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    1. La Discussion à Visée Philosophique (DVP) : Un Levier d'Éducation à la Fraternité et à la Citoyenneté

      Résumé Analytique

      Ce document de synthèse analyse l'intervention de Christian Budex, professeur de philosophie et chercheur, sur le rôle de la Discussion à Visée Philosophique (DVP) dans le cadre de l'éducation nationale française.

      L'idée centrale est que la DVP ne se limite pas à un exercice intellectuel, mais constitue un dispositif d'éducation « en acte » à la fraternité et aux valeurs républicaines.

      Points clés à retenir :

      Non-neutralité du dispositif : Contrairement aux idées reçues, la DVP n'est pas neutre axiologiquement. Sa forme même (cercle, règles de parole, respect d'autrui) impose des normes démocratiques.

      La triple dimension des valeurs : L'éducation aux valeurs doit être intellectuelle (compréhension), psycho-affective (ressenti) et surtout conative (vécue par l'action), domaine où la DVP excelle.

      Fraternité humaniste vs communautaire : La DVP permet de faire cohabiter les appartenances multiples tout en renforçant le sentiment d'appartenance à la famille humaine.

      Prévention de la violence : En transformant les "conflits socio-affectifs" en "conflits socio-cognitifs", la DVP agit comme un outil de non-violence fondamentale.

      Synergie avec les CPS : La DVP mobilise de manière exhaustive les Compétences Psychosociales (cognitives, émotionnelles et sociales) définies par l'OMS.

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      1. Le Cadre Institutionnel et les Tensions Idéologiques

      La DVP a fait son entrée officielle dans les programmes d'Enseignement Moral et Civique (EMC) en 2015. Son intégration soulève néanmoins des débats cruciaux :

      Le risque d'instrumentalisation

      Certains chercheurs et philosophes (Ruwen Ogien, Jean-Fabien Spitz) mettent en garde contre une "moralisation étatique" ou un "intégrisme politique" où la philosophie serait utilisée pour pacifier socialement sans favoriser la réflexion critique.

      La tension de la « prop-imposition »

      Michel Tozi définit le programme d'EMC comme une "prop-imposition" : un mélange de proposition d'autonomie et d'imposition de valeurs républicaines. La DVP doit naviguer entre :

      • La volonté de transmettre des valeurs (Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité).

      • L'impératif de développer le jugement critique et l'autonomie de l'élève.

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      2. La Triple Dimension de l'Éducation aux Valeurs

      Pour que l'adhésion aux valeurs de la République soit réelle et non subie, elle doit passer par trois étapes que la DVP permet de structurer :

      | Dimension | Objectif | Mise en œuvre dans la DVP | | --- | --- | --- | | Intellectuelle | Interroger le sens des concepts. | Définir et discuter théoriquement la liberté, l'égalité, etc. | | Psycho-affective | Éprouver la puissance des idées. | Utiliser des supports culturels (films, littérature) pour ressentir l'empathie. | | Conative | Vivre les valeurs en acte. | Respecter les règles du dispositif, écouter l'autre, coopérer dans la recherche. |

      Citation clé : "On ne décrète pas la fraternité. On peut au mieux favoriser les conditions de son émergence en la rendant désirable."

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      3. Typologie de la Fraternité dans la DVP

      Christian Budex distingue deux formes de fraternité que la DVP aide à articuler :

      A. La Fraternité Humaniste

      Elle renvoie au sentiment d'appartenance à la communauté des humains. Elle s'exprime par :

      • Le respect de la dignité d'autrui.

      • La reconnaissance de la vulnérabilité (admettre que l'on ne sait pas tout).

      • Le tact et l'hospitalité dans l'échange.

      B. La Fraternité Communautaire

      Elle concerne l'appartenance à des groupes restreints (religieux, sportifs, culturels). La DVP aide à gérer la cohabitation de ces fraternités en posant la question laïque : Comment faire pour que nos appartenances multiples soient compatibles entre elles ?

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      4. La DVP comme Outil de Prévention de la Violence

      L'approche préconisée est celle du "Larvatus Prodeo" (avancer masqué) : au lieu d'aborder frontalement des sujets épidermiques (harcèlement, laïcité), l'animateur propose une question philosophique universelle qui traite le problème à la racine.

      Exemple pour le harcèlement : Travailler sur la logique d'inclusion et d'exclusion dans une fraternité communautaire plutôt que de faire une leçon de morale sur le harcèlement.

      Exemple pour les violences sexistes : Déconstruire philosophiquement les stéréotypes de genre et les logiques de domination.

      Transformation des conflits : Le passage du conflit socio-affectif (agression) au conflit socio-cognitif (désaccord argumenté) est l'essence même de la démarche non-violente.

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      5. Analyse Comparative : DVP et Compétences Psychosociales (CPS)

      L'analyse démontre que la DVP est le dispositif idéal pour développer les neuf compétences clés de l'OMS :

      Compétences Cognitives

      Conscience de soi : Réflexion sur ses propres valeurs et limites.

      Pensée critique : Cœur de la pratique philosophique.

      Maîtrise de soi : Apprendre à différer sa parole et à gérer ses impulsions dans le cercle.

      Compétences Émotionnelles

      Régulation : Dissocier ses émotions de ses pensées pour accepter la critique de ses idées sans se sentir attaqué personnellement.

      Empathie : Obligation de comprendre la pensée de l'autre pour pouvoir être en désaccord avec lui.

      Compétences Sociales

      Communication constructive : Utilisation du tact et de l'argumentation claire.

      Coopération : La "communauté de recherche" impose d'avancer ensemble vers une solution qu'on ne peut trouver seul.

      Assertivité : Apprendre à dire ce que l'on pense sous l'autorité de la raison, tout en respectant le cadre.

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      Conclusion et Perspectives

      La Discussion à Visée Philosophique ne doit pas être perçue comme un simple divertissement scolaire ou une "récréation".

      C'est un laboratoire de démocratie où l'on apprend que "le message, c'est l'enveloppe" : la forme du débat est en elle-même un enseignement de la non-violence.

      Pour Christian Budex, l'optimisme éducatif repose sur cette capacité à forger des humains capables de substituer la discussion rationnelle à la force physique.

  2. Feb 2026
    1. L'École au Cœur des Valeurs de la République : Faire Vivre l'Égalité, la Mixité et la Réussite

      Synthèse opérationnelle

      Ce document de synthèse analyse les interventions de la table ronde organisée par l'INSPÉ Lille HdF, portant sur l'incarnation des valeurs républicaines au sein des établissements scolaires.

      Le constat central est que la transmission des valeurs ne peut se limiter à un discours théorique ; elle nécessite une approche systémique touchant à la fois la pédagogie, le pilotage institutionnel et l'aménagement physique des lieux.

      Les points clés identifiés sont :

      L'éducabilité comme principe moteur : Reconnaître l'aptitude de chaque élève à être éduqué et transformé par l'école est le socle de l'engagement professionnel.

      La mixité sociale harmonieuse : L'expérimentation montre que le brassage de populations sociologiquement opposées favorise la tolérance et réduit le décrochage, à condition d'être soutenu par un projet fort.

      Le levier du « bâti » et de l'accueil : La matérialisation des valeurs (beauté des lieux, aménagement convivial) est un facteur déterminant pour le bien-être et le respect mutuel.

      La complexité de la notion de « réussite » : Des recherches en psychologie sociale alertent sur le fait qu'une focalisation étroite sur la performance peut paradoxalement nuire aux attitudes inclusives des enseignants.

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      1. Principes fondamentaux de l'action éducative

      L'ancrage des valeurs républicaines en milieu scolaire repose sur des piliers éthiques et professionnels partagés par les acteurs de terrain.

      Le principe d'éducabilité

      L'éducabilité est définie comme la reconnaissance de l'aptitude de chaque individu à recevoir une éducation et à évoluer par son intermédiaire.

      Une obligation pour les professionnels : Ce principe oblige les personnels de l'éducation à développer des relations de confiance, à valoriser l'élève et à pratiquer une bienveillance éducative constante.

      Finalité : L'objectif est de permettre aux jeunes de s'instruire, de s'émanciper et de devenir des citoyens actifs et éclairés.

      L'appartenance au collectif

      La transmission des valeurs est présentée comme une mission impossible à mener de manière isolée.

      Le travail d'équipe : Que ce soit au sein des équipes académiques « Valeurs de la République » ou au niveau des établissements, le collectif est essentiel pour penser et agir.

      L'articulation des échelles : L'action doit se situer à la confluence de l'individuel (posture de l'enseignant), du collectif (classe/établissement) et de l'institutionnel (Académie).

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      2. Faire vivre l'égalité et l'inclusion

      L'égalité n'est pas seulement un principe constitutionnel (Article 6 de la DDHC), c'est une pratique quotidienne qui se décline en plusieurs dimensions.

      Égalité des chances et équité

      Pédagogie universelle : L'enjeu est d'identifier et de lever les obstacles qui empêchent certains élèves d'accéder aux compétences (par exemple, permettre l'accès au savoir en histoire même si la lecture n'est pas maîtrisée).

      Donner plus à ceux qui ont des besoins particuliers : L'égalité en établissement se traduit souvent par l'équité, c'est-à-dire l'adaptation des moyens aux besoins spécifiques des élèves, notamment dans le cadre de l'école inclusive.

      Les défis de la notion de « réussite »

      Des travaux de recherche en psychologie sociale mettent en lumière une tension entre les objectifs de performance et d'inclusion :

      Risque de rejet de l'inclusion : Lorsque le système éducatif valorise exclusivement la réussite au sens de la performance et du développement des compétences, les enseignants peuvent développer des attitudes plus négatives à l'égard de l'éducation inclusive.

      Nécessité d'une définition large : La réussite doit être associée à l'épanouissement et au bien-être pour ne pas devenir un facteur d'exclusion.

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      3. Mixité sociale et climat scolaire : l'expérience de terrain

      L'exemple du collège Berlioz à Paris (18e arrondissement) illustre la mise en œuvre concrète de la mixité sociale et de la lutte contre les déterminismes.

      L'expérimentation de la montée alternée

      Pour contrer un évitement scolaire massif (50 %) et un ghetto social, deux établissements (un très favorisé et un très défavorisé) ont fusionné leurs effectifs par un système de niveaux alternés.

      Résultats : Apprentissage de la tolérance par la confrontation à l'autre, disparition quasi totale du décrochage scolaire, et absence d'exclusions définitives sur plusieurs années.

      Mixité harmonieuse : La diversité (origine sociale, culturelle, élèves en situation de handicap) crée un environnement où chacun trouve sa place.

      La matérialisation des valeurs (le bâti)

      Le cadre physique est un levier majeur pour le climat scolaire. Farid Bouelifa souligne l'importance d'un établissement « accueillant et beau » :

      Aménagements concrets : Installation de fontaines, de jardins pédagogiques, de fresques végétales, de drapeaux et de canapés dans les espaces communs.

      Symbolique : Utilisation des couleurs républicaines (bleu, blanc, rouge) de manière esthétique dans le bâti pour ancrer l'identité républicaine sans qu'elle soit vécue comme une contrainte.

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      4. Structures institutionnelles et partenariats

      Pour transformer l'école en un « territoire vivant », plusieurs dispositifs et instances doivent être mobilisés.

      Le CESCE : une instance sous-exploitée

      Le Comité d'Éducation à la Santé, à la Citoyenneté et à l'Environnement (CESCE) est identifié comme un levier systémique majeur.

      Rôle : Définir la politique de prévention, lutter contre les discriminations et le harcèlement, et promouvoir l'égalité fille-garçon.

      Composition : Il permet de créer des « alliances éducatives » en associant parents, partenaires extérieurs, élèves (éco-délégués, élus CVL/CVC) et personnels de santé.

      L'ouverture sur le territoire

      L'école ne doit pas être un territoire clos. L'interaction avec l'extérieur est vitale :

      Partenariats associatifs : Collaboration avec des structures locales (centres sociaux, associations) pour prendre en charge le jeune dans sa globalité.

      Sorties pédagogiques : Elles sont jugées aussi importantes que les cours, car elles permettent aux élèves issus de milieux défavorisés d'accéder à des lieux de culture (Louvre, Philharmonie, Versailles) qu'ils ne visiteraient jamais autrement.

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      Citations marquantes

      « Le principe d'éducabilité nous oblige, nous professionnels de l'éducation. C'est reconnaître l'aptitude de chacun à être éduqué. » — Sandrine Benavkir

      « La mixité sociale, on apprend la tolérance à travers elle avec celui qui est différent de soi. » — Farid Bouelifa

      « Parler de réussite, de performance, du développement des compétences... quand on proposait aux enseignants de lire ce magazine, ils avaient des attitudes bien plus négatives à l'égard de l'éducation inclusive. » — Anne-Laure Perrin

      « L'école, c'est aussi parfois la parenthèse de ces élèves dans leur vie... leur faire sentir que ces valeurs de la République, eux peuvent les vivre à l'école. » — Anne-Laure Perrin

      « Lorsque vous enseignez la tolérance au quotidien, c'est une manière de lutter contre tout : le harcèlement, l'homophobie, les discriminations. » — Farid Bouelifa

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      Conclusion

      Faire vivre les valeurs de la République en établissement exige de passer de l'affirmation (le discours) à l'incarnation (l'action).

      Cela passe par un engagement collectif des personnels, une attention particulière portée au climat scolaire et une volonté politique de briser les ghettos sociaux par des dispositifs de mixité audacieux.

      L'école doit être ce lieu où l'égalité des droits et des chances se traduit par une équité pédagogique et un respect profond de la singularité de chaque élève.

    1. Impact des Éco-émotions sur la Jeunesse : Analyse et Perspectives

      Ce document de synthèse analyse les interventions d'Arnaud Sapin concernant l'impact de la crise environnementale sur la vie affective et psychologique des jeunes.

      Il examine les mécanismes de l'éco-anxiété, la diversité des émotions climatiques et les stratégies d'accompagnement pour les éducateurs et les parents.

      Synthèse de la problématique

      L'éco-anxiété ne doit pas être perçue comme une pathologie mentale en soi, mais comme une préoccupation rationnelle face à une situation climatique objectivement alarmante. Selon les données du GIEC, la trajectoire actuelle menace la disponibilité des ressources (eau, nourriture) et la biodiversité, tout en prévoyant jusqu'à 200 millions de réfugiés climatiques d'ici 2050.

      Pour la jeunesse, cette réalité se traduit par un bouleversement profond des émotions et des projections dans l'avenir.

      Le défi majeur réside dans la transition d'une anxiété paralysante vers un engagement constructif. Alors que les émotions négatives (tristesse, colère, impuissance) prédominent chez les 16-25 ans, l'enjeu pour les adultes est de valider ces ressentis tout en stimulant le pouvoir d'agir des jeunes pour transformer ces tensions en leviers de changement.

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      1. Caractérisation de l'éco-anxiété et des éco-émotions

      Un continuum de ressentis

      L'éco-anxiété n'est pas un bloc monolithique mais un spectre d'intensités :

      Inquiétude modérée : Une préoccupation saine qui peut motiver une remise en question des habitudes.

      Anxiété profonde : Une anticipation négative et forte de l'avenir climatique, souvent liée à l'idée d'effondrement (collapsologie).

      Dimensions existentielles : Elle interroge le rapport à la finitude, à la mort et à l'identité personnelle et collective.

      La galaxie des émotions climatiques

      Au-delà de l'anxiété, une diversité de réactions affectives émerge :

      | Émotion | Caractéristiques et Origines | | --- | --- | | Tristesse et Deuil | Sentiment de perte lié à la disparition de la biodiversité ou du patrimoine. On parle de solastalgie pour la douleur liée à la perte d'un lieu naturel cher. | | Colère | Émotion politique dirigée vers des cibles identifiées comme responsables (institutions, entreprises, générations précédentes). | | Culpabilité | Responsabilité dirigée vers soi-même ("je ne fais pas assez"). | | Impuissance | Sentiment de ne disposer d'aucun levier pour remédier à la gravité de la situation. | | Espoir | Peut être irréaliste (attente d'une solution technique externe) ou constructif (engagement actif). |

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      2. État des lieux chez les jeunes (16-25 ans)

      Une étude internationale de 2021 menée dans 10 pays (dont la France) auprès de 10 000 jeunes révèle l'ampleur du phénomène.

      Données comparatives (Monde vs France)

      Les jeunes Français se distinguent par un pessimisme et un sentiment d'impuissance plus marqués que la moyenne mondiale :

      Tristesse : 66 % (Monde) / 63 % (France).

      Anxiété : Environ 60 % dans les deux cas.

      Optimisme : 30 % (Monde) / 22 % (France).

      Sentiment d'impuissance : 56 % (Monde) / 68 % (France).

      Colère : 56 % (Monde) / 60 % (France).

      « Huit personnes sur dix ressentent de l’éco-anxiété... ce n’est pas un phénomène à la marge, c’est un phénomène majoritaire. » — Arnaud Sapin.

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      3. Conséquences sur la vie et la santé mentale

      Les mécanismes de régulation (Coping)

      Pour gérer la tension émotionnelle, les individus utilisent différentes stratégies de "coping" :

      1. Centré sur l'émotion : Partage des ressentis, distraction, évitement ou déni pour se protéger.

      2. Centré sur le sens : Réévaluation positive ("voir le verre à moitié plein") ou minimisation de la gravité.

      3. Centré sur le problème : Passage à l'action pour transformer l'émotion en ressource.

      L'éco-anxiété pathologique

      Elle est identifiée selon trois critères principaux :

      Intensité et durée : Une souffrance forte qui s'installe durablement.

      Répercussions fonctionnelles : Troubles du sommeil, perte d'appétit, conflits relationnels.

      Paralysie : L'anxiété mobilise toute l'énergie de l'individu, l'empêchant paradoxalement d'agir pour l'environnement.

      Bouleversement des choix de vie

      L'avenir est perçu à travers un prisme pessimiste par 27 jeunes sur 30 interrogés (dégradation des conditions de vie, conflits). Cela influence :

      La carrière : Recherche de métiers à impact ou refus de travailler pour des entreprises polluantes.

      La parentalité : Questionnement profond sur la responsabilité de mettre au monde un enfant dans un contexte de crise (évoqué dans 23 entretiens sur 30).

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      4. Le rôle pivot de l'école et des adultes

      L'école est citée comme le premier acteur de sensibilisation, mais son action peut être contre-productive si elle se limite à une saturation d'informations sans offrir d'espace d'expression.

      Les écueils identifiés

      Saturation et fragmentation : Trop d'informations déconnectées du pouvoir d'agir.

      Fossé générationnel : Sentiment de trahison envers les aînés et désillusion face aux figures d'autorité.

      Manque d'espace émotionnel : L'école instruit mais offre rarement un cadre pour exprimer la peur ou la colère.

      Pistes d'action pour les éducateurs

      Pour accompagner les jeunes, les adultes doivent adopter une posture proactive et empathique :

      Valider l'émotion : Ne pas minimiser la peur ; confirmer que ces ressentis sont normaux et rationnels.

      Cultiver l'espoir constructif : Mettre l'accent sur les avancées (scientifiques, associatives) et les rôles modèles.

      Stimuler le sentiment de compétence : Aider les jeunes à identifier des leviers d'action locaux et concrets, sans leur faire porter seuls la responsabilité du monde.

      Inscrire l'action dans le collectif : Sortir de l'approche individuelle pour créer du lien social autour de projets communs.

      Être un modèle : Aligner ses propres comportements (mobilité, consommation) pour réduire la défiance des jeunes envers l'autorité.

      « On peut transformer des émotions négatives en émotions positives en passant à l'action... c’est plus joyeux d’agir. » — Citation d'une pâtissière de 24 ans.

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      Conclusion

      L'éco-anxiété témoigne d'une jeunesse lucide et sensible. L'enjeu de l'accompagnement n'est pas de supprimer cette anxiété par le déni ou la "pensée magique" technologique, mais de l'intégrer comme une force de transformation.

      En transformant l'information en savoir et le savoir en action, les éducateurs peuvent aider les jeunes à retrouver un sentiment de maîtrise sur leur propre futur.

  3. Jan 2026
    1. Guide Méthodologique : Conduire un Atelier Participatif avec les Parents et les Collectivités

      Ce document détaille la structure, les objectifs et les modalités opérationnelles d'un atelier participatif visant à associer les parents d'élèves et les collectivités territoriales à la réflexion éducative.

      Fondée sur une démarche structurée en six temps, cette méthodologie favorise l'émergence d'actions concrètes et réalisables.

      Synthèse de Direction

      L'atelier participatif est conçu comme un dispositif de concertation dynamique d'une durée totale d'environ 2 heures 45 minutes.

      Il repose sur trois piliers fondamentaux de la politique éducative : l'excellence, l'égalité et le bien-être.

      La force de cette approche réside dans sa capacité à transformer des échanges informels en solutions opérationnelles grâce à une gestion rigoureuse du temps, une facilitation active et un système d'évaluation par les pairs.

      Le processus mène les participants de l'expression des défis individuels à la co-construction d'un plan d'action validé collectivement.

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      Cadre Organisationnel et Rôles

      Le succès de l'atelier dépend d'une organisation logistique et humaine précise :

      Composition des groupes : Des groupes de 20 personnes sont constitués (en amont ou le jour même).

      Encadrement : Chaque groupe est animé par un facilitateur.

      Ce dernier peut également assurer les rôles de secrétaire et de gardien du temps, à moins que ces fonctions ne soient déléguées à des participants.

      Sous-groupes : Le groupe de 20 est divisé en 4 ou 5 équipes (sous-groupes) de 4 à 5 personnes pour approfondir des problématiques spécifiques.

      Climat de travail : Les échanges sont régis par des consignes de confiance, d'écoute active, de bienveillance et de respect de la parole de chacun.

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      Structure Chronologique de l'Atelier

      L'atelier se déroule selon une séquence linéaire de six phases distinctes :

      | Temps | Phase | Durée | Objectif Principal | | --- | --- | --- | --- | | 1 | Accueil et Présentation | 20 min | Présenter les enjeux et les trois axes (Excellence, Égalité, Bien-être). | | 2 | Connexion au sujet | 25 min | Faire connaissance et identifier les défis via des échanges en binômes. | | 3 | Échanges en sous-groupes | 1 h 00 | Faire émerger des solutions via la méthode des enveloppes. | | 4 | Évaluation et Mise en commun | 30 min | Prioriser les solutions selon des critères définis. | | 5 | Synthèse en plénière | 20 min | Présenter les solutions retenues par chaque groupe. | | 6 | Conclusion et Clôture | 10 min | Fixer les perspectives de travail futures. |

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      Analyse Détaillée des Phases Clés

      Temps 2 : Connexion et Défis (25 minutes)

      Cette phase utilise une technique de rotation rapide en binômes pour briser la glace et s'imprégner du sujet.

      Modalités : Trois tours de discussion de 4 minutes chacun. Les binômes changent à chaque tour.

      Questions directrices :

      1. Qui êtes-vous ?   

      2. Pourquoi êtes-vous présent aujourd'hui ?   

      3. Quel défi pouvons-nous porter collectivement sur ces problématiques ?   

      4. Comment comptez-vous contribuer à ce défi ?

      Temps 3 : Production de Solutions (1 heure)

      C'est le cœur de l'atelier, utilisant la "méthode des enveloppes" pour favoriser le consensus.

      1. Cadrage : Chaque sous-groupe reçoit une enveloppe avec une problématique.

      2. Critères d'évaluation : Avant de chercher des solutions, les participants définissent des critères (ex: coût, réalisme, facilité de mise en œuvre, originalité). Ces critères sont mis de côté pour la fin de l'exercice.

      3. Rotation des enveloppes : Toutes les 10 minutes, les enveloppes circulent d'un sous-groupe à l'autre. Chaque sous-groupe étudie la problématique et insère une proposition de solution acceptable dans l'enveloppe.

      4. Consensus : Le facilitateur veille à ce que chaque proposition résulte d'un accord collectif.

      Temps 4 : Évaluation et Sélection (30 minutes)

      Une phase rigoureuse de sélection des idées les plus pertinentes.

      Lecture et Notation : Chaque sous-groupe récupère une enveloppe, lit toutes les solutions proposées par les autres et distribue un total de 100 points entre elles, en fonction des critères établis au début.

      Classement : Un rapporteur présente les solutions par ordre croissant de points, en terminant par la plus plébiscitée.

      Les meilleures solutions sont consignées sur une feuille commune au format A3.

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      Conclusion et Perspectives

      L'atelier se clôture par une intervention de la direction (chef d'établissement ou directeur) qui synthétise les travaux.

      L'objectif ultime est d'assurer que les actions identifiées comme étant les plus pertinentes (le score le plus élevé par rapport aux critères de réalisme et de coût) soient effectivement mises en œuvre.

      Ce temps de clôture permet de définir l'agenda et la suite opérationnelle à donner aux réflexions menées collectivement.

    1. Associer les Lycéens à la Concertation : Stratégies, Instances et Enjeux Pédagogiques

      Résumé Analytique

      Le présent document détaille les modalités et les enjeux de l'association des lycéens aux processus de concertation au sein des établissements scolaires.

      L'intégration des élèves n'est pas seulement une démarche administrative, mais constitue un pilier fondamental de la formation du citoyen, s'inscrivant directement dans les programmes d'Enseignement Moral et Civique (EMC).

      La concertation permet d'expérimenter la démocratie participative à travers des instances dédiées telles que le Conseil des délégués pour la vie lycéenne (CVL) et la Maison des Lycéens (MDL).

      Les principaux enjeux identifiés concernent le renforcement du lien social, la lutte contre les discriminations, la promotion de la santé et de l'environnement, ainsi que l'amélioration de la réussite scolaire par une prise en compte du bien-être et des méthodes pédagogiques.

      L'objectif final est de transformer l'élève en acteur engagé, capable de formuler des propositions concrètes pour l'évolution de son cadre de vie et de sa scolarité.

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      I. L'Ancrage Pédagogique de la Participation

      La concertation est présentée comme une mise en pratique des enseignements, particulièrement en EMC, permettant de passer de la théorie démocratique à l'engagement concret.

      1.1. Inscription dans les programmes de l'Enseignement Moral et Civique (EMC)

      Le document souligne une progression thématique selon les niveaux :

      | Niveau Scolaire | Thématiques et Axes de Programme | | --- | --- | | Seconde (Général et Tech) | Axe 2 : Garantir et étendre les libertés. Les libertés en débat. | | Première (Général et Tech) | Axe 1 : Fondements et fragilités du lien social. Étude de la crise de la démocratie représentative et désir d'association à la décision politique. <br> Axe 2 : Recomposition du lien social (politiques de mixité sociale, nouveaux liens sociaux, bénévolat). | | Terminale (Général et Tech) | Axe 2 : Repenser et faire vivre la démocratie. Exploration de la démocratie participative et des nouvelles aspirations citoyennes. | | Voie Professionnelle (Terminales & CAP) | Étude des nouvelles formes de participation démocratique et de l'engagement au service du bien commun. |

      1.2. Capacités et Compétences Développées

      La participation à la concertation permet aux élèves de travailler des capacités spécifiques :

      Expression argumentée : Prendre la parole en public et structurer ses opinions.

      Expérimentation de l'engagement : Proposer des actions pour améliorer la scolarité et s'investir dans le territoire.

      Projets de fin d'études : Les idées issues de la concertation peuvent alimenter le "projet de l'année" en voie technologique ou la "production du chef-d’œuvre" en voie professionnelle.

      --------------------------------------------------------------------------------

      II. Le Cadre Institutionnel : Instances et Acteurs de la Concertation

      Le lycée dispose de structures spécifiques pour canaliser la réflexion et les propositions des élèves.

      2.1. Le Conseil des délégués pour la vie lycéenne (CVL)

      Le CVL est l'instance privilégiée de la démocratie scolaire. Il est obligatoirement consulté par le Conseil d'Administration sur les sujets suivants :

      • Organisation du temps scolaire et du travail personnel.

      • Orientation, santé, hygiène et sécurité.

      • Aménagement des espaces de vie lycéenne.

      • Élaboration du projet d'établissement et du règlement intérieur.

      2.2. La Maison des Lycéens (MDL)

      Organisée sous forme associative, la MDL favorise l'autonomie et la responsabilité. Elle fédère les initiatives culturelles, artistiques, sportives et civiques en dehors du temps scolaire.

      2.3. Le Comité d'éducation à la santé, à la citoyenneté et à l'environnement (CESCE)

      Cette instance de réflexion conçoit des projets éducatifs intégrés au projet d'établissement. Son périmètre inclut :

      • La prévention de la violence et du harcèlement.

