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  1. Oct 2026
    1. Document de Briefing : Le Maillage Scolaire Ă  l’Épreuve du DĂ©fi DĂ©mographique

      SynthÚse Exécutive

      La baisse de la natalité en France entraßne une mutation démographique majeure au sein du systÚme éducatif.

      D'ici 2035, les projections prĂ©voient une diminution d'environ 1 600 000 Ă©lĂšves, soit une baisse estimĂ©e Ă  14 %, une ampleur inĂ©dite depuis la crĂ©ation de l'Éducation nationale sous la IIIᔉ RĂ©publique.

      Face à ce constat, l'Assemblée nationale a auditionné les représentants des associations de parents d'élÚves (notamment la FCPE et l'UNAAPE) afin d'évaluer l'impact de ce déclin sur la carte et le maillage scolaires.

      Principaux constats et enjeux :

      • Divergence de visions : Les associations de parents d'Ă©lĂšves soutiennent que la baisse dĂ©mographique constitue une opportunitĂ© historique pour amĂ©liorer les conditions d'apprentissage (rĂ©duction des effectifs par classe, renforcement de l'inclusion, remplacement des enseignants).

      À l'opposĂ©, les contraintes budgĂ©taires de l'État poussent Ă  une rationalisation des moyens et des postes.

      • DisparitĂ©s territoriales extrĂȘmes : La dĂ©prise dĂ©mographique touche aussi bien les zones rurales (Creuse, Dordogne, Eure) que les territoires hyper-urbains (Paris, Seine-Saint-Denis).

      Cependant, les réalités de terrain diffÚrent grandement en matiÚre d'infrastructures et de temps de transport.

      • Gestion perçue comme arithmĂ©tique et tardive : Les dĂ©cisions de fermeture de classes au sein des Conseils DĂ©partementaux de l'Éducation Nationale (CDEN) sont dĂ©noncĂ©es comme Ă©tant purement comptables, descendantes et communiquĂ©es trop tardivement aux familles et aux acteurs locaux.

      • PĂ©rimĂštre de l'Ă©cole au-delĂ  de la classe : Un maillage scolaire efficace ne se limite pas Ă  la prĂ©sence d'un bĂątiment ou au nombre d'Ă©lĂšves par classe.

      Il englobe les transports scolaires, la présence continue des ATSEM en maternelle, la tarification de la restauration et les services périscolaires.


      1. L'Ampleur et l'Inégalité Territoriale de la Baisse Démographique

      Chiffres clés et projections démographiques

      L'effondrement démographique touche de maniÚre directe le premier degré avant de se répercuter progressivement sur les collÚges et les lycées :

      • Échelle nationale : PrĂ©vision d'une perte du solde de 3 742 classes dans le premier degrĂ©, rĂ©sultant de 5 914 fermetures pour seulement 2 172 ouvertures.

      • Île-de-France (RentrĂ© 2026) : Plus de 700 fermetures de classes annoncĂ©es.

      • Seine-Saint-Denis : 276 fermetures pour 125 ouvertures.

      • Paris : 161 fermetures pour 19 ouvertures.

      • AcadĂ©mie de Versailles : Suppression de 170 postes de professeurs des Ă©coles dans le premier degrĂ©.

      • Territoires ruraux (ex. l'Eure) : Perte de 1 246 Ă©lĂšves dans le premier degrĂ© prĂ©vue pour la rentrĂ©e 2025, entraĂźnant l'annonce de 36 fermetures de classes.

      Hétérogénéité des réalités territoriales

      La décroissance des effectifs ne s'applique pas de maniÚre uniforme :

      • Territoires hyper-urbains : Paris est qualifiĂ© de territoire pionnier de l'effondrement dĂ©mographique.

      Les fermetures de classes y sont multiples mais s'accompagnent de trÚs peu de fermetures physiques d'écoles, générant des tensions entre la volonté de maintien de la proximité par la municipalité et la rationalisation budgétaire du rectorat.

      Dans certains quartiers hyper-urbains, des classes peinent à atteindre 12 élÚves.

      • Zones pĂ©riurbaines : Des villes comme Bordeaux observent des dĂ©placements de familles vers les pĂ©riphĂ©ries en raison des difficultĂ©s de logement, dĂ©plaçant ainsi rapidement les besoins scolaires.

      • Zones rurales : Le maintien des Ă©coles s'y heurte Ă  l'allongement des trajets pour les plus jeunes Ă©lĂšves et Ă  la vĂ©tustĂ© du bĂąti scolaire.


      2. DĂ©bat StratĂ©gique : OpportunitĂ© Éducative vs Contrainte BudgĂ©taire

      La position des associations de parents d'élÚves

      Pour les représentants des parents, la baisse du nombre d'élÚves ne doit pas conduire mécaniquement à une réduction équivalente du nombre de classes et d'enseignants.

      Ils demandent de saisir cette occasion pour :

      • RĂ©duire les effectifs moyens par classe afin d'amĂ©liorer la rĂ©ussite de tous les Ă©lĂšves.

      • Consolider les brigades de remplacement des enseignants, actuellement sous-dimensionnĂ©es.

      • AccroĂźtre les moyens dĂ©volus Ă  l'Ă©cole inclusive (accueil des Ă©lĂšves en situation de handicap et allophones).

      • Actualiser la carte de l'Ă©ducation prioritaire (REP / REP+), inchangĂ©e depuis plus de 12 ans alors qu'elle devrait ĂȘtre rĂ©visĂ©e tous les 4 ans (un exemple cite deux Ă©coles aux Ulis distantes de 800 mĂštres aux publics similaires, dont une seule bĂ©nĂ©ficie du classement REP).

      La réalité budgétaire et la comparaison internationale

      Les parlementaires rappellent la contrainte financiĂšre pesant sur l'État et la nĂ©cessitĂ© d'un effort collectif :

      • Comparaison europĂ©enne : La France compte environ 45 000 Ă©coles, alors que ses voisins (Angleterre, Allemagne, Italie), Ă  population Ă©quivalente, en comptent environ 15 000.

      • DĂ©bat sur la performance : La baisse des effectifs par classe ne garantit pas Ă  elle seule l'amĂ©lioration des rĂ©sultats (notamment aux Ă©valuations PISA), la formation des enseignants constituant un levier tout aussi dĂ©terminant.


      3. Services Périscolaires, Accompagnement et Transports

      Un maillage scolaire pérenne repose sur un ensemble de services annexes dont la défaillance fragilise l'accÚs au service public de l'éducation.

      +-----------------------------------------------------------------------------------+ | SERVICES COMPLÉMENTAIRES À L'ÉCOLE | +--------------------------+---------------------------------+----------------------+ | TRANSPORTS SCOLAIRES | POSTES D'ATSEM | RESTAURATION / LOISIRS| +--------------------------+---------------------------------+----------------------+ | ‱ DĂ©pendance des rĂ©gie | ‱ RĂ©glementation : 0,5 par | ‱ Tarifs trĂšs variables| | rĂ©gionales. | classe (souvent restreint Ă  | (ex. Palaiseau : | | ‱ Temps de trajet attei- | la Petite Section). | jusqu'Ă  7,20 €/repas| | gnant 30 Ă  45 min dĂšs | ‱ Demande : 1 ATSEM maintenue | vs 3,80 € moyenne).| | le CP en zone rurale. | par classe en continu, | ‱ Risque d'exclusion | | ‱ Perturbations et bus | notamment en Grande Section, | des familles fragi-| | saturĂ©s (ex. Cergy, | sans suppression automatique | lisĂ©es (familles | | Paris-Saclay). | lors des fermetures. | monoparentales). | +--------------------------+---------------------------------+----------------------+

      Transports scolaires

      • Temps de trajet prĂ©conisĂ©s : Les associations prĂ©conisent de ne pas dĂ©passer 15 Ă  20 minutes pour les enfants de 3 Ă  6 ans, 30 minutes pour le primaire, et 45 minutes pour le secondaire.

      • Dysfonctionnements constatĂ©s : Des modifications de dĂ©lĂ©gataires de transport (ex. Île-de-France MobilitĂ©s Ă  Cergy-Pontoise ou Paris-Saclay) ont provoquĂ© des semaines de perturbations, forçant des Ă©lĂšves Ă  marcher jusqu'Ă  7 km ou les empĂȘchant de monter dans des bus saturĂ©s par les actifs aux heures de pointe.

      Accompagnement humain (ATSEM)

      • MalgrĂ© l'obligation lĂ©gale minimale d'une demi-ATSEM par classe de maternelle, les mairies suppriment frĂ©quemment ces postes lors de fermetures de classes ou en Grande Section.

      • Les associations rĂ©clament une Ă©volution lĂ©gislative pour garantir la prĂ©sence continue d'une ATSEM par classe de maternelle, estimant que le maintien de ces postes territoriaux ne gĂ©nĂšre pas de surcoĂ»t pour les communes.

      Restauration et accueils de loisirs

      • Les tarifs de la cantine et des centres de loisirs reprĂ©sentent une charge lourde pour les familles, en particulier monoparentales.

      • À Palaiseau, le tarif de la cantine peut atteindre 7,20 € par enfant (contre une moyenne nationale de 3,80 € selon l'AMF), portant la facture mensuelle Ă  plus de 230 € pour deux enfants.

      Les centres de loisirs peuvent coĂ»ter jusqu'Ă  22 €/jour/enfant, entraĂźnant des risques d'exclusion sociale faute de moyens financiers.


      4. Concertation et Gouvernance de la Carte Scolaire

      Les limites actuelles du CDEN

      Les reprĂ©sentants de parents dĂ©plorent le fonctionnement actuel des Conseils DĂ©partementaux de l'Éducation Nationale :

      • Avis consultatif : Le CDEN est une instance purement consultative oĂč la carte scolaire est votĂ©e dans sa globalitĂ© (empĂȘchant de voter contre une fermeture sans s'opposer aux ouvertures).

      • Annonces tardives : La carte scolaire est souvent dĂ©couverte au mois de fĂ©vrier ou mars, voire Ă  la veille des instances dans la presse.

      Les marges de négociation se résument à des ajustements marginalisés (arbitrage délicat imposant de fermer une classe dans une école pour en sauver une autre).

      • Conflits d'intĂ©rĂȘts locaux : En annĂ©e Ă©lectorale (ex. Yvelines en 2026), des maires gardent le silence sur des fermetures actĂ©es dĂšs janvier par crainte de sanctions Ă©lectorales.

      Recommandations pour une gouvernance renouvelée

      • Mettre en place une Ă©laboration pluriannuelle de la carte scolaire, anticipĂ©e sur 3 Ă  5 ans, fondĂ©e sur des projections dĂ©mographiques territorialisĂ©es et rĂ©guliĂšrement actualisĂ©es.

      • Associer les familles et les reprĂ©sentants trĂšs en amont du processus, avant que les dĂ©cisions ne soient arrĂȘtĂ©es.

      • Établir une Ă©tude d'impact prĂ©alable avant toute rĂ©organisation rurale, distinguant les fusions administratives de la disparition physique d'un site.

      • S'agissant des 18 dĂ©partements expĂ©rimentant une carte scolaire Ă  5 ans (comme les Yvelines ou l'Eure-et-Loir), les associations indiquent n'avoir reçu aucune information ni concertation Ă  ce jour.


      5. Réorganisations Structurelles : RPI, Multi-niveaux et Second Degré

      Regroupements Pédagogiques Intercommunaux (RPI)

      • RPI Ă©clatĂ©s vs consolidĂ©s : Les RPI sont souvent construits sur la volontĂ© des Ă©lus de prĂ©server une classe dans chaque village (RPI Ă©clatĂ©), au lieu de regrouper les Ă©lĂšves sur un site unique dotĂ© d'infrastructures modernes.

      Le passage d'un RPI éclaté à un RPI consolidé ne s'opÚre généralement qu'à la faveur de la construction d'une nouvelle école.

      • Impact social : Les RPI trop morcelĂ©s restreignent le brassage social des enfants, qui effectuent toute leur scolaritĂ© primaire avec la mĂȘme cohorte rĂ©duite.

      Le débat sur les classes multi-niveaux

      • Bien que source d'inquiĂ©tude pour certains parents et enseignants en dĂ©but de carriĂšre, les classes multiniveaux (double ou triple niveau) sont dĂ©fendues par d'autres praticiens pour leurs bienfaits pĂ©dagogiques (entraide, autonomie, dynamique de groupe).

      • Toutefois, la fermeture de classes basĂ©e sur une arithmĂ©tique stricte peut transformer une Ă©cole aux effectifs modĂ©rĂ©s en un Ă©tablissement surchargĂ© l'annĂ©e suivante.

      Perspectives pour le CollÚge et le Lycée

      En prévision de la vague démographique qui atteindra le secondaire :

      • Locaux partagĂ©s : La FCPE se dit ouverte Ă  l'utilisation commune de locaux entre Ă©coles, collĂšges et structures spĂ©cialisĂ©es (IME, ITEP pour renforcer l'inclusion), Ă  la condition expresse de conserver des directions d'Ă©tablissements distinctes.

      • Optimisation des emplois du temps : Les emplois du temps doivent ĂȘtre conçus prioritairement en fonction des besoins physiologiques et de travail des Ă©lĂšves.

      • AmĂ©nagement d'Ă©tudes surveillĂ©es : InspirĂ© du modĂšle privĂ©, la crĂ©ation de salles d'Ă©tude surveillĂ©es permettrait d'encadrer les Ă©lĂšves sur place durant les plages libĂ©rĂ©es, Ă©vitant les sorties d'Ă©tablissements prolongĂ©es en cours de journĂ©e.


      Citations Clés

      « DerriĂšre chaque fermeture de classe ou d'Ă©cole, ce sont des conditions de scolarisation qui Ă©voluent, des temps de transport qui peuvent s'allonger et pour les familles une organisation quotidienne qu'il faut repenser. » — Guillaume Brun (FCPE)

      « Grosso modo, c'est jusqu'Ă  2035 une prĂ©vision de 1 600 000 Ă©lĂšves en moins [...] c'est absolument colossal, Ă  peu prĂšs 14 % d'Ă©lĂšves en moins [...] c'est vraiment un phĂ©nomĂšne sans doute inĂ©dit depuis la crĂ©ation de l'Ă©ducation nationale sous la IIIᔉ RĂ©publique. » — M. Garot / Garou (ReprĂ©sentant d'association de parents d'Ă©lĂšves)

      « Moins d'Ă©lĂšves ne doit pas entraĂźner mĂ©caniquement moins de classes et moins d'enseignants [...] Cette Ă©volution dĂ©mographique doit permettre d'amĂ©liorer les conditions d'apprentissage. » — M. Bernzena (ReprĂ©sentant d'association de parents d'Ă©lĂšves)

      « En France, 45 000 Ă©coles. Dans nos trois voisins [Angleterre, Allemagne, Italie] qui ont quasiment les mĂȘmes populations que nous, ils ont 15 000 Ă©coles : donc comment font-ils pour organiser cela ? » — Madame Piron (Rapporteure, DĂ©putĂ©e)

      « Croire que la rĂ©ponse Ă  cette problĂ©matique de la dĂ©mographie et du maillage scolaire c'est "on va offrir de meilleures conditions de scolaritĂ© Ă  nos enfants, point", c'est une erreur [...] L'Ă©cole ne peut pas Ă©chapper Ă  cet effort [financier]. » — Le PrĂ©sident de la Mission d'Information

    1. Briefing Doc : Le Maillage Scolaire Ă  l’Épreuve du DĂ©fi DĂ©mographique

      SynthÚse Exécutive

      L'audition menĂ©e Ă  l'AssemblĂ©e nationale rassemble des reprĂ©sentants des DĂ©partements de France (JĂ©rĂŽme Dumont, prĂ©sident du Conseil dĂ©partemental de la Meuse, et Paul-Étienne Koffman, conseiller Ă©ducation) et des RĂ©gions (Marie-Florence Bulteau-Rambaud, vice-prĂ©sidente de la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte d'Azur).

      Leurs interventions mettent en lumiÚre l'impact direct et mécanique de la baisse démographique du premier degré sur le second degré (collÚges et lycées).

      Constats et enjeux clés :

      • Baisse massive des effectifs : Les projections de la DEPP prĂ©voient une diminution de 15 % des effectifs dans les collĂšges d'ici 2035 (soit une baisse de 150 000 Ă  160 000 Ă©lĂšves).

      • DisparitĂ©s territoriales profondes : Les territoires ruraux (ex. La Meuse, Le Cantal, La Creuse) subissent une dĂ©prise forte, tandis que certains dĂ©partements littoraux, mĂ©tropolitains ou d'outre-mer (ex. Gironde, Haute-Savoie, PACA) continuent de gagner de la population ou de maintenir leurs effectifs.

      • Refus de la « sinistrose » : La baisse du nombre d'Ă©lĂšves doit ĂȘtre perçue non comme une fatalitĂ©, mais comme une opportunitĂ© d'amĂ©liorer la rĂ©ussite scolaire, le taux d'encadrement et la qualitĂ© de l'accueil, en rĂ©ponse aux mauvais rĂ©sultats des Ă©valuations PISA.

      • Tensions sur la gouvernance et le financement : Les collectivitĂ©s dĂ©noncent une forme de dĂ©fiance de l'État, un manque de concertation lors des annonces nationales, des incertitudes budgĂ©taires (PLF, FCTVA) et l'utilisation abusive des Dotations Globales de Fonctionnement (DGF) locales pour pallier la baisse des crĂ©dits d'État (notamment pour l'achat de manuels scolaires).


      Analyse Détaillée des Thématiques Centrales

                ```
                BAISSE DÉMOGRAPHIQUE DANS LE 1ER DEGRÉ
                                  │
                                  ▌
           EFFET DOMINO SUR LE 2ND DEGRÉ (-15% D'ICI 2035)
                                  │
           ┌──────────────────────┮──────────────────────┐
           ▌                                             ▌
      

      Territoires Ruraux / En DĂ©prise Territoires Urbains / Attractifs - Menaces de fermetures de collĂšges - Maintien ou hausse des effectifs - Augmentation des temps de transport - DĂ©penses de construction maintenues - Risque de « dĂ©serts scolaires » - Besoins d'extensions d'infrastructures │ │ └──────────────────────┬──────────────────────┘ â–Œ ENJEUX DE DÉCENTRALISATION ET FINANCIERS - NĂ©cessitĂ© d'une agilitĂ© locale (Regroupements RPI/CollĂšges/Tiers-lieux) - Tension budgĂ©taire (BĂąti scolaire, transition Ă©cologique, DGF) - Appel Ă  une co-construction renforcĂ©e avec l'État ```

      1. La Déprise Démographique : Dynamiques et Disparités

      La baisse des effectifs scolaires touche le territoire français de maniÚre trÚs inégale.

      La déprise observée dans le premier degré se répercute mécaniquement sur les collÚges puis sur les lycées.

      • Territoires en dĂ©prise : Dans le dĂ©partement de la Meuse (498 communes), 78 % des communes n'ont plus d'Ă©cole primaire.

      La région Grand Est envisage la fermeture de 8 à 9 lycées.

      • Territoires en croissance : La rĂ©gion PACA, ou des dĂ©partements comme la Haute-Savoie et la Gironde, continuent d'avoir des effectifs stables ou en hausse, nĂ©cessitant la construction rĂ©guliĂšre de nouveaux Ă©tablissements.

