles * Ouvert aux jardiniers amateurs et professionnels * Espace de rencontre et d'échange + [00:31:09][^6^][6] Enjeux de la mixité sociale * Importance de la mixité dans les tiers-lieux * Défis de la cohabitation de différents publics * Stratégies pour favoriser les interactions et la coopération + [00:44:03][^7^][7] Rôle des tiers-lieux dans les territoires ruraux * Réponse aux besoins sociaux et animation des territoires * Importance de l'économie sociale et solidaire * Développement de projets locaux et soutien aux porteurs de projets

      Résumé de la vidéo [00:53:32][^1^][1] - [01:19:55][^2^][2]:

      Cette vidéo aborde les défis et les stratégies pour lancer un projet de tiers-lieu en milieu rural, en mettant l'accent sur la coopération entre les acteurs locaux et les collectivités.

      Moments forts: + [00:53:32][^3^][3] Développement des tiers-lieux * Transformation des structures existantes * Coopération multi-acteurs * Intégration dans les stratégies territoriales + [00:56:00][^4^][4] Formation et soutien * Formations pour bénévoles et associations * Organisation de rencontres inter-associatives * Importance du soutien des pouvoirs publics + [01:00:00][^5^][5] Gouvernance et coopération * Gouvernance partagée et horizontale * Enjeux individuels et collectifs * Rôle des collectivités dans les projets + [01:05:00][^6^][6] Formation des porteurs de projets * Formation-action pour les porteurs de projets * Modules sur la gouvernance et la coopération * Accompagnement personnalisé des projets + [01:10:00][^7^][7] Défis de la gouvernance * Difficultés de mise en place de la gouvernance partagée * Enjeux de la coopération avec les collectivités * Importance de la transparence et de l'explicitation des enjeux

      Résumé de la vidéo [01:19:58][^1^][1] - [01:36:15][^2^][2]:

      Cette vidéo traite de la gestion et du financement des projets de tiers lieux en milieu rural, en mettant l'accent sur l'autonomie et la gouvernance collective.

      Moments forts: + [01:19:58][^3^][3] Lancement du projet * Association avec un bureau fermé * Maîtrise de l'outil par les fondateurs * Transmission progressive de l'outil + [01:22:13][^4^][4] Gouvernance * Création de commissions statiques * Délégation de pouvoir aux commissions * Réflexion sur les valeurs de l'association + [01:25:37][^5^][5] Financement * Diversification des sources de financement * Partenariats avec les collectivités locales * Importance de l'autonomie financière + [01:28:44][^6^][6] Collégialité * Passage à une gouvernance collégiale * Mutualisation des espaces et des ressources * Responsabilisation des membres + [01:31:00][^7^][7] Problèmes économiques * Insuffisance du modèle économique actuel * Recherche de solutions pour la programmation culturelle * Importance des partenariats culturels

  8. Oct 2024
    1. https://via.hypothes.is/https://www.youtube.com/watch?v=OK8kyH-mBXY

      Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:23:29][^2^][2]:

      Cette vidéo explore les transformations urbaines et les défis des territoires oubliés. Elle met en lumière les initiatives locales et internationales pour revitaliser ces zones souvent négligées.

      Temps forts: + [00:00:00][^3^][3] Introduction et contexte * Présentation de la Fabrique de la Cité * Importance des transitions urbaines * Focus sur les villes moyennes et les territoires oubliés + [00:01:08][^4^][4] Projets urbains et transformations * Exemples de projets en France * Importance du dialogue et de la collaboration * Rôle des urbanistes et des architectes + [00:07:01][^5^][5] Initiatives locales et internationales * Études de cas en Suisse, Italie, Espagne et Portugal * Stratégies pour revitaliser les territoires * Importance de l'accompagnement des initiatives locales + [00:18:00][^6^][6] Défis et solutions * Problèmes de désertification et de services publics * Rôle de l'agriculture et de l'économie locale * Exemples de réussites locales et internationales

      Résumé de la vidéo [00:23:31][^1^][1] - [00:45:56][^2^][2]:

      Cette vidéo explore les défis et les initiatives pour revitaliser les territoires oubliés, en mettant l'accent sur l'urbanisme, l'agriculture, et l'écologie.