      • L'éducation à la citoyenneté et à l'environnement.

      --------------------------------------------------------------------------------

      III. Thématiques Prioritaires de la Concertation

      Le dialogue avec les lycéens s'articule autour de plusieurs piliers sociétaux et éducatifs.

      3.1. Inclusion, Diversité et Lien Social

      La concertation permet d'aborder la "fragilisation du lien social" à travers :

      L'assignation sociale et territoriale : Réflexion sur l'accessibilité de l'établissement et la mixité sociale nécessaire à l'égalité républicaine.

      La lutte contre les discriminations : Comprendre les injustices liées au sexe (sexisme), aux origines (racisme, antisémitisme) ou au handicap.

      La fraternité : Mise en avant du mentorat et du tutorat entre pairs comme outils de cohésion.

      3.2. Santé et Sécurité

      S'appuyant sur le "parcours éducatif de santé" de la maternelle au lycée, la concertation traite de :

      • La prévention des conduites addictives.

      • L'éducation à la sexualité et à l'alimentation.

      • La protection de l'enfance et la vaccination.

      • La promotion de l'activité physique et l'image du corps.

      3.3. Éducation au Développement Durable (EDD)

      Le développement durable est une question transversale impliquant :

      Les éco-délégués : Acteurs essentiels de la transition écologique dans l'établissement.

      La responsabilité environnementale : Étude des enjeux de biodiversité et de protection animale.

      L'engagement citoyen : Réflexion sur l'adaptation des pratiques démocratiques face aux changements environnementaux mondiaux.

      --------------------------------------------------------------------------------

      IV. Réussite Scolaire et Qualité de Vie : Pistes de Réflexion

      Au-delà des programmes, la concertation vise l'amélioration directe du quotidien des élèves.

      4.1. Dispositifs Pédagogiques et Lutte contre le Décrochage

      Il est essentiel de recueillir l'avis des élèves sur :

      • Les modalités d'évaluation et les dispositifs pédagogiques les plus adaptés à leur réussite.

      • Le besoin de suivi individualisé et d'accompagnement dans la construction de leur projet d'orientation.

      4.2. Bien-être et Climat Scolaire

      Le document souligne la nécessité de créer des espaces d'expression sécurisés (heures de vie de classe ou autres modalités) où l'élève peut s'exprimer sans crainte du jugement. Les thèmes de consultation incluent :

      • La lutte contre le harcèlement et les dangers des réseaux sociaux (identité numérique).

      • L'aménagement des espaces communs pour favoriser un climat scolaire serein.

      • L'inclusion des élèves en situation de handicap par la prise en compte de leurs singularités.

    1. Synthèse sur l'Association des Élèves à la Concertation Scolaire : de la Maternelle au CM2

      Ce document technique détaille les stratégies et les thématiques permettant d'impliquer les élèves, de la petite section de maternelle au CM2, dans les processus de concertation au sein de leur établissement scolaire.

      Il s'appuie sur les programmes d'enseignement pour structurer une participation active et citoyenne.

      Synthèse Opérationnelle

      L'intégration des élèves à la réflexion sur l'amélioration de leur école n'est pas seulement un exercice de consultation, mais un levier pédagogique majeur s'inscrivant directement dans les programmes officiels.

      Dès la maternelle, l'accent est mis sur le langage et le « vivre ensemble ».

      Pour les cycles 2 et 3, la démarche se densifie à travers l'Enseignement Moral et Civique (EMC), les sciences et l'éducation aux médias.

      Les axes prioritaires de concertation incluent le bien-être (climat scolaire, aménagement des espaces), la réussite académique (compréhension des savoirs, méthodes pédagogiques) et l'engagement citoyen face aux défis sociétaux (écologie, lutte contre le harcèlement et les discriminations).

      La mise en œuvre repose sur des dispositifs variés tels que les conseils d'élèves, les ateliers de langage ou le rôle pivot des éco-délégués.

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      1. Cadre Méthodologique de la Participation

      La concertation avec les élèves doit être pensée comme un processus structuré, intégré au temps scolaire et adapté à la maturité des enfants.

      Temporalité et Espaces d'Échange

      Amont et aval : Des temps dédiés en classe ou à l'échelle de l'école doivent être prévus pour recueillir les avis et formuler des solutions, avant et après les discussions globales avec la communauté éducative.

      Disciplines supports : Les échanges s'insèrent dans les séances de langage (maternelle), d'EMC, de français ou de sciences (cycles 2 et 3).

      Partage des propositions : Les conclusions issues des débats en classe sont ensuite portées par les élèves lors de discussions avec l'ensemble de la communauté éducative.

      Outils de Mise en Œuvre par Niveau

      | Niveau | Modalités de concertation | Supports privilégiés | | --- | --- | --- | | Maternelle | Ateliers de langage, temps de regroupement, échanges individuels à l'accueil. | Photo-langage, littérature de jeunesse. | | Cycles 2 & 3 | Débats réglés, conseils d'élèves ou coopératifs, instances de délégués. | Programmes de sciences, EMI, programme PHARE. |

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      2. L'École Maternelle : Langage et Socialisation

      En maternelle, la démarche de concertation s'inscrit dans l'apprentissage de la vie commune et la construction de l'individu au sein du groupe.

      Le langage comme pivot : La participation repose sur le domaine « Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions », incitant les enfants à échanger, réfléchir ensemble et oser communiquer.

      Thématiques de réflexion :

      Réussite : Conscience de ce qui est appris, comment on apprend, et valorisation des projets accomplis.  

      Bien-être : Sentiment de sécurité dans les différents espaces (couloirs, récréation), qualité des relations avec les pairs et les adultes.  

      Besoins physiologiques : Qualité du sommeil, des repas et accès aux sanitaires.

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      3. Cycles 2 et 3 : Citoyenneté et Engagement Civique

      Pour les élèves plus âgés, la concertation devient un outil d'apprentissage de la démocratie et de la responsabilité.

      Culture du Jugement et de la Sensibilité

      Le programme d'EMC permet de travailler la capacité des élèves à exprimer une opinion, à écouter celle d'autrui et à faire évoluer leur point de vue dans un cadre sécurisé. Il s'agit d'appréhender les fondements du débat démocratique et les modalités de consultation des citoyens.

      Lutte contre les Discriminations et le Harcèlement

      La concertation est un levier pour identifier et agir contre les atteintes aux valeurs républicaines :

      Sensibilisation précoce (Cycle 2) : Respect de la diversité, égalité filles-garçons, déconstruction des stéréotypes.

      Approche juridique (CM1-CM2) : Identification des situations de racisme, d'antisémitisme, de sexisme, de xénophobie, de LGBT-phobie et de handicap.

      Sécurité numérique : Sensibilisation aux dangers des réseaux sociaux, à l'identité numérique et au cyber-harcèlement (en lien avec l'EMI et le programme PHARE).

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      4. Thématiques Transversales de Concertation

      Au-delà des programmes, la concertation porte sur des enjeux concrets liés à la vie quotidienne et aux défis mondiaux.

      Transition Écologique et Énergétique

      Les élèves, particulièrement les éco-délégués au cycle 3, sont des acteurs essentiels de l'Éducation au Développement Durable (EDD). La concertation peut aboutir à des projets collectifs territoriaux :

      • Gestion et tri des déchets.

      • Économies d'eau et lutte contre le gaspillage alimentaire.

      • Aménagements pour contrer le réchauffement climatique.

      • Développement des mobilités douces.

      Santé et Bien-être

      En lien avec le parcours éducatif de santé et les programmes de sciences, les élèves sont consultés sur :

      • L'équilibre physiologique (sommeil, alimentation).

      • La prévention des conduites à risques et des addictions.

      • L'aménagement des espaces communs pour améliorer le cadre de vie.

      Réussite Scolaire et Pédagogie

      Il est préconisé d'interroger les écoliers sur leur propre perception de la scolarité :

      • Compréhension des disciplines et des savoirs.

      • Pertinence des modes d'évaluation.

      • Efficacité des dispositifs pédagogiques et besoin d'accompagnement pour les élèves en difficulté.

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      5. Conclusion de l'Analyse

      La concertation des élèves ne doit pas être perçue comme une activité périphérique, mais comme une modalité centrale de l'enseignement de la citoyenneté.

      En permettant aux élèves d'agir sur leur environnement immédiat (aménagement, sécurité, écologie), l'institution scolaire favorise l'acquisition d'une "culture de l'engagement".

      Cette démarche transforme l'élève de simple usager en acteur responsable, capable de porter des projets collectifs et de respecter les normes juridiques et sociales de la République.

    1. Synthèse sur l'Éducation à la Citoyenneté Numérique : S'appuyer sur les Pratiques des Jeunes

      Résumé Exécutif

      Ce document de synthèse analyse les perspectives et stratégies d'éducation à la citoyenneté numérique, basées sur les interventions d'experts en sociologie, en éducation au numérique et d'un praticien en milieu scolaire.

      L'idée centrale est un changement de paradigme : passer d'une approche "riscocentrée", focalisée sur la protection et l'interdiction, à une posture d'accompagnement qui s'appuie sur les pratiques réelles et les centres d'intérêt des jeunes.

      Les intervenants soulignent que les jeunes utilisent le numérique pour des raisons profondes liées à la construction identitaire, à la régulation du stress et à la recherche de réponses que les adultes ne fournissent pas toujours.

      Pour être efficaces, les éducateurs doivent adopter une posture d'empathie, de légitimation des cultures numériques des jeunes et de co-construction des savoirs.

      L'objectif final est de développer leur réflexivité, leur esprit critique et leur pouvoir d'agir, en les aidant à comprendre les mécanismes des plateformes, leurs droits, leurs devoirs et le potentiel émancipateur du numérique, plutôt que de se limiter à une posture de méfiance.

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      1. Redéfinir la Citoyenneté Numérique au-delà des Risques

      Le point de départ de la discussion est le constat que la notion de citoyenneté numérique est souvent perçue par les adultes à travers le prisme de l'inquiétude et de la protection.

      Les intervenants s'accordent sur la nécessité d'élargir cette vision.

      Une Définition Élargie : La définition du Conseil de l'Europe est citée comme un modèle, incluant des dimensions positives telles que l'inclusion, la créativité, l'empathie et la participation active.

      Faire "avec eux" plutôt que "pour eux" : Il y a une prise de conscience croissante de l'importance d'impliquer les jeunes dans la construction de leur citoyenneté numérique.

      Un Vocabulaire Inadapté : Selon Nicolas Bourgeon, professeur documentaliste, le terme "citoyenneté numérique" est un jargon institutionnel qui ne résonne pas chez les élèves.

      L'approche efficace consiste à "utiliser leur mot à eux".

      Priorités pour l'Éducation au Numérique

      Chaque intervenant définit une priorité pour l'éducation à la citoyenneté numérique :

      | Intervenant | Organisation | Priorité | Citation Clé | | --- | --- | --- | --- | | Axel Dein | Directrice, Internet sans crainte | Comprendre | "Comprendre l'espace numérique dans lequel on évolue, comprendre les services qu'on utilise, comprendre les algorithmes pour être un utilisateur éclairé." | | Jocelyn Lachance | Sociologue, Crédat | Valoriser | "Ce qu'on oublie souvent, c'est que la plupart des jeunes se comportent quand même bien à l'heure du numérique et la question c'est en tant qu'adulte qu'est-ce qu'on est capable de valoriser les bonnes pratiques." | | Nicolas Bourgeon | Professeur Documentaliste | S'adapter | "Ce sont des mots qui appartiennent au vocabulaire plutôt institutionnel et l'approche que j'essaie d'avoir bah d'utiliser leur mot à eux." |

      2. Changer le Regard des Adultes sur les Pratiques Numériques des Jeunes

      Une critique fondamentale adressée à l'approche actuelle est le regard que les adultes portent sur les usages numériques des jeunes, souvent teinté de méconnaissance et de fantasmes.

      Le Regard "Riscocentré" et ses Limites

      Jocelyn Lachance identifie que l'intérêt des adultes pour les pratiques des jeunes est souvent "riscocentré", se concentrant sur les aspects délétères.

      Cette focalisation a plusieurs conséquences négatives :

      Elle occulte les bénéfices : Les jeunes utilisent le numérique pour des raisons essentielles à leur développement : construction de l'identité, gestion de questions existentielles, socialisation.

      Elle crée un décalage : Les jeunes ont l'impression que les adultes "passent à côté de ce qui est l'essentiel pour eux", à savoir le sens et les avantages qu'ils trouvent en ligne.

      La Solitude des Jeunes et l'Indisponibilité des Adultes

      Un thème récurrent est le sentiment de solitude des jeunes face au numérique.

      Manque d'accompagnement : Selon Axel Dein, les jeunes "sont extrêmement seuls" et "n'identifient pas les adultes autour d'eux comme des personnes qui sont susceptibles de les accompagner".

      Le numérique comme palliatif : Jocelyn Lachance confirme que les jeunes vont chercher en ligne ce qu'ils ne trouvent pas auprès des adultes.

      Une recherche sur l'usage de l'IA par les jeunes montre qu'ils s'en servent pour obtenir "une réponse structurée et rassurante" lorsqu'ils perçoivent les adultes comme indisponibles ou que le sujet est délicat (sexualité, mort).

      La Question de l'Interdiction

      L'interdiction est une pratique éducative structurante, mais son application au numérique soulève des questions complexes.

      Jocelyn Lachance met en garde contre une approche simpliste :

      1. Le Sens : Les adultes doivent s'interroger sur leurs motivations réelles derrière une interdiction.

      2. L'Efficacité et le Déplacement : Interdire l'accès à un espace peut pousser les jeunes vers un autre espace potentiellement moins sécurisé.

      3. La Perte de Bénéfices : L'interdiction peut supprimer des pratiques bénéfiques pour les jeunes, comme la régulation du stress.

      L'exemple d'un lycée québécois interdisant les smartphones est parlant : les élèves ont révélé qu'ils utilisaient leur téléphone pour écouter de la musique et s'isoler afin de gérer leur stress avant les examens.

      3. De la Prévention à l'Accompagnement : S'appuyer sur les Pratiques Réelles

      La deuxième partie de la discussion se concentre sur les méthodes pour passer d'une posture de simple prévention à un véritable accompagnement, en partant des usages concrets des jeunes.

      La Co-construction et l'Immersion

      Internet sans crainte, dirigé par Axel Dein, développe des ressources (serious games, scénarios interactifs) en impliquant directement les jeunes.

      Le rôle des panels de jeunes : Ils sont essentiels pour assurer la justesse et l'authenticité des ressources.

      Les jeunes poussent souvent les scénarios à être plus intenses pour refléter la réalité ("Mais là c'est trop tiède ce qu'on vit c'est plus intense c'est plus dur que ça.").

      Susciter l'esprit critique : L'objectif n'est pas de donner des leçons de manière descendante, mais de "les amener à prendre du recul, à se questionner".

      Ces séances collectives permettent une "autorégulation" bienveillante entre pairs.

      Partir des Centres d'Intérêt des Élèves

      Nicolas Bourgeon mène un projet avec des élèves de 6ème sur les influenceurs, un sujet qui les passionne. La démarche est la suivante :

      1. Point de départ : Les élèves choisissent un influenceur qu'ils apprécient.

      2. Analyse guidée : Ils décryptent le modèle économique (économie de l'attention, monétisation), les partenariats commerciaux (encadrés par la loi de 2023) et les techniques pour capter l'audience.

      3. Prise de conscience : Ce travail leur fait réaliser que lorsqu'ils consultent du contenu, "ils créent de la valeur". Les élèves identifient facilement les circuits financiers (produits, boutiques, microdons).

      4. La Citoyenneté Numérique en Action : Vers l'Émancipation

      La dernière partie explore les moyens de donner aux jeunes un réel pouvoir d'agir (empowerment) et de développer leur réflexivité.

      L'Expérience "Digital Practice Awareness" (DPA)

      Une recherche menée par Mélina Solari Landa auprès de lycéens offre des enseignements clés :

      La primauté du désir : "Le désir est le meilleur moteur de l'usage des adolescents."

      Le besoin de socialiser et les émotions l'emportent sur une évaluation rationnelle des risques, même lorsque les jeunes sont informés de l'utilisation de leurs données.

      Difficulté avec la temporalité et la distance : Les jeunes ont du mal à percevoir comment leurs actions en ligne actuelles peuvent avoir des conséquences à long terme ou affecter des personnes à une échelle globale.

      L'inefficacité des approches prescriptives : Les logiques restrictives ne permettent pas de développer la réflexivité.

      Développer la Réflexivité et la Confiance

      L'objectif de réflexivité : Pour Jocelyn Lachance, le but est d'amener les jeunes à réfléchir à ce qu'ils vivent et ressentent avant qu'une situation problématique ne survienne.

      Un "carnet de déconnexion" accompagné est plus efficace qu'un simple défi.

      Le risque de briser la confiance : Une approche trop axée sur les risques peut être contre-productive.

      Une jeune fille, après avoir reçu de la prévention, n'a pas osé parler à ses parents d'une expérience sur une application de rencontre par peur de se faire gronder.

      Légitimer leur culture : Pour Nicolas Bourgeon, établir la confiance passe par la reconnaissance de la légitimité de la "culture geek" des élèves.

      Éduquer aux Droits, aux Devoirs et au Pouvoir d'Agir

      Axel Dein insiste sur la nécessité de former les jeunes à la compréhension de leurs droits et devoirs en ligne, car leur première activité numérique est souvent sociale.

      Internet sans crainte a développé une mallette pédagogique qui aborde trois axes :

      1. Comprendre ses droits et devoirs.

      2. Comprendre le rapport à l'autre en ligne (limites public/privé, liberté d'expression).

      3. Comment le numérique donne le pouvoir d'agir.

      S'inspirer des Codes Numériques

      Jocelyn Lachance suggère de s'inspirer des raisons du succès des YouTubeurs et Twitchers auprès des jeunes. Ces créateurs donnent le sentiment de créer un espace sécurisant où :

      • Les jeunes sentent que les discussions partent d'eux ("on peut poser les vraies questions").

      • Leur parole est comprise et valorisée.

      • Leur culture n'est pas "délégitimée".

      L'enjeu pour l'adulte est de s'interroger sur sa propre posture :

      "Est-ce que moi je suis personnellement dans une posture qui délégitime les pratiques numériques et qui fait un espèce de mouvement de répulsion par rapport aux jeunes ?"

  4. Nov 2025
    1. Synthèse : Le Côté Sombre de la Morale

      Résumé

      Cette synthèse examine les thèses présentées par Jean Decety sur ce qu'il nomme "le côté sombre de la morale".

      L'argument central est que si la morale est un pilier de la coopération sociale, elle possède une facette destructrice.

      Lorsque des croyances se transforment en convictions morales absolues, elles deviennent un puissant moteur de dogmatisme, d'intolérance et de violence.

      Ces convictions, caractérisées par un sentiment d'objectivité, un consensus social perçu et une stabilité temporelle, transcendent les idéologies politiques et les causes spécifiques.

      L'objectif de la recherche de Decety est de développer un modèle théorique unifié, en s'appuyant sur la psychologie, les neurosciences, l'anthropologie et la théorie de l'évolution, pour expliquer les mécanismes psychologiques universels qui sous-tendent ce phénomène.

      Le processus clé est la "moralisation", qui convertit des préférences sociales en valeurs sacrées, engageant le système de récompense du cerveau.

      Ce processus est souvent associé à une faible sensibilité métacognitive, où les individus les plus extrêmes sont paradoxalement les moins informés sur le sujet, mais les plus convaincus de leur savoir.

      En moralisant une question, on la rend imperméable à l'analyse coûts-bénéfices et à tout compromis, ce qui conduit à une polarisation accrue et entrave le dialogue démocratique.

      1. La Double Nature de la Morale

      La morale est généralement perçue comme un produit de la co-évolution gènes-culture, spécifique à Homo sapiens, qui apporte des bénéfices clairs à la vie sociale.

      Le Côté Positif : La morale est un mécanisme essentiel qui :

      ◦ Régule les échanges interpersonnels.   

      ◦ Facilite la coexistence et la coopération.   

      ◦ Minimise ou canalise l'agression.   

      ◦ Équilibre les conflits entre les intérêts individuels et collectifs.   

      ◦ Motive les actions collectives pour le bien commun, comme le mouvement pour le droit de vote des femmes ou les droits civiques.

      Le Côté Sombre : C'est l'aspect qui intéresse principalement Jean Decety.

      La morale, lorsqu'elle est poussée à l'extrême sous forme de convictions inébranlables, peut :

      ◦ Alimenter le dogmatisme et l'intolérance.  

      ◦ Motiver la violence et des actions collectives extrêmes.   

      ◦ Justifier le vigilantisme, où des individus s'arrogent le droit de rendre la justice eux-mêmes.

      2. La Conviction Morale : Définition et Conséquences

      La conviction morale est le concept central de l'analyse.

      Elle est définie comme une croyance forte et absolue qu'une chose est intrinsèquement bonne ou mauvaise, morale ou immorale.

      Caractéristiques

      Une conviction morale est perçue par celui qui la détient comme :

      Absolue : Elle ne tolère aucune variation ou exception, quel que soit le contexte.

      Objective : Elle est considérée comme une vérité fondamentale de la réalité, applicable à tous, partout et à tout moment.

      Conséquences Négatives

      Lorsqu'une forte conviction morale est associée à la perception d'un large consensus au sein de sa communauté, elle peut conduire à :

      L'intolérance : Un refus d'accepter des points de vue divergents.

      Le dogmatisme : Un état d'esprit inflexible et un refus de l'analyse critique.

      La violence : L'histoire et l'actualité montrent que la violence est souvent utilisée pour maintenir un ordre moral perçu.

      Les auteurs de génocides, de guerres ou de tortures pensent fréquemment que leurs actions sont légitimes.

      Exemples Concrets Citées

      Plusieurs cas illustrent comment des individus aux idéologies très différentes partagent des mécanismes psychologiques similaires fondés sur la conviction morale :

      Cas

      Description

      Motivation Morale sous-jacente

      Émeutes au Nigeria (2002)

      Plus de 220 personnes tuées suite à la publication d'un article de journal jugé offensant envers le prophète Mahomet.

      Défense de l'honneur religieux.

      Lorna Green (Wyoming, USA)

      Condamnée pour avoir incendié une clinique pratiquant l'avortement.

      La vie est sacrée et l'avortement est un meurtre.

      Activistes climatiques

      Utilisation de "tactiques de choc" et de protestations violentes, comme celles contre un projet d'aéroport.

      Urgence de lutter contre le réchauffement climatique.

      Kathleen Stock (Angleterre)

      Professeure de philosophie harcelée et contrainte à la démission par des activistes transgenres.

      Conviction que l'affirmation selon laquelle le sexe est une réalité biologique est une attaque inacceptable.

      Terrorisme

      Les individus commettant des actes terroristes sont souvent fortement convaincus de la justesse de leur cause (divine ou politique).

      Accomplissement d'un devoir moral supérieur.

      3. L'Architecture Fonctionnelle de la Conviction Morale

      Decety propose un modèle fonctionnel pour expliquer la formation et les effets des convictions morales, basé sur l'interaction de plusieurs composantes.

      Composantes Clés

      1. Objectivité : La croyance que ses propres valeurs sont des vérités objectives et universellement applicables.

      2. Consensus Social : La perception que les membres de sa communauté ou de sa coalition partagent les mêmes croyances, ce qui renforce la conviction.

      3. Stabilité Temporelle : Plus une croyance est perçue comme ayant une base morale, plus elle reste stable dans le temps.

      Le Mécanisme Central : La Conversion des Préférences en Valeurs

      Le moteur de la conviction morale est sa capacité à transformer des préférences sociales en valeurs sacrées.

      Préférence : "Je choisis de ne pas manger de viande issue de l'élevage industriel." (Problème personnel)

      Valeur Moralisée : "Personne ne devrait manger de viande issue de l'élevage industriel car c'est immoral." (Problème moral universel)

      Les valeurs agissent comme des forces de motivation puissantes qui fixent des objectifs, guident les décisions et suscitent l'action.

      Le Substrat Neurobiologique

      • Les valeurs, y compris les valeurs morales, sont traitées par le système de récompense et de valuation du cerveau.

      Il n'existe pas de circuit cérébral spécifique à la morale ; celle-ci utilise les mêmes mécanismes que ceux qui attribuent une valeur à la nourriture ou à un partenaire.

      • La spécificité humaine réside dans la capacité unique de notre espèce à attribuer une valeur à des objets abstraits et arbitraires, comme des idéologies, des symboles (drapeau), une religion ou une cause politique.

      4. Mécanismes Psychologiques : Métacognition et Dogmatisme

      Les convictions morales fortes sont souvent associées à une faible capacité de réflexion critique.

      Métacognition : La capacité de réfléchir à ses propres processus de pensée.

      La sensibilité métacognitive mesure la corrélation entre la confiance d'une personne en sa réponse et la justesse réelle de cette réponse.

      Faible Sensibilité Métacognitive : Les recherches montrent que les individus dogmatiques et moralement convaincus ont souvent une faible sensibilité métacognitive.

      Il y a un décalage entre leur niveau de confiance (très élevé) et leurs connaissances réelles (souvent faibles).

      L'Exemple des OGM : Une étude menée aux États-Unis, en Allemagne et en France a montré que les opposants les plus extrêmes aux OGM étaient ceux qui avaient le moins de connaissances en biologie, mais qui pensaient en savoir le plus.

      C'est une illustration du principe : "Moins ils en savent, plus ils pensent savoir".

      5. Les Défis de la "Moralisation" et l'Analyse Coûts-Bénéfices

      Une fois qu'une question est "moralisée", elle devient extrêmement difficile à débattre rationnellement.

      Échec de l'Analyse Coûts-Bénéfices : Les convictions morales, en devenant des valeurs sacrées, empêchent toute forme de compromis ou d'analyse pragmatique des coûts et des bénéfices.

      Par exemple, pour un militant anti-avortement absolu, aucun argument contextuel (viol, âge de la mère, malformation du fœtus) ne peut justifier une exception.

      Polarisation et Démocratie : La moralisation excessive des débats publics conduit à une polarisation extrême, rendant le dialogue constructif et la recherche de compromis – essentiels à la vie en société – presque impossibles.

      Approche Proposée : Decety suggère que, même pour des sujets moralisés, encourager une analyse coûts-bénéfices est une voie pour progresser en tant que société, plutôt que de rester figé dans des positions irréconciliables.

      6. Points Clés de la Discussion (Q&A)

      Distinction entre Morale et Éthique : Pour les besoins de sa recherche sur les mécanismes psychologiques, Decety ne fait pas de distinction fondamentale.

      Il ne s'intéresse pas à ce que les gens devraient faire (éthique prescriptive), mais aux mécanismes qui transforment une préférence en une croyance absolue.

      Signification du terme "Absolu" : Une valeur est absolue lorsqu'elle est insensible au contexte, aux preuves factuelles ou aux circonstances atténuantes.

      L'exemple de l'avortement montre que même face à des scénarios extrêmes, la position morale reste inchangée.

      Perspective sur le Terrorisme : Decety est en accord avec l'idée que les terroristes sont hautement convaincus moralement.

      Cependant, il conteste le terme de "lavage de cerveau" (brainwashed), arguant que leurs actions sont souvent rationnelles au sein de leur propre système de valeurs, de leur histoire et des normes de leur groupe.

  5. Sep 2025
    1. Synthèse de l'Audition sur le Service Civique

      Résumé

      L'audition de la présidente de l'Agence du service civique met en lumière la dualité d'un dispositif de 15 ans, largement salué comme un "vrai succès" par la Cour des Comptes et plébiscité par les jeunes et les structures d'accueil, mais aujourd'hui menacé par des restrictions budgétaires drastiques.

      Avec plus de 868 000 participants depuis sa création, le Service Civique s'est imposé comme un outil majeur de cohésion sociale, de mixité et un tremplin d'insertion pour la jeunesse.

      Cependant, l'annulation de crédits pour 2025 réduit la cible de 150 000 à 135 000 jeunes, supprimant de fait 15 000 missions et fragilisant un écosystème associatif déjà sous tension.

      Les débats ont révélé un large consensus sur la pertinence du dispositif, mais aussi des inquiétudes profondes concernant son financement, les risques de substitution à l'emploi, les allégations de dévoiement idéologique et la tension structurelle entre sa vocation d'engagement citoyen et son rôle de facto dans l'insertion professionnelle.

      1. Le Service Civique : Bilan et Impact en Chiffres

      Créé par la loi du 10 mars 2010, le Service Civique est un dispositif d'engagement volontaire qui a démontré un impact significatif en 15 ans d'existence.