      • Seuils de viabilitĂ© des Ă©tablissements :

      • CollĂšges : Le modĂšle historique idĂ©al (4 classes par division) s'efface en milieu rural au profit de collĂšges Ă  1 classe par division.

      La fermeture systématique des établissements sous la barre des 200 élÚves entraßnerait la suppression de la moitié des collÚges dans des départements comme la Meuse, générant des temps de trajet inacceptables (jusqu'à 1 heure matin et soir).

      • LycĂ©es : Selon la reprĂ©sentation de la rĂ©gion PACA, un lycĂ©e d'enseignement gĂ©nĂ©ral devient difficilement soutenable financiĂšrement et pĂ©dagogiquement en dessous de 700 Ă©lĂšves, et un lycĂ©e professionnel en dessous de 250 Ă  300 Ă©lĂšves.

      2. Le CollÚge et le Lycée comme Services Publics de Proximité

      Le maintien des établissements scolaires dans les zones rurales ne répond pas uniquement à des critÚres quantitatifs, mais touche à l'attractivité territoriale et à la cohésion sociale.

      • DĂ©serts scolaires et attractivitĂ© : S'appuyant sur des Ă©tudes de la Cour des comptes, les reprĂ©sentants soulignent qu'un collĂšge dans une sous-prĂ©fecture ou un chef-lieu de canton est souvent le dernier service public structurant.

      Sa fermeture accélÚre le déclin du territoire.

      • Mutualisation et innovation spatiale :

      • Regroupements : ExpĂ©rimentation de citĂ©s mixtes ou de sites uniques regroupant Ă©cole maternelle, Ă©cole primaire, collĂšge et tiers-lieu (ex. le collĂšge de Varennes-en-Argonne en Meuse, maintenu pour 80 Ă©lĂšves grĂące Ă  ce projet global).

      • Devoirs faits : Utilisation des locaux des Ă©coles primaires de sectorisation par les professeurs de collĂšge pour dispenser le dispositif « Devoirs faits », Ă©vitant ainsi de surcharger les transports scolaires du soir.

      • Infrastructures collectives : Ouverture des restaurants scolaires aux services de portage de repas Ă  domicile ou aux ÉPAD pour rentabiliser les Ă©quipements.

      3. Les Relations État-CollectivitĂ©s : Transparence, Confiance et Gouvernance

      Les collectivitĂ©s territoriales rĂ©clament une reconnaissance de leur expertise du terrain et dĂ©noncent des mĂ©thodes de gestion unilatĂ©rales de la part de l'État.

      • Absence d'anticipation et concertation : Les reprĂ©sentants rĂ©gionaux dĂ©plorent des annonces gouvernementales brutales, telles que la fixation de plafonds Ă  28 Ă©lĂšves par classe ou l'ouverture de 10 000 places de BTS, dĂ©cidĂ©es sans consultation prĂ©alables des rĂ©gions qui financent le bĂąti et les Ă©quipements.

      • Partage des donnĂ©es prospectives : Bien que les donnĂ©es nationales soient partagĂ©es, la transmission des projections Ă  5 ans Ă©laborĂ©es par les DASEN reste morcelĂ©e et n'est pas systĂ©matiquement consolidĂ©e auprĂšs des conseils dĂ©partementaux ou des intercommunalitĂ©s.

      De plus, les DĂ©partements demandent un accĂšs aux rapports du Conseil d'Évaluation de l'École (CEE) pour Ă©clairer leurs dĂ©cisions d'investissement.

      • DĂ©fiance perçue : Les Ă©lus locaux dĂ©noncent une forme de dĂ©fiance centrale et demandent qu'on leur laisse la responsabilitĂ© des ajustements de la carte scolaire, en concertation avec l'Éducation nationale, en se basant sur des critĂšres objectifs (temps de transport, offre pĂ©dagogique, mixitĂ© sociale, attractivitĂ©).

      4. Bñtiments Scolaires, Transition Écologique et Finances Locales

      Les dépenses de rénovation du bùti scolaire représentent une charge financiÚre majeure dans un contexte budgétaire contraint.

      • VĂ©tustĂ© et transition Ă©nergĂ©tique : NĂ©cessitĂ© de moderniser des Ă©quipements obsolĂštes (ex. 35 millions d'euros investis dans la Meuse pour remplacer des chaudiĂšres au fioul datant de 1970).

      L'adaptation au réchauffement climatique exige des investissements massifs (isolation, végétalisation des cours).

      • Incertitudes financiĂšres : Les restrictions imposĂ©es par le Projet de Loi de Finances (PLF) et les menaces sur le Fonds de Compensation pour la Taxe sur la Valeur AjoutĂ©e (FCTVA) rĂ©duisent la capacitĂ© d'investissement des collectivitĂ©s.

      • DĂ©tournement de la DGF locale : Les DĂ©partements constatent qu'un nombre croissant de collĂšges utilisent leur Dotation Globale de Fonctionnement (fournie par le DĂ©partement pour le chauffage, l'entretien, le papier toilette) pour acheter des manuels scolaires, compensant ainsi la baisse cachĂ©e des crĂ©dits d'État.

      Ce constat a provoqué un contentieux juridique, notamment en Savoie.


      SynthÚse des Débats Transversaux

      | Thématique | Constats & Problématiques Identifiés | Propositions & Perspectives des Collectivités | | --- | --- | --- | | Transports Scolaires | Transfert de compétence des Départements vers les Régions (Loi NOTRe) jugé complexe et parfois inefficace.

      JournĂ©es trĂšs lourdes pour les Ă©lĂšves ruraux (dĂ©part Ă  6h30, retour Ă  19h) en raison de plages horaires rigides. | AmĂ©lioration de la coordination des transports. RĂ©flexion sur les temps de parcours ruraux pour Ă©viter d'imposer plus d'une heure de trajet. | | Internats | Faible taux d'utilisation en collĂšge (moins de 1 % des effectifs). InquiĂ©tudes sur la fin des financements d'État « Internats d'excellence ». | DĂ©velopper les internats pour Ă©viter les trajets quotidiens Ă©puisants. Utiliser l'internat comme outil de mixitĂ© sociale et de soutien aux Ă©lĂšves en difficultĂ©. | | Enseignement PrivĂ© | DisparitĂ©s territoriales d'aides locales (aides facultatives trĂšs Ă©levĂ©es dans certaines rĂ©gions comme Auvergne-RhĂŽne-Alpes, strict respect des obligations lĂ©gales ailleurs). PrĂ©sence d'Ă©tablissements privĂ©s dans des bassins sans alternative publique (ex. Nord Aveyron). | RĂ©allocation possible des aides facultatives privĂ©es vers les collĂšges publics ruraux isolĂ©s (choix appliquĂ© en Meuse). | | NumĂ©rique vs Papier | Équipement massif des Ă©lĂšves en tablettes/ordinateurs (PACA, Yvelines, etc.). Interrogations sur l'usage rĂ©el en classe et le manque de cadrage pĂ©dagogique initial. | Recul partiel face au « tout numĂ©rique » Ă  l'Ăšre de l'IA, avec un rééquilibrage vers le livre papier et l'Ă©criture manuelle. |


      Citations Majeures

      « Pour moi la question dĂ©mographique n'est pas une fin en soi [...] profitions de cette projection et de ces perspectives pour amĂ©liorer les conditions de rĂ©ussite de nos Ă©lĂšves. » — JĂ©rĂŽme Dumont, PrĂ©sident du Conseil dĂ©partemental de la Meuse

      « Si vous nous fermez [le collĂšge], aprĂšs avoir fermĂ© les perceptions, avoir fermĂ© tout un tas de services publics, il n'y aura plus rien chez nous. Il y a cette notion de service public qui reste importante. » — JĂ©rĂŽme Dumont, PrĂ©sident du Conseil dĂ©partemental de la Meuse

      « Il y a une vraie dĂ©fiance de l'État envers les collectivitĂ©s territoriales [...] on ne reconnaĂźt pas notre connaissance de notre terrain Ă©conomique, de notre terrain Ă©ducatif. » — Marie-Florence Bulteau-Rambaud, Vice-prĂ©sidente de la RĂ©gion PACA

      « Les budgets du dĂ©partement n'ont pas pour vocation de combler les lacunes qui peuvent ĂȘtre les lacunes de l'État. Je rappelle Ă  toutes fins utiles que nos compĂ©tences sont le bĂąti scolaire [...] et la restauration. » — Paul-Étienne Koffman, Conseiller Ă©ducation de DĂ©partements de France

      « L'efficacitĂ©, c'est la dĂ©centralisation. Les rĂ©gions et les dĂ©partements gĂšrent mieux leur bĂąti, assurent mieux leur responsabilitĂ© que l'État. » — Le PrĂ©sident de la Commission (DĂ©putĂ©)


      Conclusions et Recommandations des Acteurs Locaux

      • Instaurer une politique de co-construction État-CollectivitĂ©s : Mettre fin aux dĂ©cisions unilatĂ©rales du ministĂšre et associer formellement les DĂ©partements et les RĂ©gions aux rĂ©organisations de la carte scolaire et aux Ă©volutions pĂ©dagogiques d'ampleur (effectifs par classe, filiĂšres BTS).

      • Assurer une visibilitĂ© pluriannuelle (5 Ă  10 ans) : DĂ©passer la gestion comptable annuelle « classe par classe » au profit d'une planification stratĂ©gique Ă  long terme intĂ©grant le bĂąti, les projections dĂ©mographiques de l'INSEE et l'amĂ©nagement du territoire.

      • Accorder une flexibilitĂ© rĂ©glementaire aux territoires : Assouplir le cadre juridique pour favoriser les regroupements d'Ă©tablissements (maternelle-primaire-collĂšge), les citĂ©s mixtes et la mutualisation des lieux d'apprentissage ou de restauration.

      • Garantir la transparence financiĂšre et la transmission des donnĂ©es : Rendre transparents les montants d'investissements de l'État par collĂšge, cesser le dĂ©sengagement financier masquĂ© (sur la DGF) et partager l'ensemble des rapports d'Ă©valuation du Conseil d'Évaluation de l'École avec les dĂ©partements et rĂ©gions.

    1. Briefing Doc : Projections DĂ©mographiques, Maillage Scolaire et Évaluation des Performances Éducatives

      Résumé Exécutif

      Ce document de synthĂšse rend compte de l'audition de Magda Thomasini, directrice de l'Évaluation, de la Prospective et de la Performance (DEPP) du ministĂšre de l'Éducation nationale, accompagnĂ©e d'Olivier Monseau, expert en analyse des inĂ©galitĂ©s scolaires, devant la mission d'information de l'AssemblĂ©e nationale.

      L'objectif central de cette audition est d'analyser les modÚles statistiques de la DEPP, les projections démographiques d'effectifs d'élÚves à horizon 10 ans et leurs impacts sur l'allocation des moyens, la répartition territoriale des structures scolaires (milieu rural vs urbain) et la réussite des élÚves.

      Principaux enseignements :

      • Chute dĂ©mographique gĂ©nĂ©ralisĂ©e : La baisse des effectifs touche l'ensemble des dĂ©partements français dans le premier degrĂ©.

      À horizon de 10 ans, l'incertitude liĂ©e aux hypothĂšses de fĂ©conditĂ© reprĂ©sente une fourchette d'environ 400 000 Ă©lĂšves dans le premier degrĂ©.

      • RĂ©sultats scolaires comparĂ©s (Rural vs Urbain) : À Indice de Position Sociale (IPS) Ă©gal, les rĂ©sultats aux Ă©valuations nationales des Ă©lĂšves du milieu rural sont lĂ©gĂšrement meilleurs que ceux du milieu urbain sur la quasi-totalitĂ© de l'Ă©chelle sociale.

      • Poids des petites structures et du multiniveau : La France compte 8 181 Ă©coles de 1 ou 2 classes (projection 2025/2026 sur un total d'environ 45 000 Ă©coles).

      Environ 50 % des élÚves de primaire sont scolarisés dans des classes multiniveaux.

      • Limites techniques de suivi : La DEPP ne dispose pas des adresses exactes des Ă©lĂšves du premier degrĂ© (seule la commune de rĂ©sidence est renseignĂ©e), ce qui empĂȘche la modĂ©lisation directe du temps de transport supplĂ©mentaire gĂ©nĂ©rĂ© par les fermetures d'Ă©coles.

      Le répertoire des Regroupements Pédagogiques Intercommunaux (RAMSESE) présente également des anomalies en cours de fiabilisation.

      • Évaluation des politiques publiques : L'effet bĂ©nĂ©fique du dĂ©doublement des classes en Ă©ducation prioritaire (REP/REP+) reste mesurĂ© Ă  court terme (CP/CE1), tandis que les effets Ă  long terme (en 6ᔉ) font l'objet de nouveaux travaux actualisĂ©s.

      1. Cadre Institutionnel et Missions de la DEPP

      La DEPP constitue le service statistique ministĂ©riel de l'Éducation nationale, assimilable Ă  l'« INSEE du ministĂšre ».

      Elle opÚre sous le statut d'indépendance professionnelle garanti par la loi de 1951 sur le secret et la coordination statistique, en déclinaison de la réglementation européenne.

      Ses travaux s'articulent autour de quatre axes fondamentaux :

      • Les Ă©lĂšves : Suivi dĂ©mographique, rĂ©ussite, compĂ©tences et parcours scolaires.

      • Les personnels : Enseignants, personnels d'encadrement, AESH, et l'ensemble des agents rĂ©munĂ©rĂ©s par le ministĂšre.

      • Les Ă©tablissements et structures : Description des Ă©coles, Établissements Publics Locaux d'Enseignement (EPLE), maillage territorial et accessibilitĂ©.

      • Les territoires : Analyse comparative des disparitĂ©s dĂ©partementales (illustrĂ©e notamment par la publication quinquennale GĂ©ographie de l'Ă©cole).

      Au niveau international, la DEPP est l'opĂ©rateur de la France pour le programme PISA et participe aux grandes enquĂȘtes d'Ă©valuation des compĂ©tences (TIMSS, PIRLS, PIAAC pour les adultes).


      2. Projections Démographiques à 10 Ans et Méthodologie

      Historiquement cantonnĂ©e Ă  des prĂ©visions budgĂ©taires Ă  1 ou 2 ans, puis Ă  5 ans dĂšs la fin des annĂ©es 2010, la DEPP produit dĂ©sormais, Ă  la demande ministĂ©rielle (Élisabeth Borne et Édouard Geffroy), des projections d'effectifs Ă  10 ans dĂ©clinĂ©es Ă  l'Ă©chelon dĂ©partemental et acadĂ©mique.

      Évolutions des travaux prospectifs de la DEPP : [PrĂ©visions Ă  1-2 ans] ---> [PrĂ©visions Ă  5 ans] ---> [Projections Ă  10 ans (DĂ©partementales)] (Budget de l'État) (Constat de baisse) (Trois scĂ©narios de fĂ©conditĂ©)

      1er Degré : Trois Scénarios de Fécondité

      Pour pallier l'inconnue des naissances futures aprÚs les premiÚres années d'observation réelle, la DEPP s'appuie sur trois hypothÚses d'Indicateur Conjoncturel de Fécondité (ICF) :

      • HypothĂšse basse : 1,4 enfant par femme.

      • HypothĂšse intermĂ©diaire : 1,5 enfant par femme (scĂ©nario central alignĂ© sur la prudence de l'INSEE).

      • HypothĂšse haute : 1,6 enfant par femme.

      Impact clé : La différence entre le scénario bas et le scénario haut génÚre une incertitude de 400 000 élÚves dans le premier degré à 10 ans.

      Tous les départements français observent une diminution de leurs effectifs dans le premier degré (y compris Paris, qui figure parmi les plus touchés, et Mayotte qui enregistre un ralentissement).

      2d Degré : Trajectoires et HypothÚses

      Tous les élÚves du second degré à horizon 10 ans étant déjà nés, les projections reposent sur la reconduction des taux de passage observés entre 2024 et 2025.

      • NeutralitĂ© statistique : Le choix de la pĂ©riode 2024-2025 Ă©vite d'intĂ©grer des Ă©vĂ©nements exceptionnels rĂ©cents (crise sanitaire du COVID-19, flux migratoires liĂ©s Ă  la guerre en Ukraine).

      • Voie professionnelle : HypothĂšse d'un dynamisme accru du recrutement, liĂ© Ă  la libĂ©ration de capacitĂ©s de la voie professionnelle aujourd'hui saturĂ©es, Ă  mesure que la taille des cohortes diminuera.

      • Examens (BaccalaurĂ©at) : Prise en compte d'une baisse marginale de 0,1 point de la rĂ©ussite au Bac gĂ©nĂ©ral et technologique consĂ©cutive Ă  la suppression des points de jury.


      3. Analyse du Maillage Territorial : Milieu Rural vs Urbain

      Typologie des Établissements et Indice de Position Sociale (IPS)

      Le ministÚre enregistre environ 45 000 écoles sur le territoire national.

      Pour la rentrée 2025-2026, 8 181 écoles sont constituées de seulement 1 ou 2 classes (principalement situées en milieu rural).

      La DEPP neutralise l'effet des contextes socio-économiques grùce à l'Indice de Position Sociale (IPS), qui mesure le contexte familial plus ou moins favorable aux apprentissages scolaires (par exemple, un couple formé d'un professeur des écoles et d'un ingénieur présente un IPS supérieur à un couple de deux ingénieurs).

      IPS (Indice de Position Sociale) └── Mesure du contexte socio-familial favorable aux apprentissages └── Permet de comparer Ă  IPS Ă©gal : RĂ©sultats Ruraux vs RĂ©sultats Urbains

      Évaluations Nationales et Performance Scolaire

      Les analyses de la DEPP rĂ©vĂšlent qu'Ă  IPS Ă©quivalent (en excluant les tranches sociales extrĂȘmes sous-reprĂ©sentĂ©es Ă  la campagne) :

      • Les Ă©lĂšves scolarisĂ©s en milieu rural obtiennent de meilleurs rĂ©sultats aux Ă©valuations nationales (primaire et 6ᔉ) que les Ă©lĂšves du milieu urbain.

      • Cet Ă©cart, bien que faible, se constate de façon constante sur la quasi-totalitĂ© des strates de l'IPS.

      Le PhénomÚne des Classes Multiniveaux

      • Proportion : Environ 50 % des Ă©lĂšves du primaire sont scolarisĂ©s dans une classe Ă  niveaux multiples (rĂ©alitĂ© qui concerne le milieu rural contraint par la dĂ©mographie, mais aussi le milieu urbain).

      • Pratiques pĂ©dagogiques : Une note d'information de la DEPP indique qu'en CP-CE1 multiniveaux, la diffĂ©renciation pĂ©dagogique en petits groupes est plus difficile Ă  mettre en Ɠuvre par les enseignants.

      • SĂ©lection biaisĂ©e en milieu urbain : En ville, les Ă©quipes pĂ©dagogiques ont tendance Ă  affecter dans les classes multiniveaux des Ă©lĂšves plus autonomes et dĂ©jĂ  plus performants au dĂ©but de l'annĂ©e, ce qui rend complexe l'Ă©valuation d'un « effet multiniveau » pur sur la rĂ©ussite.


