Briefing : Réussir son projet numérique associatif
Ce document synthétise les points clés du webinaire "[Webinaire] De l'idée à la réalisation : comment réussir votre projet numérique associatif ?", animé par Gautier Jeanzac de Pastec et une représentante de Solidatech.
Il vise à fournir une méthodologie claire et des conseils pratiques pour les associations souhaitant entreprendre un projet numérique.
I. Solidatech : Un partenaire pour la transformation numérique des associations
Solidatech est présenté comme un programme de solidarité numérique créé en 2008, porté par les Ateliers du Bocage (mouvement Emmaüs). Son objectif est de "renforcer l'impact des associations par le numérique" et "renforcer votre impact à travers une meilleure utilisation du numérique".
1. Bénéficiaires et Éligibilité :
- Principalement les associations loi 1901, mais aussi les fondations RUP, fonds de dotation, et bibliothèques publiques.
- L'inscription est gratuite et ouverte "quel que soit votre secteur d'activité, que aussi vous vous soyez bah voilà vous fonctionnez entièrement avec que des bénévoles ou au contraire des des centaines de salariés".
- Plus de 42 000 associations sont déjà inscrites.
2. Modes d'action pour accompagner les associations :
- Faciliter l'accès au numérique :Logiciels à tarifs réduits (Microsoft, Adobe, Zoom, ainsi que des solutions françaises comme Assoctoc, Spirit, Net Explorer, Insia).
- Matériel informatique reconditionné (par les Ateliers du Bocage) et neuf (grâce à des partenaires comme Cisco et Dell).
- Accompagnement au développement des usages du numérique :Centre de ressources et outil d'autodiagnostic.
- Formations (Solidatech est un organisme de formation certifié Qualiopi), webinaires thématiques mensuels.
- Newsletters.
Prestations de conseil sur mesure.
Coproduction et diffusion de savoirs :Réalisation d'une étude nationale sur la place du numérique dans le projet associatif tous les 3 ans (5e édition lancée mi-avril 2025, dernière en 2022).
II. Pastec : Expertise en conseil et développement informatique pour les projets à impact
- Gautier Jeanzac représente Pastec, une société coopérative qui est une "agence de conseil et développement en informatique" spécialisée dans l'accompagnement de "projets à impact social et ou environnemental", travaillant "beaucoup avec des associations".
1. Expertises Métiers de Pastec :
- Conseil et gestion de projet / Direction technique partagée : Aide à la conception (architecture, planning) et au pilotage du développement produit.
- Développement de produits numériques : Basé sur un cahier des charges, en "code traditionnel" ou "no code".
- Numérique responsable : Conception de services "éco-conçus", "accessibles" et "respectueux du RGPD" (Règlement Général sur la Protection des Données).
2. Rôle du Chef de Produit (Gautier Jeanzac) :
Point de convergence entre la vision du client, les attentes des utilisateurs et les possibilités techniques. Aide à piloter la vie du produit en intégrant ces différentes perspectives.
III. La formalisation du besoin : Clé de voûte du projet numérique
La transformation numérique est définie comme "l'idée d'intégrer des technologies numériques dans l'ensemble des activités de l'association".
1. Freins et Opportunités de la transformation numérique :
- Freins majeurs dans les associations : "le coût, le temps et les compétences".
- Opportunités : "améliorer l'efficacité opérationnelle, moderniser des services pour les bénéficiaires, renforcer l'impact des associations".
- Exemple : Numérisation de processus administratifs chronophages (ex: suivi des bénévoles via fichiers Excel) pour gagner du temps et "passer ce temps-là du coup on peut le passer sur ces métiers".
2. Du besoin métier au produit numérique :
- Identifier un besoin métier : Souvent issu d'un "point de douleur" (ex: "processus d'adhésion très complexe", "beaucoup de saisies manuelles").
- Question clé : "où est-ce qu'on dépense trop d'énergie et de temps ?"
- Rédiger un cahier des charges : Document "de synthèse en fait de tous ces besoins", permettant de "prendre du recul avant de vous lancer dans la dans le développement".
- C'est "le document qui vous permet d'expliquer et d'expliciter le ou les objectifs à atteindre de votre service ou de votre outil numérique".
- Sert de référence pour le développement, que ce soit avec un prestataire ou en interne.
3. Structure recommandée d'un cahier des charges (6 parties) :
- Contexte : Qui est l'association, son histoire, ses objectifs, l'origine du besoin numérique (passé, présent, futur du projet).
- Lexique : Définir les termes et acronymes propres à l'association pour une compréhension externe.
- Technique : Préciser les éléments techniques existants (langage, hébergement, développeur précédent, contraintes spécifiques, migration des données, contrat de maintenance, RGPD).
- Règles d'utilisation (User Stories) : Décrire les interactions des utilisateurs avec le service sous forme de "petites histoires". Ex: "En tant que bénévole de l'association, je souhaite pouvoir me connecter à un espace membre qui m'indique depuis combien de temps je suis bénévole". Inclure le résumé, les détails et les critères d'acceptation.
- UX (User Experience) et UI (User Interface) :UX : "la capacité à concevoir ce qu'on un parcours utilisateur" (comment l'utilisateur interagit avec le logiciel et ses différentes étapes).
- UI : "l'interface utilisateur" (ce que l'utilisateur va voir, l'aspect visuel, les maquettes, les wireframes - schémas d'écran).