      Fondamentaux du Dispositif

      Public : Jeunes de 16 à 25 ans (jusqu'à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap).

      Mission : Mission d'intérêt général auprès d'associations ou d'institutions publiques.

      Durée : Environ 6 mois, avec un maximum de 12 mois.

      Intensité : En 2023, la durée moyenne était de 7 mois avec une intensité hebdomadaire de 27 heures.

      Indemnisation : 620 € par mois.

      Bénéfices : Accompagnement, formation civique et citoyenne (incluant les premiers secours), couverture sociale complète et validation de trimestres de retraite de base.

      Bilan Quantitatif

      Total de participants : 868 000 jeunes ont réalisé une mission depuis 2010.

      Missions à l'étranger : 15 000 jeunes ont effectué leur mission à l'international.

      Volume annuel : Près de 90 000 nouvelles missions ont été engagées en 2023.

      Pour 2024, le chiffre s'élève à 86 431 entrées en mission, correspondant à l'atteinte de la cible annuelle (avant réduction) de 150 000 jeunes en service civique sur l'année.

      Taux d'occupation : 100 % des places disponibles sont occupées depuis 2023.

      Profil des Volontaires et Structures d'Accueil

      Le dispositif se caractérise par une forte mixité sociale et de parcours.

      Catégorie

      Données Clés

      Profil à l'entrée

      1/3 étudiants, 1/3 demandeurs d'emploi, 1/3 inactifs.

      Publics spécifiques

      3,3 % de jeunes en situation de handicap.

      14 % de jeunes issus des quartiers prioritaires de la ville (QPV).

      31 % de jeunes issus de la ruralité.

      Structures d'accueil

      62 % en associations.

      28 % dans l'État et ses opérateurs (ex: Ministère de l'Éducation Nationale).

      9 000 organismes d'accueil différents au total.

      Taux de Satisfaction et Impact

      Le Service Civique est un dispositif très connu et apprécié, tant par les volontaires que par les recruteurs.

      Notoriété : Plus de 9 jeunes sur 10 connaissent le dispositif.

      Satisfaction des volontaires : 85 % des jeunes ayant effectué une mission se déclarent satisfaits.

      Satisfaction des recruteurs : Près de 70 % portent un avis favorable.

      Impact sur le parcours :

      Professionnel : 73 % des jeunes déclarent avoir mobilisé leur expérience pour leur parcours professionnel un an après leur sortie.    ◦ Orientation : 63 % l'ont utilisée pour leur orientation ou réorientation.    ◦ Insertion : 80 % des jeunes sont en emploi ou en formation 6 mois après la fin de leur mission.

      Impact sur l'engagement : 56 % des jeunes poursuivent une activité bénévole après leur mission, contre 36 % avant d'y entrer.

      2. La Crise Budgétaire : Un Tournant pour le Dispositif

      La principale menace pesant sur le Service Civique est d'ordre budgétaire, remettant en cause le consensus politique et la trajectoire de croissance du dispositif.

      La Cible Historique de 150 000 Jeunes

      Depuis 2017, un consensus national s'est établi autour d'une cible de 150 000 jeunes en service civique sur l'année, ce qui correspond à environ 85 000 nouvelles entrées en mission par an, soit un peu plus de 10 % d'une classe d'âge.

      La loi de finances initiale pour 2025 prévoyait les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif.

      L'Impact des Annulations de Crédits

      Annulation pour 2024 : Plus de 70 millions d'euros ont été annulés.

      Décret d'annulation pour 2025 : Un décret a ramené la cible à 135 000 jeunes sur l'année, supprimant de fait 15 000 missions.

      Conséquences sur la trésorerie : La trésorerie de l'Agence a été réduite d'une norme prudentielle d'un mois à 15 jours, puis à une hypothèse de 6 jours (9 millions d'euros) pour 2025.

      Gel supplémentaire ("surgel") : Un surgel a été appliqué, dont le dégel partiel est espéré par la ministre.

      Conséquences sur l'Écosystème

      La réduction du nombre de missions a un double effet :

      1. Pour les jeunes : 15 000 jeunes seront privés de cette opportunité, alors que la demande est déjà très forte (3 candidatures enregistrées pour 1 mission disponible).

      2. Pour les associations : Cette réduction fragilise le tissu associatif, qui accueille la majorité des volontaires et dépend de leur contribution.

      Plusieurs intervenants ont souligné que les associations, déjà confrontées à des baisses de subventions, verront leur capacité d'action et d'accueil diminuée.

      3. Thèmes Stratégiques et Initiatives Clés

      Malgré les difficultés budgétaires, l'Agence du service civique développe des axes stratégiques pour répondre aux priorités nationales et aux aspirations de la jeunesse.

      Les Nouvelles Priorités Thématiques

      Service Civique Écologique : Lancé en avril 2024 avec un objectif de 50 000 missions d'ici 2027. La première étape de 1 000 missions supplémentaires a été dépassée, témoignant d'un "réel engouement" de la part des jeunes et de l'écosystème.

      Service Civique Solidarité Senior : Développé dans le cadre du plan "bien vieillir" pour répondre aux enjeux de société liés au vieillissement.

      Lutte contre le harcèlement scolaire : 1 000 missions ont été dédiées à la prévention et à la lutte contre ce fléau en milieu scolaire, un exemple jugé "archétypal" d'une mission réussie où les jeunes complètent l'action des agents publics sans s'y substituer.

      Le Lien avec le Service National Universel (SNU)

      L'abandon de la généralisation du SNU a eu un impact. Il était anticipé qu'une généralisation aurait massivement augmenté la demande de Service Civique, portant la cible théorique à 25 % d'une classe d'âge.

      L'abandon de ce projet évite une amplification de la tension actuelle entre l'offre et la demande, mais la question du décalage reste "posée de manière cruelle".

      Le Déploiement dans les Collectivités Territoriales

      Le développement du Service Civique s'est historiquement appuyé sur des partenariats avec de grandes associations nationales.

      Le déploiement dans les collectivités territoriales reste un axe de progression : seules 192 intercommunalités sur 1254 disposent d'un agrément.

      Un travail a été engagé avec Intercommunalité de France pour faciliter l'accueil de volontaires au niveau local, notamment dans les petites communes.

      4. Controverses et Préoccupations Soulevées

      L'audition a été l'occasion pour les députés d'exprimer plusieurs critiques et inquiétudes majeures concernant le fonctionnement et la finalité du dispositif.

      Le Risque de Substitution à l'Emploi

      Préoccupation : Des députés (notamment du groupe Écologiste) craignent que le Service Civique ne soit utilisé pour remplacer de "vrais emplois", notamment dans les services publics (ex: missions d'accueil).

      Réponse de l'Agence : C'est une "préoccupation constante" et essentielle. Le Code du service national l'interdit. L'Agence contrôle en amont (agrément) et en aval (signalements). La présidente note que le risque de substitution est plus élevé dans le secteur sportif associatif que dans les services publics, où la satisfaction des jeunes est par ailleurs plus élevée.

      Allégations de Dévoiement et Questions de Neutralité

      Préoccupation : Le Rassemblement National, s'appuyant sur un article du Journal du Dimanche, a soulevé le risque de "dévoiement" du dispositif au profit de "structures exclusivement tournées vers l'aide aux migrants" ou d'"écoles privées musulmanes", questionnant le respect de la neutralité républicaine.

      Réponse de l'Agence : La présidente a fermement réfuté ces allégations, qualifiant l'article de "mal documenté". Elle précise que l'association La SIMAD n'a accueilli que deux volontaires depuis 2020 et que l'association La Plume Bleue n'en a jamais accueilli. Elle a rappelé que l'Agence travaille avec les cellules préfectorales de lutte contre l'islamisme radical (CLIR) pour renforcer les contrôles.

      Un Outil d'Insertion Professionnelle plutôt que d'Engagement Citoyen ?

      Préoccupation : Un député (groupe UDR) a avancé que le dispositif s'est transformé en "simple contrat jeune", servant davantage l'insertion professionnelle que l'engagement citoyen.

      Il s'appuie sur une étude de l'INJEP montrant une corrélation entre le taux de chômage des jeunes et le recours au Service Civique, ainsi que sur les fortes disparités territoriales (27,4 % de participation dans les DROM contre 9,5 % dans l'Hexagone).

      Réponse de l'Agence : La présidente reconnaît que les motivations professionnelles sont une évidence et que le dispositif est un "tremplin vers l'emploi".

      Elle insiste cependant sur le fait qu'il s'agit d'une expérience allant au-delà d'un "simple contrat", car elle offre une "expérience concrète des valeurs de la République" et vise à "humaniser le service public".

      Inclusivité et Accessibilité

      Préoccupation : Le faible taux de participation des jeunes en situation de handicap (3,3 %) a été souligné (groupe Liot).

      Réponse de l'Agence : Ce chiffre est jugé "certainement insuffisant" mais en progression (+1,5 point en 4 ans).

      La principale réponse pour améliorer l'accessibilité de tous les publics est de développer une offre "d'ultra-proximité" sur tout le territoire, afin de ne pas rendre un déménagement nécessaire.

      5. Citations Marquantes

      Sur le succès et la menace (Présidente de la commission) : "La Cour des comptes a souligné, je cite, que le service civique est un vrai succès malgré quelques fragilités.

      Ce constat est donc favorable aujourd'hui et menacé par certaines interrogations pour ne pas dire inquiétude sur le devenir de ce dispositif."

      Sur l'essence du dispositif (Priska Tevenot, Ensemble) : "S'engager et apprendre de soi, c'est ce qui distingue le volontariat en service civique du simple job étudiant. [...] Le service civique, c'est une école de l'engagement, une école de la vie."

      Sur la rigueur budgétaire (Florence Joubert, Rassemblement National) : "Ce dispositif mérite d'être soutenu à condition qu'il ne soit pas dévoyé.

      Car nous parlons tout de même d'un financement public de près de 600 millions d'euros par an."

      Sur la substitution à l'emploi (Sophie Tailler Paulian, Écologiste) : "Comment éviter que le service civique ne vienne finalement remplacer de vrais emplois et ne soit pas finalement aussi une sorte de sas [...] avant d'entrer dans un vrai emploi ?"

      Sur le sacrifice du Service Civique (Florence Erouin Léotet, Socialiste) : "C'est pourtant pour tenter de sauver ce dispositif [le SNU] en échec que l'on choisirait de sacrifier le service civique, un outil d'émancipation et de fraternité républicaine."

      Sur la confusion des genres (Maxime Michelet, UDR) : "Le service civique semble être parfois davantage un outil d'insertion professionnelle que d'engagement citoyen."

      Sur la finalité du dispositif (Présidente de l'Agence) : "La promesse [du Service Civique] n'est autre encore une fois que de faire l'expérience de l'intérêt général et de la cohésion républicaine, de la mixité sociale. Donc c'est une promesse effectivement supérieure à celle d'un simple contrat jeune."

      Sur la valeur ajoutée (Présidente de l'Agence) : "Il [le Service Civique] ne se substitue pas à l'emploi, aux agents publics, mais il humanise le service public. [...]

      C'est vraiment un des moteurs qui fait la différence entre l'engagement de service civique et une simple expérience professionnelle."

    1. L'École et les Valeurs de la République : Synthèse de la Journée d'Études

      Résumé

      Ce document de synthèse analyse les thèmes, arguments et données clés présentés lors de la journée d'études intitulée "L'École, un territoire vivant au cœur des valeurs de la République".

      Organisée par l'INSPÉ de l'Académie de Lille, cette journée s'est déroulée dans un contexte marqué par l'attentat d'Arras, conférant une acuité particulière aux débats.

      Les interventions soulignent unanimement la mission première de l'École, inscrite dans le Code de l'éducation, de faire partager les valeurs de la République.

      Cette mission s'ancre dans un héritage historique profond, allant des Lumières aux lois Jules Ferry, et vise à former des citoyens émancipés par la raison et le savoir.

      Une analyse sémantique et juridique révèle que la notion de "valeurs de la République" est d'usage récent, tant dans le discours public que dans les textes de loi, avec une augmentation significative depuis les années 1980.

      Ces valeurs ne sont pas figées ; elles évoluent et s'enrichissent, comme en témoigne l'intégration de la lutte contre les discriminations.

      Le droit ne leur donne pas de définition constitutionnelle, et leur mention prédomine dans le Code de l'éducation et le droit des étrangers.

      Sur le plan pédagogique, un consensus émerge sur la nécessité de dépasser une "pédagogie de la prescription" pour atteindre une "pédagogie de la conviction".

      Cette "approche citoyenne" refuse l'inculcation et promeut la pensée critique, l'expérimentation des valeurs au quotidien et la coopération.

      L'objectif est de permettre aux élèves non seulement de connaître les valeurs, mais de les "éprouver" et d'en ressentir le bénéfice, transformant l'école en un "écosystème de valeurs".

      Enfin, les discussions mettent en lumière les défis contemporains : le poids croissant qui pèse sur l'institution scolaire, le communautarisme, le relativisme et la nécessité de ne pas nier le réel tout en présentant les valeurs comme un idéal à conquérir.

      L'écart entre la valeur et le réel est présenté non comme un échec, mais comme l'espace même de l'engagement citoyen.

      1. La Mission Fondamentale de l'École dans un Contexte de Crise

      Les propos introductifs des différents intervenants ont unanimement rappelé le rôle central et fondateur de l'École dans la transmission des valeurs républicaines, une mission rendue encore plus cruciale par le contexte contemporain.

      1.1 Un Fondement Juridique et Historique

      La mission de l'École est clairement définie par l'article L111-1 du Code de l'éducation, cité à plusieurs reprises, qui stipule que "la nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République".

      Cette mission n'est pas un simple "supplément d'âme" mais une obligation professionnelle qui constitue l'armature du projet républicain.

      Les intervenants ont inscrit cette mission dans une profondeur historique :

      Les Lumières et la Révolution : Alain Frugère a évoqué l'esprit des Lumières (Molière), le projet d'instruction publique de Condorcet (1792) qui établit la primauté des savoirs issus de la recherche sur les opinions et les croyances, et le "pari de la raison émancipatrice".

      Le 19ème siècle : Madame Looher a rappelé le projet des républicains de la Troisième République (Gambetta, Ferdinand Buisson) de stabiliser le régime grâce à l'éducation, aboutissant aux lois Jules Ferry de 1881-82 qui instaurent un enseignement fondé sur la gratuité, l'obligation et la laïcité.

      1.2 Le Poids du Contexte Actuel

      La journée d'études, bien que planifiée de longue date, a été profondément marquée par l'assassinat de Dominique Bernard à Arras.

      Cet événement a donné une "coloration tout à fait particulière" aux réflexions, comme l'a souligné Sébastien Jaibovski.

      Ce contexte met en lumière plusieurs tensions :

      Le Poids sur l'Institution : Sébastien Jaibovski a soulevé la question du "poids qui aujourd'hui est très important, peut-être trop important" que la société fait peser sur l'École et ses enseignants.

      La Conquête Permanente : Il a également insisté sur le fait que "les valeurs ne sont jamais acquises mais elles sont toujours à être conquises et à conquérir".

      Les Défis Sociétaux : Alain Frugère a mentionné "le repli sur soi, le communautarisme, l'intolérance voire la haine" comme des défis quotidiens, tandis que Mathieu Clouet a listé les inégalités sociales, les effets de l'économie médiatique et le relativisme.

      2. Analyse de la Notion de "Valeurs de la République"

      L'intervention d'Ismaël Ferrat, professeur des universités, a offert une analyse lexicale et juridique détaillée, démontrant que la notion de "valeurs de la République" est à la fois complexe, évolutive et d'émergence récente.

      2.1 Une Apparition Récente dans le Discours Public et Juridique

      Contrairement à une idée reçue, l'usage du syntagme "valeurs de la République" est un phénomène récent.

      Dans les publications : Une analyse des corpus de textes numérisés (Google Books) et des archives du journal Le Monde montre une quasi-absence du terme jusqu'aux années 1980, suivie d'une "explosion" de son usage à partir de 1989.

      • Dans le droit : L'occurrence du terme dans les codes juridiques français est très faible au début des années 2000 et connaît une forte poussée à partir de 2016.

      Cette augmentation est principalement due à deux codes :

        1. Le Code de l'éducation.
        1. Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

      2.2 Une Définition Juridique Absente et Évolutive

      L'analyse juridique révèle un paradoxe : bien que la notion soit de plus en plus utilisée, elle reste juridiquement insaisissable.

      Absence de définition constitutionnelle : Aucun texte constitutionnel ne définit précisément ce que sont les valeurs de la République. Le Conseil constitutionnel n'a produit aucune étude sur le sujet.

      L'avis du Conseil d'État : Saisi lors du projet de loi "séparatisme", le Conseil d'État a jugé la notion de "valeurs" trop large pour être un principe de droit généralisable, lui préférant celle de "principes républicains".

      Des valeurs évolutives : La liste des valeurs n'est pas figée. La lutte contre les discriminations, par exemple, est une valeur aujourd'hui considérée comme une évidence, alors que le premier article du Code pénal sur ce sujet ne date que de 1994.

      3. L'Approche Pédagogique : De la Prescription à la Conviction

      Mathieu Clouet, représentant l'équipe académique Valeurs de la République, a développé le concept d'une "approche citoyenne des valeurs à l'école", qui se distingue par son refus de l'inculcation au profit d'une adhésion réfléchie.

      3.1 Refuser l'Inculcation, Viser la Conviction

      L'objectif n'est pas seulement de faire connaître les valeurs, mais de les "faire partager".

      Pédagogie de la conviction : "Nous ne pouvons pas nous contenter d'une pédagogie de la prescription, il nous faut trouver la voix d'une pédagogie de la conviction."

      Appel à la raison : Cette approche repose sur l'éducation à la liberté, fait appel à la pensée critique et apprend aux élèves à interroger les valeurs elles-mêmes.

      Les trois dimensions de la valeur : Elle doit prendre en compte les dimensions

      • intellectuelle (contenus),

      • psycho-affective (ressenti) et

      • conative (action).

      3.2 L'École comme "Écosystème de Valeurs"

      Pour que les valeurs aient du prix aux yeux des élèves, ils doivent les "éprouver", c'est-à-dire en ressentir le bénéfice et en tester la réalité.

      Le rôle des savoirs : La transmission des connaissances participe à l'éducation aux valeurs. Citant Catherine Kintzler, Mathieu Clouet parle de la "puissance libératrice des enseignements" : maîtriser un savoir est une expérience concrète de la liberté.

      L'expérience vécue : L'éducation aux valeurs passe aussi par la coopération, la prise de responsabilité et les pratiques participatives. L'école doit être un lieu où les valeurs sont incarnées au quotidien pour éviter les écarts entre le discours et la réalité.

      Inverser la focale : Il est suggéré de replacer les faits négatifs (discriminations, racisme) dans la perspective plus large de la lutte pour l'égalité.

      L'exemple de l'affaire Dreyfus est utilisé pour montrer que la France de l'époque n'était pas seulement celle de l'antisémitisme, mais aussi le seul pays d'Europe où des intellectuels se sont levés pour défendre un Juif.

      4. Étude de Cas : l'Enseignement de la Laïcité

      Ismaël Ferrat a illustré les enjeux de la transmission des valeurs à travers l'exemple de la laïcité, en analysant son traitement dans les programmes scolaires.

      Période

      Occurrence du mot "Laïcité" dans les programmes (élémentaire/collège)

      Contexte et Enjeux

      Années 1970-1980

      Quasiment absente La laïcité est considérée comme une évidence, une "non-notion" sur le plan pédagogique.

      Années 1990-2000

      Forte augmentation

      L'émergence est liée à la nécessité d'expliquer les règles, notamment suite à l'affaire du voile de Creil (1989) et la circulaire Bayrou (1994) sur les signes religieux ostensibles.

      Depuis 2013 (Loi Peillon) Présence stabilisée à un niveau élevé

      Un élève scolarisé aujourd'hui rencontre la notion environ 13 fois entre le primaire et le collège.

      L'enjeu pédagogique est double :

        1. Expliquer le principe : Donner les clés de compréhension d'une valeur fondamentale.
        1. "Déconflictualiser" : Éviter que le principe soit perçu par certains élèves, notamment de culture musulmane, comme étant dirigé "contre l'islam".

      Les résultats sont probants : une étude du Knesco montre que 90 % des élèves de 3e et 80 % des lycéens en terminale ont déjà abordé la laïcité en cours et maîtrisent globalement bien la notion. Cela démontre l'efficacité du travail mené en classe.

      5. Conclusion : La Valeur comme Engagement et "Refus du Réel" La journée d'études se conclut sur une vision exigeante mais volontariste de la mission de l'École.

      La transmission des valeurs de la République n'est pas l'imposition d'un dogme, mais une invitation à participer à un projet collectif de "perpétuelle réinvention démocratique".

      Comme l'a formulé Mathieu Clouet, il faut se souvenir qu'"une valeur ça n'est pas seulement un reflet du réel, une valeur c'est aussi un refus du réel".

      L'écart entre l'idéal prôné par la valeur (l'égalité, la fraternité) et les imperfections de la société n'est pas un signe d'échec.

      Au contraire, "c'est précisément dans cet écart que nous pouvons trouver les moyens d'apporter aux élèves que nous encadrons la volonté d'agir et de s'engager dans la République française".

      L'approche citoyenne des valeurs est donc, en définitive, une preuve de l'engagement citoyen de l'ensemble de la communauté éducative.

  6. May 2025
    1. Note de Synthèse : La Lutte pour le Droit de Vote des Femmes Européennes

      Source : Extraits du documentaire "Citoyennes ! | Documentaire complet LCP"

      Introduction

      • Le documentaire "Citoyennes !" retrace l'histoire complexe et souvent tumultueuse de l'accès des femmes européennes au droit de vote, depuis la Révolution française jusqu'à la fin du XXe siècle.

      Il souligne que cette histoire est loin d'avoir été un "long fleuve tranquille", marquant une lutte acharnée menée par des groupes de femmes (avec le soutien de quelques hommes) pour faire reconnaître leur statut de citoyennes à part entière.

      Le documentaire explore les raisons de la longue hésitation des pays européens à accorder ce droit, la manière dont les femmes "citoyennes sans citoyenneté" ont participé à la vie politique et sociale, et les figures marquantes de ce combat.

      Thèmes Principaux et Idées Clés

      Une Lutte Ancienne et Persistante :

      La participation des femmes à la vie publique et politique remonte bien avant la Révolution française, avec des figures historiques comme Jeanne d'Arc (bien que récupérée par le roman national) et des centaines d'autres femmes combattantes au Moyen-Âge.

      À partir de la fin du XVIIe et début du XVIIIe siècle, les salons littéraires et scientifiques tenus par des aristocrates et grandes bourgeoises offrent un espace de débat où les femmes peuvent s'exprimer sur un pied d'égalité avec les hommes.

      La Révolution Française : Un Moment Crucial mais Limité :

      La Révolution française marque l'émergence des premières militantes au sens propre du terme, souvent issues des milieux populaires et de la petite bourgeoisie, comme les "dames de la halle" ou les "Poissardes".

      Elles sont les premières pétitionnaires à plaider la cause du peuple, bien que leur mouvement soit plus axé sur des besoins fondamentaux comme "du pain pour le peuple, du pain pour leurs enfants" que sur un féminisme politique.

      Les "citoyennes tricoteuses", assistant aux procès, symbolisent la présence féminine dans l'espace public, même sans droit de parole initialement.

      Elles sont dépeintes de manière négative dans la propagande royaliste.

      Des figures marquantes comme Olympe de Gouge ("l'autrice de la déclaration des droits de la femme, qui est vraiment le premier manifeste féminin"), guillotinée pour ses idées, montrent l'engagement politique radical mais aussi ses dangers.

      D'autres militantes comme Manon Roland, Théroigne de Méricourt, Claire Lacombe et Pauline Léon plaident notamment pour le droit des femmes à l'autodéfense et à s'armer face aux violences.

      Cependant, la Révolution française n'apporte pas de gains significatifs pour les femmes en termes de droits politiques. S'ensuit un "grand renfermement des femmes" qui préfigure la révolution conservatrice napoléonienne.

      Le Code Civil de Napoléon (1804) : La Légalisation de l'Enfermement Domestique :

      Le Code Civil de 1804 établit un cadre légal qui confine les femmes à la sphère domestique, limitant leur liberté et leurs droits.

      "on va même créer un cadre légal à cet enfermement des femmes qui vont être dès lors complètement cantonné à la sphère domestique [...] ce qui va être traduit en fait en texte avec le code civil de Napoléon en en 1804". Ce code est également la traduction des mœurs et coutumes de l'époque.

      L'Émergence du Mouvement Suffragiste au XIXe Siècle :

      La Révolution de 1830 ouvre les consciences, et des femmes commencent à s'organiser en groupes en France, en Angleterre et dans d'autres pays européens.

      Les suffragistes militent pour deux droits fondamentaux : le droit de vote ("le suffrage") et le droit d'être élue. Jeanne Deroin est la première Française à se présenter à une élection législative en 1849.

      Le sujet du droit de vote des femmes est mis sur la table à partir de 1848, avec des auteurs féminins et masculins qui s'en emparent dans la presse.

      Divergences et Soutiens au XIXe Siècle :

      George Sand, figure féminine majeure du XIXe siècle, bien que provocatrice sur le plan des mœurs ("s'habille en pantalon qui fume le cigare qui revendique des amours homosexuels lesbiennes et cetera"), est contre le vote des femmes, estimant qu'elles ne sont pas assez éduquées et que la priorité doit être les droits civils.

      Elle craint que leur vote ne soit influencé par leur mari ou l'Église.

      Victor Hugo, en revanche, est un fervent défenseur du droit des femmes, exprimant son soutien publiquement, notamment lors d'un banquet républicain en 1872.

      Figures Pionnières du Féminisme :

      Hubertine Auclert est la première militante à se déclarer "féministe" en France.

      Elle rejoint la Ligue française pour le droit des femmes en 1877 et milite pour le droit de vote, l'indépendance financière, la séparation des biens et la féminisation de certains mots.

      Elle se présente symboliquement aux élections législatives en 1910. "Une République qui maintiendra les femmes dans une condition d'infériorité ne pourra pas faire les hommes égaux".

      Le Mouvement Britannique des Suffragettes : Radicalisme et Action Directe :

      Organisées depuis le milieu du XIXe siècle, les femmes britanniques, inspirées notamment par les campagnes de John Stuart Mill pour le droit de vote des femmes, intensifient leur action.

      En 1897, plusieurs groupes se fédèrent pour former la National Union of Women's Suffrage Societies (NUWSS). John Stuart Mill dépose régulièrement des propositions de loi pour le vote des femmes au Parlement, sans succès.

      Lassées du pacifisme, les suffragettes, menées par Emeline Pankhurst et ses filles, adoptent des méthodes plus radicales au début du XXe siècle.

      Leur slogan est "Des actes, pas des mots".

      Elles mènent des actions directes, parfois violentes :

      incendies, explosions, bris de vitres, coupure de fils téléphoniques, incendie de boîtes aux lettres. Ces actions les rendent impopulaires en Europe.

      Elles recourent à la grève de la faim en prison, entraînant des gavages forcés ("aujourd'hui on appellerait ça un viol finalement puisque c'est l'intrusion violente d'un corps étranger dans le corps d'une femme sans son consentement"). Ces violences institutionnelles choquent l'opinion publique.

      L'action la plus spectaculaire est celle d'Émilie Davidson, qui se sacrifie lors du derby de Londres en 1913 pour attirer l'attention sur leur cause.

      "Ces pétroleuses iront jusqu'au suicide politique comme Émilie Davidson qui n'hésite pas en 1913 à se faire piétiner par un cheval de l'écurie du roi George 5 lors du derby de Londres".

      Les Premiers Pays à Accorder le Droit de Vote : Nouvelle-Zélande et Finlande :

      La Nouvelle-Zélande est le premier pays au monde à accorder le droit de vote aux femmes en 1893.

      La Finlande est le premier pays en Europe à accorder le droit de vote et d'éligibilité aux femmes en 1906. "Cela a été possible grâce à des femmes des régions rurales et des villes qui se sont réunies et qui ont dit 'Nous avons une opportunité. Nous sommes en train d'écrire l'histoire.'"

      Une hypothèse avancée pour cette précocité est que ces pays étaient des nations jeunes, imprégnées d'une culture des affaires où le pouvoir politique était peut-être moins central que le pouvoir économique.

      En Finlande, la lutte pour l'indépendance vis-à-vis de l'empire russe a créé un sentiment d'unité, et les femmes jouaient déjà des rôles importants dans la société. Le principe de solidarité a justifié leur participation politique.