      4. Fermetures de Classes, Mouvements vers le Privé et Limites des ModÚles

      Problématique des Fermetures de Classes et Transports

      Plusieurs questions parlementaires soulignent la perte de 6 229 classes rurales publiques entre 2015 et 2025 et s'interrogent sur les conséquences en matiÚre de temps de transport ou d'exode des familles.

      La DEPP précise les contraintes méthodologiques actuelles :

      • DonnĂ©es manquantes : L'adresse postale prĂ©cise des Ă©lĂšves de primaire n'est pas renseignĂ©e dans les bases de donnĂ©es ministĂ©rielles (seule la commune de rĂ©sidence est connue).

      Il est donc impossible de simuler un temps de trajet réel ou un algorithme d'optimisation d'implantation d'écoles à partir du domicile des élÚves.

      • Regroupements PĂ©dagogiques Intercommunaux (RPI) : Le rĂ©pertoire RAMSESE qui recense les RPI contient des anomalies (notamment des RPI rattachĂ©s Ă  une seule commune), rendant impossible Ă  ce jour toute statistique fiable sur leur Ă©volution au cours des 15 derniĂšres annĂ©es.

      Limites des DonnĂ©es Primaire Ă  la DEPP : ├── Adresses Ă©lĂšves non renseignĂ©es (Uniquement la commune) ──> Impossible de calculer les temps de transport exacts └── RĂ©pertoire RAMSESE (RPI) en cours de fiabilisation ───────> Impossible de retracer l'historique sur 15 ans

      DĂ©doublement des Classes en Éducation Prioritaire

      Les évaluations de la DEPP concernant la réduction de la taille des classes (classes dédoublées à 12-13 élÚves en REP/REP+) montrent :

      • À court terme (CP / CE1) : Un effet positif net et mesurable sur les apprentissages fondamentaux par rapport Ă  des Ă©coles hors Ă©ducation prioritaire aux caractĂ©ristiques sociales comparables (« Ă©coles orphelines »).

      • À long terme (classe de 6ᔉ) : Les premiĂšres Ă©tudes sur la toute premiĂšre coorte bĂ©nĂ©ficiaire n'observaient plus d'effet rĂ©siduel significatif.

      Toutefois, de nouvelles évaluations (prenant en compte le temps d'appropriation des nouvelles pratiques pédagogiques par les enseignants) sont publiées sous embargo.

      Report vers l'Enseignement Privé

      Sur le long terme, l'enseignement privé sous contrat est moins fortement touché par la baisse démographique que l'enseignement public.

      Toutefois, la DEPP indique qu'il est impossible d'établir un lien statistique de cause à effet direct entre la fermeture d'une classe publique et la déscolarisation vers le privé, en raison de la trÚs forte disparité géographique de la présence du privé (de 0 % de scolarisation dans le privé dans la Creuse à plus de 50 % dans la Vendée).


      5. SynthÚse des Données et Indicateurs Clés

      | Indicateur / ThĂ©matique | Valeur / DonnĂ©e Source | Remarques & Impacts | | --- | --- | --- | | Nombre d'Ă©coles du 1er degrĂ© | ~45 000 Ă©coles | Parc national global. | | Écoles de 1 ou 2 classes | 8 181 Ă©coles (rentrĂ©e 2025/2026) | Établissements trĂšs vulnĂ©rables Ă  la baisse dĂ©mographique. | | Impact variation FĂ©conditĂ© (10 ans) | 400 000 Ă©lĂšves | Écart d'effectifs dans le 1er degrĂ© entre les scĂ©narios ICF 1,4 et 1,6. | | Part des Ă©lĂšves en multiniveau | ~50 % (en primaire) | PhĂ©nomĂšne gĂ©nĂ©ralisĂ© (rural par contrainte, urbain par choix pĂ©dagogique). | | Fermetures de classes rurales (2015-2025) | 6 229 classes | DonnĂ©e issue des travaux et questions parlementaires. | | Taux de rĂ©ussite Bac GT | Baisse marginale de \-0,1 point | ConsĂ©quence modĂ©lisĂ©e de la suppression des points de jury. | | PĂ©nĂ©tration de l'enseignement privĂ© | De 0 % (Creuse) Ă  \> 50 % (VendĂ©e) | EmpĂȘche une gĂ©nĂ©ralisation de l'effet d'Ă©viction du public vers le privĂ©. |

  2. Feb 2026
    1. Vers une École ÉclatĂ©e : Les RĂ©seaux d’Échanges RĂ©ciproques de Savoirs (R.E.R.S.) et le Territoire Apprenant

      Résumé Exécutif

      Ce document synthĂ©tise les rĂ©flexions de Claire HĂ©ber-Suffrin, pionniĂšre des RĂ©seaux d’Échanges RĂ©ciproques de Savoirs (R.E.R.S.), sur la transformation nĂ©cessaire de l'institution scolaire.

      La thÚse centrale propose de briser l'isolement de l'école en la muant en un "territoire apprenant".

      Cette mutation repose sur le passage d'une logique de besoins Ă  une logique de partage de ressources, oĂč chaque individu — Ă©lĂšve, enseignant, personnel administratif ou acteur local — est reconnu Ă  la fois comme porteur de savoirs et comme apprenant.

      En s'appuyant sur la réciprocité et la reconnaissance, cette approche vise non seulement à améliorer les performances académiques par le sens, mais aussi à lutter contre le déterminisme social et à favoriser une culture de la coopération territoriale.

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      1. La Redéfinition du Territoire Apprenant

      La transition vers une Ă©cole ouverte nĂ©cessite un changement de paradigme concernant la notion mĂȘme de "territoire".

      ‱ De la gĂ©ographie Ă  la ressource : Habituellement, un territoire est perçu comme un espace gĂ©ographique rĂ©pondant Ă  des besoins (santĂ©, Ă©ducation, emploi).

      L'approche de Claire Héber-Suffrin inverse cette logique : le territoire est le résultat du partage de ressources (savoirs, expériences, projets, utopies).

      ‱ La richesse des "savoirs cachĂ©s" : Le territoire n'est pas une somme de manques, mais un gisement de compĂ©tences sous-estimĂ©es.

      L'exemple de l'ouvrier chauffagiste d'Orly illustre cette dynamique : en étant sollicité par une classe pour expliquer son métier, il passe du statut d'exécutant à celui de détenteur d'un savoir valorisé, capable d'évaluer et de transmettre.

      ‱ Sortir du cadre : La crĂ©ativitĂ© et l'intelligence des situations Ă©mergent dĂšs que l'on sort du cadre préétabli. L'apprentissage ne doit plus ĂȘtre cloisonnĂ© par les murs de l'Ă©cole mais s'ancrer dans le rĂ©el.

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      2. Les Trois Étapes de la Transformation SystĂ©mique

      Pour un chef d'Ă©tablissement, la mise en Ɠuvre de cette transformation s'articule autour de trois axes fondamentaux :

      | Étape | Action Centrale | Objectif | | --- | --- | --- | | 1\. RĂ©flexion PartagĂ©e | Inverser les reprĂ©sentations sur le territoire. | Passer d'une vision centrĂ©e sur les "manques" Ă  une vision centrĂ©e sur les "richesses" et les ressources locales. | | 2\. Reconnaissance Interne | Identifier les savoirs au sein de l'Ă©tablissement. | Faire prendre conscience aux Ă©lĂšves et aux personnels (enseignants, administratifs, agents) qu'ils sont tous porteurs d'intelligence et de savoir-faire. | | 3\. Ouverture Partenariale | Organiser des rencontres avec des acteurs externes. | Solliciter des associations, des foyers de travailleurs, des maisons de retraite non pour un partenariat formel, mais pour un partage de savoirs concrets. |

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      3. La Pédagogie de la Réciprocité

      Le cƓur du systĂšme R.E.R.S. est la rĂ©ciprocitĂ©, qui redĂ©finit les rapports de force et les processus cognitifs.

      La parité relationnelle

      Il ne s'agit pas de nier la hiérarchie fonctionnelle (nécessaire à l'institution), mais d'instaurer une parité relationnelle.

      Chacun est alternativement celui qui accompagne et celui qui est accompagné. Cette dynamique crée un droit égal pour tous de donner et de recevoir.

      Les bénéfices cognitifs du partage

      Le fait de transmettre un savoir modifie l'activité mentale de l'apprenant :

      ‱ La prĂ©paration : Celui qui offre un savoir doit se remĂ©morer son propre apprentissage, identifier ses limites et reformuler sa pensĂ©e.

      ‱ La parole intrapersonnelle : Selon le concept citĂ© de Philippe Meirieu, enseigner Ă  autrui transforme une parole interpersonnelle en parole intrapersonnelle. On se parle Ă  soi-mĂȘme du savoir pour mieux le transmettre, ce qui consolide l'appropriation.

      ‱ Le savoir cherchĂ© vs le savoir subi : Lorsque l'apprentissage rĂ©pond Ă  un besoin rĂ©el (ex: construire un chalet ou calculer les coĂ»ts d'un foyer de travailleurs), l'effort cognitif devient une dĂ©marche active et dĂ©sirĂ©e.

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      4. Lutte contre le Déterminisme Social

      L'école éclatée agit comme un levier puissant contre l'enfermement social et l'échec scolaire.

      ‱ Changer le regard sur soi : Les Ă©lĂšves Ă©tiquetĂ©s "en difficultĂ©" intĂšgrent souvent cette identitĂ© nĂ©gative.

      La reconnaissance d'un talent (comme l'exemple de l'élÚve Brigitte excellant en danse) peut dédramatiser l'apprentissage global et servir de tremplin vers les matiÚres académiques.

      ‱ La conscience des manques comme moteur : Apprendre Ă  identifier ses propres ignorances sans honte est une Ă©tape cruciale.

      Si tout le monde est ignorant de quelque chose, le manque n'est plus une marque d'infériorité mais une opportunité de relation et de curiosité.

      ‱ Élargissement des rĂ©seaux : En apprenant Ă  construire des rĂ©seaux multiples (culturels, sociaux, ethniques), les Ă©lĂšves sortent de leur "clapier" social et dĂ©veloppent un esprit critique et une autonomie durable.

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      5. StratĂ©gies de Mise en ƒuvre pour les Cadres Éducatifs

      Face à la complexité administrative, le document suggÚre des approches pragmatiques :

      ‱ "Commencer bĂ©bĂ©" : Ne pas viser une transformation totale immĂ©diate. Il est conseillĂ© de dĂ©buter avec des volontaires et des projets Ă  petite Ă©chelle.

      ‱ La triangulation stratĂ©gique :

      1. Se relier : Créer des liens avec des experts et des pairs qui savent "autrement".   

      2. Apprendre : Le responsable doit lui-mĂȘme rester dans une posture d'apprenant face Ă  son rĂŽle et son environnement.   

      3. Essayer : Valoriser l'essai et l'erreur comme étapes nécessaires de l'innovation.

      ‱ Le projet enthousiasmant : La complexitĂ© organisationnelle est mieux acceptĂ©e lorsqu'elle est au service d'un projet porteur de sens (voyages, constructions rĂ©elles, expositions territoriales).

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      6. Conclusion : De la Bienveillance Ă  la Reconnaissance

      Le document conclut sur une distinction fondamentale entre la bienveillance, qui peut glisser vers la condescendance, et la reconnaissance.

      La reconnaissance au sein de l'école remplit trois fonctions vitales :

      1. Relecture positive de l'histoire : Prendre en compte le parcours de chacun.

      2. Construction de la présence : Valoriser la présence physique et humaine d'autrui dans un monde de plus en plus distanciel.

      3. Fonction de tremplin : "Puisque j'ai réussi ceci, je peux essayer autre chose."

      L'objectif ultime est de transformer la culture scolaire en une "culture apprenante", oĂč l'Ă©cole devient le point de rassemblement et le ferment d'une sociĂ©tĂ© plus solidaire et coopĂ©rative.

  3. Nov 2025
    1. SynthĂšse d'une Recherche sur les Associations et leurs Territoires

      SynthĂšse

      Ce document de synthÚse présente les principaux enseignements d'un travail de recherche doctoral analysant les relations complexes entre les associations et leurs territoires.

      La recherche démontre que le territoire d'une association n'est pas une simple donnée géographique, mais une construction dynamique et relationnelle façonnée par les interactions, les ressources mobilisées et les proximités (géographique, organisationnelle, institutionnelle) avec un écosystÚme d'acteurs.

      L'étude distingue une zone d'activité, souvent locale, d'une zone d'influence (liée au projet associatif) beaucoup plus large, soulignant que ces deux dimensions sont complémentaires.

      Il ressort que la coopération, centrale dans ce processus, est fortement guidée par l'appartenance sectorielle et le partage de valeurs, ce qui a des implications directes sur la recherche de financements et la légitimité des associations.

      La méthodologie mixte, combinant une analyse quantitative nationale de 1600 bassins de vie et une étude qualitative approfondie de huit territoires, confÚre une robustesse significative à ces conclusions.

      Ces travaux offrent des arguments concrets pour le plaidoyer, permettant aux associations de mieux valoriser leur contribution multidimensionnelle au développement et à l'attractivité des territoires.

      1. Contexte et Problématique de la Recherche

      Un Contexte Institutionnel en Tension

      La recherche s'inscrit dans un contexte institutionnel marqué par un "vrai questionnement aujourd'hui et mise en péril du monde associatif". Cette tension est illustrée par une dichotomie fondamentale :

      ‱ D'une part, une reconnaissance croissante de l'importance des associations. Un rapport de la Cour des comptes de septembre souligne que "les associations mettent en Ɠuvre des activitĂ©s sociales relevant du pĂ©rimĂštre de l'État", attestant de leur rĂŽle crucial dans la "soutenabilitĂ© et la durabilitĂ© voir l'inclusion de notre sociĂ©tĂ©".

      ‱ D'autre part, une remise en cause systĂ©matique de leurs financements et de leur existence mĂȘme.

      Cette situation crĂ©e un paradoxe entre la vision nationale, qui reconnaĂźt leur apport systĂ©mique, et les rĂ©alitĂ©s territoriales, oĂč la lĂ©gitimitĂ© des associations Ă  agir et Ă  ĂȘtre financĂ©es est constamment interrogĂ©e.

      L'Enjeu de la Relation au Territoire

      La question centrale qui motive la recherche est de qualifier la relation entre les associations et les territoires. Le financement et la légitimité d'une association sur un territoire sont souvent liés à son périmÚtre géographique d'influence et d'activité. La recherche vise donc à dépasser l'idée que les associations sont simplement "non délocalisables". En effet, une association peut fermer des postes dans une ville pour en ouvrir dans une autre, ce qui constitue une forme de délocalisation. Le travail de recherche se propose de déconstruire la notion de "local" pour analyser comment une association passe de la simple localisation (présence dans un espace) à l'ancrage (relations établies) et à la territorialisation (devenir une composante spécifique et indissociable du territoire).

      2. Le Cadre du Projet de Recherche Doctoral

      Cette recherche est menée dans le cadre d'une thÚse en CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) au sein du Réseau National des Maisons des Associations (RNMA), débutée en 2022.

      Le Réseau National des Maisons des Associations (RNMA)

      Le RNMA est un réseau national dont les membres sont des Maisons des Associations (MDA), qu'elles soient de statut associatif ou des services municipaux. Ses missions incluent :

      ‱ Faire remonter les problĂ©matiques du niveau local au niveau national.

      ‱ Accompagner le mĂ©tier d'accompagnateur de la vie associative.

      ‱ DĂ©velopper l'ingĂ©nierie, notamment en accompagnant la mise en place d'observatoires locaux de la vie associative, considĂ©rĂ©s comme des outils de co-construction de politiques publiques.

      Les Objectifs de la ThĂšse

      La thÚse vise à qualifier et interpréter les relations entre les associations et le territoire à travers trois objectifs principaux :

      1. Identifier et qualifier les variables socio-économiques qui expliquent la présence des établissements associatifs employeurs sur un territoire (approche quantitative).

      L'hypothÚse est que le tissu associatif est lié aux caractéristiques historiques, géographiques et culturelles d'un lieu.

      2. Tester et démontrer les relations entre les caractéristiques du territoire et les caractéristiques organisationnelles et sectorielles des associations (approche qualitative).

      3. Identifier les facteurs de diversité des associations, en analysant le processus qui mÚne de la localisation à la territorialisation.

      3. Cadre Conceptuel et Méthodologie

      Définitions Opérationnelles : Association et Territoire

      La recherche s'appuie sur des définitions précises pour structurer son analyse :

      ‱ L'Association :

      Elle est appréhendée non pas par sa définition juridique (loi 1901), mais comme une "forme organisationnelle construite" qui associe de maniÚre intrinsÚque une activité (réponse à des besoins) et un projet collectif.

      Elle mobilise pour cela des moyens humains (bénévoles, militants, salariés) et matériels.

      ‱ Le Territoire : Il n'est pas considĂ©rĂ© comme un espace gĂ©ographique statique, mais comme "une construction qui vient de l'histoire de la fondation de la structure [...] et surtout des interactions qu'elle va avoir avec d'autres organisations". Le territoire est donc le produit des relations entre les acteurs.

      Une Approche Méthodologique Mixte

      La robustesse de l'étude repose sur une méthodologie en deux temps :

      1. Phase Quantitative :

      ◩ PĂ©rimĂštre : Environ 1600 "bassins de vie" (dĂ©finition INSEE) en France mĂ©tropolitaine.   

      ◩ Analyse : Une mĂ©thode statistique a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour croiser les caractĂ©ristiques socio-dĂ©mographiques des bassins de vie (pyramide des Ăąges, revenus, types d'emplois) avec la prĂ©sence d'Ă©tablissements associatifs employeurs (donnĂ©es INSEE Floress 2021).  

      ◩ RĂ©sultat : L'analyse a permis de rĂ©partir l'ensemble des bassins de vie en trois grands groupes ("clusters"), c'est-Ă -dire trois familles partageant des caractĂ©ristiques similaires dans l'articulation entre leur profil socio-Ă©conomique et la prĂ©sence associative.

      2. Phase Qualitative :

      ◩ Échantillon : Huit bassins de vie ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s, reprĂ©sentatifs des trois clusters et caractĂ©risĂ©s par la prĂ©sence d'une Maison des Associations (associative ou municipale).

      Les territoires étudiés sont : Grenoble, Dijon, Amiens, Concarneau, Montrevault-sur-Èvre, Niort, Crayon et Mauguio.   

      ◩ Collecte de donnĂ©es : 28 entretiens semi-directifs ont Ă©tĂ© menĂ©s (3 Ă  4 par bassin de vie) avec des associations de tous secteurs, employeuses comme non employeuses.

      Le choix de se concentrer initialement sur les associations employeuses pour la partie quantitative s'explique par la disponibilité de données statistiques fiables et consolidées au niveau national (via les déclarations URSSAF), ce qui n'est pas le cas pour les associations non employeuses.

      4. Étude de Cas : Le Bassin de Vie de Dijon

      Pour illustrer la démarche d'analyse, le cas d'une association culturelle dans le bassin de vie de Dijon est présenté.

      Caractéristiques Socio-économiques du Territoire

      Indicateur

      Donnée

      Département

      CĂŽte-d'Or

      Évolution de la population (2016-2021)

      +2,5 %

      Structure démographique

      23 % de moins de 20 ans, 26 % de retraités

      Catégories socio-professionnelles

      11 % de cadres

      Économie

      83 % de l'emploi dans le secteur tertiaire

      Tissu associatif employeur

      947 établissements, générant prÚs de 13 000 salaires

      Le territoire est perçu par les acteurs locaux comme offrant une bonne qualité de vie ("bon vivre"), avec une université, une offre culturelle importante, mais aussi un cÎté "un petit peu bourgeois".