      Points forts : + [00:23:31][^3^][3] Transports et urbanisme * Importance des rabattements bus et autopartage * Urbaniste en chef depuis 25 ans * Projets Europan et dynamisation de la rivière + [00:24:41][^4^][4] Santé et services publics * Construction d'un hôpital près de la gare * Amélioration de l'accès aux soins * Importance de la recherche et de l'expérimentation + [00:25:26][^5^][5] Emploi et dynamique locale * Exemple de Vitré avec un faible taux de chômage * Rôle des élus et des actions quotidiennes * Ateliers territoriaux pour identifier les points positifs + [00:26:28][^6^][6] Agriculture et alimentation * Réflexion sur l'agriculture et l'alimentation * Projets de maréchage et exploitation par Terre de Lien * Importance de l'agriculture dans le développement économique + [00:29:45][^7^][7] Écologie et gestion de l'eau * Rôle écologique des territoires ruraux * Projets de gestion de l'eau et des inondations * Importance de la biodiversité et des énergies renouvelables + [00:33:00][^8^][8] Modèles d'aménagement * Ingénierie et outils d'aménagement sur mesure * Importance de l'accompagnement des collectivités * Diversification des modèles et modalités d'intervention

      Ces points forts montrent comment les territoires oubliés peuvent devenir des moteurs de développement durable et d'innovation.

      Résumé de la vidéo [00:45:57][^1^][1] - [01:09:51][^2^][2]:

      Cette partie de la vidéo aborde les défis et les solutions innovantes pour les territoires oubliés, en mettant l'accent sur l'ingéniosité, la participation communautaire et la durabilité.

      Temps forts: + [00:45:57][^3^][3] Ingéniosité et participation * Nécessité d'être inventif avec peu de moyens * Importance de la participation des habitants * Exemples de solutions locales + [00:48:01][^4^][4] Accessibilité et mobilité * Initiatives pour améliorer l'accessibilité * Réduction de l'utilisation des voitures * Résultats positifs des consultations locales + [00:50:00][^5^][5] Développement durable * Projets pour lutter contre le dérèglement climatique * Réhabilitation de bâtiments existants * Importance de la diversité architecturale + [00:54:00][^6^][6] Agriculture et alimentation * Problèmes d'autonomie alimentaire * Initiatives pour des circuits courts * Projets de maraîchage et de réhabilitation des terres + [01:06:00][^7^][7] Typologie des ruralités * Nouvelle typologie basée sur la densité * Importance de la diversité des territoires * Analyse des potentialités et des défis locaux

      Résumé de la vidéo [01:09:53][^1^][1] - [01:32:36][^2^][2]:

      Cette vidéo explore les différentes typologies des territoires ruraux en France et leur contribution aux enjeux de la transition écologique.

      Temps forts: + [01:09:53][^3^][3] Types de ruralité résidentielle * Communes rurales aisées * Communes rurales de classe moyenne et ouvrière * Petites polarités avec plus d'emplois que d'actifs + [01:12:00][^4^][4] Ruralités productives * Communes industrielles * Déconnexion entre géographie agricole et géographie des agriculteurs + [01:13:01][^5^][5] Contribution des campagnes * Production agricole et industrielle * Production d'énergie et traitement de l'eau * Typologies contributives + [01:14:09][^6^][6] Transitions agro-écologiques * Territoires avec signes de qualité agricole et naturelle * Pratiques nouvelles comme l'agriculture biologique * Tension entre production de qualité et demande d'habitat + [01:17:00][^7^][7] Autres transitions * Transitions agro-industrielles et agrotechniques * Reconversion des bâtiments industriels * Développement de la production d'énergie et de la logistique

      Résumé de la vidéo [01:32:39][^1^][1] - [01:38:53][^2^][2]:

      Cette vidéo aborde les défis et les opportunités des territoires ruraux oubliés, en mettant l'accent sur les services ambulants et les initiatives locales pour revitaliser ces régions.

      Points forts : + [01:32:39][^3^][3] Disparition des commerces ambulants * Conséquence du modèle de supermarché * Logistique assurée par le consommateur * Impact sur les services locaux + [01:33:29][^4^][4] Exemples de services ambulants * Bibliobus départemental * Marchand de pizza * Importance des communautés de communes + [01:34:12][^5^][5] Transport à la demande * Initiative pour les personnes âgées * Refus en faveur du transport par les voisins * Dimension sociale du transport + [01:35:14][^6^][6] Enquête sur les racines des Parisiens * Lien avec les territoires ruraux * Importance des racines locales * Espoir pour la revitalisation + [01:36:01][^7^][7] Engagement politique local * Solutions souples et humaines * Importance du dialogue * Actions locales positives

      Ces points mettent en lumière les efforts et les initiatives pour soutenir et revitaliser les territoires ruraux oubliés.