      La Première Guerre Mondiale : Un Tournant Ambigü : La déclaration de guerre en 1914 suspend les actions militantes en Europe, les femmes participant à l'effort de guerre (les "munitionnettes").

      Certains hommes proposent le "vote des morts" pour que les femmes puissent représenter les soldats tombés au combat, reconnaissant symboliquement leur présence dans l'espace public.

      Ce vote est adopté au Royaume-Uni et en Belgique.

      Au Royaume-Uni, le droit de vote est accordé en 1918 à certaines catégories de femmes de plus de 30 ans ("soit chef de famille soit épouse de chef de famille propriétaire d'un bien immobilier d'une valeur d'au moins 5 livres par an ou diplômé de l'université").

      Ce geste est présenté comme une récompense pour leur contribution à l'effort de guerre, occultant les années de lutte des suffragettes. Le suffrage égal à celui des hommes n'est obtenu qu'en 1928.

      Dans d'autres pays (Russie, Allemagne, pays d'Europe centrale), le droit de vote est accordé aux femmes après 1918, souvent en lien avec des changements de régime et l'éclatement des empires.

      Les Années de l'Entre-Deux-Guerres : Progrès et Résistances :

      La majorité des pays européens accordent le droit de vote aux femmes entre les deux guerres, parfois sous conditions.

      La France reste l'un des "irréductibles" qui résistent. Plusieurs propositions de loi sont bloquées par le Sénat, qui maintient une vision traditionnelle du rôle des femmes. Un sénateur décrit les mains des femmes comme "admirables et toutes semblables à des oiseaux", faites pour être baisées, pas pour voter.

      Louise Weiss emerge comme une figure clé dans les années 1930, utilisant des méthodes radicales et modernes pour bousculer l'inertie politique (candidatures symboliques, manifestations burlesques, distribution de tracts lors d'événements publics).

      "Elle avait finalement des modes d'action hyper moderne qu'on a pu voir ensuite utilisé par des groupes comme Greenpeace ou les Femon".

      Le Front Populaire (1936) : Une Ouverture Limitée : Pour la première fois, trois femmes entrent au gouvernement sous le Front Populaire, en tant que sous-secrétaires d'État.

      C'est une avancée symbolique. Cependant, Léon Blum, chef du gouvernement, craint le vote des femmes, pensant qu'elles pencheraient vers un vote catholique.

      Il demande aux femmes ministres de renoncer à la question du droit de vote.

      Cette expérience met en évidence la forte hostilité au vote des femmes au sein même du camp majoritaire (communistes, radicaux-socialistes).

      La Seconde Guerre Mondiale et l'Obtention du Vote en France (1944) :

      La déclaration de guerre en 1939 relègue à nouveau le droit de vote des femmes au second plan.

      À partir de 1943, la France Libre à Alger prépare le futur régime. Le Général de Gaulle signe l'ordonnance du 21 avril 1944 accordant aux femmes majeures le droit d'être élues et électrices, sans restriction. "C'est absent des débats. Ça va arriver tardivement en fait dans le discours de du général de Gaulle".

      Le vote est accordé en 1944, et les femmes peuvent voter pour la première fois aux élections municipales et législatives en 1945. La participation des femmes à la Résistance et leur présence accrue dans l'économie de guerre ont contribué à cette décision. "Il est indispensable que les femmes votent, une nécessité absolue, normale, un droit".

      La France, patrie des droits de l'homme, arrive tardivement en comparaison d'autres pays européens. Une explication avancée est que le changement de régime (fin de la IIIe République et passage à un nouveau régime) a créé une opportunité, comme dans d'autres pays.

      La forte présence de figures féminines allégoriques (Marianne) dans l'espace symbolique républicain est vue comme une compensation pour leur absence dans l'espace démocratique réel. "l'omniprésence de ces figures féminines dans l'ordre symbolique républicain c'est une façon de faire oublier leur absence dans l'espace public démocratique".

      La Suisse : Un Cas Particulier de Retardataire : La Suisse est l'un des derniers pays au monde à accorder le droit de vote aux femmes. "C'est vraiment pas une histoire glorieuse".

      Plus de 50 votations ont lieu entre 1919 et 1990 sur le sujet.

      Trois raisons expliquent ce retard : Le système politique de démocratie semi-directe, où le peuple (masculin) est consulté et vote "non" à de nombreuses reprises.

      Une société relativement conservatrice, influencée par le modèle germanique, où la place des femmes est traditionnellement au foyer.

      L'épargne de la Suisse par les guerres mondiales, qui n'a donc pas eu la même dynamique de reconnaissance du rôle des femmes que d'autres pays.

      Le mouvement suffragiste suisse privilégie des méthodes pacifiques, de pétitions et de persuasion, se démarquant de l'action violente des suffragettes anglaises.

      L'avocate Antoinette Quinche est une figure marquante, argumentant que la Constitution suisse de 1848 garantit l'égalité des droits pour tous les Suisses (hommes et femmes).

      Malgré l'obtention tardive du droit de vote, de nombreuses femmes ont mis du temps à oser voter, ne sachant pas toujours comment utiliser ce droit.

      Les Combats Post-Suffrage : Droits Civils et Vagues Féministes :

      L'obtention du droit de vote en 1944 en France ne marque pas la fin de la lutte pour les droits des femmes.

      Les droits civils, notamment pour les femmes mariées, doivent encore être obtenus. Il faut attendre 1965 et 1970 pour que les femmes mariées acquièrent l'autonomie sur leur compte en banque et ne nécessitent plus l'autorisation de leur mari pour travailler ou gérer leurs biens.

      "On va devoir attendre 1965 et 1970 pour qu'il y ait des réformes qui viennent donner un statut d'adulte aux femmes mariées et aux femmes mères". L'autorité parentale remplace l'autorité paternelle en 1970.

      Le documentaire évoque les différentes "vagues" féministes :

      La première vague (début du XXe siècle) axée sur le droit de vote.

      La deuxième vague (années 1970) axée sur la libération des corps et l'égalité des sexes.

      La troisième vague (années 1990) marquée par l'approche intersectionnelle, reconnaissant le cumul des formes de domination (genre, race, classe, etc.).

      Le mouvement #MeToo est présenté comme une évolution majeure, un mouvement mondial d'une ampleur inédite, bien que principalement circonscrit au monde occidental.

      Le combat féministe actuel est de plus en plus perçu comme un "combat humaniste", incluant la question des masculinités et la nécessité de libérer les hommes des stéréotypes de performance et de non-émotion. Conclusion

      L'histoire du droit de vote des femmes en Europe est une épopée longue et difficile, marquée par la persévérance de militantes qui ont dû affronter l'hostilité, l'humiliation, l'emprisonnement et même la violence d'État.

      Si l'obtention du droit de vote a constitué une victoire majeure, elle n'était qu'une étape dans la quête d'une pleine égalité, les droits civils ayant dû être arrachés ultérieurement dans de nombreux pays.

      La diversité des tactiques militantes, des approches nationales (radicalisme anglo-saxon versus approche réformiste suisse) et des temporalités souligne la complexité de ce processus historique.

      Les combats actuels continuent d'élargir la réflexion, intégrant les questions d'intersectionnalité et de redéfinition des masculinités dans une perspective humaniste plus large.

      La France, malgré son rôle dans la Révolution et sa représentation symbolique des femmes (Marianne), a été un des derniers pays à accorder ce droit fondamental, un paradoxe qui interroge.

    1. Note d'Information : Analyse du Documentaire "Citoyennes !" et de la Discussion sur les Droits des Femmes en France

      Source : Extraits de "Citoyennes ! | ZED - Zone d'éducation documentaire"

      Date : 2025 Objet : Synthèse des thèmes principaux, des idées clés et des faits importants tirés d'une discussion autour du documentaire "Citoyennes !" et des droits des femmes.

      Participants clés :

      • Jean-Frédéric Thibau : Réalisateur du documentaire "Citoyennes !"
      • Anne-Cécile Mailfert : Présidente de la Fondation des Femmes
      • Élèves du Collège Moulinj à Colombe

      Résumé Exécutif :

      • Ce document analyse une discussion entre le réalisateur du film "Citoyennes !", la présidente de la Fondation des Femmes et des élèves de collège, explorant l'histoire du vote des femmes en France, les combats féministes passés et présents, les inégalités persistantes malgré l'égalité de droit, la division au sein du mouvement féministe, l'importance du collectif et le rôle des hommes dans la lutte pour l'égalité.

      La discussion met en lumière le décalage entre l'image symbolique de la France et la lenteur historique de l'acquisition de droits fondamentaux pour les femmes, tout en soulignant les défis actuels, notamment la montée du masculinisme et des contenus anti-féministes sur les réseaux sociaux.

      Thèmes Principaux :

      • L'histoire lente et difficile du droit de vote des femmes en France : Le documentaire "Citoyennes !" met en évidence le fait que la France, malgré une image symbolique forte de figures féminines comme Marianne, a été l'un des derniers pays européens à accorder le droit de vote aux femmes, en 1944, soit près de 80 ans avant la discussion.
      • Les combats persistants pour l'égalité : Les intervenants soulignent que l'histoire des femmes est marquée par une lutte continue pour leurs droits et que cette vigilance est toujours nécessaire aujourd'hui.
      • Le décalage entre l'égalité de droit et l'égalité réelle : Malgré l'égalité inscrite dans la loi française, les élèves et Anne-Cécile Mailfert constatent des inégalités sociales et comportementales persistantes dans la vie quotidienne.
      • La division et les défis au sein du mouvement féministe : La discussion aborde pourquoi certaines femmes ne se mobilisent pas ou s'opposent au féminisme, évoquant la peur, les difficultés personnelles ou le calcul stratégique.
      • L'importance du collectif et du soutien mutuel : L'expérience personnelle d'Anne-Cécile Mailfert met en évidence la nécessité de s'organiser collectivement pour défendre ses droits face aux risques de violence et d'isolement.
      • Le rôle des hommes dans le féminisme : Il est reconnu que les hommes peuvent et doivent être féministes ("pro-féministes" ou "alliés"), en soutenant les femmes, en éduquant les autres hommes et en remettant en question les normes de masculinité traditionnelles.
      • La montée du masculinisme et des contenus anti-féministes sur les réseaux sociaux : Ce phénomène récent et dangereux est identifié comme un nouveau défi majeur, ciblant particulièrement les jeunes hommes avec des discours machistes et régressifs, et les jeunes femmes avec des contenus prônant la soumission.

      Idées Clés et Faits Importants :

      • Lenteur du droit de vote en France : Jean-Frédéric Thibau explique son étonnement de découvrir que la France a voté le droit des femmes en 1944, se classant 56ème, bien après la plupart des pays européens qui l'avaient fait après 1918. Il cite : "on arrive en 56e position la France pratiquement toute l'Europe avait voté le vote des femmes après la guerre de 14 donc en 1918 et nous on arrive en en 44 donc il y a un truc et je me suis dit qu'est-ce qui a buggé ?".
      • Les suffragettes et la violence : L'étonnement face à la violence subie par les suffragettes anglaises, contraintes d'apprendre le jiu-jitsu pour se défendre contre la police, est souligné : "j'ai surtout été très étonnée par euh les suffragettes anglaises et par cette violence invraisemblable les suffragettes anglaises sont régulièrement arrêtées et violentées par les forces de l'ordre et certaines d'entre elles apprennent le jug dessus afin de pouvoir terrasser les policemanes troposlés elles apprennent le jug dessus pour pouvoir se défendre".
      • Le combat permanent : Anne-Cécile Mailfert insiste sur la nécessité d'une vigilance constante : "faut rester vigilante et il faut continuer aussi à se battre aujourd'hui et peut-être dans les années à venir aussi pour défendre nos droits donc il faut pas penser que ce qu'on a une fois qu'on l' on l'a pour toujours l'histoire des femmes elle montre qu' a des moments c'était mieux c'était moins bien et puis en fait les femmes elles ont dû se bagarrer pour faire en sorte d'être les égals des hommes".
      • Absence de musée de l'histoire des femmes : L'absence d'un lieu institutionnel dédié à l'histoire des femmes et du féminisme en France est un fait marquant, contrastant avec l'existence de musées sur des sujets très variés. Anne-Cécile Mailfert mentionne : "il y a je sais pas combien de musées du sabot du Camemberbert maison de l'eau de la terre de la mer de tout ce que vous voulez mais il y a pas de musée des femmes il y a pas de musée de l'histoire des femmes en France il y a pas de musée de l'histoire du féminisme encore moins".
      • L'égalité de droit vs. l'égalité réelle : Il est clairement établi que l'égalité légale ne se traduit pas toujours en égalité dans la vie de tous les jours. Anne-Cécile Mailfert explique : "dans la Constitution française c'est écrit que globalement je le pour résumer on n pas le droit de discriminer quelqu'un en fonction de son sexe donc normalement quand on est une femme ou un homme en France on a le même droit dans la loi après comme vous avez pu le constater par vous-même malheureusement dans la vraie vie c'est pas tout à fait comme ça".
      • La sexualité comme point de cristallisation des inégalités : L'expérience personnelle d'Anne-Cécile Mailfert au collège autour de la question de la masturbation féminine illustre comment la sexualité peut révéler et exacerber les inégalités de genre et entraîner des violences. Elle décrit le harcèlement subi : "les insultes ont commencé à fuser contre moi... j'ai dû changer de collège parce qu'en fait j'étais insultée tous les jours tous les matins tous les midis tous les soirs dès que j'étais dans le couloir toutes les classes c'était Anne Cécile qui avait dit "Ah et du coup avec des tas d'insultes comme vous pouvez vous imaginer"".
      • Le choix du compagnon comme acte féministe (pour les hétérosexuelles) : Anne-Cécile Mailfert insiste sur l'importance pour les femmes hétérosexuelles de choisir un partenaire qui ne cherche pas à les dominer ou à minimiser leurs ambitions : "le plus important si vous êtes hétérosexuel c'est de bien choisir votre mec ça c'est vraiment la base".
      • Les hommes féministes comme "alliés" : Le rôle des hommes dans le féminisme est vu comme complémentaire à celui des femmes, axé sur le soutien, la remise en question des normes masculines et l'éducation des autres hommes. Anne-Cécile Mailfert affirme : "les hommes doivent être féministes et doivent se battre à nos côtés mais ils font pas le même job que nous".
      • Le masculinisme expliqué par les élèves : Les élèves démontrent une bonne compréhension du masculinisme, le décrivant comme une autopression masculine à correspondre à un idéal de force, de dominance et de non-émotion. Une élève le définit comme : "quand les hommes se mettent une sorte de carapace qui font qui moi je suis plus fort moi je gagne l'argent moi je porte tous les tout le fardeau du monde sur moi moi je suis C'est pas quelque chose c'est très très proche de ça".
      • Danger des algorithmes et des contenus régressifs : Il est souligné que les algorithmes des réseaux sociaux ciblent particulièrement les jeunes garçons avec des contenus masculinistes et les jeunes filles avec des contenus prônant des rôles traditionnels et soumissifs, contribuant à une régression potentielle de la société. Jean-Frédéric Thibau s'alarme : "ce qui est très dangereux c'est qu'on voit par la suite non seulement moi il y a quelques années je me disais mais ils sont ils sont ils sont malades ils sont pas bien et en fait malheureusement il y en a beaucoup et puis ils ciblent beaucoup les les hommes et les garçons et on voit aussi qu'aujourd'hui c'est une espèce de culture hyper macho qui revient".

      Conclusions :

      La discussion révèle que malgré des avancées significatives dans l'acquisition de droits, notamment le droit de vote, les femmes en France continuent de faire face à des inégalités profondes, ancrées dans les normes sociales et les comportements quotidiens.

      L'histoire du féminisme est une histoire de lutte constante et la vigilance reste primordiale face aux tentatives de remise en cause des acquis.

      L'engagement des hommes, en tant qu'alliés, est essentiel pour faire progresser l'égalité, notamment en travaillant sur la déconstruction des stéréotypes de masculinité.

      Enfin, les réseaux sociaux apparaissent comme un nouveau champ de bataille, où la propagation de discours masculinistes et anti-féministes représente une menace sérieuse pour l'avenir de l'égalité des genres.

      L'éducation et la sensibilisation, comme le montre l'engagement des élèves présents, sont cruciales pour contrer ces tendances régressives.

    1. Note d'information : Analyse des mécanismes psychologiques du courage et de la lâcheté

      Introduction

      Cet extrait de l'émission "Dans la tête d'un lâche" explore les mécanismes psychologiques complexes qui sous-tendent le courage et la lâcheté, notamment en présence d'une situation d'urgence où une personne est en danger.

      À travers des témoignages personnels, des expériences reproduites et des analyses d'experts en psychologie, l'émission met en lumière les facteurs qui nous poussent à agir ou, au contraire, nous paralysent face à la détresse d'autrui.

      Principaux Thèmes Abordés et Idées Clés

      La Sidération et le Blocage de l'Action Face à la Peur Extrême (Freezing)

      Observation Clé : Le témoignage d'Aurélia dans le train et l'exemple de l'homme au quai de la Gare de Lyon illustrent une incapacité à agir malgré la conscience du danger.

      Analyse Psychologique : Selon David Sander, directeur du CISA, la peur extrême peut entraîner une réaction de "freezing" ou d'immobilisation tonique.

      Dans cet état, l'organisme devient moins sensible aux stimulations externes, mais les muscles restent toniques et le rythme cardiaque s'accélère. L'individu est figé, incapable de se défendre ou d'agir.

      Citation Pertinente : "qu'est ce qui se passe à ce moment là c'est la peur qui entrent en jeu... la troisième réaction qu'on appelle en anglais freezing"

      Le Conflit Cognitif et le Blocage de l'Action Observation Clé : Aurélia ressentait à la fois la peur d'être agressée si elle intervenait (tendance à l'évitement) et une possible émotion pro-sociale comme la compassion qui la poussait à vouloir aider.

      Analyse Psychologique : Lorsque deux tendances à l'action sont d'une même intensité, cela crée un conflit cognitif maximal, source d'anxiété, qui "va surtout bloquer l'action".

      Citation Pertinente : "Si jamais elle est dans cette situation dans laquelle les deux tendances à l'action sont d'une même intensité... on est dans le cas maximum du conflit cognitifs qui est anxiogène et puis qui va surtout bloquer l'action"

      L'Effet Spectateur et la Diffusion de la Responsabilité

      Observation Clé : L'expérience reproduite à l'arrêt de bus de Genève et l'expérience classique de Latané et Darley démontrent que la présence de nombreux témoins diminue la probabilité et la rapidité d'intervention.

      Analyse Psychologique : Plus il y a de témoins, moins chaque individu se sent personnellement responsable d'agir. La responsabilité est "partagée" entre les membres du groupe.

      Citations Pertinentes : "Le fait d'être plusieurs permet-il à la victime d'être plus rapidement secouru... Malgré le ton qui monte les passants plongent leur nez dans leur téléphone... Personne ne réagit." et "plus on est nombreux et moi on se sent responsable si on est cinq ou six et assister à une urgence après tout pourquoi est ce que moi je devrait intervenir si les autres n'interviennent pas"

      L'Ignorance Plurielle

      Observation Clé : À l'arrêt de bus, les passants regardent autour d'eux pour savoir comment réagir. Voyant que personne d'autre n'agit, ils restent passifs.

      Analyse Psychologique : En situation d'incertitude, les individus cherchent des indices sur le comportement approprié en observant les autres. Si tout le monde fait de même, personne n'agit, renforçant l'idée qu'il n'y a pas lieu d'intervenir.

      Citation Pertinente : "on va avoir tendance à chercher autour de nous des indications qui vont nous dire comment est ce qu'on est censé agir quel est le comportement que l'on doit suivre et donc regarder ce que font les autres... C'est ce qu'on appelle l'ignorance plurielle"

      L'Incertitude Quant à la Nature de la Situation

      Observation Clé : Dans l'expérience de l'arrêt de bus, les témoins ne savent pas si l'interaction est une agression, une scène de ménage, ou si la victime souhaite réellement de l'aide.

      Analyse Psychologique : L'incertitude sur le danger réel de la situation pour la victime peut entraver l'intervention. Une "levée de l'incertitude" par rapport au danger rend l'intervention plus probable.

      Citations Pertinentes : "immédiatement des gens dans la situation de l'arrêt de bus on sait pas vraiment quel est le lien entre la victime et son agresseur... est-ce qu'on doit intervenir ou pas est-ce que c'est notre rôle" et "l'effet spectateurs diminue voire disparaît si jamais il y a une levée de l'incertitude par rapport au danger de la situation"

      L'Évaluation des Risques pour le Témoin

      Observation Clé : Dans le récit d'Aurélia, elle craint d'être elle-même victime si elle intervient.

      Dans l'histoire d'Igor, il évalue le risque de sauter dans le Rhône glacial.

      Analyse Psychologique : La probabilité d'agir dépend de l'évaluation des risques auxquels le témoin est confronté s'il décide d'intervenir.

      Citation Pertinente : "il y a le danger concours la victime mais également celui auquel le témoin doit faire face ils décident d'agir l'évaluation des risques en cas d'intervention va être un élément déterminant pour passer à l'acte ou non"

      La Réduction de la Dissonance Cognitive

      Observation Clé : Les participants à l'expérience de Latané et Darley qui n'ont pas agi minimisent a posteriori le danger de la situation simulée. Aurélia a "effacé" de sa mémoire l'événement dans un premier temps.

      Analyse Psychologique : Si un individu agit d'une manière contraire à ses croyances ou valeurs (ex: ne pas aider quelqu'un en danger alors qu'on croit qu'il faut aider), cela crée un inconfort (dissonance cognitive).

      Pour réduire cet inconfort, l'individu va souvent modifier ses opinions ou sa perception de la situation pour les aligner sur son comportement.

      Citations Pertinentes : "si nous n'agissons pas lorsque la situation le requiert nous adaptons par la suite nos valeurs à notre comportement" et "le plus simple c'est toujours de remettre en question cette situation l'a essayé d'ignorer la situation considéré que c'était pas si grave"

      La Culpabilité de la Non-Assistance

      Observation Clé : Marie et Aurélia ressentent une forte culpabilité après ne pas être intervenues.

      Analyse Psychologique : La culpabilité est une réaction fréquente chez les témoins de situations traumatisantes où ils n'ont pas pu ou su agir.

      Elle peut persister pendant des années. Cependant, la culpabilité peut aussi être une forme de "pouvoir" sur une situation où l'on se sentait impuissant, en s'attribuant la responsabilité.

      Citations Pertinentes : "est ce qu'on a le sens de la culpabilité à ce moment là vous êtes sentie coupable a évidemment enfin c'est certain parce que à ce moment là on se dit que peut-être la vie d'une petite fille est bousillée et qu'on a rien fait" et "le fait de pouvoir s'accuser soi-même de quelque chose ça nous permet de nous donner comme un son un peu de pouvoir sur une situation sur lequel on en avait pas"

      Le Courage et la Lâcheté comme Concepts Moraux et Sociaux

      Analyse Psychologique : Le courage est souvent défini par rapport à la capacité à surmonter sa peur lorsqu'il faut agir, tandis que la lâcheté est définie par le fait de trop laisser sa peur dicter ses actions.

      Ces notions sont intimement liées aux valeurs morales et aux règles sociales établies par la société.

      Citation Pertinente : "les notions de courage de lâcheté sont donc intimement liée à des valeurs morales du genre il est important d'aider son prochain et également un direct de sociétés plus concrètes"

      Le Développement de la Notion de Courage et de Lâcheté chez l'Enfant

      Observation Clé : Les enfants plus jeunes (4-6 ans) se réfèrent principalement aux règles absolues ("Il ne faut pas voler") et à leurs peurs personnelles ("J'ai peur du noir") pour juger du comportement.

      Les enfants plus âgés (à partir de 7 ans) commencent à relativiser les règles en fonction des valeurs morales supérieures (sauver une vie).

      Analyse Psychologique : La capacité à concilier des règles contradictoires et à agir en fonction de valeurs d'intérêt supérieur se développe avec l'âge et l'intégration des normes sociales et morales.

      Citations Pertinentes : "pour les enfants en fait le courage c'est d'abord en tout cas avant qu'ils aient 7 8 ans le courage c'est d'apprendre à se contrôler soi même" et "on va traiter de courageux celui qui a été capable d'enfreindre une règle pour réaliser une règle d'intérêt supérieur"

      Le Courage face à la Désobéissance aux Lois Injustes

      Observation Clé : Le témoignage de Lisa Mozzini démontre un acte de "courage" qui consiste à enfreindre la loi pour défendre une valeur jugée supérieure : la dignité humaine et la nécessité de sauver des vies.

      Analyse Psychologique : Dans certains cas extrêmes, le courage peut impliquer de désobéir aux règles établies si elles entrent en conflit avec des valeurs morales fondamentales.

      L'évaluation du "coût" de l'action (conséquences légales) par rapport au "coût" de la lâcheté (laisser mourir des gens) devient alors centrale.

      Citations Pertinentes : "Si on doit sauver quelqu'un c'est l'avis des quelconques on doit sauver... on doit voler des médicaments casser une vitrine Ouais on le fait parce qu'on peut sauver une vie" et "Je trouve que la dignité humaine c'était plus important préserver la dignité humaine que les lois"

      Facteurs Favorisant l'Action Courageuse

      Analyse Psychologique : L'émission suggère plusieurs pistes pour surmonter la passivité :

      Reconnaître que la non-réaction de la victime ne signifie pas consentement ou absence de danger.

      Se faire confiance dans son évaluation de la situation et accepter la possibilité d'avoir l'air ridicule si l'intervention n'était pas nécessaire (le coût est faible par rapport au gain potentiel).

      Utiliser l'effet de groupe en s'adressant directement à d'autres témoins pour créer une chaîne de solidarité et mobiliser l'action collective.

      Citations Pertinentes : "le premier c'est de se dire que la victime de l'agression même si jamais elle ne marque pas des signes évidents de défense et de peur ça ne veut pas dire que parce qu'ils ne réagissent pas ils ne sont pas en danger" et "le dernier élément c'est de faire jouer justement l'effet du groupe... de s'adresser à son voisin et pas forcément à l'agresseur"

      Conclusion

      L'émission met en évidence que la lâcheté n'est pas nécessairement un trait de caractère inné ou une pure malveillance, mais souvent le résultat de mécanismes psychologiques complexes et de facteurs contextuels comme la peur, l'incertitude, la diffusion de la responsabilité et l'ignorance plurielle.

      Comprendre ces mécanismes peut nous aider à mieux réagir dans les situations d'urgence et à reconnaître que le courage peut être appris, notamment en se préparant (comme les professionnels du secours) et en surmontant les barrières psychologiques.

      La culpabilité ressentie après une non-assistance, bien que douloureuse, peut également être un moteur pour agir différemment à l'avenir, comme le montre le parcours d'Aurélia.

      Finalement, les notions de courage et de lâcheté sont intrinsèquement liées à notre système de valeurs morales et à notre capacité à concilier les règles sociales avec un sens plus élevé de la justice et de la dignité humaine.

  7. Apr 2025
    1. Note d'Information : Les Parcours Éducatifs dans l'Académie de Nantes Source : Extraits du document "guide-acad-parcours-educatifs-nantes.pdf"

      Date de publication : Non spécifiée, mais mentionne la loi de refondation de l’école de la République du 08 juillet 2013.

      Public cible du document : Personnels d’encadrement des premier et second degrés, et enseignants.

      Objectif du document : Fournir des pistes de mise en œuvre réalistes et respectueuses de l’esprit des textes concernant les parcours éducatifs.

      Thèmes Principaux et Idées Clés :

      Le document met en lumière l'importance et la mise en œuvre des parcours éducatifs, une obligation découlant de la loi de refondation de l’école de la République de 2013.

      Ces parcours visent à offrir à chaque élève un cheminement cohérent et personnalisé tout au long de sa scolarité, en s'appuyant sur quatre domaines fondamentaux : l'avenir, la citoyenneté, l'éducation artistique et culturelle, et la santé.

      1. Fondement Législatif et Objectifs des Parcours Éducatifs :

      • La mise en place de quatre parcours éducatifs est une obligation légale issue de la loi du 8 juillet 2013.
      • "Permettre à tout élève de construire quatre parcours éducatifs est un attendu de la loi de la refondation de l’école de la République du 08 juillet 2013."
      • Ces parcours ont pour but de renforcer l’ambition des élèves et de leur permettre de construire une culture personnelle sans discrimination.
      • "Ils visent à renforcer l’ambition de chacun et à lui permettre de construire une culture personnelle sans discrimination."
      • Ils doivent permettre aux élèves de réaliser un cheminement progressif, basé sur des expériences vécues pendant les temps scolaire, périscolaire et extrascolaire.