      Modélisation d'une Association Culturelle

      ‱ Objet : Association de musique Ă©lectronique, créée en 2004 par des passionnĂ©s suite Ă  la fermeture d'un club.

      ‱ Structuration : D'abord bĂ©nĂ©vole, elle se professionnalise Ă  partir de 2012 et compte aujourd'hui 3 salariĂ©s et une gouvernance de 8 personnes.

      ‱ ActivitĂ©s :

      ◩ Programmation/Production : Concerts, festivals.    ◩ CrĂ©ation : Studios de mixage.   

      ◩ Militantisme : Promotion de la musique Ă©lectronique, professionnalisation du secteur, et mise en avant des valeurs de tolĂ©rance et de diversitĂ©.  

      ◩ Publics diversifiĂ©s : Ateliers en EHPAD, sensibilisation pour les jeunes en MJC, "booms" pour enfants.

      ‱ ÉcosystĂšme : L'association interagit avec de multiples acteurs Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles (commune, mĂ©tropole, dĂ©partement, national) :

      • autres associations (culturelles, environnementales),
      • la MDA municipale,
      • les financeurs institutionnels (Ville, DRAC, Conseil RĂ©gional), et
      • des rĂ©seaux (Ligue de l'enseignement, fĂ©dĂ©rations culturelles).

      Analyse via le Prisme des Proximités

      La relation entre l'association et son écosystÚme est analysée à travers trois types de proximités :

      ‱ ProximitĂ© GĂ©ographique : Évidente avec ses salariĂ©s, son public local, les EHPAD, les MJC et les autres associations locales. Elle facilite la rencontre et la coopĂ©ration.

      ‱ ProximitĂ© Organisationnelle : Le partage de modes de fonctionnement.

      Elle existe avec toutes les associations (gouvernance dĂ©mocratique, non-lucrativitĂ©) mais est beaucoup plus forte avec les associations du mĂȘme secteur culturel, qui partagent des rĂšgles et des logiques d'action communes (ex: organiser un festival).

      ‱ ProximitĂ© Institutionnelle : Le partage de valeurs et de normes. De mĂȘme, si des valeurs comme la solidaritĂ© sont partagĂ©es largement dans le monde associatif, cette proximitĂ© est nettement plus marquĂ©e au niveau sectoriel.

      5. Principaux Résultats et Conclusions Transversales

      L'étude de cas et les autres entretiens permettent de dégager des conclusions plus générales.

      Le Territoire : Une Construction Dynamique et Relationnelle

      Les résultats montrent que les associations ne sont pas simplement "localisées".

      Leur capacitĂ© Ă  s'ancrer et Ă  se territorialiser repose sur des mĂ©canismes complexes oĂč la coopĂ©ration occupe une place centrale.

      Le territoire n'est donc "pas du tout figé ni fixe, il est tout à fait dynamique" ; il est multi-scalaire, multi-acteurs, et incarné par la capacité des associations à mobiliser des ressources et des proximités.

      Distinction entre Zone d'Activité et Zone d'Influence

      Une distinction fondamentale est établie :

      ‱ La Zone d'ActivitĂ© : L'espace oĂč se dĂ©ploient les activitĂ©s concrĂštes de l'association. Dans le cas de Dijon, elle est principalement concentrĂ©e sur la commune et la mĂ©tropole.

      ‱ La Zone d'Influence : L'espace beaucoup plus large sur lequel rayonne le projet associatif (le militantisme, les valeurs, la reconnaissance du mouvement). Elle "dĂ©passe largement tous ces pĂ©rimĂštres lĂ ".

      Ces deux zones sont complémentaires et dynamiques.

      Le RÎle Central des Proximités et du Secteur d'Activité

      ‱ La ProximitĂ© GĂ©ographique est structurante : Elle est la condition premiĂšre de la rencontre et de la connaissance mutuelle.

      Les MDA jouent un rÎle clé de "lieu ressources" et de "facilitateurs".

      ‱ Le Secteur d'ActivitĂ© est dĂ©terminant : Les proximitĂ©s organisationnelle et institutionnelle sont dĂ©cuplĂ©es au sein d'un mĂȘme secteur.

      Les associations d'un mĂȘme domaine partagent des rĂšgles, des logiques et surtout des valeurs spĂ©cifiques beaucoup plus fortes.

      ‱ Les Valeurs comme guide de l'action : La proximitĂ© institutionnelle (le partage de valeurs) est un facteur crucial pour la coopĂ©ration et la recherche de financement.

      Comme l'indique un verbatim marquant de l'Ă©tude : "On travaille pas avec quelqu'un tout court si on n'a pas les mĂȘmes valeurs".

      6. Implications pour le Plaidoyer Associatif

      Les résultats de cette recherche offrent des pistes concrÚtes pour que les associations valorisent leurs activités auprÚs des acteurs publics et des financeurs.

      1. Dépasser la logique de l'activité seule : Il est crucial de montrer que l'association ne se résume pas à son activité (qui contribue à l'attractivité et au développement local), mais qu'elle possÚde également un projet et une zone d'influence qui rayonnent bien au-delà.

      2. DĂ©montrer l'effet de levier : Un financement local (par exemple, "1 € d'un acteur d'une commune") n'est pas une simple subvention.

      Il a un effet levier qui permet d'aller chercher d'autres financements à d'autres échelles (régionale, nationale), contribuant ainsi au rayonnement global de l'association et du territoire.

      3. Valoriser l'attraction de ressources externes : Les associations, par leur réseau et leur zone d'influence, attirent des ressources extérieures (artistes, expertises, financements) qu'elles mettent à disposition des habitants et du territoire, renforçant ainsi son attractivité.

  4. Sep 2025
    1. La Démarche d'Observation Locale de la Vie Associative (OLVA)

      Résumé

      La démarche d'Observation Locale de la Vie Associative (OLVA), pilotée par le Réseau National des Maisons des Associations (RNMA), est une initiative structurée visant à combler le manque de données sur le tissu associatif à l'échelle territoriale.

      Face à une statistique publique jugée insuffisante et mal adaptée aux réalités associatives, l'OLVA propose une méthodologie rigoureuse pour objectiver les réalités, mesurer les évolutions et permettre des comparaisons entre territoires.

      La finalité est de "connaßtre pour agir" : transformer la connaissance produite en actions concrÚtes, en politiques publiques éclairées et en un accompagnement plus pertinent pour les associations.

      La démarche repose sur deux piliers :

      • une enquĂȘte quantitative (l'observation) via un questionnaire standardisĂ© d'une cinquantaine de questions, et

      • la crĂ©ation d'une dynamique partenariale (l'observatoire) associant acteurs associatifs et publics.

      Ce processus se dĂ©cline en trois phases : la prĂ©paration (dĂ©finition des enjeux locaux, formation), la diffusion de l'enquĂȘte (mobilisation des partenaires), et l'analyse des donnĂ©es suivie d'actions post-enquĂȘte.

      Le RNMA fournit un accompagnement complet incluant des formations, des outils (questionnaire, plateforme en ligne), l'analyse statistique et la mise en réseau des quelque 50 observatoires actifs.

      Les livrables finaux incluent une infographie synthĂ©tique, une analyse des associations employeuses et un rapport d'enquĂȘte dĂ©taillĂ©, conçus pour aider Ă  la dĂ©cision, renforcer la reconnaissance du secteur et mettre en dĂ©bat les enjeux de la vie associative.

      1. Contexte et Origine de la Démarche

      1.1. Le Réseau National des Maisons des Associations (RNMA)

      Le RNMA est une tĂȘte de rĂ©seau regroupant un peu plus de 100 structures membres rĂ©parties sur le territoire français.

      Sa spécificité réside dans l'hybridité de ses membres, qui incluent des Maisons des Associations sous statut associatif et des services "Vie Associative" de collectivités publiques.

      Cette diversité est considérée comme une richesse pour le réseau.

      Les missions principales du RNMA sont :

      ‱ Faire rĂ©seau : CrĂ©er des synergies entre les membres via des rencontres nationales et des projets communs. ‱ Coordonner des projets : L'OLVA est un exemple de projet nĂ© d'un enjeu commun identifiĂ© : le besoin de connaissance de la vie associative locale. D'autres chantiers portent sur l'engagement ou le mĂ©tier d'accompagnateur. ‱ Être un relais : Porter les enjeux et problĂ©matiques des membres et des associations qu'ils accompagnent auprĂšs des partenaires publics et privĂ©s.

      1.2. La GenĂšse de l'OLVA

      La démarche OLVA est née d'un constat fondamental : la méconnaissance de la vie associative à l'échelle d'un territoire. La statistique publique est jugée "assez faible" pour décrire ce secteur, étant principalement conçue pour le monde économique.

      Pour répondre à ce besoin, le RNMA s'est inspiré dÚs 2006 des travaux de Viviane Chardononog, chercheuse au CNRS qui produit réguliÚrement des "paysages associatifs français".

      La méthodologie d'observation nationale a été adaptée et déclinée à l'échelle locale de maniÚre progressive, par des tests puis la création d'outils.

      Depuis 2021, une évolution majeure a été la mise en place d'un systÚme de lancement d'observations synchronisées, créant des "vagues" d'observatoires. Cette approche facilite l'accompagnement et génÚre une dynamique d'échange et de partage entre les territoires participants.

      2. Les Objectifs Stratégiques de l'OLVA

      La démarche poursuit un objectif principal : "Connaßtre pour agir". La connaissance n'est pas une fin en soi, mais un levier pour transformer les réalités et répondre aux besoins identifiés.

      2.1. Objectifs Liés à l'Observation

      1. Objectiver les réalités : Dépasser les "ressentis" sur la structuration du tissu associatif en produisant des chiffres et des données factuelles.

      2. Mesurer les Ă©volutions : AprĂšs une premiĂšre enquĂȘte qui Ă©tablit une "photo statique", les observations suivantes permettent de comparer les "millĂ©simes" et de suivre les dynamiques sur le long terme.

      3. Se comparer : La méthodologie commune appliquée sur une cinquantaine de territoires permet de situer les réalités locales par rapport à d'autres territoires et aux tendances nationales décrites par Viviane Chardononog.

      2.2. Objectifs Liés à l'Action

      ‱ Aider Ă  la dĂ©cision : Fournir des donnĂ©es pour orienter les politiques publiques des collectivitĂ©s et les stratĂ©gies d'accompagnement des structures d'appui associatives.

      ‱ Communiquer sur le secteur : Lutter contre les prĂ©jugĂ©s sur le monde associatif en partageant des rĂ©alitĂ©s objectivĂ©es.

      ‱ Favoriser la reconnaissance : Mettre en lumiĂšre la transversalitĂ© et la globalitĂ© de la vie associative, souvent cloisonnĂ©e par secteurs (sport, culture, etc.) au sein des collectivitĂ©s. L'enquĂȘte permet d'aborder les enjeux de maniĂšre transversale.

      ‱ CrĂ©er du commun : Les temps de restitution de l'enquĂȘte sont des occasions pour des associations de secteurs diffĂ©rents de se rencontrer, de partager des difficultĂ©s communes et de crĂ©er une "espĂšce de commun de la vie associative".

      ‱ Mettre en dĂ©bat : Utiliser les rĂ©sultats de l'enquĂȘte pour identifier les difficultĂ©s, se poser les bonnes questions et rassembler les acteurs autour de la table.

      3. Méthodologie et Déroulement

      La dĂ©marche OLVA s'articule autour de deux axes complĂ©mentaires : l'observation (l'enquĂȘte elle-mĂȘme) et l'observatoire (la dynamique partenariale).

      3.1. L'EnquĂȘte (L'Observation) Il s'agit d'une enquĂȘte principalement quantitative, avec la possibilitĂ© d'y associer un volet qualitatif (par exemple, via un partenariat universitaire).

      Le Questionnaire : * ‱ Format : Environ 50 questions. * ‱ Temps de remplissage : Environ 20 minutes.

      ‱ Structure en 4 parties :

        1. Profil de l'association : Secteur d'activité, ùge, périmÚtre d'action.
        1. Membres de l'association : Profil des dirigeants, bénévoles, volontaires.
        1. Moyens de fonctionnement : Ressources, régime de financement, locaux.
        1. Besoins et perspectives.

      Ce questionnaire "tronc commun" peut ĂȘtre complĂ©tĂ© par des questions spĂ©cifiques dĂ©finies en fonction des enjeux du territoire.

      3.2. La Dynamique Partenariale (L'Observatoire)

      C'est un aspect essentiel qui consiste Ă  associer d'autres acteurs du territoire concernĂ©s par l'enquĂȘte (fĂ©dĂ©rations associatives, acteurs publics, etc.). Cette collaboration vise Ă  : ‱ Garantir une large diffusion du questionnaire au-delĂ  des contacts habituels. ‱ Permettre une action post-enquĂȘte en impliquant dĂšs le dĂ©part ceux qui pourront rĂ©pondre aux besoins exprimĂ©s. ‱ Favoriser l'interconnexion des acteurs du territoire.

      3.3. Les Trois Phases de la Démarche

      Phase

      Description des Actions

      1. PrĂ©paration de l'enquĂȘte

        • DĂ©finition des objectifs et enjeux spĂ©cifiques au territoire.<br>
        • Formulation des questions complĂ©mentaires au tronc commun.<br>
        • Mobilisation des donnĂ©es existantes (notamment INSEE pour les associations employeuses).<br>
        • Organisation de formations par le RNMA.

      2. Diffusion et recueil

        • Mobilisation de l'observatoire et des partenaires pour une diffusion large (en ligne, questionnaire papier).<br>
        • Association possible avec des Ă©vĂ©nements forts (ex: Forum des associations).<br>
        • Animation de la collecte : phoning, relances ciblĂ©es par secteur pour assurer un Ă©chantillon cohĂ©rent.<br>
        • Accompagnement du RNMA pour le suivi de la qualitĂ© de l'Ă©chantillon.

      3. Analyse et post-enquĂȘte

        • Analyse statistique des donnĂ©es rĂ©alisĂ©e par le RNMA (vĂ©rification de cohĂ©rence, croisements de variables).<br>
        • Partage des premiers rĂ©sultats avec le porteur de projet pour identifier des axes d'approfondissement.<br>
        • Organisation du travail post-enquĂȘte pour rĂ©pondre aux besoins identifiĂ©s et dialoguer avec les pouvoirs publics.

      4. Moyens et Accompagnement du RNMA

      4.1. Moyens Humains Requis

      Le RNMA identifie trois fonctions clés à mobiliser pour mener à bien une démarche OLVA :

      • 1. Pilotage : Gestion de projet (planification, suivi, moyens).

      • 2. Animation : Mobilisation des partenaires, diffusion de l'enquĂȘte, communication. Cette fonction peut ĂȘtre assurĂ©e en interne ou via des stagiaires ou services civiques.

      • 3. Analyse : AssurĂ©e par le RNMA, avec une possibilitĂ© de transfert de compĂ©tences ("formation-action") vers la structure porteuse pour de futures observations.

      4.2. Appuis Fournis par le RNMA

      ‱ Accompagnement et Formations :

      • ◩ Structurer une dĂ©marche d'observation (2 jours) : en amont du projet.
      • ◩ Analyse de donnĂ©es (1 jour) : en fin d'enquĂȘte, pour maĂźtriser les rĂ©sultats.
      • ◩ Mener une enquĂȘte Ă©clair : formation pour des enquĂȘtes plus simples et rapides sur des sujets spĂ©cifiques.

      ‱ Outillage : Fourniture du questionnaire tronc commun, mise en ligne, plateforme de collecte de donnĂ©es et outils issus de l'expĂ©rience des autres territoires.

      ‱ Analyse de donnĂ©es : Exploitation des donnĂ©es existantes (crĂ©ations d'associations, associations employeuses) et analyse complĂšte des donnĂ©es collectĂ©es.

      ‱ Mise en rĂ©seau et valorisation : ◩ Organisation de journĂ©es d'Ă©change de pratiques deux fois par an pour les 50 observatoires. ◩ Valorisation des travaux locaux via des colloques, articles, etc.

      4.3. Livrables

      Trois types de documents sont produits Ă  l'issue de l'analyse :

        1. Infographie "Les chiffres clés de la vie associative" : Un document synthétique et visuel de 4 pages, facile à diffuser.
        1. Document sur les associations employeuses : Une analyse courte basée sur les derniÚres données INSEE Flores.
        1. Rapport d'enquĂȘte complet : Un document d'environ 40 pages traitant toutes les questions avec graphiques, commentaires et dĂ©tail de la mĂ©thodologie.

      5. Partenariats et Enjeux Territoriaux (SynthÚse des échanges)

      5.1. Articulation avec Guid'Asso

      • ‱ Le RNMA est membre du comitĂ© de pilotage national de Guid'Asso et accompagne son dĂ©ploiement sur les territoires.
      • ‱ Les questions posĂ©es par les observatoires (structuration de la vie associative, besoins, articulation des appuis) sont jugĂ©es "trĂšs connexes" Ă  la structuration de cette politique publique.
      • ‱ L'articulation se fait de maniĂšre variable selon les territoires, mais il est notĂ© un dĂ©veloppement d'observatoires rĂ©gionaux (ex: Hauts-de-France) qui permettent une approche diffĂ©rente.

      5.2. Relations avec les Collectivités et la Charte des Engagements Réciproques

      • ‱ Le RNMA et ses membres connaissent et travaillent sur la dĂ©clinaison de la Charte des engagements rĂ©ciproques entre l'État, les associations et les collectivitĂ©s.
      • ‱ Il est soulignĂ© que l'enjeu rĂ©side moins dans le document lui-mĂȘme que dans le processus de co-construction.
      • ‱ La mise en place d'une telle charte peut ĂȘtre une des consĂ©quences concrĂštes d'une dĂ©marche d'observation, en rĂ©ponse aux dĂ©fis identifiĂ©s.

      5.3. Échelle d'Action et CompĂ©tences * ‱ L'observation se fait souvent Ă  l'Ă©chelle d'une commune ou d'une communautĂ© de communes. * ‱ Une difficultĂ© est identifiĂ©e Ă  l'Ă©chelle des communautĂ©s de communes : la "vie associative" reste souvent une compĂ©tence communale, ce qui peut limiter la capacitĂ© des intercommunalitĂ©s Ă  porter de tels projets. * ‱ Cependant, lorsque le portage est associatif (par une Maison des Associations), le bassin de vie ou la communautĂ© de communes est plus rĂ©guliĂšrement l'Ă©chelle privilĂ©giĂ©e.

      6. Considérations Pratiques

      • ‱ CoĂ»t de la dĂ©marche : Le coĂ»t varie en fonction de la taille du territoire, mais se situe gĂ©nĂ©ralement entre 8 000 et 12 000 €. Ce montant est ajustable en fonction du niveau d'analyse et de transfert de compĂ©tences souhaitĂ©.
      • ‱ Format des formations : Elles sont privilĂ©giĂ©es en prĂ©sentiel pour faciliter les Ă©changes et la connaissance mutuelle.
    1. Document d'Information : SynthĂšse de la 18Ăšme JournĂ©e du Refus de l'Échec Scolaire

      Résumé

      La 18Ăšme JournĂ©e du Refus de l'Échec Scolaire (JRES), organisĂ©e par l'AFEV, a portĂ© sur le thĂšme "Jeunesses populaires rurales et urbaines : mĂȘme combat face aux inĂ©galitĂ©s Ă©ducatives ?".