  9. Jun 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:02][^1^][1] - [00:20:56][^2^][2]:

      Cette vidéo présente une conférence de Salomé Berlioux, fondatrice et directrice générale de l'association Chemins d'Avenir, qui aborde la construction de l'ambition scolaire en milieu rural. Elle discute des défis auxquels sont confrontés les jeunes ruraux dans leur parcours académique et professionnel, et propose des solutions pour surmonter ces obstacles.

      Points forts: + [00:00:02][^3^][3] Introduction de la conférence * Présentation de Salomé Berlioux et de l'association Chemins d'Avenir * Annonce d'une convention de partenariat à signer + [00:05:08][^4^][4] Problématiques des jeunes ruraux * Nombre significatif de jeunes en zones rurales * Obstacles à l'égalité des chances et manque de visibilité nationale + [00:07:29][^5^][5] Obstacles spécifiques * Mobilité, autocensure et manque d'opportunités * Impact de la fracture numérique sur l'accès à l'information + [00:17:03][^6^][6] Solutions proposées * Importance de l'égalité des chances pour les jeunes ruraux * Rôle de Chemins d'Avenir dans l'accompagnement des jeunes Résumé de la vidéo [00:20:58][^1^][1] - [00:42:27][^2^][2] :

      Cette vidéo présente une conférence de Salomé Berlioux sur l'éducation en milieu rural et le rôle de l'association Chemins d'Avenir. Elle aborde les défis rencontrés par les jeunes ruraux dans l'accès à l'éducation et à l'emploi, et les initiatives de l'association pour les soutenir.

      Points forts : + [00:21:00][^3^][3] Partenariat avec l'éducation nationale * Conventionnement des établissements scolaires * Coconstruction de solutions éducatives * Adaptation aux réalités locales + [00:22:47][^4^][4] Accompagnement des jeunes * Près de 10 000 jeunes aidés individuellement * Soutien jusqu'à l'insertion professionnelle * Objectif de réalisation du potentiel académique, professionnel et citoyen + [00:23:26][^5^][5] Changement de la société française * Sensibilisation des entreprises à la diversité territoriale * Intégration des jeunes ruraux dans le marché de l'emploi * Recommandations de politique publique mises en place + [00:27:25][^6^][6] Lutte contre l'autocensure et l'ambition * Importance de l'ambition pour surmonter les obstacles * Nécessité de moyens pour être ambitieux * Impact des coûts matériels sur les choix d'orientation + [00:33:00][^7^][7] Résultats du dispositif Chemins d'Avenir * Augmentation de la confiance en soi et de l'ambition * Accès à des informations concrètes sur les filières et métiers * Développement d'outils de réalisation personnelle + [00:37:00][^8^][8] Méthodologie et mentorat * Réflexion sur soi et identification des forces et faiblesses * Système de mentorat individuel avec 10 000 mentors * Formations thématiques et ateliers d'avenir dans les établissements scolaires Résumé de la vidéo [00:42:28][^1^][1] - [00:57:08][^2^][2] : La vidéo présente une conférence de Salomé Berlioux sur l'éducation en milieu rural et les initiatives de son association pour soutenir les jeunes dans ces régions. Elle souligne l'importance de l'ambition et de l'ouverture des possibilités pour ces jeunes, ainsi que les efforts pour influencer les politiques publiques et sensibiliser à la question de l'éloignement géographique.

      Points forts : + [00:42:28][^3^][3] Soutien aux jeunes ruraux * Accès à des bourses et des stages * Aide à la réalisation de projets personnels * Soutien financier pour l'éducation et la mobilité + [00:43:57][^4^][4] Changement à l'échelle nationale * Nécessité d'actions au-delà de l'association * Influence sur les politiques publiques et les initiatives * Création de territoires éducatifs ruraux + [00:47:01][^5^][5] Mise en lumière des jeunes ruraux * Documentaires et enquêtes pour sensibiliser * Études sur l'impact de l'éloignement géographique * Propositions pour améliorer l'accès à l'éducation + [00:52:25][^6^][6] Partenariat avec l'Académie de Besançon * Convention pour lutter contre l'autocensure * Encouragement de parcours ambitieux pour les élèves * Collaboration pour élargir les opportunités éducatives

    1. Résumé de la vidéo [00:00:03][^1^][1] - [00:27:10][^2^][2] :

      Cette vidéo présente le séminaire académique sur l'éducation en milieu rural, avec une ouverture par Alicia Buissonnet. Elle aborde l'importance de l'éducation dans les zones rurales et les initiatives pour améliorer l'accès et la qualité de l'éducation dans ces régions.