      2. Nature et Construction des Parcours :

      • Un parcours éducatif est défini comme à la fois :
      • Un chemin pour atteindre des objectifs fixés à l’avance.
      • Un processus guidé et progressif, permettant la découverte, l'expérimentation, la mobilisation, le développement et le renforcement des compétences.
      • "Un parcours c’est, d’une part, un chemin que l’élève emprunte pour atteindre des objectifs fixés à l’avance, et d’autre part, un processus guidé et progressif, construit pour offrir à chaque élève la possibilité, par la découverte et l’expérimentation, de mobiliser, développer et renforcer ses compétences."
      • La construction des parcours doit se faire pour et avec l’élève, en tenant compte de son point de vue et de celui de l'adulte accompagnateur.
      • Les parcours s’ancrent dans les enseignements, mais les dépassent en s'intéressant aux projets qui ont du sens pour l'élève et en l'aidant à garder des traces de son cheminement, notamment à travers des outils comme FOLIOS.
      • "Toutefois les parcours éducatifs dépassent la stricte entrée par discipline le temps d’une année scolaire ou même celui d’un cycle d’enseignement. Ils conduisent en effet les équipes à s’intéresser aux projets qui font sens pour l’élève relativement à ces quatre entrées et lui permettent de se construire tout au long de sa scolarité. Il s’agit donc aussi d’aider l’élève à garder des traces qui font sens pour lui, concrétisent le chemin parcouru et l’aident à lier entre eux les divers projets pédagogiques menés tout au long de la scolarité. Des outils tel FOLIOS permettent cette personnalisation."

      3. Pilotage et Mise en Œuvre :

      • La mise en œuvre des parcours éducatifs requiert un pilotage pédagogique affirmé de la part de l'IEN, du directeur d'école ou du chef d'établissement. Ce pilotage vise à assurer la cohérence, faciliter les partenariats et offrir des opportunités pour renforcer la cohérence des enseignements pour l'élève et sa famille.
      • "Mettre en œuvre les parcours éducatifs induit un pilotage pédagogique affirmé. L’IEN de la circonscription, le directeur de l’école ou le chef d’établissement donne l’impulsion, sensibilise à la cohérence d’ensemble, facilite les partenariats. Ce pilotage a pour objectif d’offrir l’opportunité d’inscrire les enseignements dans une cohérence encore plus forte pour l’élève et sa famille."
      • Les parcours doivent être programmés au niveau de l'établissement, en lien avec les priorités du projet d'école ou d'établissement.
      • Il est essentiel de favoriser la continuité et la cohérence entre les activités menées en classe et les actions proposées dans le cadre des projets.
      • Les équipes pédagogiques doivent réfléchir aux stratégies pour accompagner les élèves dans la réflexivité, la distanciation et la construction d’un regard critique.

      4. L'Élève Acteur de Ses Parcours :

      • L'élève est placé au centre de la construction de ses parcours. Il est amené à observer, explorer, chercher, exprimer, témoigner, collaborer, coopérer, prendre conscience et donner du sens.
      • "L’élève acteur Une organisation pour rendre l’élève acteur de ses parcours Il observe, explore, cherche, exprime ou témoigne de ce qu’il fait. Il collabore ou coopère avec ses pairs afin de mesurer le chemin parcouru et d’identifier celui qui reste à parcourir. Il prend conscience et donne du sens. Il entretient son intérêt et sa motivation."
      • L'élève acquiert progressivement des connaissances et des compétences qui s'accumulent tout au long de son cheminement.

      5. Enjeux des Parcours Éducatifs :

      • Les parcours éducatifs sont fondés sur les enseignements disciplinaires et transversaux et, pour l'école et le collège, sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture.
      • Ils participent au parcours de réussite de l’élève, en lui permettant d’appréhender le monde, de l’interroger et d’y trouver sa place pour devenir un adulte citoyen, engagé et responsable.
      • "Réussir son parcours scolaire c’est, pour l’élève, être capable d’appréhender le monde dans lequel il vit, l’interroger, se l’approprier, y trouver sa place pour devenir un adulte citoyen, engagé et responsable."
      • L'épreuve orale du DNB permettra à l'élève d'exposer ses intérêts, ses pratiques et ses engagements dans la réalisation des parcours éducatifs.

      6. Articulation Temps Scolaire, Périscolaire et Extrascolaire :

      • Les parcours éducatifs se déploient sur les trois temps de l'élève : scolaire, périscolaire et extrascolaire, en assurant continuité, cohérence et équité.
      • Ils mobilisent différentes modalités : les enseignements, les projets et les partenariats.

      7. Rôle Essentiel des Partenariats :

      • Les partenariats sont considérés comme le rouage essentiel de la mise en œuvre des parcours, qu'ils soient institutionnels, avec les collectivités territoriales, les milieux professionnels, les organismes spécialisés ou les mouvements associatifs.
      • "Les partenariats sont le rouage essentiel de la mise en œuvre des parcours."
      • La complémentarité des approches et la diversité des modalités offertes par les partenaires permettent à chacun de trouver sa place.
      • L'élaboration concertée des projets entre l'équipe pédagogique et les partenaires assure la cohérence des actions.
      • La prise en compte de l'ancrage territorial de l'établissement est indispensable.

      8. Implication des Parents et des Familles :

      La mise en œuvre des parcours éducatifs est une occasion de rapprocher les parents et les familles du monde scolaire et de leur donner une place importante dans l'accompagnement de leurs enfants.

      9. Distinguer Projets et Parcours :

      Le projet est un ensemble articulé d'objectifs, de méthodes et de moyens dans une temporalité déterminée. Le parcours est l'ensemble de projets articulés, cohérents et diversifiés, réalisés sur une temporalité longue (cycle d'enseignement, scolarité obligatoire, parcours de vie). "Ce sont les projets, différents et variés, et les expériences vécues qui constituent le parcours. Chaque projet est une étape dans le parcours pour atteindre les objectifs fixés. C’est la temporalité des actions et donc le cadre qui permet de distinguer le projet du parcours."

      10. Méthodologie de Construction des Parcours :

      • Le document propose des étapes pour construire les parcours :
      • Inventorier les actions existantes et les acquis.
      • Identifier les axes de complémentation.
      • S'interroger sur les méthodes et les approches pédagogiques.
      • Concevoir et mettre en œuvre des projets équilibrés et progressifs.

      11. Évolution de la Posture de l'Enseignant :

      La mise en œuvre des parcours nécessite une évolution de la posture traditionnelle de l'enseignant, qui devient davantage un accompagnateur et un guide pour aider les élèves à établir des liens et à développer leur réflexivité.

      12. Outil Numérique FOLIOS :

      L'outil numérique FOLIOS est mentionné comme un moyen pour l'élève de personnaliser son parcours en collectant, mutualisant et mettant en forme ses expériences scolaires et personnelles, avec l'aide des adultes.

      13. Les Quatre Parcours :

      • Le document réaffirme l'existence des quatre parcours : Avenir, Citoyen, Éducation Artistique et Culturelle, et Santé.
      • En conclusion, ce document académique souligne l'importance d'une approche globale et concertée pour la mise en œuvre des parcours éducatifs, plaçant l'élève au centre de son apprentissage et favorisant la cohérence entre les différents temps et espaces éducatifs, grâce à une collaboration étroite entre les équipes pédagogiques, les partenaires et les familles.
    1. La Cour formule donc les recommandations suivantes :1. mener à leur terme les expérimentations en cours surla nouvelle Journée Défense et Citoyenneté, dans uncadre juridique à formaliser au plus vite, et en assurerune évaluation précise (ministère des armées) ;2. soumettre à arbitrage interministériel les objectifset le contenu d’une nouvelle Journée Défenseet Citoyenneté et adapter le cadre juridique enconséquence (ministère des armées) ;3. mettre en place l’organisation et mobiliser les moyensnécessaires au déploiement de la Journée Défenseet Citoyenneté en ligne, au bénéfice des jeunesFrançais résidant à l’étranger (ministère des armées,ministère de l’Europe et des affaires étrangères).155LA JOURNÉE DÉFENSE ET CITOYENNETÉ, DES OBJECTIFS À REDÉFINIR
  8. Mar 2025
    1. Briefing Doc : Faut-il en finir avec la démocratie participative ?

      Introduction

      Ce document présente une synthèse des principaux thèmes et idées ressortant de la discussion organisée par l'UNADEL (Union Nationale des Acteurs du Développement Local) autour de la question :

      "Faut-il en finir avec la démocratie participative ?".

      L'événement a réuni des personnalités aux expériences et points de vue divers, notamment * Nicolas Rio (politiste et co-auteur du livre éponyme), * Laurence Bart (maître de conférences et administratrice à l'UNADEL), et * Claire Touri (présidente du Mouvement Associatif).

      La discussion a abordé les constats critiques de la démocratie participative actuelle, les attentes citoyennes révélées par les écoutes territoriales, et le rôle potentiel du mouvement associatif, tout en explorant des pistes pour revitaliser le fonctionnement démocratique.

      Thème 1 : Critique de la démocratie participative actuelle

      Nicolas Rio, s'appuyant sur son livre, a exposé une critique fondamentale de la manière dont la démocratie participative est souvent déployée aujourd'hui.

      Son argument central est qu'elle tend à focaliser les efforts sur l'expression des citoyens, partant du principe que le problème réside dans un manque de voix citoyenne.

      Or, selon lui, le problème majeur se situe davantage du côté de la "surdité des institutions" :

      "...le problème c'est pas que les citoyens ne s'exprimeraient pas euh mais davantage que les pouvoirs publics dans leur diversité ne sont pas en capacité euh de d'entendre euh ce que les citoyens formulent..."

      Rio souligne que la multiplication des dispositifs participatifs (conseils de quartier, conventions citoyennes, consultations en ligne) contraste avec un "constat d'impuissance" remontant du terrain, tant de la part des professionnels que des citoyens impliqués.

      Il remet en question la "fausse équivalence entre participation et démocratie", arguant que plus de participation ne signifie pas nécessairement plus de démocratie, et inversement.

      Un autre point critique majeur concerne l'égalité démocratique. Rio met en lumière le fait que les dispositifs participatifs ont tendance à attirer les mêmes profils de participants (diplômés, âgés, déjà engagés), renforçant ainsi les inégalités de représentation et laissant de côté les "inaudibles" :

      "...globalement c'est euh souvent les mêmes profils qu'on retrouve dans la plupart des dispositifs participatifs euh les variables les plus discriminantes étant le niveau de diplôme et l'âge..."

      Il soutient que ces dispositifs peuvent même "décupler ces inégalités de représentation" en donnant davantage la parole à ceux qui l'ont déjà, au détriment de ceux qui sont en retrait de la vie démocratique.

      Enfin, Rio questionne la capacité transformatrice réelle de ces dispositifs, les considérant comme dépendants de l'institution initiatrice et soumis à un "biais de confirmation", où seuls les avis conformes aux orientations initiales ont tendance à être retenus.

      Il alerte sur le risque que l'engouement pour la démocratie participative masque la "fragilisation de nos contrepouvoirs".

      Thème 2 : Attentes citoyennes et la "démocratie du faire"

      Laurence Bart a partagé les enseignements tirés des écoutes territoriales menées par l'UNADEL.

      Ces écoutes révèlent un "formidable fourmillement d'initiative" et d'engagements citoyens diversifiés et souvent informels, participant parfois à l'attractivité des territoires.

      Cependant, elles mettent également en évidence des "effets d'usure" liés aux difficultés rencontrées, un manque de connexion entre les initiatives, et une "difficulté à faire projet commun" avec les institutions.

      Bart observe une transformation des modes d'organisation avec une "prime à l'informel" et des engagements à géométrie variable, une "quête de sens" individuelle et collective, une action tournée vers les dimensions de "l'habité" et les droits fondamentaux, une recherche de "reconnexion au territoire" sans enfermement, et une logique d'"expérience d'action pragmatique" qu'elle nomme "démocratie du faire".

      Cette "démocratie du faire" est confrontée à trois défis majeurs :

      • Le défi du "faire savoir" et de la reconnaissance de l'expertise citoyenne et de sa légitimité.
      • Le défi de la "coopération" et de l'élargissement des cercles d'engagement.
      • Le défi de la "coconstruction d'un projet politique" autour des communs et de l'habitabilité.

      Thème 3 : Rôle et attentes du mouvement associatif

      Claire Touri a apporté la perspective du mouvement associatif.

      Elle reconnaît les tensions démocratiques actuelles (distance avec les représentants, défiance envers les institutions) tout en soulignant une forte mobilisation citoyenne (20 millions de bénévoles).

      Pour elle, la démocratie participative ne doit pas se limiter à de la consultation mais doit mettre les citoyens en situation de "construire".

      Elle estime qu'il n'est pas nécessaire de recourir à la démocratie participative "tout le temps et à tous les étages".

      L'expérience de la Convention Citoyenne sur la Fin de Vie est éclairante.

      Touri souligne que le recours à une telle instance se justifie sur des sujets complexes où les espaces de représentation traditionnels peinent à trouver un consensus.

      La convention devient alors un "nouveau maillon dans la construction de la décision".

      Cependant, elle pointe un problème majeur : le manque de pouvoir des assemblées citoyennes et des corps intermédiaires pour garantir que leurs travaux soient pris en compte, dépendant souvent de la "bonne volonté de quelques personnes".

      Touri insiste sur la nécessité de "recréer des espaces de politisation" au sens d'espaces où se construit une "conflictualité positive".

      Elle s'inquiète d'une "dépolitisation" alimentée par des dispositifs d'engagement parfois superficiels. Pour elle, les corps intermédiaires ont un rôle crucial à jouer dans cette repolitisation.

      Elle conteste l'idée que la seule légitimité soit celle de l'élection, plaidant pour la reconnaissance de différentes sources d'intelligence et de légitimité dans la construction de la décision.

      Pistes et Préconisations

      Plusieurs pistes pour revitaliser la démocratie ont été évoquées :

      • Renforcer la capacité d'écoute des institutions plutôt que de se concentrer uniquement sur l'expression citoyenne (Nicolas Rio).
      • Redonner de la substance à la délibération politique au sein des institutions représentatives (Nicolas Rio).
      • S'inspirer du rôle du Défenseur des Droits pour prendre en compte les sentiments d'injustice et les traduire en actions collectives (Nicolas Rio).
      • Viser un objectif redistributif dans les dispositifs participatifs pour faire entendre la voix des "inaudibles" (Nicolas Rio).
      • Travailler sur le "faire savoir" et la reconnaissance de l'expertise citoyenne (Laurence Bart).
      • Développer la coopération et l'élargissement des cercles d'engagement (Laurence Bart).
      • Coconstruire un projet politique autour des communs et de l'habitabilité (Laurence Bart).
      • Revaloriser le rôle des corps intermédiaires comme espaces de démocratie du quotidien et de politisation (Claire Touri).
      • Admettre différentes sources de légitimité au-delà de l'élection (Claire Touri).
      • Envisager des assemblées politiques avec une part de citoyens tirés au sort pour une meilleure représentativité sociologique (Nicolas Rio).
      • Former les élus à l'écoute et redéfinir les cadres participatifs avec des objectifs clairs (résultats du sondage).
      • Réviser l'écosystème de la démocratie représentative, notamment au niveau local (intervention d'un élu).
      • Réactiver le développement local comme espace de "politique du faire" (Jean-Louis Pinot).
      • Réintroduire la "joie" dans la démocratie (citation d'une participante).
      • Gérer la controverse comme moteur de progrès (conclusion).

      Conclusion

      La discussion a mis en lumière une insatisfaction partagée quant au fonctionnement actuel de la démocratie, y compris dans ses formes participatives.

      Si la démocratie participative suscite un engouement et peut apporter des éclairages précieux, elle n'est pas exempte de critiques concernant son efficacité, sa représentativité et son impact réel sur les décisions publiques.

      Les intervenants ont souligné la nécessité de ne pas opposer démocratie représentative et participative, mais plutôt de les envisager comme complémentaires, en insistant sur la nécessité de renforcer la première et de repenser la seconde pour qu'elle contribue véritablement à une démocratie plus inclusive, à l'écoute et capable de répondre aux défis contemporains.

      La "conflictualité positive" et la reconnaissance de multiples légitimités apparaissent comme des éléments clés pour une revitalisation démocratique réussie.

  9. Feb 2025
    1. Voici un sommaire minuté des idées fortes de la conférence sur le Hand à 4 et le numérique éducatif :

      • 0:07-1:15 : Remerciements à l'AEEPS pour son rôle crucial dans le développement du Hand à 4. Souligne l'importance de l'association pour les rencontres et la formation continue des enseignants d'EPS.

      • 1:33-3:09 : L'importance de la formation continue dans un contexte de réforme éducative. Remerciements pour l'accueil et la participation.

      • 3:16-4:13 : Introduction au vif du sujet : Hand à 4, numérique et citoyenneté. Questionnement initial sur l'approche à adopter.

      • 4:13-5:54 : Complexité de la relation entre le hand, le numérique et la citoyenneté selon Edgar Morin. Nécessité d'une approche globale et interconnectée.

      • 5:54-7:50 : Questionnement sur le développement de compétences motrices, méthodologiques et sociales à travers le hand à 4. Référence à la pratique fédérale sans révérence.

      • 8:01-12:15 : Différences réglementaires entre le Hand Ball à 7 et le Hand Ball à 4. Adaptation des règles en fonction du niveau des élèves. Mixité et labellisation par la Fédération Française de Handball.

      • 12:15-14:55 : L'exclusion temporaire comme sanction et l'aménagement des règles en fonction des besoins des élèves. Différenciation pédagogique possible grâce à la modularité des terrains.

      • 14:55-17:27 : Illustrations vidéo de la pratique du Hand à 4 de la 6e au Master 2. Démonstration de l'adaptabilité du Hand à 4 à différents niveaux.

      • 17:27-19:57 : Objectifs de formation : quel élève/étudiant en handballeur à la fin du secondaire/Master 2. Développement de compétences spécifiques : traverseur, marqueur, etc..

      • 19:57-22:31 : Numérique et citoyenneté : asservir le numérique à des fonctions éducatives. Former un citoyen numérique responsable.

      • 22:31-27:52 : Trois aspects clés du numérique en EPS : autoscopie, conflit socio-cognitif et autodétermination. Importance de l'esprit critique face à l'intelligence artificielle.

      • 27:52-30:59 : Engagement et théorie de l'autodétermination (compétence, autonomie, proximité sociale). Importance du collectif dans l'approche du Hand à 4.

      • 30:59-32:17 : Découpage de la présentation en trois parties : compétence, autonomie et proximité sociale. Priorité à l'égalité et au rôle de marqueur. Utilisation du feedback quantitatif enrichi par le numérique.

  10. Jan 2025
    1. La transcription d'une conférence de Gaïd Andro analyse l'évolution des programmes d'enseignement moral et civique (EMC) en France de 2015 à 2024.

      Elle met en lumière les tensions entre l'approche par compétences centrée sur l'élève et une approche plus normative axée sur la cohésion nationale et la protection de la République.

      L'exposé explore les difficultés rencontrées par les enseignants face à ces changements de paradigme et à la complexité de leur rôle dans un contexte social et politique incertain.

      L'intervention souligne le besoin d'une approche pédagogique plus proactive, favorisant l'enquête et la recherche de savoirs, plutôt qu'une simple transmission de valeurs.

      Enfin, elle propose des pistes pour une meilleure articulation entre les savoirs scolaires et les opinions des élèves, notamment par le biais de collaborations interdisciplinaires et de sorties scolaires.

      Sommaire minuté

      0:00 - 2:27 : Introduction

      • Présentation de Gaïd Andro, historienne de la Révolution Française et enseignante.
      • Objectif de la conférence : analyse réflexive et critique des enjeux de l'EMC dans une société en crise et du rôle de l'enseignant.
      • Décalage entre les projets politiques annoncés et la réalité de l'apprentissage de l'engagement en classe.
      • Parcours professionnel et multidisciplinarité de Gaïd Andro.

      2:27 - 4:02 : Contexte historique de l'EMC (avant 2015)

      • ECJS au lycée : culture civique, juridique et sociale, débats de société.
      • Éducation civique au collège : approche procédurale, institutions, droits et devoirs.

      4:02 - 8:49 : L'EMC de 2015 : un changement de paradigme

      • Naissance de l'EMC en 2015 avec la loi de refondation de l'école.
      • Réintroduction de la morale et débat sur son approche (comportementale vs intellectuelle).
      • Objectif de l'EMC : articulation entre les valeurs individuelles et collectives.
      • Reconnaissance du pluralisme des valeurs et inclusion républicaine.
      • Approche par compétence et construction d'un parcours citoyen.
      • Domaines de compétences : sensibilité, droit et règle, jugement, engagement.

      8:49 - 15:10 : Difficultés de mise en œuvre de l'EMC de 2015

      • Changement de pratique professionnelle important et manque de formation des enseignants.
      • Contexte de crise : attentats de 2015 et crispation sur la radicalisation religieuse.
      • Décalage entre le projet politique de l'EMC et l'attente sociale.
      • Difficulté d'appropriation du programme par les enseignants et floutage du message politique.

      15:10 - 28:26 : L'EMC sous Jean-Michel Blanquer (2018-2024)

      • Réforme du lycée et nouveaux programmes d'EMC.
      • Introduction d'un chapeau : respect d'autrui, valeurs de la République, culture civique.
      • Recentrage sur le groupe et la cohésion nationale.
      • Tension entre le primat du citoyen et le primat du régime.
      • Focalisation sur les divisions internes à la société et approche comportementale.
      • Contexte social : mouvement des gilets jaunes, répression du mouvement lycéen, marches pour le climat.
      • Divorce entre le pilotage de l'éducation nationale et les pratiques sur le terrain.

      28:26 - 36:38 : Les nouveaux programmes d'EMC (2024)

      • Réarmement civique et nouveaux programmes pilotés par Pap Ndiaye, Gabriel Attal et Elisabeth Borne.
      • Trois points forts : pédagogie de projet, éducation aux médias et à l'information, éducation au développement durable.
      • Abandon de l'approche par cycle et par compétence, retour à une approche par programme.
      • Incohérences et difficultés à penser des alternatives pédagogiques.
      • Rétablir la confiance dans l'État et focalisation sur les dispositifs existants.
      • L'engagement comme un patrimoine à défendre et focalisation sur la mémoire.
      • Patriotisme constitutionnel et enfermement dans le présentisme.
      • La question environnementale réduite à la gestion des risques.
      • Evolution des projets politiques de l'EMC et force d'inertie de l'éducation nationale.
      • Questionnement sur la radicalité de l'engagement.

      36:38 - 1:02:11 : La posture de l'enseignant en EMC : entre neutralité et transmission des valeurs

      • Difficultés des enseignants face à la neutralité professionnelle et la transmission des valeurs.
      • Exemple d'une séance de formation avec des enseignants débutants et la question des opinions problématiques.
      • Importance du savoir et de l'expertise de l'enseignant.

      1:02:11 - 1:11:01 : Conclusion

      • La citoyenneté globale comme alternative aux programmes franco-centrés.
      • Importance de sortir de la classe et de se confronter à la complexité du monde.

      1:11:01 - 1:16:53 : Questions et réponses

      • Question sur la place de la solidarité internationale dans l'EMC.
      • Question sur le rôle du professeur documentaliste dans l'accompagnement des changements pédagogiques.
    2. Chronologie des Événements

      Avant 2012:

      • Présence de l’ECJS (Éducation Civique Juridique et Sociale) au lycée, centrée sur la transmission d’une culture civique, juridique et sociale, et intégrant l'actualité et les débats de société.
      • Éducation civique au collège, héritée de la pensée Chevènementiste.

      2012: Arrivée de François Hollande à la présidence de la République.

      2013: Loi sur la refondation de l'école.

      2015:

      • Naissance de l'Enseignement Moral et Civique (EMC), conçu comme un enseignement avec un contenu propre, et non comme une simple éducation.
      • Introduction de la "morale" dans l'enseignement, pensée comme un questionnement éthique et non un apprentissage du bon comportement.
      • Approche par compétences, visant à développer la sensibilité, la compréhension du droit et de la règle, le jugement et l'engagement.
      • Programme EMC détaché d'un cadrage par rapport au régime politique.

      Problèmes rencontrés :

      • Difficulté pour les enseignants à mettre en place une approche par compétences.
      • Manque de formation des enseignants face à ce nouveau programme et à la gestion des événements liés à la violence terroriste.

      2016-2017:

      • Difficultés croissantes pour l'EMC face aux attentats terroristes et à la question des caricatures.
      • Débat sur la laïcité et son rôle dans l'EMC.
      • Aggravation de la radicalisation religieuse et de l'abstention des jeunes.
      • Radicalisation de l'engagement d'une partie de la jeunesse sur la question écologique (ex: Notre-Dame-des-Landes).

      2017: Élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République.

      2018:

      • Jean-Michel Blanquer devient ministre de l'Éducation nationale.
      • Réforme du lycée et nouveaux programmes d'EMC.
      • Création d'un "chapeau" dominant les quatre dimensions de l'EMC (sensibilité, jugement, engagement, droit et règle).
      • Ce chapeau met l'accent sur trois principes fondamentaux:
      • Respect d'autrui.
      • Acquisition et partage des valeurs de la République.
      • Construction d'une culture civique.
      • Changement de paradigme: passage du primat du citoyen au primat du régime.
      • Programme EMC axé sur la cohésion et la lutte contre les divisions internes à la société.
      • Vision plus protectrice de l'EMC.
      • Tensions et critiques face à ce changement de cap et aux événements de l'époque (affaire Théo, répression des manifestations).

      2019:

      • Poursuite du clivage entre la vision protectrice de l'EMC et les aspirations à l'engagement des jeunes.
      • Divorce croissant entre le pilotage de l'éducation nationale et les pratiques sur le terrain.

      2024:

      • Pap Ndiaye devient ministre de l'Éducation nationale.
      • Nouveaux programmes d'EMC élaborés dans un contexte de tensions et de changements politiques importants.
      • Gabriel Attal, puis Elisabeth Borne succèdent à Pap Ndiaye.
      • Trois points forts des nouveaux programmes :
      • Pédagogie de projet.
      • Éducation aux médias et à l'information.
      • Éducation au développement durable.
      • Abandon de l'approche par cycle et par compétences.
      • Accent mis sur la confiance dans l'État et la sécurité.
      • Engagement présenté comme un patrimoine à défendre.
      • Focalisation sur la question mémorielle et le patriotisme constitutionnel.
      • Risque d'enfermement dans un "présentisme" limitant les perspectives d'avenir.

      Points de tension persistants:

      • Difficulté à concilier la neutralité de l'enseignant et la transmission de valeurs.
      • Tension entre la transmission des valeurs de la communauté nationale et l'émancipation du citoyen critique.
      • Question de la place de la radicalité dans l'engagement citoyen.
      • Défis posés par la crise climatique et les enjeux globaux.

      Personnages Principaux

      1. Gaïd Andro: Maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Nantes et chercheur au CRHIA (Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique).

      Spécialiste de l'histoire politique et sociale de la Révolution française, de l'histoire de l'éducation et de la citoyenneté.

      A travaillé comme enseignante d'histoire-géographie pendant 10 ans avant de se consacrer à la formation des enseignants.

      Ses recherches actuelles portent sur l'articulation entre l'éducation à la citoyenneté, l'engagement politique et les savoirs critiques dans le monde contemporain.

      2. Jules Ferry (1832-1893): Homme politique français considéré comme le père de l'école laïque, gratuite et obligatoire.

      Ministre de l'Instruction publique à plusieurs reprises, il a joué un rôle majeur dans la mise en place du système éducatif français moderne.

      3. Jean-Jacques Rousseau (1712-1778): Philosophe des Lumières dont les idées sur l'éducation ont fortement influencé la pédagogie moderne.

      Son ouvrage "Émile ou De l'éducation" est considéré comme un texte fondateur de la pensée éducative.

      4. Jean-Michel Blanquer (né en 1964): Homme politique français, ministre de l'Éducation nationale de 2017 à 2022.

      Il a mené une politique éducative axée sur le renforcement des fondamentaux, la lutte contre l'inégalité des chances et la promotion des valeurs républicaines.

      5. Pap Ndiaye (né en 1965): Historien français, spécialiste de l'histoire sociale des États-Unis et de la question raciale.