      L'événement a mis en lumiÚre les convergences et les divergences entre ces deux jeunesses, souvent opposées dans le discours public via la formule "jeunesse des tours, jeunesse des bourgs".

      Les débats ont révélé que, bien que confrontées à des défis spécifiques liés à leur territoire (mobilité pour les ruraux, discriminations pour les urbains), ces jeunesses partagent des problématiques communes profondément ancrées dans les inégalités sociales.

      Une enquĂȘte exclusive de Trajectoires RĂ©flex, menĂ©e auprĂšs de 1500 lycĂ©ens, a dĂ©montrĂ© la prĂ©pondĂ©rance du milieu social sur le lieu de vie dans la dĂ©termination des parcours scolaires et des aspirations.

      Les jeunes des classes populaires, qu'ils soient ruraux ou urbains, s'orientent davantage vers des filiÚres courtes, tandis que les jeunes de classes supérieures visent des études longues. L'étude souligne également une anxiété partagée face à l'orientation, notamment à cause de Parcoursup.

      Les intervenants, incluant le sociologue Benoßt Coquard, des élus locaux, des acteurs associatifs et des chercheurs, ont unanimement appelé à dépasser les oppositions stériles.

      Ils ont souligné l'importance de reconnaßtre les réalités diverses des territoires, les dynamiques d'autocensure, la complexité de la mobilité (partir, rester, revenir) et l'impact de l'isolement.

      Un consensus s'est dégagé sur l'urgence de refonder des politiques publiques décloisonnées, de repenser le modÚle de la méritocratie et de valoriser toutes les formes de réussite et d'engagement pour reconstruire un "destin commun" et garantir une véritable égalité des chances pour tous les jeunes.

      1. Thématique Centrale : Dépasser l'Opposition "Tours vs. Bourgs"

      La 18Úme JRES a été initiée pour analyser l'articulation entre les jeunesses populaires rurales et urbaines, un parallÚle popularisé par la formule "jeunesse des tours, jeunesse des bourgs".

      Les intervenants ont largement critiqué l'instrumentalisation politique et médiatique de cette opposition.

      ‱ Origine de la rĂ©flexion (Eunice Mangado-Lunetta, AFEV) : L'AFEV, historiquement ancrĂ©e dans les Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville (QPV), a constatĂ© que "la France qui va mal, on la retrouve partout".

      L'association a remis en question le discours opposant un "bloc métropolitain" riche à un "bloc périphérique" en difficulté, discours souvent utilisé pour critiquer l'investissement public dans les QPV au détriment d'une "France qui souffre silencieusement dans les campagnes".

      ‱ Perspective sociologique (BenoĂźt Coquard) : Le sociologue, parrain de l'Ă©vĂ©nement, a soulignĂ© que cette formule est un slogan efficace mais "en partie trompeur".

      Il a expliqué que l'enjeu politique actuel est de se réclamer de la ruralité, devenue un "faire-valoir" et un "écran de fumée" masquant les questions sociales.

      Il insiste sur la nécessité de parler des "ruralités" au pluriel, car il existe des écarts de richesse et des dynamiques démographiques trÚs variés entre les campagnes, tout comme dans les villes.

      ‱ Objectif de la journĂ©e : L'objectif n'Ă©tait pas d'opposer ces jeunesses ni de mettre un signe Ă©gal entre elles, mais de "chercher du commun" tout en reconnaissant ce qui diffĂšre, afin d'Ă©viter les "oppositions stĂ©riles". L'enquĂȘte prĂ©sentĂ©e visait spĂ©cifiquement Ă  superposer le filtre territorial et le filtre social pour une analyse plus juste.

      2. EnquĂȘte Trajectoires RĂ©flex : DonnĂ©es ClĂ©s sur les LycĂ©ens

      Une enquĂȘte a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e de mai Ă  juillet 2025 auprĂšs de plus de 1500 lycĂ©ens de filiĂšres gĂ©nĂ©rales, technologiques et professionnelles.

      L'échantillon comprenait 41% de jeunes de communes rurales et 26% de jeunes de petites villes. L'analyse croise le lieu de vie avec le milieu social (défini par le diplÎme et la CSP des parents).

      2.1 Orientation et Projections d'Études Le milieu social apparaĂźt comme le facteur prĂ©pondĂ©rant dans les choix d'orientation, plus que le lieu de vie.

      ‱ Rapport au lycĂ©e :

      ◩ 94% des jeunes disent avoir choisi leur filiùre.

      ◩ 70% ressentent de la pression liĂ©e aux cours et aux rĂ©sultats.

      ◩ Plus d'un tiers dĂ©clare avoir des difficultĂ©s d'apprentissage, une part plus importante chez les jeunes de classes populaires.

      ‱ Orientation post-bac : ◩ 61% se sentent bien informĂ©s, mais 58% sont inquiets.

      ◩ Le stress est principalement causĂ© par les dĂ©marches Parcoursup et le flou du projet d'orientation.

      ‱ Aspirations :

      ◩ 80% souhaitent poursuivre des Ă©tudes supĂ©rieures.

      ◩ L'influence du milieu social est nette : les jeunes urbains de classe supĂ©rieure privilĂ©gient les Ă©tudes longues (Master, Grande École), tandis que les jeunes ruraux de classe populaire ciblent davantage les filiĂšres courtes pour une insertion plus rapide sur le marchĂ© du travail.

      Type d'études Jeunes de classe populaire RURALE Jeunes de classe populaire URBAINE FiliÚre courte (BTS/BUT) 32% 16% Niveau Master 38% 55%

      ‱ Sens donnĂ© aux Ă©tudes : Pour les jeunes de classe supĂ©rieure, la "rĂ©ussite personnelle" prime. Pour ceux des milieux populaires, c'est avant tout le fait de "gagner de l'argent".

      2.2 Mobilité, Attachement et Avenir

      ‱ Attachement au territoire : 82% des jeunes partagent un fort attachement Ă  leur lieu de vie. Cet attachement est plus marquĂ© chez les jeunes ruraux (85%) et encore plus chez les jeunes ruraux de classe populaire (90%).

      ‱ Projet de dĂ©part : ◩ 69% se prĂ©parent Ă  partir de chez leurs parents pour leurs Ă©tudes.

      ◩ Ce sont les jeunes de milieux favorisĂ©s et les jeunes ruraux qui sont les plus nombreux Ă  se prĂ©parer Ă  partir.

      ◩ Cependant, le dĂ©part est plus souvent subi par les ruraux : 17% des jeunes ruraux parlent d'une "contrainte Ă  quitter le domicile familial", contre seulement 9% des jeunes citadins.

      ‱ Bien-ĂȘtre et difficultĂ©s :

      ◩ 84% se sentent bien au quotidien, mais 64% tĂ©moignent de leur anxiĂ©tĂ©.
      

      ◩ 1 jeune sur 5 se sent isolĂ©. Ce sentiment est plus prononcĂ© chez les jeunes de classe populaire rurale (21%) que chez les urbains (15%).

      ◩ Les difficultĂ©s financiĂšres sont plus frĂ©quentes chez les jeunes de milieu populaire (40% vs 14% chez les enfants de Bac+5).

      ‱ Projection sociale :

      ◩ Seuls 36% des citadins et 25% des ruraux pensent avoir une meilleure vie que leurs parents. 45% ne savent pas.

      ◩ Les jeunes de milieu populaire semblent plus optimistes, espĂ©rant une ascension sociale. Cependant, un clivage territorial existe : 42% des citadins de milieu populaire ont une image positive de leur avenir, contre 31% des ruraux de milieu populaire.

      2.3 Mobilité Quotidienne et Déplacements Les difficultés de déplacement sont significativement plus marquées pour les jeunes ruraux.

      ‱ Seule la moitiĂ© (50%) des jeunes de classe populaire rurale dĂ©clare qu'il est facile pour eux de se dĂ©placer, contre 90% des jeunes de classe populaire urbaine.

      ‱ DĂ©pendance Ă  la voiture : 53% des jeunes ruraux utilisent la voiture au quotidien (contre 12% des citadins). Le permis est jugĂ© indispensable pour 80% des ruraux (contre 55% des citadins).

      2.4 Rapport aux Institutions et Ă  l'Engagement

      ‱ Discriminations :

      ◩ 36% des jeunes dĂ©clarent en avoir Ă©tĂ© victimes, principalement Ă  l'Ă©cole (94% des cas).

      ◩ Le sentiment est plus marquĂ© chez les jeunes urbains (43% vs 31% des ruraux).

      ◩ Les motifs varient : pour les citadins de classe populaire, les discriminations sont liĂ©es Ă  l'origine, l'apparence et les convictions. Pour les ruraux de classe populaire, elles sont liĂ©es Ă  l'apparence, la classe sociale et l'Ă©tat de santĂ©.

      ‱ Confiance dans les institutions : La confiance est plus forte chez les jeunes de classe supĂ©rieure et les jeunes ruraux.

      ◩ Police : 83% des jeunes ruraux de milieu modeste font confiance à la police, contre 58% des jeunes urbains de milieu modeste.

      ◩ Une mĂ©fiance gĂ©nĂ©ralisĂ©e est partagĂ©e envers les mĂ©dias (42% de confiance), les rĂ©seaux sociaux (21%) et surtout la classe politique (16%).

      ‱ Rapport au vote et Ă  l'engagement : ◩ Le rapport au vote est socialement inĂ©gal : 60% des jeunes de milieu favorisĂ© pensent voter, contre 46% des enfants de non-diplĂŽmĂ©s.

      ◩ 44% des jeunes ne savent pas s'ils comptent s'engager plus tard. Ce doute est plus fort chez les jeunes ruraux.

      3. Parcours de Vie et Analyses Croisées

      3.1 Le Témoignage de Benoßt Coquard : Du Rural à la Sociologie

      Le sociologue Benoßt Coquard a partagé son parcours personnel, emblématique des barriÚres et des aléas qui façonnent les destins.

      ‱ Origines : Vient d'un village de Haute-Marne, un dĂ©partement avec trĂšs peu de cadres. Ses parents, "petits fonctionnaires", ont quittĂ© l'Ă©cole Ă  14-15 ans. Il n'avait "pas de modĂšle estudiantin".

      ‱ Bifurcation : Doit sa mobilitĂ© sociale Ă  "l'intervention un peu divine, un peu alĂ©atoire" de sa sƓur qui l'a poussĂ© vers les Ă©tudes supĂ©rieures.

      Il souligne que sans l'inexistence de Parcoursup à l'époque, il n'aurait pas pu s'inscrire à l'université avec son "mauvais dossier scolaire".

      ‱ Rapport Ă  l'Ă©cole : Mauvais Ă©lĂšve, il a ratĂ© son bac. L'Ă©cole Ă©tait pour lui "la seule scĂšne sociale sur laquelle [il Ă©tait] parfois dĂ©valorisĂ©". Il dĂ©crit la construction d'une "culture anti-Ă©cole" oĂč l'on dĂ©veloppe des modĂšles de reconnaissance alternatifs (sport, sociabilitĂ© locale).

      ‱ Analyse sociologique : Son travail de recherche, notamment Ceux qui restent, l'a amenĂ© Ă  Ă©tudier son propre milieu.

      Il met en évidence que les jeunes ruraux croient davantage en leurs "ressources d'autochtonie" (réseau local, piston) pour s'en sortir, ce qui peut les détourner de l'école.

      À l'inverse, les jeunes des quartiers, souvent issus de l'immigration, surinvestissent l'Ă©cole car leurs parents n'ont pas ce capital d'autochtonie.

      3.2 Le Témoignage d'Yvon Atonga : Destins Divergents en Banlieue

      Yvon Atonga, co-auteur de Petit frĂšre, a racontĂ© son histoire et celle de son frĂšre Wilfried, qui a grandi dans le mĂȘme environnement Ă  Villiers-le-Bel mais a connu un destin tragique.

      ‱ Points de bifurcation : Il identifie plusieurs moments clĂ©s qui ont sĂ©parĂ© leurs trajectoires :

      1. L'intervention de sa mÚre : Un jour, alors que ses amis venaient le chercher, sa mÚre leur a dit qu'il n'était pas là car il faisait ses devoirs. Ses amis sont partis commettre un braquage et ont été condamnés à de lourdes peines.

      2. Un voyage au Congo : À 15 ans, un voyage dans son pays d'origine a Ă©tĂ© un "Ă©lectrochoc", lui faisant prendre conscience des opportunitĂ©s qu'il avait en France.

      ‱ La loyautĂ© au quartier : Il dĂ©crit une "loyautĂ© indiscutable" au groupe d'amis et au quartier, qui reprĂ©sente une "deuxiĂšme famille". Partir est souvent perçu comme une "trahison".

      Il insiste sur le fait qu'il revient aujourd'hui au quartier via son association pour "ne pas trahir" et "transmettre aux petits frùres et aux petites sƓurs".

      3.3 Regards des Acteurs de Terrain

      ‱ Élus locaux (Fabrice Bossui, Driss Étaoui) : Ils dĂ©noncent le manque de concertation sur des sujets cruciaux comme la carte scolaire, qui impose des temps de transport dĂ©mesurĂ©s aux jeunes ruraux.

      Ils soulignent l'évitement scolaire massif vers le privé qui accentue la ségrégation et la concentration de la pauvreté dans certains établissements publics.

      ‱ ANCT (Corine de la MaĂźtrise) : Rappelle que si le milieu social reste un "dĂ©terminant majeur", le territoire module les trajectoires.

      L'objectif est de "lutter contre les inégalités de destin territorial".

      Elle souligne que 30% des QPV se situent aujourd'hui dans des petites ou moyennes villes, brouillant la frontiÚre traditionnelle entre politique de la ville et ruralité.

      Elle alerte sur le fait qu'il faut "12 générations pour sortir de la pauvreté quand on vient d'un QPV", contre 9 en moyenne en France.

      ‱ Acteurs associatifs (SalomĂ© Berlou, Ashraf Manar) : Ils appellent Ă  dĂ©passer une vision "victimaire" des jeunes des territoires populaires.

      Ces jeunes sont des acteurs engagĂ©s dans leurs localitĂ©s, mĂȘme si cet engagement n'est pas toujours formalisĂ© ou reconnu.

      Leurs associations (Rura, Destins Liés) visent à outiller ces jeunes pour qu'ils aient le "choix" de leur parcours, en luttant contre l'autocensure et en créant des ponts entre les territoires.

      4. Conclusions et Perspectives ‱ Le primat du social : La journĂ©e a rĂ©affirmĂ© que la question sociale est le fil rouge qui relie les difficultĂ©s des diffĂ©rentes jeunesses populaires, bien au-delĂ  des spĂ©cificitĂ©s territoriales.

      ‱ La complexitĂ© du "partir/rester" : Le dĂ©part n'est pas toujours un choix Ă©mancipateur mais souvent une contrainte, notamment pour les ruraux.

      Rester n'est pas forcément un échec mais peut correspondre à un attachement profond, tout en étant parfois synonyme d'assignation à résidence.

      ‱ L'isolement et la santĂ© mentale : La solitude, que ce soit dans un village Ă©loignĂ© ou dans une citĂ© universitaire aprĂšs le dĂ©part, est une problĂ©matique centrale et croissante qui impacte lourdement les parcours.

      ‱ La crise de la mĂ©ritocratie : Les intervenants ont critiquĂ© le modĂšle mĂ©ritocratique qui invisibilise les dĂ©terminismes sociaux et territoriaux, et qui gĂ©nĂšre de la frustration.

      La promesse "travaille bien à l'école et tu réussiras" n'est plus tenue.

      ‱ L'urgence de refonder du commun : La conclusion, portĂ©e par BenoĂźt Coquard et Christophe Paris (AFEV), est un appel Ă  dĂ©passer l'individualisme et la concurrence entre territoires.

      Il est crucial de reconstruire des "consciences collectives" et un "sentiment du nous" pour s'attaquer collectivement aux inégalités systémiques.

      Cela passe par des politiques publiques qui valorisent toutes les formes de contribution au bien commun et qui garantissent à chaque jeune les moyens d'une "vraie autodétermination de son parcours".

  5. Jun 2025
    1. Note de synthÚse : Rythmes et Temporalités du Numérique Territorial (Philippe Vidal)

      • Cette confĂ©rence de Philippe Vidal, professeur en gĂ©ographie et amĂ©nagement Ă  l'UniversitĂ© du Havre Normandie, explore les dynamiques complexes du numĂ©rique au sein des territoires, en se focalisant sur les concepts de rythme et de temporalitĂ©.

      Il propose une grille d'analyse articulée autour de trois idées clés : la concomitance, l'instantanéité et la temporisation, pour comprendre l'interaction entre le numérique mondialisé et le numérique territorial.

      ThÚmes Principaux et Idées Clés :

      • Le NumĂ©rique : Infrastructures, Contenus et Usages – Une Approche Ternaire Faussement SĂ©quentielle
      • DĂ©finition du numĂ©rique : Vidal dĂ©crit le numĂ©rique comme un ensemble d'infrastructures de tĂ©lĂ©communication (connectivitĂ©, dĂ©ploiement), de contenus et services dĂ©matĂ©rialisĂ©s (donnĂ©es, innovation) et d'usages/usagers (appropriation, validation de l'innovation).
      • Cycle Ternaire : Loin d'ĂȘtre sĂ©quentielle (infrastructure, puis contenus, puis usages), cette progression est "un rythme ternaire Ă  faussement sĂ©quentiel fait de concomitance, d'hybriditĂ© et de glocal". L'usager, en particulier, est essentiel pour valider l'innovation et justifier le dĂ©ploiement des infrastructures.
      • Cycles du numĂ©rique : L'auteur identifie plusieurs cycles :
      • Cycle infrastructurel : ADSL, fibre, 2G Ă  5G (environ 10 ans par gĂ©nĂ©ration).
      • Cycle de calcul : Algorithmes simples au machine learning, deep learning et IA (ex: application pour dĂ©libĂ©rations municipales).
      • Cycle de service/contenu : Web 1.0 (digitalisation de l'information), Web 2.0 (contenus interactifs, rĂ©seaux sociaux, mobile), Web 3.0 (plateformisation).
      • Cycle d'usage : Sensibilisation, acculturation, gĂ©nĂ©ralisation, expertise, vers le transhumanisme.
      • Concomitance : Le NumĂ©rique MondialisĂ© contre le NumĂ©rique Territorial
      • HypothĂšse centrale : Le numĂ©rique mondialisĂ© impose son rythme au numĂ©rique territorial, bien que ce dernier cherche Ă  "rattraper et reprendre la main".
      • NumĂ©rique mondialisĂ© : ReprĂ©sente une "modernitĂ© dominante", top-down, Ă©rigĂ©e en normes (ubĂ©risation), considĂ©rant le monde comme un territoire sans frontiĂšres (call centers, Amazon, cloud).