      Points forts : + [00:00:03][^3^][3] Ouverture du séminaire * Accueil des participants et présentation d'Arcgré * Importance de l'éducation en milieu rural * Présentation des initiatives locales + [00:06:04][^4^][4] Discours de la Rectrice * L'éducation en ruralité comme priorité * Les défis et les opportunités de l'éducation en milieu rural * L'importance de la collaboration entre les acteurs éducatifs + [00:20:04][^5^][5] Présentation de la première conférencière * Introduction d'Alicia Buissonnet * Thème de la conférence sur l'orientation des jeunes en milieu rural * Utilisation des QR Codes pour l'interaction Résumé de la vidéo [00:27:12][^1^][1] - [00:50:47][^2^][2] : La vidéo présente une conférence d'Alicia Buissonnet sur l'influence des territorialités dans l'éducation en milieu rural, en particulier sur les choix d'orientation des élèves de 3e. Elle explore comment les représentations symboliques et les valeurs attribuées aux territoires ruraux affectent les décisions éducatives et pédagogiques.

      Points forts : + [00:27:12][^3^][3] L'impact des territorialités * Influence des représentations symboliques sur les choix d'orientation * Différences entre les territoires ruraux isolés et les territoires de Piémont alpin * Rôle des perceptions territoriales dans l'accompagnement pédagogique + [00:29:13][^4^][4] Les résultats de l'étude * Analyse des choix d'orientation des élèves de 3e dans différents territoires ruraux * Influence des catégories socio-professionnelles et de l'origine sociale sur l'orientation * Importance de la proximité géographique et de l'employabilité dans les choix d'orientation + [00:36:02][^5^][5] La mobilité et l'orientation * Effet de la mobilité obligatoire sur les choix d'orientation des élèves * Impact des problèmes de transport sur les décisions d'orientation * Stratégies d'adaptation des élèves face aux contraintes de mobilité + [00:41:10][^6^][6] L'accompagnement pédagogique à l'orientation * Adaptation des pratiques pédagogiques aux spécificités territoriales * Coopération entre les acteurs éducatifs pour soutenir l'orientation des élèves * Importance de la lutte contre l'autocensure et de la découverte de nouveaux environnements Résumé de la vidéo [00:50:49][^1^][1] - [00:53:57][^2^][2]:

      La vidéo présente une conférence d'Alicia Buissonnet sur l'éducation en ruralités, abordant des sujets tels que la sexualité et le développement durable. Elle souligne l'importance de la coopération entre les établissements scolaires et les acteurs de l'éducation populaire pour monter des projets éducatifs.

      Points forts: + [00:50:49][^3^][3] Coopération éducative * Importance de l'éducation populaire * Projets éducatifs avec les écoles * Développement de la sexualité et durabilité + [00:51:26][^4^][4] Influence du chef d'établissement * Impact sur l'orientation des élèves * Changements et mutations en 2021-2022 * Dynamisation de la coopération territoriale + [00:52:56][^5^][5] Importance de la coopération * Essentielle pour les projets de mobilité * Travail complémentaire avec les ACM * Défis dans les territoires sans ACM

  10. Mar 2024
    1. Un bus scolaire au plus près des enfantsDans un territoire rural, une mère de troisenfants scolarisés à l’école primaire, a sollicitél’ouverture d’un arrêt du bus scolaire àproximité de son domicile. Sans réponse à sapremière sollicitation, elle a relancé le conseilrégional pendant plusieurs mois sans succès,alors même que sa demande paraissaitrecevable : trois enfants étaient concernés, lebus n’aurait pas eu de détour à effectuer, etl’emplacement envisagé pour cet arrêt avaitdéjà été desservi par le passé. En l’absencede cet arrêt, les enfants devaient marcher 2kilomètres le long de la route, sur un trajetparticulièrement peu sécurisé.Un délégué du Défenseur des droits a contactéle conseil régional, afin d’insister sur lesmotivations légitimes de la demande decette mère. Après un examen approfondi desconditions d’implantation de ce nouvel arrêt,notamment en matière de sécurité, le conseilrégional a finalement donné son accord et lebus s’est enfin arrêté à l’endroit le plus adaptéà la situation de ces enfants.
  11. Nov 2023
  12. Feb 2023
    1. L. 1111-2 du CGCT :« Les communes, les départements et les régions règlent par leursdélibérations les affaires de leur compétence.Ils concourent avec l'État à l'administration et à l'aménagement duterritoire, (...) et à l'amélioration du cadre de vie. (...) »Établissement d’un programme d’aide à l’équipementrural
  13. Jul 2021
  14. Mar 2021
  15. Jan 2021
  16. Sep 2020