      Ministre de l'Éducation nationale de 2022 à 2023, il a mis l'accent sur la lutte contre les discriminations, l'inclusion et la justice sociale dans le système éducatif.

      6. Gabriel Attal (né en 1990): Homme politique français, porte-parole du gouvernement de 2020 à 2022, puis ministre délégué chargé des Comptes publics de 2022 à 2023.

      Il a ensuite occupé le poste de ministre de l'Éducation nationale de juillet 2023 à mai 2024.

      7. Élisabeth Borne (née en 1961): Femme politique française, Première ministre depuis 2022.

      Elle a succédé à Jean Castex à la tête du gouvernement et a la charge de mettre en œuvre le programme du président Emmanuel Macron.

      8. Pierre Canne: Auteur de l'ouvrage "L'enseignement moral et civique : enjeux et perspectives", qui explore les fondements philosophiques et les enjeux de l'EMC.

      Ses travaux mettent en avant l'importance de l'articulation entre les valeurs individuelles et les valeurs collectives dans l'éducation à la citoyenneté.

      9. Célestin Freinet (1896-1966): Pédagogue français, créateur de la pédagogie Freinet.

      Son approche met l'accent sur l'apprentissage par l'expérience, la coopération entre élèves et l'importance du travail manuel.

      10. John Dewey (1859-1952): Philosophe et pédagogue américain, considéré comme l'un des fondateurs du pragmatisme.

      Son approche éducative, connue sous le nom d' "éducation progressive", met l'accent sur l'apprentissage par l'action et l'importance de l'expérience dans la construction des connaissances.

      11. Condorcet (1743-1794): Philosophe des Lumières, mathématicien et homme politique français.

      Ses idées sur l'éducation ont fortement influencé la pensée républicaine. Il défendait une éducation accessible à tous, fondée sur la raison et visant à l'émancipation des citoyens.

      12. Hannah Arendt (1906-1975): Philosophe politique allemande d'origine juive.

      Ses travaux portent sur la nature du totalitarisme, la condition humaine et la responsabilité politique.

      Dans "La crise de l'éducation", elle analyse les défis posés à l'éducation dans un monde marqué par les ruptures et les crises.

      13. Jacques Rancière (né en 1940): Philosophe français, ses travaux portent sur l'esthétique, la politique et l'éducation.

      Dans "Le maître ignorant", il explore la notion d'égalité d'intelligence et remet en question le rôle traditionnel de l'enseignant comme détenteur du savoir.

      14. Max Weber (1864-1920): Sociologue, économiste et historien allemand.

      Ses travaux ont profondément influencé la sociologie. Il est notamment connu pour son analyse du pouvoir et de l'autorité, et pour sa théorie sur la légitimité de l'État.

      15. François Hartog: Historien français, directeur d'études à l'EHESS.

      Ses travaux portent sur l'histoire des régimes d'historicité, et notamment sur la notion de "présentisme" qui désigne l'enfermement dans le présent et la difficulté à penser l'avenir.

      Remarques Il est également important de souligner que les discours sur l'éducation à la citoyenneté sont souvent marqués par des enjeux idéologiques et politiques.

      L'analyse de ces discours nécessite une prise de recul critique et une contextualisation historique.

    3. Briefing : Analyse des Enjeux de l'Enseignement Moral et Civique (EMC)

      Ce document analyse une intervention de Gaïd Andro, chercheur à l'INSPÉ de Villeneuve d'Ascq, lors d'une conférence datant du 15 janvier 2025.

      L'intervention s'articule autour des enjeux de l'EMC et son évolution dans un contexte socio-politique en mutation.

      Thèmes principaux :

      Évolution des programmes d'EMC : Analyse comparative des programmes de 2015, 2018 et 2024, mettant en lumière les changements de paradigme et les tensions inhérentes à l'enseignement des valeurs.

      Neutralité de l'enseignant : Difficultés de concilier la transmission des valeurs républicaines avec la promotion de l'esprit critique et de l'émancipation des élèves.

      Radicalité et engagement : Interrogation sur la place de la radicalité dans l'engagement citoyen, et la manière dont l'EMC peut appréhender les contestations de l'ordre établi.

      Citoyenneté globale : Nécessité d'ouvrir l'EMC à une perspective internationale, en intégrant les enjeux globaux et en promouvant une vision humaniste de la citoyenneté.

      Rôle des savoirs : Importance d'un enseignement fondé sur des savoirs historiques et philosophiques solides pour donner du sens à l'action citoyenne et permettre une réflexion critique.

      Sortir de la classe : Encouragement à développer des projets concrets, impliquant les élèves dans l'espace social, pour favoriser l'apprentissage par l'expérience et la rencontre avec l'altérité.

      Idées et faits importants:

      Passage d'une approche par compétences (2015) à une focalisation sur la cohésion nationale (2018) puis sur la peur des problèmes globaux (2024):

      L'EMC devient un outil de protection de la communauté, mettant en tension l'émancipation individuelle et l'adhésion aux valeurs préétablies.

      Citation: « On voit bien que dans le passage là 2015-2018, on est un peu passé du primat du citoyen au primat du régime sur la place de l'individu et de et de la communauté. »

      Difficultés rencontrées par les enseignants pour mettre en œuvre les programmes : Manque de formation, injonctions paradoxales, tensions entre neutralité et transmission des valeurs.

      Citation: « On est typiquement dans l’impasse pédagogique de l’injonction paradoxale: comment est-ce qu’on peut être à la fois dans l’injonction du comportement et dans le fait de laisser le citoyen individu libre de d’émancipation critique ? »

      Importance de confronter les élèves à des opinions "problématiques" : L'exemple des "gilets jaunes" est utilisé pour montrer comment transformer une opinion contestataire en opportunité d'apprentissage.

      Citation: « Au lieu de dire cet élève-là je vais le prendre comme un problème et je vais le virer de ma classe, vous vous dites bah tiens c’est intéressant on va repenser le format du cours en fonction de cette opinion problématique. On prend l’opinion problématique et on en fait un apprentissage pour toute la classe. »

      L'EMC doit permettre de donner de l'intelligibilité au monde : L'enseignant doit guider les élèves dans la construction de savoirs et la formulation de questions, plutôt que d'apporter des solutions préconçues.

      Citation : « Ce que doit faire l’enseignant c’est de construire avec l’élève la volonté de mener cette enquête dans une logique un peu justement comme le dit Dewey, c’est de construire des enquêtes, construire des problèmes qui sont des problèmes communs et qui permettent d’éclairer un monde commun. »

      Ouverture vers la citoyenneté globale : Dépasser la vision franco-centrée de l'EMC pour aborder les enjeux globaux, promouvoir les droits de l'homme et une vision humaniste de la citoyenneté.

      Citation : « Penser la globalité c’est aussi sortir de ces programmes d’EMC tels que je vous les ai présentés, qui sont des programmes très franco-centrés où on est beaucoup sur la communauté nationale, sur l’idée de la cohésion, le pacte républicain et cetera. »

      Multiplier les initiatives hors de la classe : Aires terrestres éducatives, projets de recherche impliquant des acteurs de la société civile, pour confronter les élèves à la réalité du monde et développer leur sens critique.

      Citation : « Je crois beaucoup en cette possibilité là de l’intelligibilité collective et c’est un enseignement moral et civique ça: donner de l’intelligibilité et faire se rencontrer des gens qui ne se rencontrent pas. »

      Conclusion :

      L'intervention de Gaïd Andro met en lumière les tensions et les défis de l'EMC dans un contexte de mutations sociales et politiques.

      La chercheuse plaide pour un enseignement qui, tout en transmettant les valeurs républicaines, favorise l'esprit critique, l'engagement citoyen et l'ouverture sur le monde.

      L'apprentissage par l'expérience et la construction collective de savoirs apparaissent comme des voies prometteuses pour donner du sens à l'action citoyenne et former des citoyens éclairés et responsables.

    1. Briefing Doc: Les jeunes et l'engagement politique - une perspective INJEP

      Sources: Exposé de Laurent Lardeux, chargé d'études et de recherche à l'INJEP (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire) lors d'une conférence à l'INSPÉ de Villeneuve d'Ascq, le 15 janvier 2025.

      Thèmes principaux:

      • Définition et dimensions de l'engagement
      • Évolution du rapport des jeunes à la politique et à la démocratie
      • L'engagement des jeunes dans les mouvements pour le climat
      • Le rôle de la socialisation politique (famille, école) dans l'engagement
      • Les facteurs déclencheurs de l'engagement des jeunes activistes
      • La relation entre engagement alternatif et participation institutionnelle

      Idées et faits importants:

      1. Définition et dimensions de l'engagement:

      Le terme "engagement" est polysémique et recouvre une variété d'approches, allant de la mobilisation ponctuelle à l'engagement libre et autonome, en passant par des formes plus conventionnelles liées à des organisations.

      L'INJEP aborde l'engagement selon trois dimensions complémentaires : * L'engagement lié à un idéal et des valeurs mobilisatrices (solidarité, entraide, citoyenneté) * L'engagement lié à des dispositifs institutionnels (droits, devoirs, dispositifs de participation) * L'engagement à travers des pratiques effectives d'implication dans la vie collective.

      2. Évolution du rapport des jeunes à la politique et à la démocratie:

      • L'enquête européenne sur les valeurs montre une relation "plus contrariée" des jeunes à la démocratie.
      • On observe un soutien déclaré important pour la démocratie, mais aussi une part significative de jeunes attirés par des régimes autoritaires (homme fort, régime militaire).
      • La participation politique des jeunes se caractérise par une abstention croissante et des formes d'engagement plus protestataires.
      • Citation: "cette participation plus protestataire cette abstention là c'est s'est perpétué finalement au fil des éditions de de l'enquête donc c'est pour ça que quand on dit qu'il y a un effet d'âge ... il y a plutôt un effet de génération."
      • Cette évolution s'explique par un contexte de défiance accrue envers les institutions et une perception de la politique comme inefficace.
      • Les jeunes sont moins sensibles aux clivages politiques traditionnels et s'engagent davantage sur des thématiques transversales.

      3. L'engagement des jeunes dans les mouvements pour le climat:

      L'enquête de l'INJEP auprès de 52 jeunes activistes du mouvement climat met en lumière les facteurs déclencheurs de leur engagement et leurs modes d'action.

      Le mouvement climat se caractérise par:

      • La jeunesse des participants
      • La diversité des modes opératoires (marches, désobéissance civile)
      • Un fonctionnement horizontal et collégial
      • Citation: "le fait de passer des marches pour le climat ... vers des actions de désobéissance civile ... ça a quand même eu des des effets avec l'attention notamment médiatique qui s'est davantage porté sur sur l'action spectaculaire"
      • Les jeunes activistes interrogés sont majoritairement issus de milieux sociaux favorisés et urbains, et présentent un haut niveau de diplôme.

      4. Le rôle de la socialisation politique (famille, école) dans l'engagement:

      • L'engagement des jeunes est influencé par la socialisation politique au sein de la famille et de l'école.
      • Trois logiques de socialisation familiale:
      • Identification: le jeune s'inspire de l'engagement de ses parents
      • Contre-dépendance: le jeune rejette l'engagement de ses parents
      • Inversion: le jeune influence l'engagement de ses parents
      • L'environnement scolaire peut jouer un rôle en coopération (démocratie scolaire, projets éco-responsables) ou en opposition (poussées contestataires, grèves scolaires).

      5. Les facteurs déclencheurs de l'engagement des jeunes activistes:

      • L'engagement s'explique par une articulation entre des facteurs macro-sociaux (événements climatiques, discours politique) et micro-sociaux (socialisation familiale, expériences personnelles).
      • Citation: "il faut distinguer ... le niveau macro-social ... qui va se rapporter notamment au aux événements climatiques par exemple ... et le niveau ... micro-social ... la façon dont les parents ont pu éventuellement aussi intervenir"
      • Les réseaux sociaux jouent un rôle important en tant que facilitateurs de l'engagement, permettant aux jeunes de s'informer, de se connecter et de s'identifier à des figures militantes.
      • L'influence de personnalités comme Greta Thunberg ou Camille Étienne est significative, notamment auprès des jeunes femmes, favorisant leur sentiment de légitimité à s'engager.

      6. La relation entre engagement alternatif et participation institutionnelle:

      • L'engagement des jeunes activistes pour le climat s'accompagne d'une défiance à l'égard des institutions politiques traditionnelles.
      • Ils sont porteurs de discours critiques sur l'inaction climatique et le fonctionnement démocratique du pays.
      • Cependant, cette défiance ne se traduit pas nécessairement par un rejet total de la participation institutionnelle.
      • Citation: "on a quand même affaire à une à des jeunes activistes qui effectivement se positionne comme étant défiant à l'égard de la politique traditionnelle et qui malgré tout continue de participer de façon très institutionnelle aussi à la politique"
      • Beaucoup de ces jeunes votent et certains s'engagent par la suite dans des partis politiques, notamment écologistes.

      Conclusion:

      L'engagement des jeunes est en mutation, marqué par une défiance accrue envers les institutions et une recherche de nouvelles formes de participation.

      L'engagement pour le climat est emblématique de cette évolution, avec des jeunes qui s'impliquent de manière plus directe et contestataire.

      La recherche de l'INJEP souligne l'importance de mieux comprendre les motivations et les aspirations de ces nouvelles générations, afin de créer les conditions d'un dialogue constructif et d'une participation citoyenne renouvelée.

    2. La source est une transcription d'une vidéo-conférence donnée par Laurent Lardeux, sociologue à l'INJEP, à l'INSPÉ de Lille.

      Lardeux explore l’engagement politique et citoyen des jeunes, en analysant notamment les notions complexes d'engagement, définissant ses multiples facettes et nuances.

      Il présente des résultats d'enquêtes, notamment l'enquête européenne sur les valeurs, révélant une adhésion importante au régime démocratique chez les jeunes, tout en soulignant une confiance plus limitée envers les institutions et une augmentation des formes de protestation.

      Enfin, il étudie l'engagement des jeunes activistes climatiques, en mettant l'accent sur leurs motivations, leurs méthodes (incluant la désobéissance civile), leur rapport aux institutions et aux réseaux sociaux, ainsi que les facteurs socio-économiques influençant leur participation.

      Voici un sommaire minuté de la transcription :

      • 0:00-1:22 : Introduction du conférencier, Laurent Lardeux, chargé d’études et de recherche à l’INJEP, et présentation du sujet de la conférence : le rapport à la politique, la participation citoyenne et l'engagement des jeunes.
      • 1:23-2:18 : Importance de définir l'engagement et ses différentes dimensions, y compris l'engagement citoyen, l'engagement professionnel, l'engagement militaire et l'engagement religieux.
      • 2:19-3:30 : Définition de l'engagement selon le Grand Robert et distinction entre mobilisation ponctuelle et engagement à long terme.
      • 3:31-5:25 : Comparaison avec la terminologie anglaise, qui offre plus de nuances pour distinguer les types d'engagement, et présentation des trois dimensions complémentaires de l'engagement selon l'INJEP : les valeurs, les dispositifs institutionnels et les pratiques effectives.
      • 5:26-7:27 : L'engagement en lien avec des valeurs, l'importance de l'enquête européenne sur les valeurs pour observer l'évolution de ces valeurs au fil du temps.
      • 7:28-8:38 : L'engagement lié aux dispositifs institutionnels, exemples de travaux menés par l'INJEP sur le Service National Universel et le Service Civique.
      • 8:39-9:33 : L'engagement à travers les pratiques effectives des citoyens, le rôle des jeunes dans la transformation des normes et des valeurs.
      • 9:34-11:25 : Exemple de travaux menés sur l'engagement des jeunes élus municipaux, constat d'une baisse constante de la part des jeunes maires depuis les années 1980.
      • 11:26-12:13 : Formes alternatives d'engagement moins institutionnalisées, comme les plateformes de participation citoyenne (Civic Tech) et les mouvements de protestation, exemple de l'engagement des jeunes pour le climat.
      • 12:14-13:46 : Contexte de l'engagement des jeunes : rapport à la démocratie, différences générationnelles, thèse de la fracture entre une jeunesse défiante et des générations plus âgées plus conformistes.
      • 13:47-14:48 : Thèse de la déconsolidation de la démocratie et ses symptômes : abstention, affaiblissement des allégeances partisanes, montée de la protestation politique et du populisme.
      • 14:49-16:07 : Vision plus optimiste : réenchantement démocratique à travers de nouvelles formes de participation, citoyenneté critique, importance des enquêtes longitudinales.
      • 16:08-17:38 : Résultats de l'enquête européenne sur les valeurs concernant le soutien aux différents régimes politiques (démocratique, autoritaire, militaire, experts). Plébiscite pour le régime démocratique par les jeunes, mais nuances à apporter.
      • 17:39-19:08 : Opinions positives des jeunes envers des régimes non démocratiques (experts, homme fort), intérêt pour le régime militaire plus marqué que chez les générations plus âgées.
      • 19:09-20:30 : Interprétations possibles de l'attrait pour le régime militaire, relation plus contrariée des jeunes avec la démocratie.
      • 20:31-23:58 : Comparaison des pratiques de citoyenneté (vote, manifestation) entre les classes d'âge. Les jeunes ne se distinguent pas des autres classes d'âge. L'effet générationnel est plus important que l'effet d'âge.
      • 24:00-28:25 : Typologie des participants à la vie politique : non-participants, électeurs, protestataires, poly-participants. Les non-participants sont plus nombreux chez les jeunes, et risquent de rester durablement hors de la participation politique.
      • 28:26-31:11 : L'engagement associatif des jeunes. Pas de baisse significative de l'adhésion associative, mais baisse tendancielle du bénévolat. Comparaison avec les pays européens.
      • 31:12-35:54 : Participation des jeunes aux instances associatives, notamment à la présidence. Faible proportion de jeunes dirigeants d'associations. Impact sur le sentiment de légitimité à participer à la vie politique.
      • 35:55-38:56 : Présentation d'une enquête sur l'engagement des jeunes activistes pour le climat, méthodologie et contexte (mouvement climat, diversité des modes opératoires, fonctionnement horizontal, durcissement des actions, attention médiatique).
      • 38:57-41:47 : Importance de la routine militante au-delà des actions spectaculaires, homogénéité sociale des jeunes engagés dans le mouvement climat.
      • 41:48-44:28 : Socialisation politique et premiers pas dans le mouvement, mécanismes d'entrée, coût symbolique, sentiment de compétence, inégale distribution des prédispositions.
      • 44:29-47:56 : Éléments déclencheurs de l'engagement : événements climatiques, publications scientifiques, éco-médiatique, sommets internationaux (COP 21, COY).
      • 47:57-50:08 : Socialisation politique au niveau intrafamilial : identification aux valeurs des parents, figures expérimentales, socialisation inversée.
      • 50:09-53:21 : Socialisation politique dans le domaine scolaire : environnement scolaire propice à l'engagement, démocratie scolaire, éco-délégués, grèves scolaires.
      • 53:22-56:42 : Articulation des niveaux macro et micro-sociaux, rôle des facilitateurs (réseaux sociaux, influenceurs, nouveaux leaders d'opinion).
      • 56:43-57:45 : Influence des influenceurs (Greta Thunberg, Camille Étienne, Salomé Saqué, Paloma Moritz, Hugo Decrypt) sur le sentiment de légitimité des jeunes activistes.
      • 57:46-1:01:06 : Rapport à la démocratie des jeunes activistes pour le climat. Discours revendicatifs sur les mesures politiques, l'organisation politique, la participation. Image d'éco-terroristes, de jeunes radicalisés. Relations avec les élus, les institutions, le vote.
      • 1:01:07-1:02:33 : Conclusion : parler des mouvements climat au pluriel, lignes de convergence et de divergence entre les collectifs, relations intergénérationnelles, convergence des luttes.
      • 1:02:34-1:07:48 : Séance de questions/réponses : désengagement et transformation de l'engagement, études sur les modalités d'engagement selon le milieu social, rôle des savoirs scolaires dans l'engagement, défiance des élus envers les citoyens.
    3. Chronologie des événements

      Avant 2018:

      1981: Début de l'enquête européenne sur les valeurs, une enquête longitudinale permettant d'observer l'évolution des valeurs et du rapport à la politique au fil du temps.

      2018:

      Septembre: Greta Thunberg lance son appel à la grève scolaire pour le climat.

      2019:

      • Année charnière pour les marches pour le climat en France et dans le monde, initiées par l'appel de Greta Thunberg.
      • Organisation de la COP 25 à Madrid, avec une forte mobilisation des jeunes activistes pour le climat.
      • Émergence d'une nouvelle génération de militants pour le climat, caractérisée par sa jeunesse, sa diversité de modes opératoires et son fonctionnement horizontal.

      2020-2023:

      • Recul des marches pour le climat, remplacées par des actions de désobéissance civile.
      • Augmentation de la couverture médiatique des actions spectaculaires de désobéissance civile, au détriment de la "routine militante".
      • Réalisation d'une enquête auprès de 52 jeunes activistes du mouvement climat en France, révélant une forte homogénéité sociale des participants (jeunes urbains, diplômés, issus de milieux socio-économiques favorisés).
      • L'enquête met en lumière le rôle des réseaux sociaux et des influenceurs (Greta Thunberg, Camille Étienne, Salomé Saqué, Paloma Moritz, Hugo Decrypte) dans la mobilisation des jeunes pour le climat.

      Post 2023:

      • Persistance d'un rapport contrarié à la démocratie chez les jeunes générations, avec une défiance envers les institutions politiques traditionnelles.
      • Les jeunes activistes pour le climat continuent de participer à la vie politique, que ce soit par le vote ou en s'engageant dans des partis politiques (notamment les Verts).
      • Questionnement sur l'efficacité de l'engagement pour le climat face à l'inaction politique et à la polarisation du débat public.

      Cast des personnages

      Personnalités influentes:

      • Greta Thunberg: Jeune activiste suédoise pour le climat, initiatrice des grèves scolaires mondiales pour le climat. Son appel en septembre 2018 a eu un impact majeur sur la mobilisation des jeunes.
      • Camille Étienne: Activiste française pour le climat, connue pour ses actions de désobéissance civile et ses discours percutants.
      • Salomé Saqué : Journaliste et militante française, connue pour son engagement pour la justice sociale et climatique.
      • Paloma Moritz : Écrivaine et militante française pour le climat, autrice de l'essai "Réduire l'empreinte du numérique".
      • Hugo Decrypte : Vidéaste et vulgarisateur français, connu pour ses vidéos explicatives sur l'écologie et le climat.

      Chercheurs et universitaires:

      • Laurent Lardeux: Chargé d'études et de recherche à l'INJEP (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire). Il a présenté les résultats d'enquêtes sur l'engagement des jeunes, notamment sur le mouvement pour le climat.
      • Stéphane Foa et Yascha Mounk: Politologues, auteurs de l'ouvrage "Le Peuple contre la démocratie" (2018), dans lequel ils analysent la "déconsolidation" de la démocratie.
      • Camille Peugny: Sociologue, autrice de l'ouvrage "Le Déclassement" (2013), qui traite des inégalités sociales et de la perte de statut des classes moyennes.
      • Vincent Tiberj: Politologue, spécialiste de la sociologie électorale et du comportement politique. Il a co-dirigé l'ouvrage "Génération désenchantée" (2023) avec Camille Peugny.
      • Dan Muxel: Politologue, spécialiste de la socialisation politique et de l'engagement des jeunes.

      Autres:

      Les jeunes activistes du mouvement climat: Jeunes de 18 à 29 ans, majoritairement urbains, diplômés et issus de milieux socio-économiques favorisés, engagés dans des collectifs luttant contre le dérèglement climatique.

  11. Dec 2024
    1. Sommaire du webinaire "Citoyenneté(s)" avec timestamps

      Introduction (0:00 - 2:00)

      • 0:00 - 0:20: Introduction musicale.
      • 0:20 - 0:44: Yannick Mével, professeur retraité d'histoire-géographie et directeur de publication des Cahiers Pédagogiques, présente le webinaire consacré au dernier numéro de la revue, intitulé "Citoyenneté(s)".
      • 0:44 - 1:16: Présentation de Ben Aïda, professeur des écoles et formateur, qui anime le chat du webinaire.
      • 1:16 - 1:54: Explication du déroulement du webinaire en plusieurs étapes : présentation par les intervenants, puis discussions et dialogue entre les participants et avec l'assistance.
      • 1:54 - 2:00: Introduction de Camille Roelens, enseignant-chercheur en philosophie de l'éducation, et Aurélie Zwang, enseignante-chercheuse en sciences de l'éducation, coordonnateurs du dossier "Citoyenneté(s)".

      Présentation du dossier "Citoyenneté(s)" (2:00 - 7:31)

      • 2:00 - 3:05: Camille Roelens explique l'origine du dossier : la nécessité de resituer la question de l'éducation à la citoyenneté dans sa complexité et de sortir des évidences.
      • 3:05 - 4:15: Discussion sur la signification du "S" entre parenthèses dans le titre du dossier et sur l'actualité de la question de l'éducation à la citoyenneté. Camille Roelens souligne la multiplication des "citoyennetés à préfixes" (numérique, mondiale, interculturelle, etc.) comme marqueurs des préoccupations sociopolitiques actuelles.
      • 4:15 - 5:35: Camille Roelens répond à la question de l'utilité d'éduquer à la citoyenneté. Il souligne la nécessité de former les citoyens et pose des questions cruciales sur les acteurs, les directions, les degrés d'engagement, et les valeurs à promouvoir.
      • 5:35 - 6:06: Aurélie Zwang, spécialiste de l'éducation à l'environnement, présente sa participation au dossier.
      • 6:06 - 7:31: Aurélie Zwang détaille l'organisation du dossier en trois parties : "Regards obliques", "Questions d'échelles", et "Citoyennetés émergentes", avec des exemples d'articles et de thématiques abordées.

      Interventions des contributeurs (7:31 - 24:19)

      • 7:31 - 17:08: Titouan Lahitte, professeur de philosophie, analyse la formule présidentielle de "réarmement civique" et la notion de "citoyenneté rituelle", les mettant en lien avec le néolibéralisme éducatif.
      • 17:08 - 24:19: Marie Dryll, pédagogue de rue, présente son travail d'éducation à la citoyenneté hors les murs, en s'appuyant sur des exemples concrets d'actions menées avec les enfants dans l'espace public.

      Discussion et échanges avec le chat (24:19 - 58:29)

      • 24:19 - 30:30: Discussion sur la définition de la citoyenneté, son articulation avec le civisme, et l'importance de l'action citoyenne à différentes échelles.
      • 30:30 - 32:08: Marie Dryll explique comment son travail permet de "fabriquer" des enfants et des jeunes qui veulent agir dans la société.
      • 32:08 - 39:48: Echange sur la possibilité d'une éducation à la citoyenneté critique des institutions, les difficultés rencontrées par les enseignants, et l'importance de la posture professorale.
      • 39:48 - 46:38: Aurélie Zwang revient sur la définition de la citoyenneté, l'articulation entre civisme et citoyenneté à travers l'exemple de l'écocitoyenneté, et propose la notion d'écoculture comme alternative.
      • 46:38 - 51:12: Discussion sur la place de l'EMC (Enseignement Moral et Civique) dans le dossier, la pluralité des définitions de l'engagement et de la sensibilité, et la tension entre la vision de la République et la réalité d'une société pluraliste.
      • 51:12 - 58:29: Analyse d'un dessin illustrant la thématique du dossier, avec les commentaires de Marie Dryll, Aurélie Zwang, Titouan Lahitte, Camille Roelens et Ben Aïda. Le dessin met en lumière la tension entre la protection des enfants (objets de droit) et leur capacité d'agir (sujets de droit) dans l'espace public.

      Conclusion (58:29 - 58:48)

      • 58:29 - 58:48: Clôture du webinaire avec des remerciements aux participants et une invitation à s'engager pour une école plus démocratique. Annonce du prochain webinaire sur le thème "Apprendre par le corps".
    1. Résumé vidéo [00:00:05][^1^][1] - [00:21:55][^2^][2]:

      Cette vidéo présente une recherche sur les prises de position des élèves sur le bien-être animal en élevage, une question socialement vive.

      Elle montre comment les élèves articulent des connaissances, des émotions et des valeurs pour construire leurs arguments, et comment ils utilisent parfois des stratégies de défense pour justifier leurs pratiques.

      Elle propose des leviers pédagogiques pour accompagner les élèves à avoir un regard réflexif et à réduire les dissonances.