      Il confĂšre un "temps d'avance" grĂące Ă  sa vitesse d'innovation et son efficacitĂ©. "C'est quand mĂȘme les États-Unis qui ont lancĂ© cette histoire du numĂ©rique et de l'Internet notamment... les USA sont devenus des acteurs dominants du numĂ©rique mondialisĂ©." * NumĂ©rique territorial : Perçu comme une "modernitĂ© Ă©mergente", bottom-up, moins marchandisĂ©, axĂ© sur les communs territoriaux et la souverainetĂ© locale (France Tiers-Lieux, Data Lab). C'est une "proposition Ă  l'adresse du territoire en provenance des acteurs territoriaux". * L'Entre-Deux Glocal : Existence d'un espace intermĂ©diaire oĂč le territoire est vu comme un "stock de ressources Ă  exploiter" (ex: Blablacar, gĂ©ocaching). * L'Ă©chec du Minitel : La France, malgrĂ© son avance avec le Minitel (premiĂšre expĂ©rience tĂ©lĂ©matique domestique gĂ©nĂ©ralisĂ©e, sans avance ni retard territorial), n'a pas su valoriser cette expĂ©rience Ă  l'international face Ă  l'Internet amĂ©ricain. * RhĂ©torique du retard/avance : Les politiques publiques post-Minitel ont Ă©tĂ© rythmĂ©es par cette rhĂ©torique de la "performance numĂ©rique des territoires", se manifestant par : * La fracture numĂ©rique (Nord-Sud mondial, puis urbain/rural en France). * La Smart City (course Ă  l'intelligence urbaine, classement des territoires). * La plateformisation (nĂ©cessitĂ© de dĂ©velopper des plateformes numĂ©riques). * InstantanĂ©itĂ© : Le Risque du DĂ©laissement Territorial face au Solutionnisme NumĂ©rique * L'efficacitĂ© Ă  court terme : Les plateformes numĂ©riques offrent une "redoutable efficacitĂ©" face Ă  des problĂšmes territoriaux, comme la dĂ©sertification mĂ©dicale ou les services pendant la COVID-19.

      "Cette efficacitĂ© Ă  court terme des plateformes fait de mon point de vue courir le risque du dĂ©laissement territorial au motif que comme c'est efficace on a plus besoin d'investir le territoire." * Le solutionnisme numĂ©rique : Il y a un risque que les territoires se "satisfont" de cette efficacitĂ©, entraĂźnant un dĂ©sinvestissement public Ă  long terme, notamment des services publics dans les territoires "peu rentables". * Évolution de la position des Ă©lus :1995 (PrĂ©curseurs) : IntĂ©rĂȘt pour la citoyennetĂ© numĂ©rique, web public territorial, internet citoyen. L'acteur public gardait le contrĂŽle. * 2005 (FracturĂ©s) : Prise de conscience de la fracture numĂ©rique, efforts pour rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s d'accĂšs (RIP). Les Ă©lus investissent dans l'infrastructure, mais dĂ©laissent l'innovation sociale. * 2010 (En dĂ©prise) : Perte de maĂźtrise des Ă©lus face aux applications gĂ©olocalisĂ©es privĂ©es et mondiales (ex: Airbnb, e-commerce impactant les petits commerces). "Pour la premiĂšre fois l'Ă©lus perdait la maĂźtrise de ce qui se passait vraiment sur son propre territoire." * 2015 (En reconquĂȘte) : Mouvement FrenchTech, Smart City. RĂ©fĂ©rentiel offensif, liĂ© au "rĂ©cit mĂ©tropolitain". * 2020 (Responsables) : IntĂ©rĂȘt pour la sobriĂ©tĂ© numĂ©rique, l'inclusion habitante, la souverainetĂ© numĂ©rique locale. Recherche d'un "Ă©quilibre territorial" et maturitĂ© accrue des Ă©lus. * L'exemple de la tĂ©lĂ©consultation : Face Ă  la dĂ©sertification mĂ©dicale, la tĂ©lĂ©consultation (particuliĂšrement via bornes/cabines en pharmacie) est une solution palliative trĂšs efficace Ă  court terme. Vidal s'interroge :

      "Est-ce qu'on va pas s'installer tranquillement dans cette espĂšce de confort numĂ©rique de plateforme parce que c'est de plus en plus efficace et cetera ? Est-ce que ça pose pas des problĂšmes sur le vivre ensemble, sur le bien-ĂȘtre territorial, sur le lien social et cetera ?" * Temporisation : Le RĂŽle de RĂ©gulation de l'Acteur Public * Un rĂŽle de rĂ©gulateur : Le rĂŽle de l'acteur public aujourd'hui est "de rĂ©guler les spatialitĂ©s numĂ©riques, les dynamiques territoriales Ă  l'heure du numĂ©rique, les nouveaux rythmes urbains." * ConsĂ©quences du monde connectĂ© :RĂ©gularitĂ© et progression incontestable de l'usage. * Le numĂ©rique comme "opĂ©rateur de lien social socio-territorial". * GĂ©nĂ©ration d'incertitudes mais aussi capacitĂ© Ă  les gĂ©rer. * Controverses territoriales et questions de justice spatiale (fractures gĂ©nĂ©rationnelles, littĂ©ratie numĂ©rique). * Le numĂ©rique met Ă  l'Ă©preuve la capacitĂ© d'innovation des territoires et la nĂ©cessitĂ© de rĂ©guler les externalitĂ©s nĂ©gatives. * Un "dĂ©faut d'anticipation" : L'acteur public a un "temps de retard" face Ă  l'accĂ©lĂ©ration du changement induite par le numĂ©rique (ex: l'IA). La rĂ©gulation est une "temporisation" face Ă  l'urgence des problĂšmes, mais qui ne comble pas toujours ce retard. * InterprĂ©tation lĂ©gitime : Le numĂ©rique est au cƓur d'un "conflit quant Ă  l'interprĂ©tation de ce qui est lĂ©gitime et ce qui ne l'est pas". * L'Ă©preuve de force et l'Ă©preuve de grandeur : Face aux "Ă©preuves de force" imposĂ©es par les externalitĂ©s numĂ©riques, il est nĂ©cessaire d'organiser des "Ă©preuves de grandeur" via les valeurs pour retrouver des "termes d'accord stables" (ex: rĂ©gulation des trottinettes Ă©lectriques).

      En conclusion, Philippe Vidal souligne la puissance du numérique mondialisé qui dicte le rythme, mais met en lumiÚre les efforts du numérique territorial pour s'adapter et reprendre la main.

      Il alerte sur les risques du solutionnisme numérique à court terme qui pourrait mener à un délaissement des territoires et questionne le rÎle des acteurs publics qui, aprÚs avoir été précurseurs, fracturés puis en déprise, cherchent aujourd'hui à reconquérir et réguler un monde numérique en constante accélération.

  6. May 2025
    1. synthÚse détaillée des principaux thÚmes et idées importantes issus des extraits de l'audition de François Rebsamen sur la politique d'aménagement du territoire du Gouvernement, présentée sous forme de document de synthÚse.

      Document de SynthÚse : Audition de François Rebsamen sur la Politique d'Aménagement du Territoire du Gouvernement

      Date de l'audition : (La date exacte n'est pas précisée, mais les références internes suggÚrent une audition récente)

      Source : Extraits de "🔮 Audition de François Rebsamen sur la politique d’amĂ©nagement du territoire du Gouvernement"

      Intervenant principal : Monsieur François Rebsamen, (fonction non spécifiée dans les extraits, mais il s'agit d'un membre du Gouvernement en charge de la politique d'aménagement du territoire et des collectivités locales).

      Principaux interlocuteurs : Membres de la délégation (parlementaires, probablement de l'Assemblée Nationale, étant donné la référence à l'examen d'une proposition de loi issue du Sénat à l'Assemblée).

      ThÚmes abordés :

      Finances des collectivités territoriales : Situation financiÚre tendue, en particulier pour les départements, impact des politiques nationales et réformes du financement local.

      Dispositifs financiers spécifiques : Fond de sauvegarde, dispositif de lissage conjoncturel (Dilco), Caisse Nationale de Retraite des Collectivités Locales (CNRACL), DMTO (Droits de Mutation à Titre Onéreux).

      Relations État-CollectivitĂ©s : NĂ©cessitĂ© d'un partenariat renforcĂ©, contractualisation, confĂ©rence financiĂšre des territoires.

      Organisation territoriale et dĂ©centralisation : RĂ©flexions sur une Ă©ventuelle rĂ©forme structurelle, rĂ©partition des compĂ©tences, simplification de l'intercommunalitĂ©, propositions du rapport Éric Woerth.

      Statut de l'élu local : Découragement, freins à l'engagement, propositions d'amélioration des droits et obligations, protection contre la violence.

      Services publics en milieu rural : RÎle des Espaces France Services, financement et montée en puissance. Simplification administrative : Initiatives pour réduire la complexité des démarches pour les collectivités.

      Questions diverses : Marseille en Grand, risques naturels et adaptation, cybersĂ©curitĂ©, rĂŽle des agences de l'État, logement en ruralitĂ©, pĂ©rĂ©quation, mineurs non accompagnĂ©s (MNA), cumul des mandats. SynthĂšse des points clĂ©s et idĂ©es importantes :

      L'audition met en lumiÚre la situation financiÚre difficile de nombreuses collectivités territoriales, en particulier les départements.

      Un parlementaire d'entrée de jeu exprime cette préoccupation : "prÚs d'un département sur trois serait éligible au fond de sauvegarde en 2025 contre seulement 14 l'année précédente cela illustre la fragilité croissante des finances départementales qui porte sur elle le poids de la crise sociale que traverse notre pays".

      Le prĂ©sident de dĂ©partement de France, François Sauvadet, a mĂȘme alertĂ© sur le risque d'une "vĂ©ritable cessation de paiement de certains dĂ©partements".

      Le dispositif de lissage conjoncturel (Dilco), remplaçant un fonds de réserve controversé, est présenté comme une contribution des collectivités au redressement des finances publiques à hauteur d'un milliard d'euros en 2025.

      L'incertitude sur la liste des collectivités concernées et le montant de leur contribution est une source de préoccupation. Les derniÚres estimations évoquent "2099 collectivités et groupements dont 1906 communes et 131 nepci".

      Le relÚvement progressif du taux de cotisation employeur à la CNRACL sur 4 ans est un autre sujet de préoccupation majeur pour les collectivités, en particulier les départements et les petites communes, en raison de son coût "parfois considérable".

      Une série d'auditions est prévue pour explorer des pistes de réforme structurelle de la caisse afin de ne pas aggraver davantage la situation financiÚre des collectivités employeurs.

      Ces tensions financiĂšres rĂ©currentes soulignent "les limites du modĂšle actuel de financement des collectivitĂ©s articulĂ© autour de l'attribution unilatĂ©rale de dotation d’État ou de part de fiscalitĂ© nationale".

      L'idée d'une plus grande autonomie fiscale, donnant aux collectivités un pouvoir de taux ou d'assiette sur une taxe à déterminer, est avancée comme une voie à explorer pour renforcer le principe d'autonomie financiÚre reconnu par la Constitution (article 72-2).

      Monsieur Rebsamen confirme l'intention de réunir une conférence financiÚre des territoires dans les prochaines semaines avec la ministre en charge des comptes publics.

      Cette conférence, qui devrait avoir lieu "début avril", vise à établir un état des lieux et, potentiellement lors d'une seconde session fin juin, d'entrer dans une phase de contractualisation triennale (sur 3 ans) pour offrir une meilleure prévisibilité des recettes aux collectivités, alignée sur les engagements budgétaires européens jusqu'en 2029.

      Sur l'organisation territoriale, le ministre indique qu'il n'y aura "pas de rĂ©forme structurelle de l'organisation territoriale d'ici 2027", estimant que cela relĂšve d'une dĂ©cision majeure "digne d'un programme prĂ©sidentiel". Il partage nĂ©anmoins Ă  titre personnel une idĂ©e : les assemblĂ©es dĂ©partementales pourraient ĂȘtre composĂ©es de reprĂ©sentants des EPCI (Établissements Publics de CoopĂ©ration Intercommunale) pour une reprĂ©sentation plus juste et une vision plus large de l'intĂ©rĂȘt dĂ©partemental.

      Cela permettrait "d'éviter des doublons" et potentiellement de supprimer l'élection départementale directe par canton, optant pour une désignation au second degré.

      Le découragement des élus locaux et les difficultés à constituer des listes de candidats, en particulier dans certaines communes, sont des sujets de vive préoccupation. L'audition aborde la nécessité de donner un signal fort et de lever les freins à l'engagement public local.

      Une proposition de loi sur le statut de l'élu, issue du Sénat, sera examinée à l'Assemblée Nationale "au prochain trimestre" (mai).

      Ce texte pourrait ĂȘtre enrichi par des dispositions amĂ©liorant les droits des Ă©lus (handicap, retraite, reconversion, formation), clarifiant leurs droits et obligations, et renforçant leur protection.

      La violence envers les élus est spécifiquement abordée, avec un rappel des avancées législatives récentes (renforcement des sanctions pénales, extension de la protection fonctionnelle).

      Cependant, il est souligné que malgré ces mesures, de nombreux élus ne connaissent pas leurs droits et les dispositifs de protection.

      Le ministre s'engage à améliorer la communication sur ces sujets, notamment via les préfets et une potentielle refonte du Guide des élus. Il insiste sur la nécessité d'une réponse pénale plus ferme et rapide face aux agressions.

      Les Espaces France Services sont prĂ©sentĂ©s comme un succĂšs dans l'accĂšs aux services publics en milieu rural, mais leur succĂšs mĂȘme les rend victimes de leur saturation, nĂ©cessitant un accompagnement financier accru.

      Le ministre confirme l'objectif de 3000 espaces et la volontĂ© de porter les subventions de fonctionnement Ă  45 000 € cette annĂ©e et 50 000 € l'an prochain.

      Plusieurs points spécifiques sont également soulevés :

      • Marseille en Grand : Le ministre dĂ©fend l'avancement du plan malgrĂ© les retards initiaux (1,3% de crĂ©dits consommĂ©s selon un rapport de la Cour des comptes de 2024, passĂ© Ă  30% un an et demi plus tard), expliquĂ©s par la complexitĂ© de la mise en place des Ă©tablissements publics. Il note l'absence pour l'instant d'un volet spĂ©cifique sur la revitalisation Ă©conomique du centre-ville.

      • DMTO et pĂ©rĂ©quation : La possibilitĂ© pour les dĂ©partements d'augmenter les DMTO est une mesure d'urgence mais non durable. La question de la pĂ©rĂ©quation des DMTO entre dĂ©partements riches et pauvres est soulevĂ©e comme une solution de solidaritĂ©, coĂ»teuse pour certains dĂ©partements mais "coĂ»te zĂ©ro Ă  l'État". Le ministre l'entend et s'engage Ă  en discuter avec l'Association des DĂ©partements de France.

      • Mineurs Non AccompagnĂ©s (MNA) : ConsidĂ©rĂ©e comme une compĂ©tence rĂ©galienne de l'État, la prise en charge des MNA pĂšse lourdement sur les budgets dĂ©partementaux, en particulier les plus modestes. Un effort accru de l'État est demandĂ©. Le ministre en est "attentif".

      • Risques naturels et cybersĂ©curitĂ© : L'idĂ©e d'une pĂ©rĂ©quation du risque climatique est jugĂ©e "excellente", potentiellement via une rĂ©forme de la DSU ou un fonds dĂ©diĂ©. L'extension du FNADT Ă  la cybersĂ©curitĂ© est envisagĂ©e pour aider les collectivitĂ©s Ă  renforcer leur rĂ©silience.

      • Loi 3DS et diffĂ©renciation territoriale : Le ministre est "trĂšs partisan du fait qu'on puisse aller sur une diffĂ©renciation territoriale" et souhaite que les prĂ©fets appliquent mieux les possibilitĂ©s offertes par la loi 3DS, mĂȘme si les "doctrines diffĂ©rentes entre certains services de l’État dans des dĂ©partements" mitoyens peuvent surprendre.

      • Agences de l'État : Leur rĂŽle et leur coĂ»t sont questionnĂ©s, avec le souhait que leur action soit mieux alignĂ©e sur les orientations politiques dĂ©finies par le gouvernement et qu'on Ă©vite les doublons avec l'ingĂ©nierie offerte par les collectivitĂ©s elles-mĂȘmes (dĂ©partements, mĂ©tropoles).

      • Logement en ruralitĂ© : Une rĂ©flexion est en cours, notamment au sein de l'ANRU, pour intervenir davantage dans les petites et moyennes villes ayant des problĂšmes de logement et d'insalubritĂ©. Des fonds spĂ©cifiques (100 millions d'euros mentionnĂ©s) sont allouĂ©s, en complĂ©ment de la DETR.

      • FiscalitĂ© locale et lien citoyen : La dĂ©pendance des communes Ă  la taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s bĂąties, qui ne touche qu'une partie des rĂ©sidents, est jugĂ©e intenable Ă  terme. L'idĂ©e de trouver un "nouveau lien de rĂ©sidence plafonnĂ©" est avancĂ©e comme une piste de rĂ©flexion.

      • DETR : Le ministre dĂ©fend fermement le maintien de la DETR, outil essentiel pour les communes rurales, et s'oppose Ă  toute fusion avec d'autres enveloppes (Dsil, Fond Vert).

      • Cumul des mandats : Le ministre est favorable au cumul d'un mandat exĂ©cutif local et d'un mandat national, regrettant que certains parlementaires n'aient pas une connaissance du terrain issue d'une expĂ©rience d'Ă©lu local.

      • AssurabilitĂ© des communes : Suite aux sinistres climatiques et urbains, de nombreuses communes peinent Ă  trouver des assurances. Des "assises de l'assurabilitĂ©" sont prĂ©vues (Rocloire) pour trouver des solutions, potentiellement via une mutualisation, le renforcement des outils de solidaritĂ© nationale et la dynamisation du marchĂ© de l'assurance.

      En conclusion, l'audition dĂ©peint un paysage complexe pour les collectivitĂ©s locales, marquĂ© par des tensions financiĂšres, la nĂ©cessitĂ© d'adapter les politiques aux enjeux contemporains (climatiques, sociaux, sĂ©curitĂ©), et une rĂ©flexion continue sur la relation État-collectivitĂ©s et l'organisation territoriale.

      La volonté d'améliorer la prévisibilité financiÚre via la contractualisation et de renforcer le statut de l'élu local sont des priorités affichées par le ministre, tout en reconnaissant les limites des réformes structurelles possibles dans le contexte politique actuel.

  7. Feb 2025
    1. Territoires éducatifs ruraux 2023, rapport 22-23-233A, juin 2023

      L'initiative Territoires Éducatifs Ruraux (TER) favorise la convergence des politiques publiques dans les zones rurales de plusieurs maniùres :

      • DĂ©cloisonnement des politiques publiques. Les TER ont la capacitĂ© de dĂ©cloisonner les politiques publiques en favorisant le rapprochement des institutions publiques et en lĂ©gitimant le lien entre les partenaires ayant une mission Ă©ducative et le monde scolaire.

      • Convergence des politiques Ă©ducatives, sociales et de santĂ©. La convergence des politiques Ă©ducatives, sociales et de prĂ©vention en santĂ© publique, portĂ©es par diffĂ©rents ministĂšres et les conseils dĂ©partementaux-rĂ©gionaux, constitue une base structurelle permettant de rĂ©pondre de façon pĂ©renne et cohĂ©rente aux besoins identifiĂ©s dans les TER. Les TER permettent de favoriser la convergence des politiques portĂ©es par les structures en charge des questions sociales et de santĂ© (CAF, MSA, ARS, CPAM) avec celles touchant l’éducation.