- Annexes : Tout document complémentaire pertinent.
4. Exemple de CRM pour une association d'entrepreneuriat :
Le cahier des charges a permis de suivre les interactions avec les parties prenantes. Le besoin de CRM est venu d'un "audit qui a fait remonter le besoin". Illustration concrète des user stories et des contraintes techniques (intégration dans un SI global, respect RGPD).
IV. La construction du produit : Intégrer les utilisateurs et itérer
La phase de construction insiste sur l'importance d' "intégrer en fait les équipes les bénévoles vos utilisateurs et vos utilisatrices dans la réflexion de ce à quoi va ressembler votre produit".
1. Mener des actions terrain (Interviews Utilisateurs) :
- Objectif : Comprendre les points de douleur et les besoins des utilisateurs (ce qu'ils veulent, ce qu'ils pensent de l'existant, comment améliorer).
- Cinq grandes étapes :Préparation efficace : Définir les informations à recueillir et le "fil rouge" de l'entretien.
- Début d'entretien : Poser le cadre, mais surtout insister sur le fait qu'il n'y a "pas de bonnes réponses" pour encourager l'honnêteté.
- Pendant l'entretien : Parler "20%" et écouter "80% du temps". Privilégier les "questions ouvertes".
- Après l'entretien : Traduire les besoins en fonctionnalités.
- Priorisation : Développer en priorité ce qui "coûte le moins de temps et qui apporte le plus pour mes utilisateurs" (les "victoires rapides").
2. Méthodologie Agile et "Petits Pas" :
- Mettre l'utilisateur au cœur de la réflexion.
- Commencer par un "plus petit lot possible de fonctionnalité à développer" (un "skateboard" avant la "voiture").
- Processus itératif : Proposer de nouvelles fonctionnalités, les utilisateurs les utilisent, remontent de nouveaux besoins, et le cycle recommence.
- Exemple : Formulaire d'adhésion simple (nom, email) puis ajout progressif de champs (adresse, région) basés sur les retours des équipes.
- Avantages de l'approche itérative : Développer uniquement les fonctionnalités demandées, éviter le budget inutile, créer des outils adaptés aux besoins.
- Observation d'usage : Observer physiquement les utilisateurs pour comprendre leurs interactions et ajuster le produit.
V. Le développement : Code traditionnel vs No Code Deux grandes familles de développement sont présentées :
1. Code traditionnel :
Avantages : Peu ou pas de limites, possibilité de "tout faire" pour répondre à des besoins très précis. Inconvénients : Plus long et donc plus cher (coût basé sur le temps de développement), "complicité technique" qui rend la compréhension difficile pour les non-initiés (nécessite un bon partenaire pour "vulgariser les points techniques").
2. No Code :
- Définition : Outils pour créer des applications ou sites sans coder, comme des "Legos" (assemblage de blocs).
- Avantages : "Rapidement mettre une solution en place", itérer vite, coût "un petit peu moins cher".
- Inconvénients : "Moins personnalisable", nécessite une grande vigilance sur "l'écoconception, l'accessibilité et parfois du RGPD", outils propriétaires (la solution ne vous appartient pas).
3. Exemples d'outils No Code :
- CRM : Monday, Airtable (attention au RGPD car hébergement aux USA, lié au Patriot Act), Grist (alternative RGPD, hébergeable où l'on veut).
- Formulaires : Type Form, Tally (version hébergée en Europe, plus RGPD).
- Sites vitrines : Wix, Webflow, Bubble (Canva peut être une alternative si l'association est à l'aise avec l'outil, car il existe des versions premium gratuites pour les associations).
- Applications web : Bubble, XAR.
- Automatisation : Make, Zapper.
- Wireframes : wireframe.cc (gratuit, simple), Canva, Paint, PowerPoint. Pour des maquettes plus complexes : Figma, suite Adobe (Adobe Express est gratuit en version premium pour les associations).
VI. Travailler avec une agence et derniers conseils
Le développement d'outils numériques, qu'il soit en code ou no code, "demande du temps et des compétences techniques".
Si une association n'a pas le temps et préfère passer par une agence, plusieurs conseils sont donnés :
- Équipe interne dédiée au pilotage : Avec "un pouvoir décisionnel" pour faciliter les évolutions.
- Approche collaborative et construite : Intégrer toutes les parties prenantes, surtout les utilisateurs finaux.
- Ne pas hésiter à demander et exiger la vulgarisation : S'assurer de comprendre ce qui se passe techniquement pour pouvoir reprendre la main si besoin.
- Adopter la stratégie des petits pas : Éviter de développer des fonctionnalités inutiles et optimiser le budget.
- Être adaptable : Trouver le juste milieu entre la vision initiale et les retours des utilisateurs.
- Garder du temps pour se former : Comprendre les aspects techniques du produit.
Concernant l'utilisation de l'IA pour le développement :
Réponse nuancée : "J'en sais rien". * Vigilance : Dépend des outils et modèles utilisés. * Prudence : Ne pas déployer des choses non maîtrisées pour éviter les erreurs ou des problèmes ingérables.
- Ce briefing offre une feuille de route complète, de l'identification du besoin à la concrétisation du projet, en soulignant l'importance de l'écoute des utilisateurs et d'une approche itérative et adaptable.