      Points forts: + [00:00:05][^3^][3] La présentation de la chercheuse et de son domaine de recherche * Enseignante chercheuse à l'ENSFEA * Spécialiste de la didactique des Questions Socialement Vives * Auteure d'un chapitre d'ouvrage sur le sujet + [00:01:27][^4^][4] La définition et les caractéristiques des Questions Socialement Vives * Questions à enjeux de société controversées dans les champs de référence, la société et la classe * Exemple du changement climatique * Articulation entre domaine cognitif, émotionnel et axiologique + [00:03:30][^5^][5] Le cas du bien-être animal en élevage et le scénario pédagogique mis en œuvre * Problème des interventions douloureuses sur les animaux * Séances de cours, de TP et de retours d'expérience * Recueil des discours des élèves lors du dilemme éthique et professionnel + [00:06:12][^6^][6] Deux exemples d'élèves illustrant des situations contrastées * Aymeric, fils d'éleveur, qui change de position selon les contextes * Rudy, élève peu impliqué, qui propose des pratiques douloureuses * Analyse des connaissances, des émotions et des valeurs mobilisées + [00:18:43][^7^][7] Les leviers pour mieux comprendre les prises de position des élèves * Nécessité des connaissances mais pas suffisantes * Accompagnement du regard réflexif, de la verbalisation des émotions et des valeurs * Diversification du vécu et confrontation d'alternatives * Réduction des dissonances et ouverture de nouveaux possibles + [00:21:24][^8^][8] La référence du chapitre d'ouvrage et l'invitation à échanger en mars * Ouvrage Educagri : "L'éthique dans l'enseignement agricole" * Chapitre : "Points de vue des élèves sur leur bien-être en classe" * Auteure : Amélie Lipp

    2. Webinaires "Comprendre ses élèves" Pour échanger avec Amélie Lipp le mardi 07 mars 2023 à 12h30, inscriptions ici : https://comprendreleseleves.ensfea.fr...

      Intervenante : Amélie Lipp Enseignante chercheure en didactique de la zootechnie, ENSFEA, Unité Mixte de Recherche Education, Formation, Travail, Savoirs.

      Qu’est-ce qui amène certains élèves à fustiger le bien-être animal ? A se comporter parfois violemment avec les animaux d’élevage ? A défendre des positions éthiques peu souhaitées par la société ?

      Les élèves peuvent prendre des prises de position contradictoires selon les situations dans lesquelles ils sont engagés.

      Il ne leur est pas toujours facile de trouver un alignement entre ce qu’ils souhaiteraient personnellement faire et ce qu’ils parviennent à faire ou à défendre.

      Les valeurs individuelles, sociales, les expériences émotionnelles antérieures et les connaissances acquises en formation s’entrecroisent et se reconfigurent pour tenter de trouver un compromis soutenable par l’élève en question.

      La conférence amènera des éléments de compréhension de jugements éthiques exprimés par des élèves de bac professionnel dans le domaine de l’élevage au cours de scénarios pédagogiques menés sur la question socialement vive du bien-être animal.

      Amélie Lipp proposera quelques pistes concrètes pour favoriser la mise à l’étude autant des émotions, des valeurs et des savoirs pour favoriser le développement du jugement éthique chez les élèves.

      00:00 Présentation et introduction 01:22 Exposé 06:12 Exemples 18:40 Conclusion et références

  12. Nov 2024
  13. Jul 2024
    1. Faits marquants de la vidéo [Webinaire] Renforcement du monde associatif - Ep.2 "Face à la marchandisation des associations" avec des timestamps:

      00:00:00 - Introduction et présentation des intervenants * Le webinaire fait partie d'un cycle sur le renforcement du monde associatif, suite à l'ouvrage "Quel monde associatif de demain?". * Cet épisode se concentre sur la question de la marchandisation des associations. * Les intervenants sont Marianne Langlais (Observatoire citoyen de la marchandisation des associations), Frédéric Bildé (CP Sud-Ouest et secrétaire de la LASS), Thomas Lowers (Réseau national des maisons des associations) et Léa Boirois (chargé de mission au RNMA).

      05:30:00 - Définition de la marchandisation des associations * La marchandisation des associations se caractérise par un recul des subventions de fonctionnement et une augmentation des financements par des commandes publiques et des ressources marchandes. * Cela entraîne une transformation des modes de fonctionnement des associations, avec une pression pour la performance et la quantification des résultats.

      10:00:00 - Impacts de la marchandisation des associations * La marchandisation des associations peut avoir des impacts négatifs sur leur autonomie, leurs valeurs et leurs pratiques. * Elle peut conduire à une perte de pouvoir des bénévoles et à une instrumentalisation des associations par les pouvoirs publics ou les entreprises.

      15:00:00 - Témoignages de terrain * Des intervenants partagent leurs expériences de la marchandisation des associations dans différents secteurs d'activité. * Ils soulignent les difficultés rencontrées pour maintenir des pratiques associatives authentiques et solidaires.

      25:00:00 - Pistes de démarchandisation * Les intervenants discutent de différentes stratégies pour lutter contre la marchandisation des associations. * Il s'agit de renforcer le pouvoir des associations, de promouvoir des financements alternatifs et de repenser les relations avec les pouvoirs publics.

      40:00:00 - Questions-réponses * Les participants au webinaire posent des questions aux intervenants sur la marchandisation des associations et les pistes de démarchandisation.

      55:00:00 - Conclusion et annonce du prochain épisode * Les intervenants résument les points clés du webinaire et invitent les participants à suivre le prochain épisode sur la managérialisation des associations.

      1:59:46 - Fin du webinaire

  14. Jun 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:22:50][^2^][2]:

      Cette vidéo est un webinaire intitulé "La participation en pratiques" qui explore l'importance de la participation active des populations dans les politiques publiques, en particulier dans le domaine de la santé et de l'action sociale. Il met en lumière les différentes formes et intensités de participation, ainsi que les défis et les stratégies pour une participation efficace.

      Points forts: + [00:00:00][^3^][3] Introduction et bienvenue * Présentation du webinaire et instructions pour les participants * Annonce de l'enregistrement du webinaire pour partage ultérieur + [00:01:03][^4^][4] Allocution de Marie Persiani * Importance de la participation des populations * Reconnaissance des savoirs d'expérience des acteurs et des populations + [00:05:40][^5^][5] Présentation par Émilie Feriel * Méthodologie et contexte de la capitalisation des expériences de participation * Discussion sur l'évolution de la participation dans les politiques publiques + [00:13:18][^6^][6] Présentation de Timothé Decluse * Explication de la capitalisation des expériences et son contexte national * Importance de partager les savoirs issus de l'expérience pratique

      Résumé de la vidéo [00:22:52][^1^][1] - [00:46:39][^2^][2] : La vidéo présente un webinaire sur la participation en pratiques, mettant en lumière l'importance de la capitalisation des expériences dans divers projets sociaux et de santé publique. Elle aborde les méthodes de capitalisation, l'engagement des participants et l'impact sur les politiques et stratégies.

      Points forts : + [00:22:52][^3^][3] L'objectif de la capitalisation * Sert à la réflexion pédagogique et à l'amélioration des pratiques * Informe sur la participation et soutient la mise en œuvre des politiques * Engage la collaboration avec le domaine de la recherche + [00:25:59][^4^][4] La commission de recrutement participative * Implique les résidents dans le processus de recrutement * Favorise l'autodétermination et la participation active * Permet une évaluation et un retour d'expérience constructifs + [00:35:08][^5^][5] Le projet de jardin partagé * Encourage la cohésion sociale et le bien-être des participants * Intègre la permaculture et la bienveillance dans les activités * Offre des opportunités d'apprentissage et de partage au sein de la communauté

      Résumé de la vidéo [00:46:42][^1^][1] - [01:11:52][^2^][2]:

      Cette vidéo présente un webinaire sur la participation citoyenne dans divers projets sociaux en France. Elle met en lumière l'importance de l'entraide, de l'expérience partagée et de la gouvernance participative dans le domaine de la santé mentale et de l'insertion sociale.

      Points forts: + [00:46:42][^3^][3] Présentation de l'UDAF 52 * Introduction du dispositif participatif "Peridance" * Utilisation de l'expérience vécue comme outil de partage et de rétablissement * Focus sur l'entraide pour les personnes isolées avec des expériences rares en santé mentale + [00:52:05][^4^][4] Gouvernance participative * Changement des codes et normes dans une organisation pyramidale * Prises de décisions collectives et ascendantes * Horizontalité dans la distribution des rôles et l'organisation du travail + [00:56:38][^5^][5] Contrat social multipartite * Renforcement de l'intégration sociale et de la participation citoyenne * Méthode participative et collaborative "Spirale" du Conseil de l'Europe * Focus sur le bien-être individuel et collectif + [01:09:36][^6^][6] Le village de l'insertion * Dispositif expérimental pour les personnes en grande marginalité * Hébergement pérenne dans un environnement à basse exigence * Construction des règles avec les habitants pour favoriser l'insertion sociale

      Résumé de la vidéo [01:11:55][^1^][1] - [01:35:36][^2^][2] : La vidéo présente un webinaire sur la participation citoyenne dans le cadre d'un projet de village d'insertion. Elle aborde les méthodes de sélection des résidents, l'établissement d'un conseil de village, et l'importance de l'appropriation des lieux par les habitants. Le projet vise à intégrer des personnes marginalisées dans la communauté en leur offrant un espace de vie adapté et en les impliquant dans la gestion du village.

      Points forts : + [01:12:01][^3^][3] Sélection des résidents * Critères basés sur l'adhésion aux structures classiques * Choix de personnes à la rue depuis longtemps * Importance de la projection personnelle dans le village + [01:13:21][^4^][4] Création du conseil de village * Objectif de définir les règles de vie commune * Participation active des futurs habitants * Évolution des règles selon les besoins des résidents + [01:16:08][^5^][5] Appropriation des lieux * Liberté de personnalisation des modules d'habitation * Renommage du village par ses habitants * Objectif de déstigmatisation et d'ouverture sur le quartier + [01:17:02][^6^][6] Activités ouvertes à la ville * Organisation d'événements comme la fête de la musique * Invitation des habitants du quartier à participer * Présentation du village à travers des activités conviviales + [01:22:00][^7^][7] Perspectives d'avenir * Souhait de pérenniser le village * Proposition de solutions alternatives en cas de fermeture * Adaptation aux projets individuels des résidents + [01:26:17][^8^][8] Transition vers une organisation horizontale * Efforts pour intégrer les résidents dans les décisions * Importance du soutien institutionnel pour la participation * Réalisation d'actions concrètes comme le jardin participatif

      Résumé de la vidéo [01:35:38][^1^][1] - [01:58:27][^2^][2]:

      Cette partie du webinaire aborde les pratiques de participation dans la mise en œuvre de projets, soulignant l'importance de définir les objectifs et les limites de la participation dès le début. Les intervenants discutent des outils formels, de l'importance du soutien institutionnel, des défis de financement, et de l'adaptation de la participation à l'environnement du projet. Ils mettent également en évidence le rôle des compétences professionnelles et des participants, ainsi que les effets positifs de la participation sur les individus et les collectivités.

      Points forts: + [01:35:38][^3^][3] Définition des objectifs de participation * Importance de fixer les contours de la participation en amont * Nécessité d'intégrer les participants dans le processus de définition * Établissement des limites de décision pour éviter les désillusions + [01:37:43][^4^][4] Soutien institutionnel et financements * Culture de participation au sein des structures * Sensibilisation des supérieurs et soutien essentiel à la pérennisation * Coûts associés à la participation, souvent sous-estimés + [01:39:59][^5^][5] Adaptation de la participation à l'environnement * Flexibilité nécessaire face à l'imprévisibilité de la participation * Levée des contraintes institutionnelles pour favoriser l'expérimentation * Importance du partenariat et de la coordination pour mobiliser les publics + [01:43:19][^6^][6] Compétences des professionnels et des publics * Posture des professionnels favorisant l'horizontalité des relations * Formation et accompagnement des participants pour renforcer leur engagement * Effets positifs sur le bien-être, l'estime de soi et le sentiment d'appartenance

  15. May 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:33:16][^2^][2] : La vidéo présente une conférence sur l'influence de l'éducation sur la participation politique et l'égalité intergénérationnelle. Elle explore les idées des Lumières sur l'éducation comme prérequis à la démocratie, les réformes éducatives historiques et leur impact sur la participation politique.

      Points forts : + [00:00:22][^3^][3] Démocratie et égalité * La démocratie est associée à l'amour de l'égalité * Les inégalités politiques persistent malgré les promesses démocratiques + [00:02:27][^4^][4] Éducation et participation politique * L'éducation peut-elle réduire les inégalités politiques intergénérationnelles ? * L'importance de l'éducation dans l'activation politique des citoyens + [00:14:02][^5^][5] Limitations des études sur l'éducation * Nécessité de différencier les types d'éducation et leurs impacts * L'éducation peut avoir des effets différents selon les groupes sociaux + [00:19:56][^6^][6] Réformes éducatives en Suède * Études sur l'impact des réformes éducatives suédoises sur la participation politique * L'effet des réformes varie selon le contexte social des individus Résumé de la vidéo [00:33:18][^1^][1] - [00:55:15][^2^][2]:

      La deuxième partie de la vidéo se concentre sur l'impact des réformes éducatives en Suède sur la participation politique, en particulier chez les individus issus de milieux sociaux défavorisés. L'étude examine comment les changements dans le système scolaire ont influencé la probabilité de se présenter aux élections politiques et la participation électorale, révélant que l'éducation peut jouer un rôle significatif dans la réduction des inégalités politiques intergénérationnelles.

      Points forts: + [00:33:18][^3^][3] Effets des réformes éducatives * Pas d'effet moyen sur la probabilité de se présenter aux élections * Effets positifs significatifs pour les individus de milieux ouvriers * Réduction des différences de classe dans les nominations politiques + [00:38:03][^4^][4] Réforme de l'éducation secondaire * Introduction d'une année supplémentaire dans l'éducation professionnelle * Augmentation de la participation électorale chez les individus défavorisés * Importance accrue de l'éducation pour la participation politique + [00:47:01][^5^][5] Leçons tirées des études * L'éducation peut atténuer l'importance du milieu familial en politique * Les réformes éducatives bien mises en œuvre peuvent briser le cycle de l'inégalité politique intergénérationnelle * Nécessité de poursuivre les efforts pour une démocratie plus égalitaire

    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:28:08][^2^][2] :

      Cette vidéo présente les Assises citoyennes du soin psychique, avec un accent sur la résistance et la création dans le domaine de la psychiatrie. Elle aborde les défis actuels, les stratégies de lutte et l'importance de repenser les pratiques pour améliorer les soins psychiques.

      Points forts : + [00:00:09][^3^][3] Contexte des Assises * Introduction par un psychiatre * Discussion sur la liberté et les droits dans le soin psychique * Importance de la collaboration entre différents mouvements et collectifs + [00:07:11][^4^][4] Le rôle du contrôle général des privations de liberté * Présentation du contrôle général et de son équipe * Visites et contrôles dans les lieux de privation de liberté, y compris les hôpitaux psychiatriques * Importance de la restitution rapide des rapports pour influencer les changements + [00:14:22][^5^][5] L'impact des conditions de détention sur la psychiatrie * Discussion sur les conditions indignes de détention et leur effet sur les patients psychiatriques * Utilisation du contentieux pour améliorer les conditions et obtenir des condamnations de l'État * Problèmes liés à la démographie médicale et à la surpopulation carcérale + [00:19:37][^6^][6] Les défis des structures d'accueil pour enfants et adolescents * Manque de moyens et de formation dans les foyers de l'enfance * Incidence de la violence et des problèmes psychiatriques chez les jeunes placés * Nécessité d'améliorer les conditions et les soins pour les enfants et adolescents vulnérables Résumé de la vidéo [00:28:11][^1^][1] - [00:55:54][^2^][2]:

      La vidéo traite des défis et des solutions dans le domaine du soin psychique, en mettant l'accent sur les centres éducatifs fermés et la situation des personnes atteintes de troubles psychiatriques en prison. Elle souligne l'importance d'un encadrement adapté pour les jeunes en difficulté et critique la gestion actuelle des détenus souffrant de troubles mentaux.

      Points forts: + [00:28:11][^3^][3] Centres éducatifs fermés * Difficultés de prise en charge des jeunes * Importance de l'éducation et de l'intégration sociale * Exemples de programmes réussis + [00:33:08][^4^][4] Troubles psychiatriques en prison * Prévalence élevée chez les anciens détenus * La prison comme asile psychiatrique * Conséquences des soins inadéquats + [00:36:02][^5^][5] Rôle du juge des libertés * Intervention dans les hospitalisations sous contrainte * Impact des réformes sur les droits des détenus * Importance de la spécialisation judiciaire + [00:39:05][^6^][6] Pouvoir médical de la police * Proposition controversée d'une injonction administrative * Risques de stigmatisation et de criminalisation des malades mentaux * Débat sur l'efficacité et l'éthique de telles mesures + [00:42:31][^7^][7] Droit pénal de l'ennemi * Concept de dépersonnalisation dans la justice * Critique de la dangerosité comme critère de jugement * Évolution vers un contrôle accru des comportements Résumé de la vidéo [00:55:56][^1^][1] - [01:23:09][^2^][2]:

      La vidéo présente une conférence sur les implications juridiques et sociales de l'état d'urgence en France, en se concentrant sur les droits des citoyens et la surveillance de l'État. Elle aborde la manière dont les lois antiterroristes ont été étendues à d'autres domaines, affectant les libertés individuelles et la vie privée.

      Points forts: + [00:55:56][^3^][3] Extension des lois antiterroristes * Impact sur les libertés de manifester et d'association * Surveillance accrue des militants et des citoyens + [01:00:00][^4^][4] Militarisation de la police * Augmentation du nombre d'agents de sécurité * Accroissement des prérogatives de sécurité privée + [01:05:06][^5^][5] Principes républicains en question * Effets irréversibles des lois sur les droits fondamentaux * Banalisation de la surveillance et de la répression + [01:10:56][^6^][6] Rôle des psychiatres et de la santé mentale * Infiltration de la sécurité dans la psychiatrie * Hospitalisations sous contrainte et surveillance des patients Résumé de la vidéo [01:23:10][^1^][1] - [01:41:31][^2^][2]:

      Cette partie de la vidéo aborde la prévention en santé psychique, l'importance de la communication entre les citoyens et les institutions, et les défis rencontrés par les forces de l'ordre et les professionnels de la santé mentale. Elle souligne la nécessité d'une meilleure formation pour les policiers dans la gestion des crises psychiatriques et critique la simplification de la formation en sociologie et psychiatrie dans les écoles de police et de magistrature.

      Points forts: + [01:23:10][^3^][3] Prévention et communication * Importance de la prévention avant le signalement * Nécessité de renforcer les liens entre citoyens et institutions + [01:24:00][^4^][4] Droit pénal et pratiques policières * Concept de droit pénal de l'ennemi * Études sur l'interprofessionnalité entre police et psychiatrie + [01:27:14][^5^][5] Formation et éducation * Manque de formation en sociologie et psychiatrie * Impact de la gestion numérique et du comportementalisme sur la société + [01:29:15][^6^][6] Protection de la jeunesse et fichiers * Témoignage sur les effets des centres fermés * Préoccupations concernant les fichiers et la détention des mineurs + [01:33:00][^7^][7] Conditions de vie des enfants * Critique des conditions d'hébergement pour les enfants * Appel à l'action pour améliorer la situation des mineurs + [01:35:18][^8^][8] Résistance et créativité * Appel à la résistance face aux défis sociaux * Importance de l'expression artistique et de l'humour dans le débat

    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:22:36][^2^][2]:

      Cette vidéo présente un résumé détaillé du livre "Du contrat social" de Jean-Jacques Rousseau, publié en 1762. Rousseau, une figure majeure de l'âge des Lumières en Europe, y propose un modèle de société où le peuple est souverain et œuvre pour le bien commun. L'essai est considéré comme un texte fondamental de la philosophie politique européenne, ayant influencé la structure sociale et politique, notamment en France.

      Points forts: + [00:00:04][^3^][3] La société légitime selon Rousseau * Définition d'une société légitime * Les lois de la nature vs les lois de la société * La liberté individuelle et la formation d'une société + [00:06:25][^4^][4] Le contrat social * L'échange de liberté individuelle contre la liberté civile * La volonté souveraine du peuple * Les conditions du contrat social + [00:10:00][^5^][5] La construction d'un gouvernement * La division du gouvernement en législateurs et exécutifs * Les rôles et les règles pour les dirigeants de l'État * Les systèmes de sélection des membres de l'exécutif + [00:17:47][^6^][6] Préserver la légitimité de l'État * Les risques de déséquilibre des pouvoirs * Les systèmes pour maintenir l'équilibre et la légitimité * L'unité nationale et la religion d'État Résumé de la vidéo [00:22:38][^1^][1] - [00:25:32][^2^][2]:

      La partie 2 de la vidéo aborde la théorie du contrat social de Jean-Jacques Rousseau, expliquant comment une société se construit et se maintient à travers des valeurs et des structures gouvernementales.

      Points forts: + [00:22:38][^3^][3] La société et l'état de nature * La société permet de quitter l'état de nature * Les habitants passent de la liberté absolue à l'action pour le bien commun * L'état choisit de devenir une société pour survivre + [00:23:17][^4^][4] Les règles du contrat social * La société doit protéger le peuple en échange de sa liberté individuelle * Le peuple conserve ses libertés fondamentales * Le contrat social est un accord entre tous les membres de la société + [00:24:03][^5^][5] La création d'un gouvernement * Un gouvernement est nécessaire pour appliquer les lois * Il se divise en législateurs et exécutif * Plusieurs systèmes de gouvernement sont possibles : démocratie, monarchie, aristocratie + [00:25:08][^6^][6] La perte de légitimité de l'État * Rousseau propose des méthodes pour restaurer la légitimité * La censure, l'unité nationale, ou un pouvoir suprême temporaire * L'aristocratie est vue comme le moyen d'établir un pouvoir légitime

    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:27:24][^2^][2]:

      La vidéo présente une séance plénière du Conseil économique, social et environnemental (CESE) en France, abordant des sujets tels que l'engagement bénévole, la cohésion sociale, la citoyenneté, et les droits des femmes. Elle met en lumière les défis actuels, notamment la régression des droits des femmes aux États-Unis et la situation en Ukraine.

      Points forts: + [00:00:00][^3^][3] Introduction de la séance * Présentation des membres du CESE * Remerciements pour la présence physique + [00:02:13][^4^][4] Droits des femmes * Régression des droits des femmes aux États-Unis * Importance de la vigilance permanente + [00:05:07][^5^][5] Programme national de réformes * Consultation annuelle du CESE par le Secrétariat général aux affaires européennes * Focus sur la transition écologique et numérique + [00:07:39][^6^][6] Engagement bénévole * Rôle central dans la cohésion sociale * Présentation d'un projet d'avis sur l'engagement bénévole Résumé de la vidéo [00:27:25][^1^][1] - [00:55:16][^2^][2]:

      La vidéo traite de l'engagement bénévole, de la cohésion sociale et de la citoyenneté lors d'une séance plénière du CESE. Elle aborde des sujets tels que les mesures économiques et sociales, l'indépendance énergétique de l'UE, l'égalité hommes-femmes, et les préoccupations des territoires ultramarins.

      Points forts: + [00:27:25][^3^][3] Mesures économiques et sociales * Discussion sur l'intégration des mesures du plan de résilience économique et sociale * Mention du bouclier tarifaire et d'autres aides financières + [00:27:50][^4^][4] Indépendance énergétique de l'UE * Importance de l'indépendance énergétique pour les États membres * Objectifs de réduction de la dépendance vis-à-vis de la Russie + [00:29:23][^5^][5] Égalité hommes-femmes * Focus sur les mesures prises pour assurer l'égalité entre les sexes * Exemples de lois et d'actions pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles + [00:31:21][^6^][6] Préoccupations des territoires ultramarins * Reconnaissance des problèmes spécifiques des territoires ultramarins * Mesures pour améliorer l'accès à l'eau et la modernisation des réseaux Résumé de la vidéo [00:55:18][^1^][1] - [01:20:51][^2^][2]:

      La vidéo présente une séance plénière du CESE sur le thème de l'engagement bénévole, la cohésion sociale et la citoyenneté. Elle aborde l'importance du bénévolat dans la société actuelle, les défis rencontrés par les bénévoles et les associations, ainsi que l'impact du bénévolat sur la citoyenneté.

      Points forts: + [00:55:18][^3^][3] Enquête sur le bénévolat * Un questionnaire en ligne pour comprendre le temps d'incertitude * Des débats organisés pour discuter des résultats et inspirer l'action + [00:59:26][^4^][4] Motivations des bénévoles * Liberté, engagement pour une cause, aventure humaine collective * Le bénévolat comme moyen de se sentir moins isolé et plus investi + [01:07:00][^5^][5] Attentes des bénévoles * Recherche de sens et de plaisir dans l'engagement * Difficulté à trouver divers modes d'engagement adaptés à chacun + [01:15:45][^6^][6] Impact de la disparition des services publics * Conséquences sur l'organisation de la société * Le bénévolat ne remplace pas les services publics mais complète l'action citoyenne Résumé de la vidéo [01:20:54][^1^][1] - [01:49:08][^2^][2]:

      La vidéo aborde l'importance de l'engagement bénévole pour la cohésion sociale et la citoyenneté, présentée lors d'une séance plénière du CESE. Elle souligne le rôle vital du bénévolat dans la société et propose des préconisations pour le promouvoir et le valoriser.

      Points forts: + [01:20:54][^3^][3] Le rôle du bénévolat * Nécessité de solidarité et fraternité * Interconnexion avec les services publics et le secteur privé * Contribution à une société juste et fraternelle + [01:23:49][^4^][4] Les préconisations * Réparties en quatre axes * Incluent l'accès au bénévolat, la reconnaissance individuelle et collective, et la formation des bénévoles + [01:26:03][^5^][5] L'engagement dès l'école * Importance des délégués de classe comme première expérience d'engagement * Appel à une meilleure formation et écoute pour ces jeunes engagés + [01:29:03][^6^][6] La protection du bénévolat * Acte désintéressé sans rétribution financière * Opposition à l'obligation de bénévolat pour recevoir des minima sociaux + [01:33:12][^7^][7] Promotion du congé de représentation * Préconisation pour rendre le congé d'engagement effectif * Égalité d'accès aux avantages fiscaux pour tous les bénévoles + [01:36:00][^8^][8] Renouveau démocratique et engagement citoyen * Nécessité d'écouter et de répondre aux demandes des citoyens * Conception d'une nouvelle manière de produire de la décision publique Résumé de la vidéo [01:49:09][^1^][1] - [02:13:57][^2^][2]:

      Cette vidéo présente une séance plénière du CESE sur l'engagement bénévole, la cohésion sociale et la citoyenneté. Elle met en lumière les motivations du bénévolat, son rôle dans la société et les propositions pour valoriser et soutenir cette pratique.

      Points forts: + [01:49:09][^3^][3] Motivations et rôle du bénévolat * Citoyenneté, altruisme, et besoin de socialisation * Rôle dans l'aide, l'accompagnement et la dénonciation + [01:50:27][^4^][4] Importance du bénévolat dans l'agriculture * Soutien aux organisations paysannes et actions foncières * Diffusion de savoir agricole dans certains pays africains + [01:53:48][^5^][5] Le bénévolat face au vieillissement et au recrutement * Nécessité d'adapter le recrutement à la population active hyperconnectée * Engagement bénévole régulier dans divers domaines + [01:59:57][^6^][6] Bénévolat et associations * Incarnation de la vitalité sociale des territoires * Soutien scolaire, aide alimentaire, et accompagnement des personnes âgées + [02:03:10][^7^][7] Engagement citoyen et bénévolat * Le bénévolat comme ciment de la société et forme de citoyenneté active * Importance de la reconnaissance et de la simplification des démarches d'engagement Résumé de la vidéo 02:13:59 - 02:39:21 : La vidéo traite de l'engagement bénévole et de son impact sur la cohésion sociale et la citoyenneté en France. Elle souligne l'importance de reconnaître et valoriser le bénévolat, ainsi que de faciliter l'accès à l'engagement bénévole dès le jeune âge. Les intervenants discutent des défis liés à l'engagement bénévole, notamment la nécessité de protéger les droits syndicaux et d'éviter que le bénévolat ne remplace le travail salarié.