      • Coordination et cohĂ©rence Ă  l'Ă©chelle de l'EPCI. L'expĂ©rimentation TER apporte une coordination dĂ©partementale et locale entre les champs social et Ă©ducatif et assure la cohĂ©rence de ces politiques Ă  l'Ă©chelle de l'EPCI (Ă©tablissement public de coopĂ©ration intercommunale) plutĂŽt qu'Ă  la seule commune. L'intĂ©gration des Services DĂ©partementaux Ă  la Jeunesse, Ă  l'Engagement et aux Sports (SDJES) dans les projets TER facilite le lien avec les partenaires et les Ă©lus, territorialisant ainsi les politiques Ă©ducatives et sociales.

      • AmĂ©lioration des Ă©changes et du service rendu. L'amĂ©lioration des Ă©changes entre les diffĂ©rents acteurs (CAF, MSA, ARS, CPAM et l’éducation nationale) amĂ©liore le service rendu par les politiques publiques aux habitants. Les personnels d’encadrement de l’éducation nationale ont une meilleure perception des analyses et des orientations retenues par les autres services de l’État.

      • IntĂ©gration des problĂ©matiques de santĂ©. Les problĂ©matiques touchant Ă  la santĂ© font l’objet d’une analyse partagĂ©e avec l’ARS et les CPAM, afin que cette prioritĂ© soit systĂ©matiquement inscrite dans les axes du TER.

      • Adaptation aux besoins locaux. L'Ă©chelon dĂ©partemental permet d’assurer l’ingĂ©nierie, la cohĂ©rence et la convergence des politiques Ă©ducatives et sociales portĂ©es par l’ensemble des services publics, ajustant leurs orientations nationales et leurs financements locaux au bĂ©nĂ©fice d’un projet de territoire.

      • CrĂ©ation de liens entre les DSDEN et les EPCI. Les DSDEN (Directions des services dĂ©partementaux de l'Éducation nationale) crĂ©ent des liens avec les EPCI, qui soutiennent les politiques nouvelles portĂ©es par les DSDEN dans les domaines de l’enfance, du pĂ©riscolaire et de l’extrascolaire, de la jeunesse, et parfois du sport et de la culture.

      En intégrant ces différentes approches, les TER dynamisent les espaces ruraux et créent un effet de levier dans la synergie entre les politiques publiques, malgré le manque d'évaluation et de pilotage national.

  8. Jan 2025
    1. Oui, les sources mettent en Ă©vidence des Ă©lĂ©ments spĂ©cifiques aux diffĂ©rents dĂ©partements et territoires de l'Île-de-France, rĂ©vĂ©lant des disparitĂ©s importantes en matiĂšre de santĂ© et d'accĂšs aux soins.

      Disparités démographiques et socio-économiques : * La Seine-Saint-Denis est devenue le deuxiÚme département le plus peuplé de la région, derriÚre Paris mais devant les Hauts-de-Seine. C'est également le département le plus pauvre de France, avec un taux de pauvreté de 28 %, voire 37 % dans l'établissement public de coopération intercommunale (EPCI) de Plaine Commune. * Le Val-d'Oise et la Seine-Saint-Denis ont connu les taux de surmortalité les plus élevés en 2020. * La petite couronne et le Val-d'Oise ont une dynamique démographique plus forte que le reste de la région. * La concentration de populations immigrées est historiquement plus forte en Seine-Saint-Denis, dans le sud du Val-d'Oise et dans le Val-de-Marne. * Les hommes de Seine-Saint-Denis vivent en moyenne 3,9 ans de moins que ceux des Hauts-de-Seine.

      Disparités en matiÚre de santé : * La Seine-Saint-Denis, le Val-d'Oise et l'Essonne ont connu les taux de surmortalité les plus élevés en 2020. * La Seine-Saint-Denis présente une situation particuliÚrement dégradée en ce qui concerne la santé périnatale. * Le Val-d'Oise et l'est de la Seine-et-Marne ont une prévalence du diabÚte supérieure de 10% par rapport au reste de la région. * Le taux de dépistage du cancer de l'utérus est faible en Seine-Saint-Denis. * Le taux de vaccination HPV est faible en Seine-Saint-Denis, dans le Val-d'Oise et le Val-de-Marne. * Les taux de recours à l'hospitalisation à domicile (HAD) sont hétérogÚnes selon les territoires, avec des taux plus élevés en grande couronne. * Les taux de recours aux soins psychiatriques varient considérablement selon les départements : Paris affiche les taux les plus élevés et la Seine-Saint-Denis les plus faibles. * La Seine-Saint-Denis est particuliÚrement concernée par l'accessibilité financiÚre aux soins. * Les taux de pauvreté sont de 10% dans les Yvelines et de 28% en Seine-Saint-Denis, avec des disparités encore plus fortes au niveau des intercommunalités.

      Disparités d'accÚs aux soins et à la prévention : * Plus de 62 % de la population francilienne vit dans un territoire trÚs sous-doté en médecins généralistes. * L'offre hospitaliÚre est plus dense à Paris et en petite couronne, alors que la grande couronne représente 85 % du territoire francilien. * La périphérie de la grande couronne est particuliÚrement touchée par le manque de médecins, notamment aux urgences, en anesthésie, en imagerie, en psychiatrie et en pédiatrie. * Les dispositifs d'addictologie sont plus concentrés à Paris et en petite couronne, et les CEGIDD (centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic) sont majoritairement issus d'une histoire centrée sur Paris intra-muros. * Certains territoires bénéficient d'une forte densité d'acteurs associatifs (notamment Paris et la Seine-Saint-Denis), tandis que la grande couronne, et en particulier la Seine-et-Marne, sont moins dotées. * Les taux de vaccination contre le Covid-19 varient selon les départements, avec Paris ayant un taux supérieur à la moyenne nationale et la Seine-Saint-Denis un taux nettement inférieur. * Les inégalités territoriales concernent également l'intervention des acteurs associatifs.

      Facteurs environnementaux : * Les zones urbaines, les zones proches des aéroports d'Orly et de Roissy et la boucle nord de la Seine sont particuliÚrement concernées par des phénomÚnes de multi-expositions environnementales. * La moitié de la population francilienne vit dans un quartier à risque moyen ou fort d'ßlot de chaleur urbain, dont 99 % à Paris. * Environ deux tiers des décÚs évitables liés à la pollution atmosphérique se situent au sein de la Métropole du Grand Paris.

      Ces éléments soulignent l'importance d'une approche territoriale pour adapter les politiques de santé aux besoins spécifiques de chaque zone.

  9. Dec 2024
    1. Points forts de la vidéo "La fabrique de la connaissance territoriale en région" avec timestamps:

      00:00 - 05:00 Introduction et présentation des intervenants * Alix Roche, vice-président de l'Unadel, présente le contexte et les objectifs de la rencontre. * Jean-Baptiste Chabert, directeur de la connaissance de la région Sud Provence-Alpes-CÎte d'Azur, présente son service et son approche de la connaissance territoriale. * Joseph Compera, chef du service prospective en région Bourgogne-Franche-Comté, présente son service et son approche de la prospective territoriale. * Stéphane Ambert, chef du service prospective en région Hauts-de-France, présente son service et son approche de la prospective territoriale.

      05:00 - 25:00 Le rĂŽle de la connaissance territoriale dans les politiques publiques * Les intervenants discutent de l'importance de la connaissance territoriale pour Ă©clairer les politiques publiques locales et rĂ©gionales. * Ils soulignent que la connaissance territoriale doit ĂȘtre accessible et partagĂ©e par tous les acteurs du territoire. * Ils Ă©voquent les dĂ©fis de la production et de la diffusion de la connaissance territoriale.

      25:00 - 40:00 Les outils et mĂ©thodes pour la fabrique de la connaissance territoriale * Les intervenants prĂ©sentent les diffĂ©rents outils et mĂ©thodes utilisĂ©s pour produire de la connaissance territoriale. * Ils Ă©voquent notamment les enquĂȘtes, les Ă©tudes documentaires, la modĂ©lisation et la simulation. * Ils soulignent l'importance de la collaboration entre les chercheurs et les acteurs du territoire.

      40:00 - 50:00 Les enjeux de la prospective territoriale * Les intervenants discutent des enjeux de la prospective territoriale, notamment face aux transitions en cours (climatique, numérique, etc.). * Ils soulignent l'importance de la prospective pour anticiper les changements et préparer l'avenir des territoires. * Ils évoquent les défis de la construction de scénarios prospectifs.

      50:00 - 53:00 Conclusion et perspectives * Les intervenants appellent à un renforcement de la coopération entre les acteurs de la connaissance territoriale. * Ils soulignent le rÎle essentiel de la connaissance territoriale pour construire des politiques publiques durables et justes.

      Remarques

      • La vidĂ©o est riche en informations et en exemples concrets.
      • Les intervenants sont des experts reconnus dans le domaine de la connaissance territoriale.
      • La vidĂ©o est bien structurĂ©e et facile Ă  suivre.

      J'espÚre que ces points forts vous seront utiles. N'hésitez pas à me contacter si vous avez d'autres questions.

      Notez que

      • Les timestamps sont approximatifs et peuvent varier lĂ©gĂšrement en fonction de la façon dont vous regardez la vidĂ©o.
      • Je n'ai pu inclure que les points forts les plus importants dans ce rĂ©sumĂ©. Si vous souhaitez des informations plus dĂ©taillĂ©es sur un sujet particulier, n'hĂ©sitez pas Ă  me le faire savoir.
  10. Nov 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:23:50][^2^][2]:

      Cette vidéo explore l'histoire de la lutte contre la pauvreté, en mettant en lumiÚre les initiatives citoyennes et le rÎle des collectivités locales.

      Moments forts: + [00:00:00][^3^][3] Introduction et contexte * Initiatives citoyennes et rÎle des collectivités * Témoignages de maires et porteurs de projets * Décor du webinaire à Malakoff + [00:01:16][^4^][4] Programme des webinaires * ModÚles économiques des tiers lieux * Tiers lieux dans les lieux publics * Cartes blanches en fin d'année + [00:02:30][^5^][5] Témoignage de Fabrice Dalongeville * Projet de tiers lieu à Auger-Saint-Vincent * Acquisition et aménagement du presbytÚre * Implication des habitants et soutien communal + [00:11:03][^6^][6] Défis et solutions * Recherche de subventions * Difficultés liées aux projets immobiliers * Importance de l'engagement bénévole + [00:18:30][^7^][7] Témoignage de Pascal Durtaut * Deux tiers lieux à Saint-Loup-Lamairé * Réaménagement de bùtiments pour des activités associatives et économiques * Importance de la mixité et de l'accÚs à la culture en milieu rural

      Résumé de la vidéo [00:23:52][^1^][1] - [00:45:55][^2^][2]:

      Cette partie de la vidéo explore les initiatives locales pour améliorer l'accÚs aux services publics et culturels en milieu rural, en mettant l'accent sur l'innovation et la participation citoyenne.

      Moments forts: + [00:23:52][^3^][3] Amélioration des services de la médiathÚque * Extension des horaires d'ouverture * Introduction de nouveaux services comme un fab lab * Collaboration avec les écoles locales + [00:26:02][^4^][4] Réorganisation spatiale de la commune * Création de nouveaux lieux de rencontre * Maintien du cachet patrimonial du centre bourg * Développement de la fréquentation et des échanges sociaux + [00:28:19][^5^][5] Innovation rurale et attractivité * Introduction de services numériques et ateliers * Augmentation de la population et des adhérents à la médiathÚque * Organisation d'événements culturels et éducatifs + [00:32:05][^6^][6] Intégration des tiers lieux dans les programmes locaux * Témoignages de projets à Avignon * Collaboration entre élus et porteurs de projets * Importance de la médiation numérique et de l'inclusion sociale + [00:36:12][^7^][7] Soutien et pérennisation des initiatives * Financement et partenariats pour les projets numériques * RÎle des collectivités locales dans l'animation et la facilitation * Stratégies pour améliorer l'accÚs aux droits et aux services publics

      Ces moments forts montrent comment les initiatives locales peuvent transformer les services publics et renforcer la cohésion sociale en milieu rural.

      Résumé de la vidéo [00:45:57][^1^][1] - [01:11:33][^2^][2]:

      Cette partie de la vidéo traite de l'importance des tiers lieux et de leur impact sur la revitalisation des centres-villes et l'inclusion numérique.

      Moments forts : + [00:45:57][^3^][3] Innovation et inclusion numérique * Importance des tiers lieux pour l'innovation * Inclusion numérique pour les jeunes et les personnes ùgées * Partenariats avec divers acteurs locaux + [00:48:00][^4^][4] Présentation du Blue Lab * Association avec un Fab Lab à Saint-Nazaire * Dynamisation du centre-ville * Collaboration avec les commerçants et les habitants + [00:53:01][^5^][5] Projets et partenariats * Projets communs avec d'autres territoires * Inclusion numérique dans les quartiers * Formation des animateurs de maisons de quartier + [00:57:00][^6^][6] Gouvernance et financement * Structure de l'équipe et financement * Partenariats avec la collectivité locale * Importance de la symbiose avec les acteurs territoriaux + [01:00:00][^7^][7] Impact économique et social * Effets positifs sur l'économie locale * Création de liens sociaux et économiques * Importance des tiers lieux pour l'innovation et le développement durable

      Résumé de la vidéo [01:11:35][^1^][1] - [01:27:52][^2^][2]:

      Cette vidéo explore les initiatives de lutte contre la pauvreté à travers l'histoire, en mettant l'accent sur les projets actuels dans la petite ville de Lormes.

      Moments forts: + [01:11:35][^3^][3] Introduction de Lormes * Ville de 1400 habitants * Initiatives de développement local * Collaboration avec le conseil régional + [01:13:01][^4^][4] Projets de tiers-lieux * Multiples tiers-lieux en développement * Espaces de coworking et culturels * Importance de la diversité et de la synergie + [01:15:01][^5^][5] Impact des tiers-lieux * Réhabilitation de bùtiments désaffectés * Création de nouveaux liens sociaux * Effets économiques et humains positifs + [01:18:11][^6^][6] Soutien aux tiers-lieux * Importance de l'ouverture et de la collaboration * Pédagogie pour les financeurs et administrations * Programme de la Fabrique de Territoire + [01:21:00][^7^][7] Exemple de projet innovant * Manufacture de proximité à Lormes * Ateliers partagés et résidences * Collaboration avec des acteurs locaux et régionaux

      Ces moments forts capturent les principaux points abordés dans la vidéo, mettant en lumiÚre les efforts de Lormes pour revitaliser la communauté à travers des projets innovants et collaboratifs.

  11. Oct 2024
    1. https://via.hypothes.is/https://www.youtube.com/watch?v=OK8kyH-mBXY

      Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:23:29][^2^][2]:

      Cette vidéo explore les transformations urbaines et les défis des territoires oubliés. Elle met en lumiÚre les initiatives locales et internationales pour revitaliser ces zones souvent négligées.

      Temps forts: + [00:00:00][^3^][3] Introduction et contexte * PrĂ©sentation de la Fabrique de la CitĂ© * Importance des transitions urbaines * Focus sur les villes moyennes et les territoires oubliĂ©s + [00:01:08][^4^][4] Projets urbains et transformations * Exemples de projets en France * Importance du dialogue et de la collaboration * RĂŽle des urbanistes et des architectes + [00:07:01][^5^][5] Initiatives locales et internationales * Études de cas en Suisse, Italie, Espagne et Portugal * StratĂ©gies pour revitaliser les territoires * Importance de l'accompagnement des initiatives locales + [00:18:00][^6^][6] DĂ©fis et solutions * ProblĂšmes de dĂ©sertification et de services publics * RĂŽle de l'agriculture et de l'Ă©conomie locale * Exemples de rĂ©ussites locales et internationales

      Résumé de la vidéo [00:23:31][^1^][1] - [00:45:56][^2^][2]:

      Cette vidéo explore les défis et les initiatives pour revitaliser les territoires oubliés, en mettant l'accent sur l'urbanisme, l'agriculture, et l'écologie.

      Points forts : + [00:23:31][^3^][3] Transports et urbanisme * Importance des rabattements bus et autopartage * Urbaniste en chef depuis 25 ans * Projets Europan et dynamisation de la riviĂšre + [00:24:41][^4^][4] SantĂ© et services publics * Construction d'un hĂŽpital prĂšs de la gare * AmĂ©lioration de l'accĂšs aux soins * Importance de la recherche et de l'expĂ©rimentation + [00:25:26][^5^][5] Emploi et dynamique locale * Exemple de VitrĂ© avec un faible taux de chĂŽmage * RĂŽle des Ă©lus et des actions quotidiennes * Ateliers territoriaux pour identifier les points positifs + [00:26:28][^6^][6] Agriculture et alimentation * RĂ©flexion sur l'agriculture et l'alimentation * Projets de marĂ©chage et exploitation par Terre de Lien * Importance de l'agriculture dans le dĂ©veloppement Ă©conomique + [00:29:45][^7^][7] Écologie et gestion de l'eau * RĂŽle Ă©cologique des territoires ruraux * Projets de gestion de l'eau et des inondations * Importance de la biodiversitĂ© et des Ă©nergies renouvelables + [00:33:00][^8^][8] ModĂšles d'amĂ©nagement * IngĂ©nierie et outils d'amĂ©nagement sur mesure * Importance de l'accompagnement des collectivitĂ©s * Diversification des modĂšles et modalitĂ©s d'intervention

      Ces points forts montrent comment les territoires oubliés peuvent devenir des moteurs de développement durable et d'innovation.

      Résumé de la vidéo [00:45:57][^1^][1] - [01:09:51][^2^][2]:

      Cette partie de la vidéo aborde les défis et les solutions innovantes pour les territoires oubliés, en mettant l'accent sur l'ingéniosité, la participation communautaire et la durabilité.

      Temps forts: + [00:45:57][^3^][3] IngĂ©niositĂ© et participation * NĂ©cessitĂ© d'ĂȘtre inventif avec peu de moyens * Importance de la participation des habitants * Exemples de solutions locales + [00:48:01][^4^][4] AccessibilitĂ© et mobilitĂ© * Initiatives pour amĂ©liorer l'accessibilitĂ© * RĂ©duction de l'utilisation des voitures * RĂ©sultats positifs des consultations locales + [00:50:00][^5^][5] DĂ©veloppement durable * Projets pour lutter contre le dĂ©rĂšglement climatique * RĂ©habilitation de bĂątiments existants * Importance de la diversitĂ© architecturale + [00:54:00][^6^][6] Agriculture et alimentation * ProblĂšmes d'autonomie alimentaire * Initiatives pour des circuits courts * Projets de maraĂźchage et de rĂ©habilitation des terres + [01:06:00][^7^][7] Typologie des ruralitĂ©s * Nouvelle typologie basĂ©e sur la densitĂ© * Importance de la diversitĂ© des territoires * Analyse des potentialitĂ©s et des dĂ©fis locaux

      Résumé de la vidéo [01:09:53][^1^][1] - [01:32:36][^2^][2]:

      Cette vidéo explore les différentes typologies des territoires ruraux en France et leur contribution aux enjeux de la transition écologique.

      Temps forts: + [01:09:53][^3^][3] Types de ruralité résidentielle * Communes rurales aisées * Communes rurales de classe moyenne et ouvriÚre * Petites polarités avec plus d'emplois que d'actifs + [01:12:00][^4^][4] Ruralités productives * Communes industrielles * Déconnexion entre géographie agricole et géographie des agriculteurs + [01:13:01][^5^][5] Contribution des campagnes * Production agricole et industrielle * Production d'énergie et traitement de l'eau * Typologies contributives + [01:14:09][^6^][6] Transitions agro-écologiques * Territoires avec signes de qualité agricole et naturelle * Pratiques nouvelles comme l'agriculture biologique * Tension entre production de qualité et demande d'habitat + [01:17:00][^7^][7] Autres transitions * Transitions agro-industrielles et agrotechniques * Reconversion des bùtiments industriels * Développement de la production d'énergie et de la logistique

      Résumé de la vidéo [01:32:39][^1^][1] - [01:38:53][^2^][2]:

      Cette vidéo aborde les défis et les opportunités des territoires ruraux oubliés, en mettant l'accent sur les services ambulants et les initiatives locales pour revitaliser ces régions.

      Points forts : + [01:32:39][^3^][3] Disparition des commerces ambulants * ConsĂ©quence du modĂšle de supermarchĂ© * Logistique assurĂ©e par le consommateur * Impact sur les services locaux + [01:33:29][^4^][4] Exemples de services ambulants * Bibliobus dĂ©partemental * Marchand de pizza * Importance des communautĂ©s de communes + [01:34:12][^5^][5] Transport Ă  la demande * Initiative pour les personnes ĂągĂ©es * Refus en faveur du transport par les voisins * Dimension sociale du transport + [01:35:14][^6^][6] EnquĂȘte sur les racines des Parisiens * Lien avec les territoires ruraux * Importance des racines locales * Espoir pour la revitalisation + [01:36:01][^7^][7] Engagement politique local * Solutions souples et humaines * Importance du dialogue * Actions locales positives

      Ces points mettent en lumiÚre les efforts et les initiatives pour soutenir et revitaliser les territoires ruraux oubliés.

  12. Jul 2024
  13. Jun 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:07][^1^][1] - [00:26:20][^2^][2]:

      Cette vidéo présente un webinaire intitulé "L'approche systémique dans sa dimension territoriale", organisé par le collectif Racine. Il s'agit de la deuxiÚme session d'une série de sept prévues en 2024, qui aborde l'évolution des pratiques de financement dans le secteur de l'innovation sociale et du changement systémique. Les intervenants discutent de l'importance de comprendre la complexité des territoires et de collaborer avec divers acteurs pour apporter des solutions durables aux problÚmes sociétaux.

      Points forts: + [00:00:07][^3^][3] Introduction au webinaire * Présentation de l'initiative collective Racine * Objectifs du webinaire sur l'approche systémique territoriale + [00:01:00][^4^][4] RÎle de la Fondation de France * Expérience de la Fondation dans les démarches philanthropiques territoriales * Importance de la collaboration entre acteurs locaux + [00:03:08][^5^][5] Actions menées par le collectif Racine * Sensibilisation, recherche et expérimentations dans le financement du changement systémique * Exemples d'initiatives et de formations en philanthropie systémique + [00:11:44][^6^][6] Présentation de la Fondation territoriale 44 * Mission de rendre le mécénat accessible pour réduire les inégalités en Loire-Atlantique * Approche participative et expérimentations pour encourager la coopération territoriale

      Résumé de la vidéo [00:26:22][^1^][1] - [00:48:25][^2^][2]:

      Cette partie de la vidéo aborde l'approche systémique dans sa dimension territoriale, en se concentrant sur la création d'un espace de confiance et de coopération entre divers acteurs territoriaux. L'objectif est de ne pas réinventer mais de s'inspirer des autres territoires tout en trouvant la singularité du territoire concerné. La région de Loire-Atlantique est mise en avant comme un exemple de dynamique de réseau et d'engagement des entreprises dans le domaine de la RSE.

      Points forts: + [00:26:22][^3^][3] Inspiration et singularitĂ© territoriale * S'inspirer d'autres territoires sans rĂ©inventer * Trouver la singularitĂ© du territoire * Exemple de la dynamique en Loire-Atlantique + [00:27:39][^4^][4] CrĂ©ation d'un espace de confiance * Importance de l'intelligence collective * Exemples de collaboration entre collectivitĂ©s et associations * Importance de l'Ă©galitĂ© de niveau entre financeurs et associations + [00:35:01][^5^][5] Phase de prĂ©figuration et gouvernance * Diagnostic des besoins territoriaux * DĂ©finition de la gouvernance et des rĂŽles de chacun * Choix d'ĂȘtre une fondation abritĂ©e pour inclure divers acteurs + [00:39:51][^6^][6] ÉvĂ©nement de partage et mesure d'impact * Partage des expĂ©riences et des mĂ©thodologies * Importance de la mutualisation des postes et des ressources * Mesure d'impact sur le bien-ĂȘtre des dirigeants associatifs

      Résumé de la vidéo [00:48:27][^1^][1] - [00:58:07][^2^][2]:

      Cette partie de la vidéo aborde l'approche systémique dans le contexte territorial, en se concentrant sur le financement des structures territoriales et la coopération entre les acteurs. Elle souligne l'importance de la vision partagée et de la confiance dans la réalisation des projets territoriaux.

      Points forts: + [00:48:27][^3^][3] Financement des structures territoriales * NĂ©cessitĂ© d'un changement de regard sur le financement * Les fondations territoriales jouent un rĂŽle croissant dans les territoires * Importance de contributions financiĂšres et extrafinanciĂšres + [00:51:00][^4^][4] DurabilitĂ© et objectifs des projets * IntĂ©grer la question de la fin dĂšs la crĂ©ation des fondations * DĂ©finir des objectifs concrets de transformation et les moyens financiers nĂ©cessaires * Éviter que la recherche de financement n'Ă©puise les Ă©quipes + [00:52:16][^5^][5] Engagement bĂ©nĂ©vole et coopĂ©ration territoriale * DĂ©veloppement du mĂ©cĂ©nat de compĂ©tence et en nature * CrĂ©ation de liens grĂące Ă  l'engagement bĂ©nĂ©vole et Ă  la sensibilisation Ă  l'approche systĂ©mique * Importance de la confiance et de la collaboration entre les acteurs + [00:53:00][^6^][6] Mesure d'impact et confiance * Questionnement sur la nĂ©cessitĂ© des chiffres pour mesurer l'impact * Importance de la confiance et de l'intĂ©gration des parties prenantes dans la dĂ©finition des critĂšres d'impact * Proposition d'utiliser les outils existants des associations pour le reporting

    1. https://www.youtube.com/watch?v=LcTtF7G4qSg

      Résumé de la vidéo [00:00:01][^1^][1] - [00:33:13][^2^][2]:

      La vidĂ©o prĂ©sente une table ronde intitulĂ©e "CoopĂ©ration, pour un bonheur local accompli", oĂč les intervenants discutent de l'importance de la coopĂ©ration et de la coconstruction pour atteindre des objectifs communs et amĂ©liorer le bien-ĂȘtre local. Ils soulignent l'importance de la confiance, de la gouvernance Ă©quitable et de l'action collective dans la rĂ©alisation de projets qui bĂ©nĂ©ficient Ă  l'ensemble de la communautĂ©.

      Points forts: + [00:07:27][^3^][3] L'agenda 2030 et la coopération * L'importance de respecter l'agenda 2030 pour le développement durable * La nécessité d'une coopération démocratique pour atteindre les objectifs * L'engagement des jeunes et des territoires dans la coconstruction de l'avenir + [00:11:28][^4^][4] Le rÎle des territoires dans la coopération * Les territoires innovent pour créer de nouveaux modÚles socio-économiques durables * L'importance de la coopération transfrontaliÚre pour des projets concrets * La coopération comme moyen de faciliter l'accÚs au bonheur pour les citoyens + [00:18:03][^5^][5] La construction de la coopération entre collectivités * L'évolution de la coopération entre intercommunalités et pays * La clarification des compétences et la gestion commune des problématiques * Les exemples de coopération réussie et leur impact sur le développement local + [00:25:50][^6^][6] L'importance du dialogue et de la coconstruction * La distinction entre dialogue en confiance, coconstruction et cogestion * La production de débats apaisés et la recherche d'un objectif commun * La nécessité d'agir ensemble avant de passer à une gouvernance partagée Résumé de la vidéo [00:33:16][^1^][1] - [00:49:51][^2^][2]:

      La vidéo présente une table ronde sur la coopération et le bonheur local, soulignant l'importance de la sémantique commune, de la méthode et de l'infrastructure partagée pour réussir la coopération. Elle aborde les défis de la communication entre différents acteurs et la nécessité d'une compréhension mutuelle pour un développement territorial efficace.

      Points forts: + [00:33:16][^3^][3] La sĂ©mantique dans la coopĂ©ration * Importance d'un langage commun entre divers acteurs * Exemple de malentendus dus Ă  des interprĂ©tations diffĂ©rentes * Anecdote illustrant la confusion entre dialogue social et question de la citĂ© + [00:37:01][^4^][4] La mĂ©thode et l'infrastructure en commun * La coopĂ©ration nĂ©cessite une mĂ©thode partagĂ©e pour des actions communes * L'infrastructure commune comme fondement pour la coopĂ©ration * Exemple de la crĂ©ation d'une infrastructure avant la mĂ©thode et les mots + [00:41:15][^5^][5] La compĂ©tence Ă©conomique et la coopĂ©ration territoriale * Discussion sur la compĂ©tence Ă©conomique intercommunale * Comment un pays peut travailler pour ses intercommunalitĂ©s sur une compĂ©tence non dĂ©diĂ©e * L'importance de l'Ă©chelle pertinente de rĂ©flexion pour la coopĂ©ration + [00:45:00][^6^][6] Les modĂšles socio-Ă©conomiques d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral * PrĂ©sentation de la plateforme trajectoire socio-Ă©conomique * Importance des compĂ©tences humaines, des alliances stratĂ©giques et des ressources financiĂšres * StratĂ©gie du salami pour illustrer l'importance des compĂ©tences et des alliances

  14. Mar 2024
    1. Résumé de la Vidéo

      La premiÚre partie de la vidéo aborde la coopération territoriale et la transition écologique juste. Elle met en lumiÚre l'importance stratégique de ces enjeux, souvent négligés par les médias, et souligne la nécessité d'une collaboration pour réussir la transition sur les territoires. Le rapport présenté est dense et marque le début d'une bataille déterminée pour la coopération territoriale, qui n'est pas une fin en soi mais le commencement d'un travail continu.

      Points Forts: 1. L'importance de la coopération territoriale [00:00:05][^1^][1] * Stratégique pour la transition écologique * Nécessite une collaboration étroite * Début d'un travail continu et déterminé 2. Le rÎle du Labo de l'ESS [00:01:43][^2^][2] * Mettre en avant les initiatives de terrain * Construire une coopération territoriale malgré les difficultés * Progresser vers une transition juste 3. Les chantiers coopératifs [00:02:32][^3^][3] * Nouvelle méthode de travail pour le Labo * Convergence des expertises et actions concrÚtes * Importance de dépasser les limites actuelles 4. La nécessité de la coopération [00:03:25][^4^][4] * Répondre aux tendances négatives actuelles * Travailler ensemble pour créer et innover * Importance de converger les initiatives existantes Résumé de la Vidéo

      La partie 2 de la vidéo aborde la création de partenariats et de coopérations territoriales pour soutenir la santé et la prévention, en mettant l'accent sur l'importance de l'activité physique et de l'alimentation. Elle souligne également le rÎle des mutuelles de santé et des acteurs publics dans la promotion de la santé communautaire et la prévention. La vidéo met en lumiÚre les efforts pour intégrer les externalités positives dans les modÚles de contribution et valoriser les projets qui bénéficient à la fois aux individus et à la société.

      Points Forts: 1. Partenariats pour la prévention [00:23:21][^1^][1] * Importance de l'activité physique et de l'alimentation * RÎle des mutuelles de santé dans la prévention * Valorisation des projets bénéfiques pour la communauté 2. Coopérations territoriales [00:25:15][^2^][2] * Changement de posture et méthode pour soutenir les coopérations * Partage d'une vision commune du territoire * Développement d'écosystÚmes coopératifs territoriaux 3. Financement et accompagnement [00:27:00][^3^][3] * Alliances entre financeurs publics et privés * Soutien aux filiÚres économiques et réseaux de l'économie sociale * Nécessité de développer un plaidoyer pour les coopérations 4. RÎle des collectivités locales [00:28:58][^4^][4] * Vision de la ville de Strasbourg sur la coconstruction des politiques publiques * Importance de l'engagement citoyen dans les coopérations * Illustration des outils de financement participatif Résumé de la vidéo

      La partie 3 de la vidéo aborde la démarche territoriale de la Fondation de France en été 2020, visant à soutenir des coopérations structurantes et l'initiative citoyenne. Elle met en lumiÚre l'approche innovante de la Fondation, qui s'éloigne des appels à projets traditionnels pour favoriser le dialogue et la confiance avec les acteurs locaux. La vidéo souligne l'importance de travailler avec tous les acteurs dÚs le départ pour une approche systémique du changement et la nécessité d'une nouvelle temporalité dans le soutien des initiatives.

      Points saillants : 1. DĂ©marche territoriale et soutien Ă  l'initiative citoyenne [00:46:01][^1^][1] * Engagement sur des territoires spĂ©cifiques * Soutien Ă  l'expĂ©rimentation et Ă  la coopĂ©ration * Approche basĂ©e sur le dialogue et la confiance 2. Nouvelle mĂ©thode de travail de la Fondation de France [00:47:02][^2^][2] * Pas d'appel Ă  projet, mais une sollicitation d'avis * Importance de l'approche systĂ©mique du changement * Posture de questionnement et simplicitĂ© dans les relations 3. Impact de la dĂ©marche sur les territoires [00:49:01][^3^][3] * Plus de 5 millions d'euros investis et une cinquantaine d'initiatives soutenues * Exemple du quartier de Noailles Ă  Marseille * Équilibre entre engagement rapide et implication Ă  long terme 4. Enjeux et dĂ©fis de la coopĂ©ration territoriale [00:52:01][^4^][4] * Reconnaissance des acteurs et des habitants comme partenaires clĂ©s * Importance des rĂ©seaux thĂ©matiques et gĂ©nĂ©ralistes * Propositions pour amĂ©liorer l'accompagnement et la formation Ă  la coopĂ©ration territoriale RĂ©sumĂ© de la VidĂ©o

      La partie 4 de la vidéo aborde l'importance de la coopération territoriale et du développement durable. Elle met en lumiÚre le fond d'impulsion jurassien, un outil financier innovant pour soutenir les projets collectifs dans le Jura, et discute de l'impact de ces initiatives sur la transition écologique locale.

      Points Forts: 1. Importance de la coopĂ©ration territoriale [01:12:00][^1^][1] * Infusion de maturitĂ© coopĂ©rative dans les territoires * Identification des faiblesses pour amĂ©liorer les pratiques Ă©cologiques * RĂ©ponse prĂ©cise aux besoins des territoires et de leurs acteurs 2. Le fond d'impulsion jurassien [01:14:32][^2^][2] * Soutien Ă  l'expĂ©rimentation de projets collectifs * DotĂ© de moyens financiers pour associations et entreprises * Innovation dans le modĂšle de financement hybride 3. Impact sur la transition Ă©cologique [01:16:57][^3^][3] * Financement de l'accompagnement et des investissements nĂ©cessaires * ExpĂ©rimentations dotĂ©es d'environ 30 000 € pour 6 mois Ă  un an * Contribution Ă  une Ă©conomie durable et Ă  l'avenir du territoire RĂ©sumĂ© de la VidĂ©o

      La partie 5 de la vidĂ©o aborde la coopĂ©ration territoriale et le dĂ©veloppement des compĂ©tences et mĂ©tiers y affĂ©rents. Les intervenants discutent de la crĂ©ation de groupes de travail, de l'Ă©laboration de feuilles de route, et de l'importance de la contribution collective pour nourrir le projet. Ils soulignent Ă©galement l'ambition des chantiers et l'intĂ©rĂȘt de qualifier l'existant en matiĂšre de formation sur la coopĂ©ration.

      Points Forts: 1. CrĂ©ation de groupes de travail [01:34:36][^1^][1] * DĂ©cision de surseoir Ă  la crĂ©ation immĂ©diate * Attente de la mise en place des groupes * Lancement des chantiers une fois les feuilles de route Ă©tablies 2. DĂ©veloppement des compĂ©tences [01:36:01][^2^][2] * Focus sur le dĂ©veloppement des compĂ©tences et mĂ©tiers * PrĂ©sentation des intervenants et de leurs rĂŽles * Ambition d'aller vers une certification de formation sur la coopĂ©ration 3. Importance de la coopĂ©ration territoriale [01:41:40][^3^][3] * Discussion sur l'accompagnement et le dĂ©veloppement des coopĂ©rations * CrĂ©ation de cartographies pour identifier les acteurs et les besoins * Objectif d'aider les porteurs de projets de coopĂ©ration Ă  se dĂ©velopper 4. Émergence des Ă©cosystĂšmes coopĂ©ratifs [01:44:42][^4^][4] * Identification des invariants des dĂ©marches coopĂ©ratives * Construction d'un argumentaire pour soutenir les Ă©cosystĂšmes * Ouverture Ă  la collaboration pour amĂ©liorer collectivement les pratiques

    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:23:40][^2^][2]:

      La vidéo présente une explication détaillée de la comptabilité dans les collectivités territoriales, soulignant les différences entre la comptabilité privée et publique, les instructions budgétaires et comptables (M14, M52, N71), et le principe de dualité entre l'exécutif et l'assemblée délibérante. Elle aborde également l'organisation budgétaire et comptable, les opérations comptables spécifiques, et les contrÎles internes et externes.

      Points clés: + [00:00:00][^3^][3] Introduction à la comptabilité publique * Différences fondamentales avec le secteur privé + [00:01:03][^4^][4] Collectivités territoriales et instructions budgétaires * M14 pour les communes, M52 pour les départements, N71 pour les régions + [00:04:38][^5^][5] Impact de la LOLF de 2001 * Rapprochement de la comptabilité publique et privée + [00:07:04][^6^][6] Principe de séparation ordonnateur/comptable * Dualité essentielle pour la prévention des fraudes + [00:10:33][^7^][7] Organisation budgétaire et comptable * Budgets primitifs et supplémentaires, comptes administratifs et de gestion + [00:17:55][^8^][8] ContrÎle des coûts et transparence * ContrÎles internes par le comptable et externes par le préfet ou les chambres régionales des comptes

  15. Mar 2021
    1. Recommandation 8 Le DĂ©fenseur des droits recommande aux collectivitĂ©s territoriales d’organiser des temps de rĂ©flexion et d’échanges entre d’une part, les conseils d’enfants et de jeunes et, d’autre part, les instances reprĂ©sentatives de la collectivitĂ© sur des projets communs. Il recommande d’augmenter leur reprĂ©sentativitĂ© afin que leur parole soit considĂ©rĂ©e dans un cadre d’expression collective.
  16. Sep 2020