      Points forts : + [02:14:01][^1^][1] Reconnaissance du bénévolat * Importance de reconnaître l'engagement collectif et individuel * Amélioration de la mesure du bénévolat et de ses effets * Valorisation des compétences développées par le bénévolat + [02:15:01][^2^][2] Droits syndicaux et bénévolat * Porosité entre l'engagement syndical et le bénévolat * Nécessité d'avancer sur le droit syndical interprofessionnel * Vigilance pour que le bénévolat reste un choix libre et non un travail gratuit + [02:16:05][^3^][3] Accès au bénévolat et formation * Faciliter l'accès au bénévolat et encourager la reconnaissance * L'école doit jouer un rôle dans l'initiation au bénévolat * Formation et accompagnement des élèves engagés dans le bénévolat + [02:19:21][^4^][4] Défis et recommandations pour le bénévolat * Nécessité de soutenir le monde associatif et de fournir les moyens nécessaires * Protection de la liberté d'association et des libertés permettant son exercice * Importance de sensibiliser les institutions et la société au bénévolat Résumé de la vidéo [02:39:23][^1^][1] - [02:42:49][^2^][2] : La vidéo présente une séance plénière du CESE discutant de l'engagement bénévole, de la cohésion sociale et de la citoyenneté. Elle met en lumière le processus de vote et annonce les résultats, tout en préparant les participants pour la prochaine session.

      Points forts : + [02:39:23][^3^][3] Appréciation de l'avis * Reconnaissance de la qualité de l'avis * Remerciements à l'équipe contributive * Mention de l'importance de l'avis malgré des améliorations possibles + [02:39:46][^4^][4] Préparation pour le vote * Instructions pour le processus de vote * Encouragement à l'amélioration des interventions * Annonce des changements de temps de parole pour la session suivante + [02:41:35][^5^][5] Annonce des résultats du vote * Résultats unanimes avec 132 abstentions * Félicitations aux rapporteurs et à la commission * Informations sur la prochaine session concernant la gouvernance de la transition écologique et climatique

    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:33:07][^2^][2]: La vidéo présente une conférence de Carlos Carlingren, professeur à l'Université d'Uppsala, sur la transmission intergénérationnelle de l'inégalité politique. Il explore les mécanismes sous-jacents à cette persistance et discute des implications pour la démocratie, soulignant l'importance de l'égalité des chances dans la participation politique.

      Points forts: + [00:01:42][^3^][3] Perpétuité du passé * Examen de la transmission de l'inégalité politique entre générations * Importance de l'égalité des opportunités dans une démocratie * Débat sur la signification de l'égalité des chances + [00:10:19][^4^][4] Participation politique et influence * Concentration sur la participation comme indicateur d'influence politique * Lien entre participation moindre et négligence des préférences dans le processus politique * Mesure de la participation à travers le vote et les candidatures politiques + [00:12:44][^5^][5] Mécanismes théoriques de la persistance * Transmission de statut, apprentissage social et transmission génétique * Impact des traits de personnalité et de l'environnement social sur la participation * Importance de comprendre ces mécanismes pour élaborer des politiques efficaces + [00:22:17][^6^][6] Utilisation des données suédoises pour la recherche * Avantages des registres administratifs suédois pour l'analyse empirique * Possibilité de lier les informations démographiques et socioéconomiques aux données électorales * Étude des adoptions pour distinguer les facteurs pré et post-naissance + [00:31:02][^7^][7] Résultats de l'étude sur la transmission intergénérationnelle * Découverte d'une corrélation significative entre la participation politique des parents et des enfants * Répartition presque égale de l'influence des facteurs génétiques et de l'environnement social * Discussion sur la spécification du modèle et les implications pour les politiques publiques Résumé de la vidéo [00:33:10][^1^][1] - [00:59:30][^2^][2]:

      La deuxième partie de la vidéo explore la complexité de la transmission politique intergénérationnelle, soulignant l'importance des facteurs biologiques et sociaux. L'étude présentée examine comment l'environnement social et les facteurs génétiques influencent le comportement politique à différents âges et dans divers contextes familiaux.

      Points forts: + [00:33:10][^3^][3] Interactions nature/nurture * Importance variable des facteurs génétiques et sociaux * Influence de l'âge et de la cohérence des indices sociaux sur l'apprentissage + [00:38:01][^4^][4] Au-delà du paradigme à deux générations * Considération des ancêtres plus éloignés dans la transmission politique * Impact potentiel des grands-parents et arrière-grands-parents + [00:44:29][^5^][5] Transmission génétique et apprentissage social * Argumentation sur la transmission de traits latents et leur influence * Importance de l'interaction directe avec les grands-parents + [00:57:17][^6^][6] Implications pour la démocratie * La persistance de l'inégalité politique à travers les générations * La nécessité de stratégies ciblant plusieurs générations pour le changement

    1. Résumé de la vidéo [00:00:02][^1^][1] - [00:23:58][^2^][2]:

      Cette vidéo présente une conférence de Pierre Pérrier, sociologue, qui explore le lien complexe entre l'école et la défense à travers le prisme des valeurs partagées par ces institutions, telles que la fraternité et la culture de l'engagement. Il aborde également les défis pour les enseignants dans un contexte géopolitique complexe et une culture éducative parfois méfiante envers la défense.

      Points forts: + [00:00:02][^3^][3] Introduction de la conférence * Présentation du sujet sur le lien entre école et défense * Importance des valeurs partagées et du programme d'enseignement moral et civique * Défis pour l'école et les enseignants dans un contexte géopolitique + [00:03:59][^4^][4] Discussion sur l'enseignement moral et civique * Coordination des différentes dimensions de la citoyenneté * Intégration de l'éducation à la défense dans l'enseignement moral et civique * Approche axiologique de l'éducation à la citoyenneté et à la défense + [00:12:01][^5^][5] L'importance de l'éducation aux médias * Abordée au cycle 3 en CM1 et CM2 * Lien avec l'éducation à la défense et la fraternité * Engagement des jeunes dans la défense et la sécurité nationale + [00:22:00][^6^][6] Cohésion nationale et éducation à la défense * Contribution de l'éducation à la défense à la cohésion nationale * Distinction entre éducation en défense et militarité * Enjeux actuels tels que le terrorisme, le séparatisme et la désinformation Résumé de la vidéo [00:24:00][^1^][1] - [00:42:14][^2^][2]:

      Cette vidéo présente une conférence de Pierre PÉRIER, sociologue, qui discute de l'engagement des établissements scolaires et des élèves dans des projets liés à la défense et à la géopolitique. Il met en lumière l'importance des ateliers défense et des classes défense qui permettent aux élèves de s'engager sur le long terme et de développer une compréhension des enjeux de défense nationale.

      Points forts: + [00:24:00][^3^][3] L'engagement des établissements * Convention avec les forces armées * Partenariat avec l'IHDN et les forces armées * Facilitation d'accès aux sites militaires et organisation de visites + [00:25:01][^4^][4] L'impact sur les élèves * Engagement des élèves dès le collège * Poursuite de l'engagement jusqu'au lycée * Rôle d'ambassadeurs pour d'autres projets + [00:25:56][^5^][5] Les thématiques abordées * Mémoire et commémorations historiques * Thématiques géopolitiques actuelles * Découverte des forces armées et des métiers de la défense + [00:27:07][^6^][6] Les apports pédagogiques * Levier pour les apprentissages * Création de cohésion de groupe * Transmission des valeurs de la République + [00:30:03][^7^][7] Les niveaux d'engagement * Engagement à l'école et dans des clubs * Engagement civique avec des partenaires et associations * Engagement professionnel et découverte des métiers de la défense + [00:31:56][^8^][8] L'expérience du proviseur réserviste * Apport de compétences de gestion de crise * Importance du témoignage vivant pour les élèves * Encouragement de l'engagement des élèves et des enseignants Résumé de la vidéo [00:42:16][^1^][1] - [01:03:47][^2^][2]:

      La vidéo présente une conférence de Pierre Pérrier, sociologue, qui aborde la valeur de la diversité des compétences et des expériences dans l'éducation et l'armée. Il souligne l'importance de reconnaître et de valoriser les talents individuels, indépendamment du niveau d'éducation formelle.

      Points forts: + [00:42:16][^3^][3] La valeur de chaque individu * L'importance de la camaraderie et de la cohésion * Reconnaissance des compétences au-delà des diplômes * Exemple d'un soldat sans diplôme devenu un leader efficace + [00:43:01][^4^][4] L'éducation professionnelle * Les élèves en difficulté possèdent des compétences uniques * Importance de l'ambition et de la connaissance de soi * Encouragement à poursuivre des objectifs personnels + [00:43:47][^5^][5] Les obstacles dans l'éducation * Présence d'uniformes dans les établissements éducatifs * Méconnaissance des textes sur le lien armée-école * Nécessité de sensibiliser à l'éducation à la défense + [00:49:11][^6^][6] La transversalité de l'éducation à la défense * L'éducation à la défense ne se limite pas à l'histoire-géographie * Importance de la formation et de la sensibilisation * Renforcement du lien armée-nation par la rencontre et le dialogue Résumé de la vidéo [01:03:50][^1^][1] - [01:10:31][^2^][2]:

      La vidéo présente une conférence de Pierre Pérrier, sociologue, qui aborde la géopolitique et l'éducation. Il discute de l'importance de comprendre la Chine dans le contexte mondial actuel, de la relation entre l'armée et l'éducation nationale, et de la manière dont l'éducation peut informer les jeunes sur des sujets géopolitiques complexes.

      Points forts: + [01:03:50][^3^][3] Sujet d'étude sur la Chine * Importance de la Chine dans la géopolitique mondiale * Utilisation de sources ouvertes pour éduquer les élèves * Restitution des travaux des élèves prévue le 25 mai + [01:05:17][^4^][4] Contribution des armées à l'éducation * L'armée comme reflet de la jeunesse nationale * Nécessité pour l'éducation nationale d'informer l'armée sur l'état des jeunes * Importance du dialogue entre l'armée et l'éducation nationale + [01:08:23][^5^][5] Apport de l'éducation nationale aux armées * Sensibilisation des jeunes aux liens entre la guerre et la paix * Compréhension que la guerre est un sujet complexe et réfléchi * L'éducation aide à dépasser une vision naïve des conflits mondiaux

    1. Résumé de la vidéo [00:00:08][^1^][1] - [00:26:34][^2^][2] : La vidéo présente une conférence sur le bien-être à l'école et la scolarisation des questions vives, animée par Olivier Main, maître de conférences en didactique des questions socialement vives en sciences et éducation au développement durable. Il aborde l'importance de traiter ces questions dans le contexte éducatif pour favoriser l'émancipation par les savoirs et la citoyenneté scientifique.

      Points forts : + [00:00:08][^3^][3] Introduction de la conférence * Présentation du thème du bien-être à l'école * Importance de la recherche en éducation + [00:02:23][^4^][4] Approche didactique des questions vives * Rôle de l'école dans l'émancipation par les savoirs * Les questions vives comme levier pour l'appropriation des savoirs + [00:10:59][^5^][5] Continuum des objectifs d'apprentissage * De l'apprentissage scientifique à la citoyenneté scientifique * Implication des élèves dans la production d'argumentaires + [00:14:06][^6^][6] Défis pédagogiques et thèmes sensibles * Couverture des débats dans leur complexité * Suspension des émotions pour la réflexion + [00:17:03][^7^][7] Le risque d'enseigner et d'apprendre * Définition d'un thème sensible * Stratégies pour aborder les questions sensibles en classe + [00:20:32][^8^][8] Bien-être à l'école et questions socialement vives * Lien entre les questions vives et le sentiment de sécurité * Développement d'une rationalité communicationnelle Résumé de la vidéo [00:26:38][^1^][1] - [00:51:11][^2^][2] : Cette vidéo explore le bien-être à l'école et l'approche des questions socialement vives. Elle discute des stratégies pour engager les élèves dans des débats constructifs, en reconnaissant la complexité et les incertitudes des sujets abordés. L'importance de l'argumentation éthique et de la diversité des points de vue est soulignée pour favoriser l'esprit critique et l'émancipation des élèves.

      Points forts : + [00:26:38][^3^][3] Approche du débat et argumentation * Importance de l'argumentation éthique * Reconnaissance de la complexité et des incertitudes * Ouverture à la diversité des points de vue + [00:29:30][^4^][4] Étude de cas sur les frontières * Examen des débats sur les frontières en géographie * Interaction avec les élèves sur leurs perceptions * Importance de l'approche des "quatre i" : immersion, interaction, institutionnalisation, implémentation + [00:33:08][^5^][5] Dimension cognitive du bien-être * Lien entre le bien-être et l'efficacité des apprentissages * Étude sur les dilemmes éthiques en science * Impact de l'argumentation de qualité sur la compréhension des élèves + [00:41:00][^6^][6] Enjeux de la formation des enseignants * Développement de la maîtrise des savoirs et de l'argumentation * Approche des questions socialement vives dans l'éducation * Importance de l'intercompréhension et de la reconnaissance des influences socioculturelles Résumé de la vidéo [00:51:14][^1^][1] - [01:00:55][^2^][2]:

      La vidéo traite du bien-être à l'école et de la scolarisation des questions vives. Elle aborde les dimensions éthique, politique, sociale et pédagogique de l'enseignement dans une société plurielle, en particulier au Québec. La vidéo explore également l'efficacité des jeux de rôle et des débats pour développer l'esprit critique des élèves, en soulignant l'importance de la diversité des points de vue et de la construction d'arguments authentiques.

      Points forts: + [00:51:14][^3^][3] Dimensions de l'enseignement * Éthique : mobilisation des valeurs et représentations sociales * Politique : gestion du bien commun en classe * Sociale : enseigner dans une société diverse + [00:52:01][^4^][4] Jeux de rôle vs Débats * Jeux de rôle : favorisent les procédés rhétoriques * Débats : approfondissement du raisonnement complexe * Importance de la diversité des rôles et des itérations + [00:55:31][^5^][5] Évaluation de l'esprit critique * Discussion sur l'évaluation individuelle et collective de l'esprit critique * Analyse de la capacité des élèves à anticiper des contre-arguments * Importance des interactions de groupe et de la réflexion individuelle + [00:58:41][^6^][6] Questions hyper vives * Impact des médias et des réseaux sociaux sur la polarisation des points de vue * Nécessité de déconstruire les médias avant de débattre des sujets polémiques

  16. Apr 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:14:07][^1^][1] - [00:37:04][^2^][2]:

      Cette vidéo présente une conférence sur le rôle de l'école en tant que territoire vivant au cœur des valeurs de la République. Les intervenants discutent de l'importance de l'école dans la transmission des valeurs républicaines, surtout dans le contexte des événements récents qui ont touché l'académie.

      Points forts: + [00:14:07][^3^][3] Introduction de la conférence * Accueil par Sébastien Jaibovski, directeur de l'INSP de l'académie de Lille * Présentation du programme et des intervenants * Contextualisation de la conférence dans les événements actuels + [00:17:01][^4^][4] Allocution d'Alain Frugère * Importance de partager et transmettre les valeurs de liberté, égalité et fraternité * Rappel historique des valeurs républicaines depuis la Révolution française * Nécessité de défendre ces valeurs face aux défis contemporains + [00:23:02][^5^][5] Intervention de Madame Lower * L'école comme vecteur de l'égalité des chances et de la lutte contre les inégalités * Rôle de l'école dans la reconnaissance de la capacité de tous les enfants à apprendre * Importance de la liberté d'éducation pour l'émancipation individuelle + [00:30:03][^6^][6] Contextualisation par Sébastien Jaibovski * L'école face au poids des attentes sociales et symboliques * Réflexion sur le rôle des institutions publiques et les moyens alloués * L'école comme lieu de partage et de construction de la citoyenneté Résumé de la vidéo [00:37:07][^1^][1] - [01:02:26][^2^][2]:

      Cette partie de la vidéo aborde le rôle de l'école dans la transmission des valeurs républicaines, en mettant l'accent sur une approche citoyenne. Elle souligne l'importance de l'éducation aux valeurs comme fondement de la République et la nécessité d'une pédagogie qui favorise la pensée critique et la participation active des élèves.

      Points forts: + [00:37:07][^3^][3] L'importance de l'éducation aux valeurs * L'école comme lieu de découverte et de compréhension des valeurs républicaines * La transmission des valeurs comme mission centrale de l'institution scolaire * Les valeurs de liberté, égalité, fraternité, laïcité et refus des discriminations + [00:47:00][^4^][4] Approche citoyenne des valeurs * Refus de l'inculcation, éducation à la liberté * Appel à la pensée critique et à l'interrogation des valeurs * Importance de l'expérience vécue des valeurs dans l'établissement scolaire + [00:57:00][^5^][5] Engagement dans la République * La valeur comme refus du réel et espace pour l'engagement * L'écart entre les valeurs et le réel comme opportunité d'action * L'importance de l'engagement citoyen de chacun dans l'éducation aux valeurs Résumé de la vidéo 01:02:28 - 01:25:00 : La vidéo explore l'évolution de la notion des valeurs de la République dans le discours public, les médias, et le droit français depuis les années 80. Elle examine l'augmentation significative de l'utilisation de cette notion dans les années 80 et 90, sa stabilisation dans les années 2010, et son absence de définition constitutionnelle. La vidéo souligne également l'importance de l'éducation à la laïcité dans les écoles françaises et comment elle est abordée dans les programmes scolaires.

      Points saillants : + [01:02:28][^1^][1] L'évolution de la notion des valeurs de la République * Augmentation dans les publications et les médias depuis les années 80 * Stabilisation dans les années 2010 * Absence de définition constitutionnelle + [01:06:02][^2^][2] L'impact sur le droit de l'éducation et le droit des étrangers * Contribution significative du code de l'éducation et du droit des étrangers * Importance de l'apprentissage et de l'intégration des valeurs + [01:10:01][^3^][3] La définition et l'enseignement de la laïcité * Présence accrue dans les programmes scolaires depuis les années 80 * Nécessité d'expliquer les règles aux élèves * Approche pédagogique pour déconstruire les oppositions + [01:18:34][^4^][4] La perception et la compréhension des élèves sur la laïcité * Bonne maîtrise de la notion par les élèves * Importance de l'éducation à la laïcité pour une société inclusive Résumé de la vidéo [01:25:02][^1^][1] - [01:38:50][^2^][2] :

      Cette partie de la vidéo aborde l'importance de l'éducation à la laïcité et aux valeurs de la République dans les écoles françaises, y compris celles à l'étranger. Elle souligne les défis culturels et les différences dans l'approche de l'enseignement des valeurs universelles.

      Points forts : + [01:25:02][^3^][3] La laïcité dans l'éducation * La laïcité n'est pas une hostilité envers les croyances religieuses * Importance de partager une vision positive de la laïcité * Nécessité d'adapter l'enseignement aux contextes culturels variés + [01:30:10][^4^][4] L'approche citoyenne à l'école * Utilisation de la pensée critique et de la liberté * Transformation des valeurs en réalité concrète pour les élèves * Engagement des élèves envers les valeurs de la République + [01:35:00][^5^][5] L'école, un territoire vivant * L'école est un lieu d'échange et d'apprentissage actif des valeurs républicaines * L'actualité influence l'enseignement et la perception des valeurs * L'importance de l'équilibre entre idéal et réalité dans l'éducation

  17. Mar 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:00][^1^][1] - [00:26:16][^2^][2]:

      Cette vidéo discute de l'impact des médias et des réseaux sociaux sur les élections et la démocratie, en se concentrant sur les élections mondiales de 2024. Elle souligne l'importance croissante des réseaux sociaux dans les processus électoraux et les défis associés, tels que la désinformation et la censure.

      Points forts: + [00:00:33][^3^][3] Élections mondiales de 2024 * La moitié du monde vote + [00:02:18][^4^][4] Élections en Indonésie * Inquiétudes sur la démocratie + [00:03:17][^5^][5] Démocraties imparfaites * Élections libres mais systèmes politiques faibles + [00:06:13][^6^][6] Influence des médias sur les élections * Rôle des réseaux sociaux + [00:10:18][^7^][7] Accès croissant à Internet * Corrélation avec la défiance envers les gouvernements + [00:17:18][^8^][8] Manifestations et technologie * Augmentation des manifestations liée à l'accès aux médias Résumé de la vidéo [00:26:18][^1^][1] - [00:50:35][^2^][2]: La vidéo discute de l'impact des médias et des réseaux sociaux sur les manifestations et la politique, en utilisant des exemples du Brésil et de l'Inde pour illustrer comment l'accès à l'information influence la participation civique et la responsabilisation des politiciens.

      Points saillants: + [00:26:18][^3^][3] Impact des médias sociaux * Augmentation des manifestations * Influence sur la politique + [00:30:52][^4^][4] Rôle des médias dans les scandales * Amplification des affaires de corruption * Surveillance des politiciens + [00:35:23][^5^][5] Exemple du Brésil * Audits aléatoires des municipalités * Influence sur les élections + [00:40:43][^6^][6] Étude sur Facebook au Mexique * Campagnes d'information * Effet sur les votes propres + [00:44:54][^7^][7] Médias et information publique en Inde * Droit à l'information * Impact sur la participation électorale Résumé de la vidéo [00:50:38][^1^][1] - [01:16:44][^2^][2]: La vidéo discute de l'impact des médias sur les comportements politiques et les décisions des politiciens, en se concentrant sur des études de cas en Inde et en Russie. Elle explore comment la diffusion d'informations influence les votes et les actions des politiciens, soulignant l'importance de la connaissance commune et la tentation de contrôler les médias pour des gains politiques.

      Points saillants: + [00:50:38][^3^][3] Impact de l'information sur les citoyens * Études coordonnées en Inde * Influence sur les comportements de vote + [00:55:01][^4^][4] Effet de l'annonce préalable aux politiciens * Changement dans l'allocation du budget * Réponse aux préférences des citoyens + [01:11:06][^5^][5] Propagande médiatique en Russie * Ascension rapide de Poutine * Rôle des médias de masse dans les élections Résumé de la vidéo [01:16:46][^1^][1] - [01:43:45][^2^][2]:

      La vidéo analyse l'impact des médias sur la politique et la société, en se concentrant sur des exemples historiques et contemporains de propagande et de manipulation de l'information.

      Points forts: + [01:16:46][^3^][3] L'effet des médias sur la démocratie * Influence plus forte dans les démocraties naissantes + [01:18:27][^4^][4] La radio dans l'Allemagne nazie * Utilisée pour diffuser la propagande nazie + [01:23:05][^5^][5] Génocide au Rwanda * La radio a contribué à la propagation de l'idéologie génocidaire + [01:28:26][^6^][6] Naissance d'une Nation * Film utilisé pour promouvoir le racisme aux États-Unis + [01:33:01][^7^][7] Médias et manipulation des préférences * Les politiciens cherchent à contrôler les médias pour influencer les électeurs + [01:39:34][^8^][8] Corruption et médias au Pérou * Les paiements aux médias pour influencer l'opinion publique Résumé de la vidéo [01:43:48][^1^][1] - [02:05:19][^2^][2]:

      La partie 5 de la vidéo aborde l'impact des médias sociaux et traditionnels sur la perception publique, la diffusion de fausses informations, et leur utilisation par les politiciens pour influencer l'opinion publique et les élections.

      Points forts: + [01:43:48][^3^][3] Perception et correction de l'information * Correction des faits ne change pas les intentions de vote + [01:46:02][^4^][4] Impact des médias sociaux * Prolifération des fausses informations et difficulté de correction + [01:47:07][^5^][5] Rôle des réseaux sociaux dans les mouvements sociaux * Coordination des protestations et diffusion de rumeurs + [01:54:04][^6^][6] Stratégie WhatsApp en politique * Influence sur les connaissances politiques et les préférences des électeurs + [01:56:33][^7^][7] Propagation des fake news * Explosion des fausses informations avant les élections + [01:58:54][^8^][8] Censure et contrôle gouvernemental * Utilisation de la censure et de la surveillance pour maintenir le pouvoir

  18. Feb 2024
    1. Résumé de la vidéo [00:00:01][^1^][1] - [00:21:18][^2^][2]:

      La vidéo présente un podcast du service Recherche de l'INSPÉ de l'Académie de Lille, discutant de l'éducation et de son rôle dans l'émancipation politique et citoyenne. Louise Ferté, maîtresse de conférence en philosophie, explore les différences entre éduquer à la politique et au politique, l'importance de la culture commune, et les défis des débats en classe.

      Points clés: + [00:00:11][^3^][3] Rôle de l'école * Solution aux problèmes sociaux + [00:01:07][^4^][4] Éducation et politique * Distinction entre la politique et le politique + [00:02:02][^5^][5] Éduquer à la politique * Culture commune et outils pour agir + [00:04:04][^6^][6] Pédagogie de la citoyenneté * Enseignement moral et civique + [00:06:16][^7^][7] Défis des débats en classe * Risques de faux dialogues + [00:12:13][^8^][8] Pédagogies critiques * Approches pour l'émancipation et l'esprit critique Résumé de la vidéo [00:13:00][^1^][1] - [00:21:18][^2^][2]:

      La vidéo explore les pédagogies critiques et leur rôle dans l'émancipation des élèves. Elle discute des approches de Paulo Freire et Bell Hooks, soulignant l'importance du dialogue et de la conscientisation pour transformer les élèves en citoyens émancipés.

      Points clés: + [00:13:00][^3^][3] Pédagogies critiques * Approches pour lutter contre les discriminations * Importance de la pratique dialogique + [00:15:00][^4^][4] Exemples de pédagogies * Paolo Freire et son approche de l'alphabétisation * Bell Hooks et son enseignement performatif + [00:17:00][^5^][5] Émancipation en éducation * Sortie de la servitude par la conscientisation * Transformation des élèves en sujets actifs

    1. Webinaires "Comprendre ses élèves" Pour échanger avec Amélie Lipp le mardi 07 mars 2023 à 12h30, inscriptions ici : https://comprendreleseleves.ensfea.fr...

      Intervenante : Amélie Lipp Enseignante chercheure en didactique de la zootechnie, ENSFEA, Unité Mixte de Recherche Education, Formation, Travail, Savoirs.

      Qu’est-ce qui amène certains élèves à fustiger le bien-être animal ? A se comporter parfois violemment avec les animaux d’élevage ? A défendre des positions éthiques peu souhaitées par la société ? Les élèves peuvent prendre des prises de position contradictoires selon les situations dans lesquelles ils sont engagés. Il ne leur est pas toujours facile de trouver un alignement entre ce qu’ils souhaiteraient personnellement faire et ce qu’ils parviennent à faire ou à défendre. Les valeurs individuelles, sociales, les expériences émotionnelles antérieures et les connaissances acquises en formation s’entrecroisent et se reconfigurent pour tenter de trouver un compromis soutenable par l’élève en question. La conférence amènera des éléments de compréhension de jugements éthiques exprimés par des élèves de bac professionnel dans le domaine de l’élevage au cours de scénarios pédagogiques menés sur la question socialement vive du bien-être animal. Amélie Lipp proposera quelques pistes concrètes pour favoriser la mise à l’étude autant des émotions, des valeurs et des savoirs pour favoriser le développement du jugement éthique chez les élèves.

      00:00 Présentation et introduction 01:22 Exposé 06:12 Exemples 18:40 Conclusion et références

  19. Dec 2023
  20. Nov 2023
  21. Mar 2023
    1. Dans certains cas, les concepteurs ou constructeurs peuvent explicitement utiliser des systèmes techniques, en tant que médiateurs, leur permettant d'atteindre certains acteurs et de leur assigner des rôles particuliers. C'est ce qui se produit en Côte d'Ivoire avec le réseau électrique, dont l'implantation physique est inséparable d'un vaste mouvement d'organisation du pays sur le plan spatial, architectural, juridique... qui aboutit dans certains cas à la construction d'entités nouvelles et « modernes » telles que l'individu-citoyen.

      Infrastructure technique qui participe de la production d’un fait social (la citoyenneté)

  22. Nov 2022
  23. Jul 2022
  24. Jan 2022
  25. Oct 2021
  26. Apr 2021
    1. « Offrir à tous les individus [...] les moyens de pourvoir à leurs besoins, d’assurer leur bien-être de connaître et d’exercer leur droit d’entendre et de remplir leurs devoirs. [...] de se rendre capable des fonctions sociales auxquelles il a droit d’être appelé, de développer toute l’étendue de ses talents [...] et par là, établir entre tous les citoyens une égalité de fait ».Condorcet, rapport sur l’instruction publique (avril 1792).
    2. Le référentiel des compétences des métiers du professorat et de l’éducation indique qu’ils sont des « pédagogues et éducateurs au service de la réussite de tous les élèves ». Plus précisément, la compétence 6 intitulée « Agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques » précise que le professeur et/ou le conseiller principal d’éducation doivent apporter leur contribution à la mise en œuvre des éducations transversales,
  27. Mar 2021
  28. Nov 2019